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01/01/2016

Meilleurs vœux de l'Au-delà

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Liberté d'expression et Démocratie sont les pires ennemies de la criminalité et du terrorisme. Tout système optant pour une autre voie comprenant censure, persécution des opposants voire surveillance des écoliers a manifestement un autre adversaire et c'est sans doute vous. 

Les dés sont jetés. Le nouveau siècle n'a pas commencé par les attentats du 11 septembre, apogée de l'artifice américain mais bien par l'année 2015.
Le renversement de tendance a été majeur, visible par tous et de la vie réelle au monde numérique, il demeure palpable.
Le rêve de domination planétaire occidental est mort en Syrie plaçant bel et bien les deux grands en confrontation et s'il faut s'attendre à des années de terrorisme et de pseudo guérilla, le pire, pour le monde libre est évité. Car personne n'est dupe, un match nul est clairement une défaite pour Washington et la surenchère des médias américains, la menace de nouvelles sanctions contre l'Iran sans aucune justification qui ne sont rien d'autre que l'aveu, la reconnaissance d'un échec sont l'erreur de trop.

On peut de plus ajouter que nul n'ignore désormais qui est derrière l'EI, achète ou pille les pétroles syriens et irakiens. Ce ne sont pas des ennemis de l'Occident, ce sont des alliés directs et même des membres de l'OTAN.

Les israéliens perspicaces ont senti depuis longtemps le vent de l'histoire tourner et aussi bien leur renseignement que leur état-major disent haut et fort que la croyance dans la nécessité de l'alliance américaine, sa fiabilité d'un Netanyahou n'ont ni sens ni avenir. On se souvient alors de son origine européenne et slave.

Que penser en effet d'une superpuissance incapable de former ses chercheurs, ses ingénieurs et qui doit les importer d'Inde, de Chine ou d'Europe ?

La belle machine hollywoodienne peut rapporter, faire passer une vessie pour une lanterne, justifier des guerres mais n'est en rien la condition suffisante pour les gagner. Sur le terrain un patriote ayant foi en son pays sera toujours plus efficace qu'un jeune afro-américain de banlieue contraint de s'engager pour tenter de financer ses études.

L'échec interne et externe du modèle américain suscitera une digestion amère, difficile pour les adeptes de la vision marchande du monde. Cela ne veut pas dire que les États-Unis vont disparaître comme l'ex-URSS mais qu'un système multipolaire, le seul viable, va s'imposer progressivement dans les années qui viennent.

Multipolaire ne veut pas dire cohabitation de Démocraties.

S'informer par la famille, les amis, les voyages et en éteignant la télévision

D'ailleurs les années qui viennent seront douloureuses surtout dans les pays contrôlés par le système en perdition car la nomenklatura mise en place, préparée depuis l'enfance refusera jusqu'au bout de renoncer à ses privilèges de classe et de naissance. La notion de partage est inconnue des enfants gâtés.

La panique conduira aussi aux pires violences contre ceux qui annoncent la pente fatale et ils sont de plus en plus nombreux de droite ou de gauche (Onfray, Zemour, Michéa. Debray...) et ils ont malgré les invectives et les sanctions de plus en plus d'audience.

Dans des pays ou l'hystérie quasi religieuse et l'instabilité fruit d'abus médicamenteux se cumulent, il faut craindre le pire. Les temps seront durs pour ceux qui ne veulent pas admettre que croire (sic) en la République assure leur sécurité. Car il s'agit de croyance, de dogme et plus de raison.

Cette prise de conscience d'un changement, phase de transition dont on ignore la durée, est peut-être une des raisons qui explique les initiatives en apparence incohérentes de la Turquie. Des actes de chien fou qui embarrassent l'OTAN mais vont aussi contre les intérêts économiques évidents d'un pays qui compte plus que l'Allemagne pour Washington. Non seulement la Turquie se fâche avec un important partenaire commercial mais aussi avec un fournisseur d'énergie. La renaissance d'un empire ottoman est un rêve qui a bien peu d'avenir surtout contre les intérêts stratégiques russes, iraniens et chinois. L'histoire tranche toujours pour la réalité contre la nostalgie.

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1100 tués par la police en 2015 aux Etats-Unis dont 16% non armés. Voilà le modèle communautariste en construction en France depuis plus de  30 ans.

Ranger le mot croissance au grenier

Sur un autre plan bien complémentaire, si on observe l'année 2015, le bilan est éloquent. Le mythe de la reprise économique s'est totalement effondré. C'est désormais la fuite en avant au moyen de la planche à billets en attendant le grand krach que seule la lente mise en place des outils chinois et russes retarde. Car l'élite financière aime toujours avoir un refuge.

Il faut ainsi s'attendre en 2016 à des lendemains qui déchantent (gare au yo-yo boursier) avec en prime à une dégradation croissante de la situation économique et sociale en Europe de l'Ouest liée au traité transatlantique qui sera vendu comme une protection contre le terrorisme et une fantasmée menace russe.

Il est vraisemblable que le sang pourra couler de manière opportune pour crédibiliser ces menaces si l'électorat traine les pieds.

Mais les élections, un peu partout, prouvent que l'abrutissement des peuples est devenu tel qu'aucun changement de viendra désormais pacifiquement des urnes (le peuple, classes populaires, petits patrons des PME et PMI, artisans se partage entre opposition réelle et l'abstention dernière victoire du pouvoir laissant les mains libres aux fossoyeurs habituels) et on a toujours su corriger au Parlement un vote incorrect.

Entre ce Traité destructeur des protections sociales et sanitaires mais aussi facteur d'une certaine très forte hausse du chômage (qui sera de plus augmenté de l'effet robotisation/automatisation de nombreux services en préparation), les déficits créés par le financements des migrants économiques (solution pour faire baisser les salaires et électorat de rechange), les tensions sociales seront de plus en plus fortes.

D'autant que faire venir des migrants sans qualification en pleine récession n'a jamais été la clé d'une reprise mais juste celle de bénéfices améliorés pour les plus favorisés par le bon vieux dégraissage du personnel.

La Chine moteur de la croissance mondiale est à l'arrêt, se tournant depuis des mois sur la fabrication accélérée et certes vitale d'un marché intérieur pour retrouver la croissance envolée (s'éviter aussi le risque de chantages) en raison de la récession américaine, de la croissance zéro européenne bientôt plombée par l'importation otanisée des migrants économiques (rebaptisés réfugiés pour obtenir l'aide du Vatican et des naïfs).

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R.I.P. Occident. C'est l'heure, pour les rats, de quitter le navire, de piller tout ce qui peut l'être.

Comme aux États-Unis ou en Corse, les affaires de délinquances, les colères liées à la crise ou fabriquées vont être transférées par les politiques, les médias et des lobbies sur le plan religieux et racial. Cela évite généralement de voir qui sont les vrais responsables des problèmes et surtout de les mettre en danger.

Les pauvres, les sans-dents, se battent si facilement entre eux qu'on se priverait de ne pas en user et abuser de plus en plus souvent...

L'état policier va donc se renforcer, sans difficultés, à chaque occasion (et elles seront régulières, de plus en plus fréquentes pour maintenir la tension), entre attentats dits islamistes (cet islamiste si peu musulman mais tellement lié à la criminalité et aux services) et émeutes de banlieues avec une réduction constante des libertés fondamentales, une inquisition des administrations, une surveillance de la population et des opposants par des organismes privés et l'appel constant à la dénonciation ce dès l'école.

Plus précisément, vous à une alternance affaire Corse ou de Pantin, attentat islamiste ou d'extrême droite. Le spectateur sinon finirait par se douter... et puis c'est meilleur pour l'audimat.

Je ne suis ni Toto ni ein Berliner mais un ex-citoyen pressé de retrouver ses droits

Car la vraie cible est le citoyen et ceux qui lui apprennent à penser, les dissidents et si les américains ont Snowden les européens, les français, les suisses... ont les leurs. Pour les noms, cherchez à la chronique judiciaire comme sous toutes les dictatures.

Le fameux croisement des bases de donnés informatiques dénoncé pendant des années forcément à tort par les vilains complotistes est désormais institué, recommandé, préconisé, au nom de la présomption de terrorisme.

Une pratique probablement salutaire d'autant que certaines Républiques se sont privées cet hiver de la contrainte des droits de l'homme par un coup d'état, une violation constitutionnelle passé sous silence par les partis politiques et les "journalistes". C'est sans doute du flan.

On ne connait pas encore le nom du nouveau régime mais il fait plus penser aux fameuses années 30 qu'à la Démocratie pourtant sur toutes les lèvres et dont la mensongère défense sert de justification à nous traiter comme du bétail.

Les cyniques seront les premiers à se féliciter du changement car c'est non seulement maintenant mais qui regrettera une République mafieuse dont le système basé sur l'élection écartait le peuple de toute représentation au profit des plus riches ? Au moins les choses sont claires.

Au cœur de l'appareil de contrôle des ex-citoyens mais nouveaux esclaves, le monde numérique aura de toute évidence un rôle majeur.

La disparition prochaine du paiement en espèce déjà très limité (montants, capacité de retrait des distributeurs ou en agence)  permettra de surveiller la consommation et les déplacement. D'autant que les agences avec un personnel humain ont autant d'avenir que le minitel.

L'imposition plus que probables de puces au nom de la sécurité, de la santé, sera le complément rapide de la main mise intégrale de l'état sur la personne.

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Anno 1284 am dage Johannis et Pauli war der 26. junii Dorch einen piper mit allerlei farve bekledet
gewesen CXXX kinder verledet binnen Hamelen gebo[re]n to calvarie bi den koppen verloren.

Petits enfants de France si un joueur de flute prétend que nous sommes en guerre ne l'écoutez pas et fuyez !

Appareil connecté = appareil espion

Notez déjà le zèle des géants des réseaux sociaux, de l'informatique pour communiquer des informations au nom de la lutte contre le terrorisme ou rassurer hypocritement les proches. Allez, cliquez, où êtes vous, où est votre contact ?

Par pitié, ne jouez pas avec le cloud !

Mails, appels Skype doivent être considérer comme publics.

Cette politique de collaboration a déjà fait ses victimes en Ukraine et tout est fait pour abattre le monopole de ce sanglant régime.

Il faut aussi s'attendre à court terme à un accès aux réseaux sociaux aux personnes inscrites avec une carte de crédit afin de dévoiler leur identité sous prétexte de vérifier leur majorité. Nombreux sont les parlementaires européens qui le demandent, pour notre bien, depuis des années.

Il existe des clones de Facebook, certains sont en Russie avec interface en français, en anglais... Il est plus que temps d'y penser. Car si le monde numérique a pour vocation de nous informer, de nous distraire, il ne doit pas nous isoler ou nous dissimuler la réalité.

Alors, bonne année 2016 ?

Non plutôt 1984 voire 1940 pour les pessimistes. Car les mêmes idéologies produisent les mêmes dérives.

 


Pour vous remettre, Joe Hisaishi (compositeur, chef d'orchestre, pianiste japonais: Le Château dans le ciel (1986), Mon voisin Totoro (1988), Kiki la petite sorcière (1989), Porco Rosso (1992), Princesse Mononoké (1997), Le voyage de Chihiro (2001)) in Budokan - Studio Ghibli 25 Years Concert.

11:29 Publié dans Actualité | Tags : vœux, poutine, occident, dictature, crise, déclin | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |

29/09/2015

70e session de l'Assemblée générale de l'Onu

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"A part les troupes de Bachar el-Assad et les troupes kurdes, personne ne se bat vraiment contre l’État islamique" (W. Poutine). Il faut dire que les Occidentaux n'ont pas le temps avec le ravitaillement et l'armement du Front Al Nosra filiale d'Al Qaïda. Heureusement, le changement, c'est maintenant et celui là n'est pas frelaté.

C'était le discours attendu par tous à l'occasion de cette session historique, le discours de Poutine. Et c'est sans doute la peur qu'il suscitait qui a poussé la NASA a annoncer en catastrophe une conférence de presse d'importance historique juste à l'heure où le Président russe devait intervenir.

Il est toujours plus facile de travestir un propos que personne n'a vu.

C'est une angoisse aussi visible dans le discours interminable, brouillon et même comique par ses mensonges du Président américain Obama, contraint par tant d'années d'échecs de la politique extérieure américaine à accepter le retour dans le jeu de la Russie et de l'Iran.

Ce discours était d'autant plus important qu'il suivait les propos fort patelins du Président chinois qui parle peu et de manière insignifiante mais soutient, comme jamais la Chine ne l'a fait, la politique étrangère russe. La présence physique envisagée des chinois sur le terrain syrien qui fait l'objet de rumeurs persistantes (Le porte-avion Liaoning devient le Nessie des ports syriens pour les israéliens qui pensent le voir partout) serait une claque terrible pour Washington.

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Ni vu ni connu, le Liaoning est la nouvelle bête immonde des médias

Alors écoutez bien ce monologue qui commence très fort par un rappel historique donnant le ton, l'origine de le l'ONU, à Yalta, en Crimée, dans mon pays insiste bien le Président Russe. Car le rappel de l'histoire, du droit international sera le leitmotiv d'une allocution qui est une terrible condamnation pour les apprentis sorciers de l'OTAN, leurs hypocrisies, leurs actes terroristes de déstabilisation portant le fanatisme au pouvoir.

Petit point sur les fonctions aussi. L’Assemblée générale est le principal organe délibérant, directeur et représentatif de l’ONU. Elle est composée des représentants des 193 États membres de l’Organisation, elle offre un forum multilatéral de discussion unique sur l'ensemble des questions internationales abordées dans la Charte et en aucun cas ce que nous avons connu trop longtemps après la chute de l'URSS, un champs d'entérinement de la politique américaine enrubannée du monopole du cœur.Bien des dents doivent grincer, on sonne la fin d'une récréation qui a fait plus de 5 millions de morts depuis 1990.

La France n'échappe pas à cette volée de bois vert avec la stigmatisation de ceux qui violent la charte de l'ONU en bombardant sans autorisation des pays, pratiquent les sanctions unilatérales en contournement de l’Onu ou préparent en toute opacité vis à vis de leur peuple des traités criminels et profondément nuisibles aux droits fondamentaux de leurs peuples. Vous avez dit TAFTA?


Intervention de Wladimir Poutine, Président de la Russie devant l'Assemblée générale des Nations unies: "Les rebelles modérés formés par l'Occident rejoignent eux aussi les rangs de l’État islamique".

 

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06/12/2014

Russie : Nos médias aux ordres de Washington

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Le 4 décembre le président de Russie Vladimir Poutine a prononcé au Kremlin un message à l'Assemblée fédérale de Russie, le Parlement. Son intervention traditionnelle est à la fois une analyse approfondie mais aussi un commentaire mis à jour jusqu'aux derniers minutes, des évènements, des situations russes et internationale mais aussi une réponse aux déclarations de dirigeants étrangers. Elle est l'annonce d'une orientation pour l'année à venir. En ce sens, les propos font écho au rapport de défense américain que nous traitions il y a quelques jours.

 Ce qui est intéressant, en plus de ce discours, est son commentaire invraisemblable dans les médias de France. Poutine est présenté d'une manière hallucinée et les commentaires sont stupéfiants de mauvaise foi. Certains n'ayant pas peur du ridicule vont jusqu'à médicalisé le propos en évoquant un Poutine fiévreux etc. Ce sont pourtant les politiciens français qui ont, depuis un moment, sombré dans un délire idéologique total par servilité envers Washington. Cerains pensent voir des chars et des troupes russes en Ukraine par exemple, une vision dans le pur sens du terme que l'OTAN a même du démentir. Servir la cause, c'est bien mais bon quand c'est trop gros, ça ne marche pas.

Bien loin d'une telle hystérie amplifiée par la pression liée à une crise économique qui s'aggrave sans cesse de l'Europe au Japon, c'est un Poutine droit dans ses bottes qui s'est exprimé depuis la salle des fêtes du Kremlin. Le propos se veut avant tout rassurant pour le peuple russe mais il l'est aussi pour de nombreux peuples à travers le monde conscients de la dérive actuelle de l'Occident. Parmi ces peuples il faut citer ceux qui subissent la guerre que nos impôts financent comme les syriens mais aussi les libyens, les libanais, les ivoiriens et des pays aspirant à la souveraineté pleine et entière comme la Chine, l'Inde, l'Iran, l'Afrique du Sud, le Brésil, le Venezuela, le Vietnam. Oui car de nombreux pays et de réelles puissances ne condamnent nullement la Russie dans l'affaire ukrainienne. La prétendue communauté internationale qui trépigne, c'est bien peu de chose en fait, une famille idéologique, en Italie on dirait une mafia.

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Novembre 2014, Poutine annonce la création d'une zone de libre échange entre l'Union douanière (Née en 2010, l'Union douanière entre le Bélarus, le Kazakhstan et la Russie exempte de droits de douane les marchandises circulant entre ces trois États, et permet leur libre circulation au sein de l'Union) suscitée par la Russie et le Vietnam. Elle initie ce type d'accord entre l'Union douanière et un pays tiers. Un camouflet de plus pour Washington.

 Poutine s'est montré pédagogique en expliquant que l'ennemi que devait combattre la Russie n'est pas en particulier un pays ou une alliance mais que la lutte se passe avant tout sur le plan des valeurs. En effet, l'Occident n'intervient plus directement sur le terrain en 2014 sauf s'il y a une totale absence de risques et qu'il peut user de la canonnière (Libye, Côte d'Ivoire). Il utilise désormais des intermédiaires, se contentant de facturer les opérations aux alliés. C'est le cas en Syrie avec l'islamisme radical ou en Ukraine avec la mafia et les milices néo-nazies entrainées en Pologne. Les sponsors américains du nouveau régime de Kiev sont ainsi mentionnés. Le pouvoir russe n'est évident pas dupe de l'origine du coup d’État et de la menace réelle qu'il fait peser sur les intérêts stratégiques militaires et économiques russes. S'il se refuse à rompre ouvertement avec l'Union européenne et les États-Unis, Poutine se montre ferme et admet que la crise est profonde et ne se réglera pas à court terme.

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Comme Bonaparte prit le pouvoir alors que les souvenirs de la Terreur étaient encore vifs, pour en empêcher le retour par l'ordre, et mettre fin surtout à la ploutocratie directoriale qui lui avait succédé, Poutine rétablit dans sa liberté une nation qui, ayant connu le plus durable des systèmes totalitaires, fut livrée après qu'il s'était lentement - et heureusement - amolli, à tous les désordres, violences, injustices que provoque inévitablement le consensus néolibéral de Washington. Toute la politique de Poutine possède une grande force démonstrative. Yannick Jaffré en parcourt le détail. Yannick Jaffré puise au meilleur de la philosophie politique pour nous faire suivre les étapes de ce retour russe. Pratiquant un billard à trois bandes historique, il confronte la Russie contemporaine, le Consulat et la France contemporaine. Il en sort une grande leçon de politique qui dessine en même temps une espérance pour la France. Yannick Jaffré est professeur agrégé de philosophie. Il préside le Collectif Racine, au sein duquel il milite pour la sauvegarde des savoirs et des humanités.Vladimir Bonaparte Poutine Ed. Perspectives Libres, 27€).

La question ukrainienne n'est donc pas éludée dans cette allocution (la Russie à quand même soutenu l'Ukraine à hauteur de 33 milliards de dollars pour apaiser la situation et soutenir un voisin qui livre son pays au pillage de groupes économiques étrangers)et le rappel des crimes de guerre sous la responsabilité de Kiev (sont cités par exemple les fusillades sans jugement, les opposants brulés vifs à Odessa...), de la stricte défense du droit international par la Russie alors qu'il est curieusement nié par l'Union Européenne et la fameuse communauté internationale n'est pas de trop.Il est à noter que Poutine distingue encore, à ce niveau, la fonction d'exécutant de Kiev et la véritable responsabilité criminelle des parrains occidentaux. On ne saurait être plus clair.

Mais ce conflit aux portes de la Russie n'est qu'un prétexte : Même sans la Crimée et l'Ukraine, les États-Unis et leurs alliés auraient inventé autre chose pour freiner les opportunités de la Russie. Et cette manière de faire ne date pas d'hier. Là encore, difficile de contredire le leader russe lorsqu'on a en mémoire la guerre contre la Serbie, l'Irak... Et il s'empresse d'insister sur un point, la Russie dispose d'une armée moderne, redoutable, prête au combat, un profil qui ne peut certes rivaliser avec le démentiel budget et arsenal de l'OTAN mais pourtant dissuasif, interdisant à ses ennemis d'espérer acquérir la suprématie militaire. Poutine se livre alors à quelques rappels historiques loin d'être superflues pour les jeunes générations. Il évoque la lutte russe contre l'invasion nazie (si on est au fait du financement anglo-saxon de la montée du nazisme, ce rapprochement prend tout son sens). Hitler s'apprêtait à anéantir la Russie et à nous repousser jusqu'à l'Oural. Tout le monde doit se souvenir comment ce genre de choses se termine précise t-il et cette mise en garde souligne la violation flagrante des accords de Moscou passés autrefois entre la Russie et les États-Unis. La progression constante de l'OTAN vers l'Est depuis des années en est, en effet, la permanente trahison.

 Poutine une politique de type gaulliste (sans ses erreurs à ce jour) et avec des résultats incontestables sauf pour les partisans d'une France dirigée depuis Washington. Sous sa direction le PIB russe est passé de la 36e place mondiale à la 5e. Il a nationalisé 65% de l'industrie pétrolière et 95% de celle du gaz, les réserves de changes du pays ont été multiplié par 48. Les exportations de céréale dépassent maintenant celles des États-Unis. Le déclin démographique de 1.5 millions d'habitant par en en 1999 est stoppé et on constate désormais une croissance naturelle de 0.22%/an. Décembre 2014 la cote de popularité atteint 87% et le niveau de vie est quatre fois supérieur à celui de l'Ukraine.

Cette progression désormais plus seulement par la corruption mais par la guerre et le terrorisme offre à la Russie une opportunité, celle de retrouver la position évoquant la France des années De Gaulle, celle d'un pays non aligné et menant une politique dans l'intérêt de sa population avant tout dogme idéologique. Un politique qui est de toute évidence celle du nouveau géant économique chinois. Et alors que de manière comique et décalée par rapport à la réalité le secrétaire d'État américain, John Kerry, appelait depuis Bâle la Russie à ne pas s'isoler par ses propres actions on a constaté ses derniers mois la multiplications des accords de coopération entre la Russie et de nombreux pays comprenant sa position et la nécessité d'un monde multipolaire. Nous avons hélas vu comment la France trahie au plus haut niveau a encore une opportunité formidable de relancer son économie et de bâtir un partenariat fructueux pour son appareil militaro-industriel avec un fournisseur d'énergie majeur pour le siècle qui débute.

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Il ne faut jamais désespérer. Qui aurait pu croire à un avenir russe après les années Eltsine? L'histoire nous apprend que les bonnes personnes se trouvent parfois au bon endroit au bon moment et elles sont parfois une simple femme de chambre dans un Sofitel. Hélas, certains partent trop tôt.

Pour conclure, Poutine s'est penchée sur la question économique et si la Russie a été bien peu touchée par les sanctions injustifiées de l'Europe et retrouve cette année de la croissance avec des contrats fabuleux signés avec la Chine, l'Amérique du Sud et même la Turquie, cette situation de tension a été l'occasion d'une prise de conscience salutaire. Un pays doit avant tout compter sur ses propres forces, notre développement dépend d'abord de nous-mêmes. Une amnistie totale va être offerte aux affairistes russes rapatriant leurs biens (on ne leur demandera pas d'où vient cet argent ni comment il a été gagné) cela concerne un montant de l'ordre de 110 milliards et le combat d'une dépendance critique aux technologies et productions industrielles étrangères sont au programme. Avec une cote de popularité de 80% le maître du Kremlin ne devrait avoir aucun obstacle sur cette route.

Au final l'allocution du président russe devant le parlement n'est pas différente d'une position conservatrice de type gaulliste par sa défense de la patrie et des intérêts vitaux, des valeurs traditionnelles, celles qui ont fait leurs preuves. La défense de la famille et la fin des années d'effondrement du taux de natalité sont le meilleur exemple de la réussite du travail de Poutine. Cette politique appuyée sur des élections, une immense popularité admise par les observateurs même américains (de l'ordre de 80% de satisfaits) et des résultats spectaculaires depuis 10 ans est aussi sur le plan économique un libéralisme économique dont seuls les excès sont limités par l’État. C'est sans doute cette réussite d'un système qui n'est pas sans rappeler le modèle français des 30 glorieuses qui fait aujourd'hui l'horreur d'un Occident en échec.

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Interrogé il y a peu dans le Point sur sa politique s'il était encore en activité, Roland Dumas déclare: J’aurais rétabli une vraie politique française avec la Russie ! La France doit rétablir une relation privilégiée avec la Russie. Nous traitons mal les Russes, contrairement à ce qui peut se dire dans le monde ! Nous ne tenons compte d’aucun des engagements qui ont été pris, notamment avec Gorbatchev concernant la conférence de Moscou. L’alliance outre-Atlantique n’a pas tenu ses engagements envers Moscou. Je suis contre l’injustice même en politique internationale.

Car le désastre social et économique de l'Occident, de cette fameuse communauté internationale qui se limite à un tout petit bout de la planète à savoir l'OTAN et ses alliés directs est essentiellement du au rejet du politique au profit d'un capitalisme purement financier et prédateur. Ce capitalisme néo-libéral est parvenu à s'affranchir de toutes les limites hier imposées par les religions traditionnelles (catholicisme, islam, orthodoxie), le politique pour s'imposer comme seul référent au nom du progrès, de l'égalité, de la croissance. Cet objectif qui comporte la destruction de la famille, de la nation, ces cellules élémentaires qui protègent la personne est aujourd'hui largement atteint et on peut déjà juger de son résultat, un appauvrissement global, un accroissement des écarts entre pauvres et riches (destruction accélérée de la classe moyenne), la diminution constante des libertés fondamentales (censure, uniformisation de information, persécution des dissidences). La Russie opte pour un chemin différent et ses objectifs en matière de "progrès" ne sont pour l'instant pas synonyme de régression sociale et de perte de souveraineté. Il serait bon de s'en inspirer.

12:05 Publié dans Actualité | Tags : poutine, bilan, 2014, france, occident, avenir | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |

21/05/2014

Quand les élites se taisent ou vont à la pêche...

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Après avoir donné le marché iranien aux américains, l'Europe offre celui de la Russie et un fournisseur d'énergie à la Chine. Avec l'Europe, la France en récession n'a pas besoin d'ennemis...

La Russie va céder, la Chine va s'aligner sur l'Occident et condamner la Russie. Le bobard médiatique n'aura pas duré longtemps. Chine et Russie viennent de signer des accords stratégiques, énergétiques et économiques (sur le plan militaire Moscou fournira à Pékin des chasseurs multi-rôles Soukhoï Su-35, des sous-marins de classe Lada et les systèmes de défense les plus performants sur le marché les S-400) d'une portée considérable renforçant leur coopération et balayant l'opinion de la communauté internationale nom prétentieux des membres de l'OTAN. Ainsi, un contrat de 270 milliards de dollars entre la compagnie publique russe Rosneft et la China’s National Petroleum Company assure la fourniture par la Russie à la Chine et durant 25 ans de quelques 700 millions de tonnes de pétrole.

Un second contrat prévoit que la compagnie encore publique russe Gazprom livrera de son coté à la Chine 38 milliards de m3 de gaz par an, (+/- 25% de l'actuelle livraison à toute l’Europe). Des investissements chinois de 20 milliards de dollars autoriseront la Russie à doubler l’oléoduc entre la Sibérie orientale et le Pacifique d’un gazoduc de 4 000 km vers Chine.

Pékin fera aussi des investissements en Crimée, en particulier pour la production et l’exportation de gaz naturel liquéfié, pour la modernisation de l’agriculture et l'installation d’un terminal céréalier ultra moderne. Dans le cadre de cette coopération rapprochée qui ne rapportera rien à une Union européenne qui préfère servir les intérêts de son concurrent américain, Moscou et Pékin abandonneront définitivement le dollar comme monnaie pour les échanges dans toute la région asiatique, élargissant ainsi une situation existant entre les deux pays. La Russie adopte d'ailleurs son propre système de paiements inspiré du le modèle du chinois Union Pay, dont les cartes de crédit sont utilisées dans 140 pays, se plaçant au second rang mondial après les Visa. Les réseaux traditionnels occidentaux viennent d'ailleurs d'accepter de débourser 3 milliards de dollar pour conserver leur accès au marché russe. Il est vrai que la croissance et le développement en 2014 on les trouve encore en Chine ou en Russie mais pas dans la zone euro ni aux États-Unis où chômage et précarité s'installent comme la baisse de la consommation des ménages. Enfin, les présidents Xi Jinping et Vladimir Poutine pour signifier leur totale convergence sur la situation internationale et il est question de convergence d’intérêts stratégiques ont annoncé que les marines des deux pays effectueront en mer de Chine méridionale, justement après le déroulement aux Philippines une  manœuvre aéronavale américaine.

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Nouvelle législation Russe en vigueur en réaction aux sanctions occidentales, Visa et MasterCard devront payer 3 milliards de dollars en frais de sécurité afin de continuer d'opérer en Russie.

Nous avons donc un tout faux de l'Union Européenne que ce soit en politique économique et sur le plan des relations internationales. Ne manque que le Grand Traité Transatlantique pour achever notre économie qui vient de se priver du gigantesque débouché de l'Est et d'un fournisseur énergétique qui est solvable et cerise sur le gâteau... européen! Pourtant certains économistes, spécialistes de la géostratégie et de la macro-économie avaient mis en garde nos dirigeants.

Jacques Sapir fait partie des quelques rares économistes français de réputation internationale. Ce diplômé de science po a soutenu un Doctorat d'État en économie, consacré aux cycles d'investissements dans l'économie soviétique (Paris-X, 1986) tout en enseignant la macroéconomie et l’économie financière à l'Université de Paris-X de 1982 à 1990, et à l'ENSAE avant d’entrer à l’ École des Hautes Études en Sciences Sociales en 1990. Il est Directeur d’Études depuis 1996 et dirige le Centre d'Études des Modes d'Industrialisation (CEMI-EHESS). Ces analyses reconnues l'ont aussi mené à un poste en Russie au Haut Collège d'Économie (1993-2000) et à l’Ecole d’Économie de Moscou depuis 2005. Il dirige le groupe de recherche IRSES à la FMSH, et co-organise avec l'Institut de Prévision de l'Economie Nationale (IPEN-ASR) le séminaire Franco-Russe sur les problèmes financiers et monétaires du développement de la Russie. L'homme n'a rien d'un extrémiste ou d'un analyste superficiel. Le message d'alerte publié sur son blog est donc a lire avec attention car il témoigne d'une rupture désormais visible des élites avec non seulement les partis traditionnels mais aussi la maison mère européenne. Certes, la ligne de fracture se traduit différemment selon les personnes et leur dépendance financière. Ainsi, le fonctionnaire Emmanuel Todd, brillant démographe, après avoir appelé à voter aux présidentielles en totale contradiction avec ses propres analyses ira cette fois... à la pêche. Sapir lui ayant vite compris à qui il avait à faire avec le Front de Gauche donnera lui plus de consigne, on ne l'y reprendra pas. D'autres ont passé une fois pour toute le Rubicon comme le géopoliticien Chauprade. Le commentaire d'actualité de Sapir en lien ci-dessous est donc à lire.

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"Le «roman de l'Euro», quel beau titre pour une soirée de propagande sur France-2! On nous a présenté donc comme un «roman» ce qui est, pour la majorité des Français, mais aussi des Italiens, des Espagnols, des Portugais et des Grecs, un véritable cauchemar. Notons que les réalisateurs n'avaient pris aucun risque. Les voix discordantes étaient réduites au strict minimum. Et si l'on doit saluer le courage d'un Philippe Villin, toujours très battant sur ce terrain, le spectateur moyen est laissé dans l'ignorance du nombre important d'économistes qui ont exprimé, ou qui expriment aujourd'hui, leurs doutes quant à la survie et surtout l'efficacité de l'Euro. Des Bernard Maris, conseiller économique à la Banque de France, Bernard Mazier, Alain Cotta ou Frédéric Lordon, il ne fut donc pas questions, ni des quelques soixante-dix noms d'économistes européens ou américains. De «débat», il n'y eut que le nom, et cela est indigne, mais hélas très habituel, de la télévision publique mais aussi de la France en général." Jacques Sapir 16/05/2014

 

Le 25 mai…

20 mai 2014
Par Jacques Sapir

Alors que s’approchent rapidement les élections européennes montent tant les pressions pour que je rende publique une consigne de vote, que les pressions pour l’abstention. Je comprends ces dernières, mais ne les approuve nullement. Des personnes très honorables, de Nikonoff à Todd, vont s’abstenir dimanche prochain. Je pense qu’ils commettent une erreur, et même une erreur grave. (la suite)

14:39 Publié dans Actualité | Tags : poutine, sapir, chine, europe | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |