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21/05/2014

Quand les élites se taisent ou vont à la pêche...

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Après avoir donné le marché iranien aux américains, l'Europe offre celui de la Russie et un fournisseur d'énergie à la Chine. Avec l'Europe, la France en récession n'a pas besoin d'ennemis...

La Russie va céder, la Chine va s'aligner sur l'Occident et condamner la Russie. Le bobard médiatique n'aura pas duré longtemps. Chine et Russie viennent de signer des accords stratégiques, énergétiques et économiques (sur le plan militaire Moscou fournira à Pékin des chasseurs multi-rôles Soukhoï Su-35, des sous-marins de classe Lada et les systèmes de défense les plus performants sur le marché les S-400) d'une portée considérable renforçant leur coopération et balayant l'opinion de la communauté internationale nom prétentieux des membres de l'OTAN. Ainsi, un contrat de 270 milliards de dollars entre la compagnie publique russe Rosneft et la China’s National Petroleum Company assure la fourniture par la Russie à la Chine et durant 25 ans de quelques 700 millions de tonnes de pétrole.

Un second contrat prévoit que la compagnie encore publique russe Gazprom livrera de son coté à la Chine 38 milliards de m3 de gaz par an, (+/- 25% de l'actuelle livraison à toute l’Europe). Des investissements chinois de 20 milliards de dollars autoriseront la Russie à doubler l’oléoduc entre la Sibérie orientale et le Pacifique d’un gazoduc de 4 000 km vers Chine.

Pékin fera aussi des investissements en Crimée, en particulier pour la production et l’exportation de gaz naturel liquéfié, pour la modernisation de l’agriculture et l'installation d’un terminal céréalier ultra moderne. Dans le cadre de cette coopération rapprochée qui ne rapportera rien à une Union européenne qui préfère servir les intérêts de son concurrent américain, Moscou et Pékin abandonneront définitivement le dollar comme monnaie pour les échanges dans toute la région asiatique, élargissant ainsi une situation existant entre les deux pays. La Russie adopte d'ailleurs son propre système de paiements inspiré du le modèle du chinois Union Pay, dont les cartes de crédit sont utilisées dans 140 pays, se plaçant au second rang mondial après les Visa. Les réseaux traditionnels occidentaux viennent d'ailleurs d'accepter de débourser 3 milliards de dollar pour conserver leur accès au marché russe. Il est vrai que la croissance et le développement en 2014 on les trouve encore en Chine ou en Russie mais pas dans la zone euro ni aux États-Unis où chômage et précarité s'installent comme la baisse de la consommation des ménages. Enfin, les présidents Xi Jinping et Vladimir Poutine pour signifier leur totale convergence sur la situation internationale et il est question de convergence d’intérêts stratégiques ont annoncé que les marines des deux pays effectueront en mer de Chine méridionale, justement après le déroulement aux Philippines une  manœuvre aéronavale américaine.

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Nouvelle législation Russe en vigueur en réaction aux sanctions occidentales, Visa et MasterCard devront payer 3 milliards de dollars en frais de sécurité afin de continuer d'opérer en Russie.

Nous avons donc un tout faux de l'Union Européenne que ce soit en politique économique et sur le plan des relations internationales. Ne manque que le Grand Traité Transatlantique pour achever notre économie qui vient de se priver du gigantesque débouché de l'Est et d'un fournisseur énergétique qui est solvable et cerise sur le gâteau... européen! Pourtant certains économistes, spécialistes de la géostratégie et de la macro-économie avaient mis en garde nos dirigeants.

Jacques Sapir fait partie des quelques rares économistes français de réputation internationale. Ce diplômé de science po a soutenu un Doctorat d'État en économie, consacré aux cycles d'investissements dans l'économie soviétique (Paris-X, 1986) tout en enseignant la macroéconomie et l’économie financière à l'Université de Paris-X de 1982 à 1990, et à l'ENSAE avant d’entrer à l’ École des Hautes Études en Sciences Sociales en 1990. Il est Directeur d’Études depuis 1996 et dirige le Centre d'Études des Modes d'Industrialisation (CEMI-EHESS). Ces analyses reconnues l'ont aussi mené à un poste en Russie au Haut Collège d'Économie (1993-2000) et à l’Ecole d’Économie de Moscou depuis 2005. Il dirige le groupe de recherche IRSES à la FMSH, et co-organise avec l'Institut de Prévision de l'Economie Nationale (IPEN-ASR) le séminaire Franco-Russe sur les problèmes financiers et monétaires du développement de la Russie. L'homme n'a rien d'un extrémiste ou d'un analyste superficiel. Le message d'alerte publié sur son blog est donc a lire avec attention car il témoigne d'une rupture désormais visible des élites avec non seulement les partis traditionnels mais aussi la maison mère européenne. Certes, la ligne de fracture se traduit différemment selon les personnes et leur dépendance financière. Ainsi, le fonctionnaire Emmanuel Todd, brillant démographe, après avoir appelé à voter aux présidentielles en totale contradiction avec ses propres analyses ira cette fois... à la pêche. Sapir lui ayant vite compris à qui il avait à faire avec le Front de Gauche donnera lui plus de consigne, on ne l'y reprendra pas. D'autres ont passé une fois pour toute le Rubicon comme le géopoliticien Chauprade. Le commentaire d'actualité de Sapir en lien ci-dessous est donc à lire.

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"Le «roman de l'Euro», quel beau titre pour une soirée de propagande sur France-2! On nous a présenté donc comme un «roman» ce qui est, pour la majorité des Français, mais aussi des Italiens, des Espagnols, des Portugais et des Grecs, un véritable cauchemar. Notons que les réalisateurs n'avaient pris aucun risque. Les voix discordantes étaient réduites au strict minimum. Et si l'on doit saluer le courage d'un Philippe Villin, toujours très battant sur ce terrain, le spectateur moyen est laissé dans l'ignorance du nombre important d'économistes qui ont exprimé, ou qui expriment aujourd'hui, leurs doutes quant à la survie et surtout l'efficacité de l'Euro. Des Bernard Maris, conseiller économique à la Banque de France, Bernard Mazier, Alain Cotta ou Frédéric Lordon, il ne fut donc pas questions, ni des quelques soixante-dix noms d'économistes européens ou américains. De «débat», il n'y eut que le nom, et cela est indigne, mais hélas très habituel, de la télévision publique mais aussi de la France en général." Jacques Sapir 16/05/2014

 

Le 25 mai…

20 mai 2014
Par Jacques Sapir

Alors que s’approchent rapidement les élections européennes montent tant les pressions pour que je rende publique une consigne de vote, que les pressions pour l’abstention. Je comprends ces dernières, mais ne les approuve nullement. Des personnes très honorables, de Nikonoff à Todd, vont s’abstenir dimanche prochain. Je pense qu’ils commettent une erreur, et même une erreur grave. (la suite)

14:39 Publié dans Actualité | Tags : poutine, sapir, chine, europe | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |

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