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30/07/2016

Démocratie : l'assassinat préventif

 

 

 

 L'armée américaine teste actuellement des IA spécialisées dans le domaine du pilotage de drones ou autres modules volants dans le but d'assister les opérations aériennes du futur. Et pour mettre à l'épreuve ces programmes, quoi de mieux qu'une petite confrontation avec un des meilleurs pilotes de l'US Air Force ?

Le colonel Gene Lee, formateur des pilotes de l'US Air Force depuis les années 1980 s'est prêté à l'exercice dans un simulateur de vol très poussé. Et systématiquement, l'IA Alpha (la même qui a battu le champion du monde de jeu de Go) s'est montrée plus performante.

Le pilote s'est déclaré impressionné par la réactivité de l'IA dans le choix des manoeuvres, l'avion virtuel contrôlé par cette dernière réagissant instantanément aux réactions de l'humain. Changements de direction, déploiement de l'armement... l'IA s'est montrée particulièrement capable de s'adapter à toutes les situations, pour sortir gagnante de chaque confrontation.

Le plus inquiétant dans tout cela, c'est que l'IA Alpha ne mise pas sur une puissance de calcul colossale, puis qu'elle fonctionne sur un ordinateur de type Raspberry Pi.

Même en soumettant l'IA à des avaries techniques : pannes, conditions météorologiques diverses, bugs inexpliqués, problèmes d'armement, elle a été capable de s'en sortir en préservant le matériel et son intégrité.

On imagine comment l'armée pourrait se montrer particulièrement intéressée par l'intégration de ce type d'IA dans ses aéronefs. A cela s'ajoute également un avantage indéniable : l'IA n'apporte aucune contrainte physique aux aéronefs et elle peut se dupliquer à l'infini, contrairement à l'entrainement physique et stratégique des pilotes de chasse.

 

 

 

 

 

 

 

On ne sait pas encore grand-chose sur la fusillade qui a tué plusieurs policiers, ces dernières nuits, à Dallas, Texas. À un moment donné, le chef de la police de Dallas a affirmé qu’il s’agissait d’un groupe de quatre attaquants armés de fusils qui s’étaient coordonnés. Deux d’entre eux, des tireurs d’élite, avaient été vus sur des toits. Cela m’avait amené à penser qu’il s’agissait probablement d’une milice (suprématiste) entraînée qui essayait de déclencher une guerre civile.

La version actuelle est qu’il ne s’agissait que d’un homme seul. Un vétéran de l’armée qui était, selon cette vidéo, entraîné au combat d’infanterie. Trois autres personnes sont en garde à vue, mais elles ne sont peut-être pas liées à l’incident. Qu’est-ce qui explique ce grand écart entre les deux rapports de la situation par le chef de la police de Dallas ?

L’unique tireur identifié a finalement été encerclé et la police a négocié avec lui. Les négociations ont échoué, selon la police, et la police a utilisé un « robot » télécommandé pour amener une bombe à côté du tireur et, là, elle a explosé. Le suspect a été tué dans l’explosion.

C’est la première utilisation connue d’un engin explosif improvisé porté par un véhicule télécommandé, appelé RC-VBIED en langage militaire, par une force de police civile aux Etats-Unis. Le véhicule était un dispositif télécommandé sur chenilles de caoutchouc, comme ceux qui sont utilisés pour examiner et faire sauter des colis suspects.

Dès lors que le tireur présumé était encerclé et pris au piège depuis un moment :
- Le suspect représentait-il encore un danger immédiat ?
- Était-il justifié d’utiliser ce genre de « frappe de drone » contre lui ?
- Qu’arrivera-t-il si les criminels ont recours à des dispositifs similaires (relativement faciles à construire à partir de jouets téléguidés) ?
- Le contrôle à distance du « robot » était-il absolu ou était-il possible de le manipuler ?
- Quelles seront les conséquences éventuelles de l’utilisation (comme c’est probable) de ces machines à tuer à distance les criminels présumés que la police poursuit quotidiennement ?
- L’utilisation de drones dans la guerre a conduit à une augmentation des frappes ciblées -dans et à l’extérieur des zones de guerre- du fait que le risque pour les soldats avait diminué. Est-ce que l’utilisation par la police de VBIED (engins explosifs téléguidés sur roues) aura des effets similaires ?
- L’utilisation de ces moyens devrait-il nécessiter un mandat ?

L’utilisation de ce « robot » est une étape qualitative vers une situation future que personne n’était impatient de voir arriver dans les rues de nos villes. Nous devrions réfléchir et nous poser les bonnes questions avant d’accepter cela.

 

L'assassinat préventif ne relève pas plus du droit que la présomption de culpabilité. Il faut voir la une dégénérescence de type religieux des comportements, des institutions dont la manifestation serait impossible dans un système démocratique. Il n'y a donc pas de dérive dictatoriale à craindre car la dictature est là, dans les faits, dans la rue, elle est armée et face aux citoyens.

 

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