Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

15/02/2016

Voilà que ça recommence

 

censure,inquisition,persécution,libertés

Détail de la gravure de Abraham Bosse pour l’édition originale de Léviathan (epub) de Thomas Hobbes. Dans le régime de monarchie absolue ayant sa faveur, la liberté des sujets réside uniquement en "ces choses que, dans le règlement de leurs actions, le souverain s'est abstenu de prendre en compte". Cette théorie du "silence de la loi" est compatible avec une puissance absolue du souverain, lequel ne saurait être limité par les lois civiles qu'il institue lui-même. Bienvenue en France !

 Le phénomène devient trop fréquent, trop dans la norme pour être relevé par un article même si chaque cas suscite l'indignation, la colère, la honte. Les violations des droits fondamentaux des citoyens sont devenues en quelques mois communes et admises dans le plus grand silence. C'est surtout de l'étranger qu'on les remarque et ose en parler car être ailleurs, oser parler, écrire, n'entraine pas de représailles judiciaires ou professionnelles. Aujourd'hui, les atteintes à la liberté d'expression ne conduisent plus à regarder hors des frontières mais à l'intérieur.

Alors que dire, que faire, devant les actes de censure, de persécutions, devant aussi les arrestations aberrantes ou les parodies de procès, devant les dénonciations publiques sans droit de réponse, les procès de Moscou hebdomadaires télévisés ?

Tout d'abord ne pas répondre aux provocations politiques, médiatiques par la violence car c'est elle qu'on tente de fabriquer. La France n'est pas en guerre et la guerre civile qu'une minorité de personne tente à tout prix de créer en s'appuyant sur la misère, la ruine économique et la destruction systématique de nos protections  pour en donner l'impression n'est qu'un mensonge de plus, un pâle succédané.

Ainsi, le bouc émissaire ethnique, religieux ne doit pas se substituer à une crise avant tout économique et issue du secteur financier, celui qui au final commande avec ses marionnettes, les politiciens. Personne de cohérent malgré les dégâts visibles, encouragés, sur les biens et les personnes ne placera sur le même plan un clandestin volant une boîte de conserve ou squattant un terrain et le responsable qui incite (et on le sait fait venir avec des moyens militaires) plusieurs centaines de milliers de migrants à gagner un pays mourant du chômage. 


Georges Marchais secrétaire général du PC. Pour les plus jeunes, le PC était un mouvement politique de gauche (donc pas bobo) à tendance marxiste défendant les classes populaires françaises (non ce n'est pas un truquage !). Un discours patriote, antiraciste et économiquement intelligent d'une telle audace serait bien entendu interdit de nos jours.

De même qu'en Ukraine on n'accusera pas la Russie pour un coup d’État mené par l'Occident avec l'aide active de la mafia et de néo-nazis, on ne stigmatisera pas un citoyen qui écrit ou prend la parole, ce serait se tromper de cible. 

Un passé pas si lointain et enseigné à longueur de scolarité puis servi jusqu'à plus soif par la télévision et le cinéma nous a appris que le danger ne venait pas de la pensée mais bien de ceux qui censuraient, brûlaient les livres avant de s'en prendre aux hommes. En 2016, le plus jamais ça est passé aux oubliettes.

L'amour bien compris du monde numérique est avant tout celui un amour de la communication donc une main tendue vers l'autre et le respect de ses différences. Le refus d'entendre une autre voix est le pire des racismes car on refuse alors à l'étranger, à l'altérité de celui qui est notre égal, sa dignité d'homme.

La réalité nous apprend que la seule guerre existant actuellement en Occident et en France est celle de super-nantis contre les classes populaires et moyennes. Cette guerre là n'est ni ethnique ni religieuse. Il suffit de visiter les plus riches arrondissements de Paris pour constater qu'un portefeuille bien garni donne accès à toutes les portes, toutes les terrasses, toutes les boutique sans distinction de couleur de peau ou de religion.

Alors ne cédons pas au simulacre des sirènes du choc des civilisations et refusons comme autrefois la collaboration avec les censeurs, les corbeaux et encourageons ceux qui écrivent et prennent la parole car ils sont notre voix à l'heure la plus sombre.


Le 18 juin 1940 le général de Gaulle lance son appel à la Résistance depuis Londres, sur les ondes de la BBC. Cet appel n'a pas été enregistré, mais les suivants, dont celui-ci datant de juillet 1940 tiré des archives Gaumont Pathé. Profitez en avant son interdiction possible pour complotisme !

 

A lire :

RT : Il n’y a plus de liberté d’expression» : professeur de français suspendu à cause de son blog

Salah Lamrani, professeur de français dans un collège à Saint-Denis suspendu d'après lui pour ses activités de blogging, a confié à RT les circonstances de cette décision, en les jugeant inqualifiables.

Dès son embauche au collège Romain Rolland en septembre 2015, le jeune professeur a fait face à des pressions, comme il l’a souligné dans son interview. «J’ai rapidement été confronté à des problèmes avec ma direction qui ne tolérait pas mon activisme syndical au sein de l’établissement et j’ai été franchement soumis à un harcèlement moral qui m’a amené à me faire prescrire cinq semaines d’arrêt maladie», a-t-il expliqué.

Durant son absence, la direction a, selon Salah Lamrani, instrumentalisé son activité de blogueur qui tourne autour du Moyen-Orient. Durant son temps libre il traduit en effet des discours de différents hommes politiques, tels qu’un général du Hezbollah, Bachar el-Assad ou encore Vladimir Poutine, des personnalités qui se trouvent «en première ligne dans la lutte contre Daesh». Son expérience avec la Mission laïque française en Egypte, contre laquelle il est actuellement en procès, n’a pas non plus plu ni à la direction, ni à certains parents.

«Ainsi, tout ce que je publie sur Internet a été instrumentalisé contre moi, on a voulu me faire passer pour un danger pour les élèves, pour un terroriste qui endoctrinait les élèves. Ces accusations ont été portées contre moi par la direction de l’établissement en présence de parents d’élèves», a-t-il noté ajoutant que c’est de cette façon que tout le collège a pris connaissance de ses activités.

Lire la suite sur RT https://francais.rt.com/france/15747-liberte-france-profe...

12:21 Publié dans Actualité | Tags : censure, inquisition, persécution, libertés | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |

03/12/2015

Ainsi meurent les Républiques

2015.jpg

On ne peut pas parler de Démocratie pour la France qui n'a jamais eu la chance de connaître ce régime (sauf d'une certaine manière à l'époque gauloise) dont le premier fondement est la liberté d'expression sévèrement réprimée chez nous.

Alors, cette photo critique du gaullisme dont l'actualité est criante ?

On peut certes avoir des raisons de juger parfois sévèrement les années De Gaulle mais personne de bonne foi ne les confondra avec une période fasciste. Les dirigeants communistes le savaient d'ailleurs fort bien.

Il serait bon de se souvenir que le fascisme est une idéologie de gauche puisant ses racines dans le socialisme. Mussolini n'était pas monarchiste mais bien directeur du journal du parti socialiste italien.

Il ne faut donc pas s'étonner de certaines évolution quand on connait le passé familial de certains en France ou en Espagne. Les chiens ne font pas des chats dit-on.

Il ne faut pas s'étonner non plus de voir aujourd'hui appliquer à l'islam ce qui a si bien marché à l'occasion avec le gaullisme, le catholicisme...

alerte .png

Témoignage sur la page du CCIF: "Les faits remontent au mercredi 18 novembre. Nous avons eu droit à une perquisition très agressive. Ils ont défoncé ma porte. Je me suis pris des coups. Ils ont cassé les ordinateurs et même le meuble de ma cuisine. J'ai été humiliée sous les yeux de mon mari et de mes filles, heureusement que mes fils, eux, dormaient. Quand je demandais pourquoi il me frappaient ils me répondaient : « Ta gueule race de chienne. À paris il y a eu des morts et toi tu te plains pour des coups ?! ». Depuis je suis complètement choquée je sursaute au moindres bruits. Je n'arrive plus à fermer les yeux. Et je ne sais pas quoi faire"

L'orchestration du terrorisme à des fins de contrôle social marche selon les catalogues de déclarations dressés par des esprits critiques fort bien (l'état d'urgence devrait être porté de base à six mois par une réforme constitutionnelle), vite et fort (la CIA locale est route) ou la mise au pas renforcée de géants du Web plus que zélés (Apple, Facebook, Google, Microsoft et Twitter seront ce jour aux ordres, à la botte, à Bercy) avec son lot de dérapages et la quête obstinée de clients à exhiber au 20h. Comme en janvier, l'inquisition est rebaptisée mobilisation citoyenne.

Hélas, les enquêtes sérieuses révèlent plus à ce jour des mercenaires payés d'origine délinquante que des fanatiques religieux ou pire des profils blonds et athlétiques surprenant derrières les actes sanglants et générateur d'émotion si prisés par des détraqués avides de puissance.

Si des pays encouragent la paranoïa, la désignation d'un islam bouc émissaire alors que le l'islamisme radical est plus que minoritaire et financé par des partenaires financiers et soumis de l'Occident, le Président russe Poutine préfère lui ne pas diviser le peuple sur des critères ethniques ou religieux et renforcer l'unité nationale autrement que par des drapeaux soudain redécouverts et agités juste avant des élections. Suite à 10 ans de rénovation, la grande mosquée rouvre ses portes à Moscou avec une surface de la mosquée multipliée par 20. Elle peut maintenant accueillir jusqu’à 10 000 fidèles. A noter la présence des présidents russe, palestinien et  surtout turc.

La grande inquiétude que l'ex-citoyen sujet des expériences doit avoir est justement cette absence d'une vraie menace et surtout d'une menace permanente. Car les experts le disent, inconsistance de la menace française pour l’État islamique n'est plus a démontrer. Car pour se justifier tout système fondé sur la manipulation par l'émotion et la terreur doit périodiquement et de plus en plus souvent alimenter le ressort mythique, le prétexte sacralisant son droit à agir, droit l'exonérant en outre de soumission au droit commun. Quand hier il n'y avait pas de racisme, on a su, dans certains pays, en susciter par les provocations, les subventions des lobbies, des lois de circonstances suffisamment vagues pour autoriser procès et condamnations.

Là, il ne s'agit plus de chasser opposants, journalistes, chercheurs ou saltimbanques mais de faire couler le sang et surtout le sang non pas de responsables de situations de guerres, de pillages de matières premières etc, mais d'innocents, ceux qui peuvent réellement émouvoir par leur souffrance mise sous les projecteurs.

Cet hiver, ce n'est pas une guerre qu'il faut craindre et encore moins une quelconque menace de l'islam, mais bien le piétinement de nos libertés, des rares droits fondamentaux, la peau de chagrin de notre caractère citoyen qui fond aussi vite que celle de nos protections sociales, de nos revenus et aussi le délire politicien. Car ce qui ne se trouve pas peut toujours se fabriquer et un hérétique désigné être contraint aux aveux. C'est alimentation du moteur qu'il faut craindre.

 Prague 1951, un responsable du régime communiste tchécoslovaque est accusé d'espionnage au profit des États-Unis. Tout est fait pour lui extorquer des aveux de crimes dont il est innocent. Brisé par la torture (on l'empêche de dormir et de cesser de marcher), il avoue au tribunal des crimes qu'il n'a pas commis, récitant un texte d'aveux que ses bourreaux lui ont dicté et fait apprendre par cœur. L'aveu, 1970 film de Costa-Gavras ou livre de Arthur London.

Nous vous conseillons aussi l'article en ligne qui suit :

Un octogénaire brutalement perquisitionné pour… du bicarbonate de soude

Alors que les perquisitions s’enchaînent en France depuis l’entrée en vigueur de l’état d’urgence, une famille musulmane de Strasbourg a vécu une mésaventure, voyant son domicile perquisitionné par les forces spéciales, qui n’y ont rien trouvé.

Recherchant des armes et de la drogue, le RAID, la police judiciaire et la Brigade de recherches et d’intervention (BRI) ont perquisitionné un appartement de Strasbourg, n’hésitant pas à user de la méthode forte. Alors qu'un père de famille, âgé d’environ 80 ans, s’évanouit lorsqu’il entend des détonations faisant exploser sa porte, il est menotté au sol par les forces antiterroristes. Sa fille, âgée de 46 ans et déficiente mentale, subit le même traitement.

(la suite sur RT.com)

12:48 Publié dans Actualité, Humour geek | Tags : urgence, dérapage, libertés, terrorisme, web, censure | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |

19/11/2015

Vivement la libération !

censure.jpg

Courage

Paris a froid Paris a faim
Paris ne mange plus de marrons dans la rue
Paris a mis de vieux vêtements de vieille
Paris dort tout debout sans air dans le métro
Plus de malheur encore est imposé aux pauvres
Et la sagesse et la folie
De Paris malheureux
C’est l’air pur c’est le feu
C’est la beauté c’est la bonté
De ses travailleurs affamés
Ne crie pas au secours Paris
Tu es vivant d’une vie sans égale
Et derrière la nudité
De ta pâleur de ta maigreur
Tout ce qui est humain se révèle en tes yeux
Paris ma belle ville
Fine comme une aiguille forte comme une épée
Ingénue et savante
Tu ne supportes pas l’injustice
Pour toi c’est le seul désordre
Tu vas te libérer Paris
Paris tremblant comme une étoile
Notre espoir survivant
Tu vas te libérer de la fatigue et de la boue
Frères ayons du courage
Nous qui ne sommes pas casqués
Ni bottés ni gantés ni bien élevés
Un rayon s’allume en nos veines
Notre lumière nous revient
Les meilleurs d’entre nous sont morts pour nous
Et voici que leur sang retrouve notre cœur
Et c’est de nouveau le matin un matin de Paris
La pointe de la délivrance
L’espace du printemps naissant
La force idiote a le dessous
Ces esclaves nos ennemis
S’ils ont compris
S’ils sont capables de comprendre
Vont se lever.

Paul Eluard

20:21 Publié dans Actualité | Tags : france, libération, démocratie, libertés | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |

24/07/2015

La dérive française au grand jour

 

onu,loi,renseignement,libertés

La dérive toujours plus marquée de la République française non pas vers une Démocratie mais vers un État policier ne passe désormais plus inaperçue. Le Comité des droits de l'Homme de l'ONU, comité, composé de 18 experts indépendants et chargé d'examiner le respect des obligations imposées par le Pacte international relatif aux droits civils et politiques, se préoccupe des "pouvoirs excessivement larges de surveillance" attribués aux agences de renseignement par la récente loi sur le renseignement en France. Il faut dire que les médias toujours plus serviles sont bien silencieux sur sujet alors qu'une décision du Conseil constitutionnel est pourtant attendue cette semaine. "Le Comité est préoccupé par les pouvoirs conférés aux services de renseignements en matière de surveillance digitale à l'intérieur et à l'extérieur de la France" est il précisé en conclusion du 5e rapport périodique sur la France.

Il faut dire que sauf mauvaise foi personne n'imagine un seul instant que la loi sur le renseignement imposée de manière scandaleuse à la faveur de l'affaire Charlie puisse prévenir le moindre attentat. Son objectif est clairement l'espionnage du citoyen et tout particulièrement de l'opposant politique dans un cadre offensif et contraire aux droits de l'homme.

L'actualité récente a de plus prouvé comment le caractère vague des textes pouvait servir de prétexte à harceler des intellectuels, des artistes n'ayant aucun rapport ni de près ni de loin avec le terrorisme ou la violence.

Cerise sur le gâteau, le document relève l'absence de neutralité idéologique de la République en matière religieuse mais il est vrai que seuls des français naïfs peuvent encore croire que la laïcité est synonyme  de neutralité alors que tout prouve qu'elle est un militantisme de nature religieuse.

Extraits du document du comité :

 Terrorisme

 Le Comité note avec satisfaction l’extension des garanties juridiques fondamentales pour la personne placée en garde à vue en matière de terrorisme depuis l’adoption de la loi du 14 avril 2011. Il s’inquiète néanmoins que l’accès à un avocat peut être différé pendant une durée de 72 heures pour des raisons impérieuses, et que l’entretien est limité à trente minutes, restreignant ainsi la possibilité de recevoir une assistance juridique adéquate. Le Comité est par ailleurs préoccupé par la possibilité d’allonger la durée maximale de la garde à vue jusqu’à 96 heures, y compris pour des mineurs de plus de 16 ans, voire jusqu’à 144 heures dans des cas exceptionnels (art. 9, 14).

 Conformément à l’Observation générale No 35 (2014) du Comité sur l’article 9 (Liberté et sécurité de la personne), l’Etat partie devrait veiller à ce que toute personne soupçonnée de terrorisme placée en garde à vue puisse s’entretenir sans délai avec leur avocat pendant une durée suffisante, et soit déférée sans délai devant un juge.

 Le Comité s’inquiète de ce que plusieurs dispositions de la loi No 2014-1353 du 13 novembre 2014 renforçant les dispositions relatives à la lutte contre le terrorisme sont difficilement conciliables avec les droits consacrés dans le Pacte. Il est particulièrement préoccupé par : a) les implications, en matière de procédure, de l’insertion de délits de provocation et d’apologie du terrorisme dans le code pénal, notamment la possibilité de juger des suspects  en comparution immédiate ; et b) (l’introduction de mesures d’interdiction de sortie du territoire et du délit « d’entreprise terroriste individuelle » ainsi que l’utilisation de termes vagues et imprécis pour la criminalisation et la définition de faits constitutifs d’acte de terrorisme, de provocation ou d’apologie du terrorisme; c) le nombre et la nature des faits qui ont conduit à des poursuites, notamment à l’encontre de mineurs, pour apologie du terrorisme suite aux attentats commis à Paris en janvier 2015 et souvent jugées en comparution immédiate(art. 9, 14, 19, 20, 21 and 22).

 L’Etat partie devrait s’assurer que les dispositions de la loi renforçant les dispositions relatives à la lutte contre le terrorisme No 2014-1353 respectent les principes de présomption d’innocence et de légalité et soient par conséquent énoncées de manière explicite et précise. L’Etat devrait également s’assurer que si elles conduisent à des restrictions de certains droits de l’homme, comme le droit à la liberté d’expression, d’information ou de mouvement, ces restrictions soient conformes aux dispositions du Pacte, notamment aux exigences de nécessité et de proportionnalité. Dans ce contexte, l’Etat partie devrait garantir que les poursuites engagées sur la base de cette loi soient exercées dans le plein respect de toutes les garanties juridiques énoncées à l’article 14 du Pacte.

 

Rétention de sûreté

 

Le Comité est préoccupé par l’extension de la surveillance de sûreté à travers la loi tendant à amoindrir le risque de récidive criminelle du 10 mars 2010 qui permet notamment de placer des personnes en rétention de sûreté, et particulièrement, après exécution de leur peine et en cas de non-respect des conditions de surveillance de sûreté, (par exemple une injonction de soins), en raison de leur « dangerosité », même si ladite détention ne faisait pas partie de la sentence originale (art. 9, 14 et 15).

 L’Etat partie devrait réexaminer la pratique consistant à placer des personnes condamnées pénalement en rétention de sûreté après qu’elles aient purgé leur peine de réclusion en raison de leur « dangerosité », à la lumière des obligations découlant des articles 9, 14 et 15 du Pacte.

 

Activités de surveillance

 

Le Comité est préoccupé par les pouvoirs conférés aux services de renseignements en matière de surveillance digitale à l’intérieur et à l’extérieur de la France. Le Comité s’inquiète tout particulièrement de ce que la loi sur le renseignement adoptée le 24 juin 2015 (soumise au Conseil Constitutionnel) octroient des pouvoirs excessivement larges de surveillance très intrusive aux services de renseignement sur la base d’objectifs vastes et peu définis, sans autorisation préalable d’un juge et sans mécanisme de contrôle adéquat et indépendant (art. 17).

 L’Etat partie devrait prendre toutes les mesures nécessaires pour garantir que ses activités de surveillance, à l’intérieur et à l’extérieur de son territoire, sont conformes aux obligations découlant du Pacte, notamment de l’article 17. En particulier, des mesures devraient être prises pour garantir que toute immixtion dans la vie privée soit faite conformément aux principes de légalité, de proportionnalité et de nécessité. L’Etat partie devrait veiller à ce que la collecte et l’utilisation de données relatives aux communications se fasse sur la base d’objectifs légitimes précis et que soient énoncées, en détail, les circonstances exactes dans lesquelles de telles immixtions peuvent être autorisées et les catégories de personnes susceptibles d’être placées sous surveillance. Il devrait veiller également à garantir l’efficacité et l’indépendance du système de contrôle des activités de surveillance, notamment en prévoyant que le pouvoir judiciaire participe à l’autorisation et au contrôle des mesures de surveillance.

 

Recours abusif à la force par les forces de l’ordre

 Le Comité s’inquiète des allégations faisant état de mauvais traitements, d’usage excessif de la force et d’utilisation disproportionnée d’armes de force intermédiaires, en particulier lors d’interpellations, d’évacuations forcées et d’opérations de maintien de l’ordre. Il s’inquiète également de la persistance de « contrôles au faciès » et d’ allégations de harcèlement policier, de violences verbales et d’abus de la force contre des migrants et des demandeurs d’asile dans la ville de Calais (art. 2 et 7).

 L’État partie devrait prendre des mesures efficaces, notamment en matière de formation, pour empêcher que les membres des forces de l’ordre et des forces de sécurité ne fassent un usage excessif de la force ou n’utilisent des armes de force intermédiaire dans les situations où le recours à plus de force ou à la force létale n’aurait pas été justifié. A ce sujet, le Comité appelle l’attention de l’Etat partie sur les Principes de base des Nations Unies sur le recours à la force et l’utilisation des armes à feu par les responsables de l’application des lois. Il devrait également faire en sorte que les allégations de profilage racial, mauvais traitements et d’usage excessif de la force donnent lieu à des enquêtes approfondies, que les auteurs soient traduits en justice et, s’ils sont reconnus coupables, condamnés à des peines à la mesure de la gravité de leurs actes, et que les victimes reçoivent une indemnisation adéquate.

 

Liberté de conscience et de religion

 Le Comité exprime sa préoccupation quant à l’ encadrement du port de signes religieux qualifiés d’ « ostensibles » dans les établissements scolaires publics (loi No 2004/228) et l’interdiction de la dissimulation du visage dans l’espace public (loi No 2010-1192). Le Comité considère que ces lois portent atteinte à la liberté de manifester sa religion ou sa conviction et qu’elles affectent particulièrement les personnes appartenant à certaines religions et les filles. Le Comité s’inquiète par ailleurs de ce que les effets de ces lois sur le sentiment d’exclusion et de marginalisation de certains groupes pourraient aller à l’encontre des buts recherchés (art. 18 and 26).

 L’Etat partie devrait réexaminer la loi No 2004-228 du 15 mars 2004 et la loi No 2010-1192 du 11 octobre 2010 à la lumière de ses obligations au titre du Pacte, en particulier de l’article 18 relatif à la liberté de conscience et de religion, et du principe d’égalité consacré à l’article 26.

 

07:25 Publié dans Actualité | Tags : onu, loi, renseignement, libertés | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |