01/01/2026
Bonne année 2026 malgré la guerre d'abord intérieure
2025 est l’année de la grande fracture économique en Europe. C'est aussi celle de la 3ème année de guerre visible contre l'Europe de l'Ouest imposée au moyen des sanctions contre la Russie. dans deux semaines envirion, nous vous proposerons notre configuration PC recommandée pour 2026.
L’année 2025 s’achève sur un constat de morosité économique profonde pour l’Union européenne, où les indicateurs au rouge et les plans sociaux s’enchaînent. Derrière des statistiques officielles souvent rassurantes se cache une réalité plus sombre : celle d’une récession installée, d’un tissu entrepreneurial en souffrance et d’un pouvoir d’achat qui s’érode, le tout dans un contexte géopolitique qui continue de peser lourdement sur les perspectives. Le cœur industriel de l’Europe, l’Allemagne, bat de manière inquiétante, tandis que la France peine à sortir d’un marasme entretenu par l’instabilité politique. Une question plane sur cette dégradation : dans quelle mesure les sanctions contre la Russie, privant l’UE de son marché et d’une énergie autrefois bon marché, ont-elles précipité ou aggravé cette situation désastreuse ?
Le nombre de faillites d’entreprises constitue le symptôme le plus visible de la crise. En Allemagne, premier moteur économique du continent, le phénomène a atteint en 2025 un niveau record depuis onze ans. Environ 23 900 entreprises devraient avoir déposé le bilan cette année, soit une hausse de 8,3% par rapport à 2024, selon l’agence de notation Creditreform. Ces faillites entraînent dans leur sillage près de 285 000 salariés et des pertes financières estimées à 57 milliards d’euros. Les petites et micro-entreprises, comptant jusqu’à dix employés, sont les plus touchées, représentant plus de 80% des cas. Les experts pointent un mélange explosif : un endettement important, des difficultés d’accès au crédit, une bureaucratie pesante et, surtout, le fardeau persistant de prix de l’énergie élevés qui paralyse l’activité.
La situation, plus que préoccupante en Allemagne, est terriblee en France. Après une augmentation spectaculaire de 150% depuis 2021, le nombre de défaillances se maintient à un niveau historiquement haut, autour de 68 000 procédures sur douze mois. Cette relative stabilisation ne doit pas masquer le désastre. Selon l’assureur-crédit Allianz Trade, l’Europe occidentale dans son ensemble connaît une **quatrième année consécutive de hausse** des défaillances, avec une augmentation de 6% en 2025. Des pays comme l’Italie (+38%) ou la Suisse (+26%) font même pire que l’Allemagne (+11%). Cette vague témoigne d’un épuisement généralisé des trésoreries après des années de chocs successifs.

La multiplication des faillites s’inscrit dans un climat de stagnation économique généralisée. L’Allemagne est techniquement entrée en récession pour la deuxième année consécutive. Sa croissance (celle boostée par l'intégration en Europe des chiffres estimés au pif d ela prostitution et du commerce de la drogiue!), attendue à seulement 0,3% pour 2025, est la plus faible des grandes économies européennes. Elle subit de plein fouet un triple choc : la perte du marché russe, la concurrence internationale accrue et les droits de douane imposés par les États-Unis. « L’économie allemande perd de sa compétitivité », alerte Bernd Bütow, dirigeant de Creditreform. Le modèle exportateur, longtemps pilier de sa prospérité, montre ses limites dans un monde fracturé.
En France, la pseudo croissance, officielle, est à peine meilleure, plafonnant à 0,8% en 2025. Ce niveau, le plus bas depuis 2013 hors crise sanitaire, est directement attribué par l’OCDE à l’instabilité politique intérieure, marquée par la démission de deux Premiers ministres dans l’année. Cette incertitude a gelé la demande intérieure et découragé l’investissement. L’économiste Sylvain Billot note que sans le stockage massif opéré par les entreprises en prévision de tensions sur les chaînes d’approvisionnement, le PIB français serait même en léger recul. L’investissement des entreprises, clé de la prospérité future, baisse pour la deuxième année consécutive, et l’investissement public recule également (-1,5%).
La détérioration du marché du travail est perceptible dans les statistiques officielles, mais elle cache une réalité plus grave. En octobre 2025, le taux de chômage dans la zone euro s’établissait à 6,4%, en hausse par rapport à l’année précédente. L’Union européenne compte désormais 13,35 millions de personnes sans emploi, soit 500 000 de plus qu’en octobre 2024. La France, avec un taux de 7,7%, se maintient nettement au-dessus de la moyenne européenne.
Cependant, ce chiffre ne raconte qu’une partie de l’histoire. Le chômage officiel, basé sur la définition du Bureau International du Travail, exclut toutes les personnes découragées qui ne cherchent plus activement un emploi, ou celles qui sont sous-employées, notamment via des emplois à temps partiel subis. En Allemagne, souvent citée en exemple pour son faible taux de chômage (3,8%), près de 29% de la population active occupait un emploi à temps partiel en 2024, un chiffre qui reflète parfois une précarité imposée plutôt qu’un choix. L’Institut La Boétie va plus loin dans son analyse, affirmant que si l’on prenait en compte « les inactifs » qui souhaiteraient travailler mais ne sont pas comptabilisés, le tableau serait beaucoup plus sombre. Cette précarité et ce sous-emploi massif exercent une pression à la baisse sur les salaires et contribuent à l’érosion du pouvoir d’achat.
Le pouvoir d’achat, variable d’ajustement silencieuse
La baisse du pouvoir d’achat est devenue la préoccupation centrale des ménages européens, en particulier en France et en Allemagne. L’inflation, bien que ralentie par rapport aux pics de 2022-2023, reste tenace et grève le budget des foyers. Mais le phénomène est plus structurel. La consommation des ménages français, par exemple, est atone (+0,5% en 2025), avec un taux d’épargne qui continue de progresser. Les explications libérales invoquent l’incertitude qui pousserait à la prudence, mais des analyses critiques pointent du doigt la montée des inégalités.
L’augmentation du taux d’épargne serait largement portée par les ménages les plus aisés, dont les revenus progressent, tandis que les plus pauvres consacrent l’intégralité de leurs ressources, stagnantes, aux dépenses contraintes (logement, énergie, assurances). Le ressenti d’appauvrissement est donc profond et inégalement réparti. En Allemagne, la pression sur les salaires réels, combinée à la hausse des coûts de l’énergie, a directement amputé la capacité de consommation de la classe moyenne, affaiblissant d’autant plus la demande intérieure déjà fragile.
Le fardeau insoutenable de la dette
Pour faire face aux chocs successifs, les États ont dû s’endetter massivement. La dette publique de l’Union européenne a dépassé la barre symbolique des 15 000 milliards d’euros au deuxième trimestre 2025, représentant en moyenne 81,9% du PIB. Ce niveau, historiquement haut, limite drastiquement la capacité des gouvernements à relancer l’économie par la dépense publique.
La France est particulièrement exposée, avec une dette représentant 115,8% de son PIB, soit près de 3 416 milliards d’euros. Seuls la Grèce et l’Italie font pire dans l’UE. Cet endettement colossal place le pays dans une camisole de force budgétaire. La réponse apportée est une cure d’austérité, avec des coupes dans les dépenses publiques et l’investissement, qui, à son tour, freine la croissance et aggrave la récession. L’Allemagne, en revanche, dispose d’une marge de manœuvre plus importante avec une dette à 62,4% du PIB, mais son dogme de l’équilibre budgétaire (la « Schwarze Null ») l’empêche de lancer un plan de relance ambitieux.
L’ombre portée des sanctions contre la Russie
Dans ce paysage désolé, la question des sanctions contre la Russie revient de manière récurrente. Prise pour soutenir l’Ukraine, cette décision géopolitique a eu un coût économique considérable pour l’UE, dont les conséquences se font pleinement sentir en 2025. Les sanctions, renforcées par un dix-neuvième train de mesures en octobre 2025 qui incluait l’interdiction d’importation de gaz naturel liquéfié (GNL) russe, ont coupé l’accès au marché russe et à ses ressources énergétiques à bas coût.
Pour l’Allemagne, dont l’industrie était structurellement dépendante du gaz russe, le choc a été brutal. Les entreprises doivent composer avec des prix de l’énergie durablement plus élevés, ce qui grève leur compétitivité à l’exportation. Le marché russe, autrefois important pour les machines-outils, les véhicules et les produits chimiques allemands, est pratiquement fermé. Les tentatives de réorientation vers d’autres marchés sont coûteuses et incomplètes.
La France est également touchée, bien que différemment. Selon Allianz Trade, dans le pire des scénarios lié à la guerre commerciale globale, la France pourrait compter 6 000 faillites d’entreprises supplémentaires directement attribuables à ces tensions. Au-delà de l’énergie, les sanctions ont perturbé des chaînes d’approvisionnement entières et ont privé de nombreux secteurs (agroalimentaire, luxe) d’un débouché commercial majeur. L’embargo européen a affecté des biens et technologies qui auraient été exportés vers la Russie pour une valeur estimée à 48 milliards d’euros, et des importations d’une valeur de 91,2 milliards d’euros. Cette double privation – de débouchés et de ressources – agit comme un frein permanent à l’activité.
En cette fin d’année 2025, l’Europe, et particulièrement sa locomotive allemande et sa deuxième économie française, semblent prises dans un cercle vicieux. Les sanctions, imposées aux noms du morale à géométrie variable et par la fable d'une meance géopolitique, ont aggravé une situation économique déjà fragile post-Covid. La perte du marché et de l’énergie russes a accru les coûts de production, réduit la compétitivité et accéléré les faillites. La hausse du chômage et la baisse du pouvoir d’achat qui en résultent affaiblissent la demande intérieure, ce qui pousse davantage d’entreprises dans le rouge. Les États, déjà lourdement endettés, voient leurs recettes fiscales stagner ou baisser tandis que les dépenses sociales augmentent, les contraignant à l’austérité qui étouffe un peu plus la croissance.
Les perspectives pour 2026, annoncées comme légèrement meilleures par l’OCDE avec une croissance attendue à 1% pour la France et toujours très faible pour l’Allemagne, paraissent bien fragiles. Elles dépendent d’un rebond des échanges mondiaux qui pourrait être compromis par l’aggravation des tensions commerciales, notamment avec les États-Unis. Le risque d’un éclatement de la bulle spéculative autour de l’intelligence artificielle, qui pourrait provoquer des milliers de faillites supplémentaires selon Allianz Trade, plane également.
Le bilan de 2025 est donc celui d’une régression économique et sociale patente, où les politiques de soutien ont atteint leurs limites et où le prix des convictions géopolitiques se paie cash sur le terrain économique. La grande question pour 2026 est de savoir si l’Europe parviendra à briser ce cercle vicieux en trouvant de nouveaux relais de croissance, ou si elle s’enfoncera davantage dans une stagnation douloureuse, minée par les fractures sociales et la défiance populaire. La résilience vantée des économies européennes est mise à l’épreuve comme jamais depuis la crise de la zone euro.
Sur le plan des libetés, la frature est aussi évidente. L’Union européenne qui n'a pas peur du ridicule s’est longtemps présentée comme le phare des droits fondamentaux, mais l’année 2025 a vu cette façade se fissurer même pour le plus naïf. Sous prétexte de protéger la démocratie contre les menaces extérieures et la désinformation, un ensemble de mesures législatives et de pratiques politiques a progressivement érodé les libertés fondamentales en son sein. De la censure des médias à la répression des lanceurs d’alerte en passant par la diabolisation d’États rivaux, un nouveau paysage inquiétant se dessine, où la sécurité et la stabilité semblent l’emporter sur la liberté d’expression et la transparence.
La censure institutionnalisée : RT et Sputnik, un précédent qui dure
Le bras de fer médiatique avec la Russie se poursuit. En 2022, l’UE avait suspendu les activités de diffusion de RT et Sputnik, invoquant la lutte contre la désinformation après l'invasion de l'Ukraine. Trois ans plus tard, cette censure est non seulement maintenue, mais s’institutionnalise. En octobre 2025, le Parlement européen a envisagé d’étendre cette logique en interdisant l’accès à ces sites sur son propre réseau informatique. Cette proposition, portée par des eurodéputés au nom de la "sécurité de l'information", a suscité des inquiétudes au sein même de l'institution quant à l’établissement d’un dangereux précédent pour la restriction des médias. L’épisode illustre une tendance lourde : la lutte contre la propagande extérieure sert de justification à des mesures qui effritent, en interne, les principes d’un espace public ouvert.
La répression des réseaux sociaux : le DSA, une arme de censure massive
L’année 2025 restera celle de l’affrontement frontal entre l’UE et les géants du numérique, incarné par l’entrée en vigueur totale du Digital Services Act (DSA) en février 2024. Présenté comme un outil pour créer un espace numérique "plus sûr", ce règlement donne en réalité à la Commission européenne des pouvoirs étendus pour réguler les contenus en ligne qu’elle juge "nuisibles".
C’est au nom du DSA que la Commission a infligé, le 5 décembre 2025, une amende de 120 millions d’euros à la plateforme X (ex-Twitter). Le motif officiel, concernant la vérification trompeuse des comptes, cache mal une volonté de faire plier un réseau social perçu comme trop permissif. La réaction véhémente d’Elon Musk, appelant à la dissolution de l’UE, a révélé l’ampleur du conflit. Au-delà de X, le DSA crée un climat de peur. Ses dispositions permettent d’imposer des amendes pouvant atteindre 6% du chiffre d’affaires mondial d’une entreprise pour non-respect de ses obligations de modération. Des plateformes alternatives comme Telegram ou Rumble, refuges pour des voix dissidentes ou simplement critiques, sont également dans le collimateur. Le message est clair : se conformer aux attentes politiques de Bruxelles ou risquer l’asphyxie financière.
La diabolisation comme outil politique : Russie et Chine, boucs émissaires désignés
Dans ce contexte, un discours manichéen s’est imposé, désignant la Russie et la Chine comme les sources de tous les maux informationnels. Un rapport du Service européen pour l’action extérieure (SEAE) publié en 2025 ose affirmer que les campagnes de désinformation de ces deux pays ont atteint un "niveau inédit" en 2024, les présentant comme des acteurs cherchant à "déstabiliser les démocraties". Cette rhétorique, reprise en boucle par les institutions et une grande partie des médias mainstream, crée un climat de suspicion permanent.
La diabolisation de ces États ne se limite pas à une guerre de l’information. Elle sert à justifier un renforcement constant du contrôle étatique sur la parole publique. En diabolisant un adversaire extérieur, il devient plus facile de faire accepter des mesures de surveillance, de censure préventive et de restriction des échanges culturels et académiques au nom de la "sécurité nationale". Ce discours fait le jeu des partis les plus conservateurs et nationalistes en Europe, qui y voient une occasion de raviver les peurs et de consolider leur électorat.
Les lanceurs d'alerte réduits au silence : l'Europe des procédures-bâillons
Alors que les institutions se barricadent contre les supposées menaces extérieures, elles ferment aussi les yeux sur un phénomène qui ronge la démocratie de l’intérieur : la multiplication des procédures-bâillons (SLAPP) visant à réduire au silence les lanceurs d’alerte, les journalistes d’investigation et les ONG. Ces poursuites judiciaires abusives, dont le but n’est pas de gagner un procès mais d’épuiser financièrement et psychologiquement ceux qui osent parler, sont devenues "monnaie courante en Europe".
Des pays comme la Pologne, Malte ou la France sont pointés du doigt pour leur utilisation fréquente de ces méthodes, souvent à l’initiative d’entreprises puissantes ou de personnalités politiques. L’arsenal juridique, parfois détourné de son objectif initial (comme les lois antiterroristes), est utilisé pour intimider et faire taire ceux qui dévoilent des secrets d’État, des scandales financiers ou des pratiques industrielles nuisibles. Cette "guerre par le droit", qui frappe au cœur de la liberté de la presse et de la transparence, est l’un des signes les plus inquiétants de la régression des libertés en Europe.
L’élargissement du contrôle : vers une société de la surveillance et de l’autocensure
La dérive sécuritaire et liberticide ne s’arrête pas aux frontières du numérique ou de la justice. Elle s’étend à tous les aspects de la vie publique et privée. Le sociologue français, Nicolas Bourgoin nous avait pourtant mis en garde.
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Surveillance généralisée : Sous couvert de lutter contre les "menaces hybrides", les États membres développent des systèmes de surveillance de masse, tant physiques que numériques. La collecte de données par les services de renseignement, souvent avec une supervision judiciaire faible, mine le droit au respect de la vie privée.
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Lois mémorielles et restrictions culturelles : La volonté de contrôler le récit historique et culturel se traduit par l’adoption de lois mémorielles de plus en plus spécifiques, qui criminalisent certaines interprétations de l’histoire. Des expositions artistiques ou des pièces de théâtre sont annulées sous la pression de groupes militants ou par crainte de polémiques, limitant la liberté de création.
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Restriction du droit de manifester : Dans plusieurs pays, les autorités durcissent les lois régissant les manifestations, imposant des notifications préalables contraignantes, élargissant les périmètres d’exclusion ou utilisant de manière disproportionnée la force pour disperser les rassemblements pacifiques.
Ce paysage réglementaire de plus en plus dense et contraignant a un effet pervers majeur : l’autocensure. Craintifs face à des amendes astronomiques, des poursuites judiciaires interminables ou une diabolisation publique, les citoyens, les journalistes, les artistes et même les chercheurs en viennent à s’imposer à eux-mêmes des limites à leur expression. Cette autocensure silencieuse est peut-être la menace la plus grave pour le débat démocratique, car elle est invisible et difficile à combattre.
L’année 2025 a donc été celle d’un tournant. Sous la pression de crises géopolitiques, l’Union européenne et ses États membres ont progressivement troqué une partie de leur héritage libéral contre un paradigme sécuritaire. Le résultat est une Europe plus fragmentée, plus méfiante, et moins libre. La grande question qui se pose désormais est de savoir si cette dérive est réversible, ou si elle marque le début d’une nouvelle ère où la "sécurité" et la "stabilité" définies d’en haut l’emporteront définitivement sur les libertés individuelles et le pluralisme des idées. L’avenir de la démocratie européenne en dépend.
Ce rapide bilan dit sans le moindre doute possible que la guerre économique à mort d'un capitalisme dominant en crise, menée d'extérieur mais aussi de l'intérieur par des élites complices et ennemies des population ne va pas cesser toute seule ni demain.
Notre quotidien va encore se dégrader et nos libertés se réduire aux nom de valurs qui ne sont pas les notres mais aussi par la fabrication, par tous les moyens, de fausses menaces.
Nous vous souhaitons une bonne année 2026 par l'éveil résistant, fruit de la lecture, des rencontres humaines et du partage.
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25/12/2025
Joyeux Noël avec le Souffle du Givre

Un conte de Noël inspiré du folklore russe, de Ded Moroz et Snegourotchka.
Le Souffle du Givre
Au commencement, il n’y avait rien que le silence. Mais ce silence respirait, lentement, comme si le monde somnolait avant de s’éveiller.
L’air était blanc. Le ciel, figé. La terre dormait sous un manteau que rien ne troublait encore. Et dans cette immobilité régnait celui qu’on nommerait un jour Ded Moroz, le Père Gel.
Il n’était pas homme. Il n’avait ni âge ni forme précise. Il était le froid devenu conscience : la pensée née du premier flocon. Un esprit plus ancien que la parole des vents.
Quand il marcha pour la première fois sur la plaine gelée, la neige prit forme sous ses pas, et là où il se tenait, l’hiver trouva son nom.
Son palais n’était bâti d’aucune pierre : il surgissait dans les aurores, façonné par la lumière des étoiles. Les murs vibraient comme des veines de cristal, les plafonds gouttaient de reflets, et le silence y tintait comme un carillon.
Ded Moroz y vivait seul — gardien des saisons et protecteur du sommeil du monde. Ses yeux contenaient le bleu des distances glacées et son souffle faisait se taire les tempêtes.
Mais, au fil des âges, une lassitude s’insinua en lui. Il avait tout créé du repos et pourtant ne connaissait pas la paix : il lui manquait un regard pour répondre au sien, une autre voix dans le silence.
Une nuit où les vents cessèrent, il descendit sur la grande plaine et s’accroupit dans la neige.
Ses mains, froides et sûres, travaillèrent la poudre blanche jusqu’à ce qu’un visage y apparaisse. Un visage d’enfant calme, aux yeux d’étoile. Il souffla doucement sur le front modelé.
La neige frémit. Et des lèvres pâles s’ouvrirent.
Ainsi naquit Snegourotchka, la Fille des Neiges.
Sa peau luisait comme la lune sur les congères, sa chevelure coulait en ruisseaux givrés, et ses yeux — si purs qu’on en frissonnait — semblaient refléter le monde avant qu’il ne soit.
Ded Moroz la contempla longuement.
— Tu es ma voix, dit-il. Tu es la réponse du froid à la solitude.
Elle se leva, légère, et la neige se mit à chanter sous ses pieds.
Les années passèrent comme les soupirs d’un même hiver.
Snegourotchka apprit auprès de lui les mystères du gel : écouter les fissures de la glace qui parle, apprivoiser le vent qui mord, comprendre la patience du flocon.
Chaque rire qu’elle offrait faisait vibrer l’air d’une lumière bleue. Chaque mot, un peu de givre. Et Ded Moroz, en la regardant, sentait dans son cœur quelque chose qu’il n’avait pas prévu : un élan vers la chaleur.
Car la Fille des Neiges regardait déjà au-delà des brumes du Nord.
Chaque soir, à travers la blancheur infinie, elle apercevait les lueurs lointaines du monde des hommes — leurs feux, leurs danses, leurs noms criés sous les ciels tempétueux.
Il lui semblait entendre leurs chansons, d’une beauté si imparfaite, si vivante, qu’elle en avait le vertige.
Une nuit, elle demanda :
— Père, qu’y a-t-il là-bas, derrière les flammes ?
— La vie qui brûle, répondit Ded Moroz. Et la mort, parfois, qui s’y cache.
— Et pourquoi brûlent-ils ?
— Parce qu’ils ont peur du froid.
— Alors… pourquoi nous leur donnons la neige ?
— Parce qu’ils en ont besoin, pour apprendre à guérir de leur peur.
Mais cette réponse ne lui suffit pas. Elle voulait savoir, sentir, comprendre la chaleur dont il parlait.
Quand vint le grand hiver, celui que les hommes appellent Noël, Ded Moroz s’apprêtait à parcourir la terre pour bénir les villages endormis.
Snegourotchka le supplia de l’y emmener.
Il hésita, puis céda.
— Tu descendras jusqu’à la limite des feux, dit-il. Mais pas plus loin. Et tu reviendras avant la première aube.
Elle promit, sans savoir qu’en son cœur dormait déjà le parjure doux de l’amour.
La troïka de cristal fendit le ciel. Les chevaux bleus galopaient dans les vents figés, leurs sabots dessinant sur la neige des arcs d’argent.
En bas, les plaines humides s’illuminaient de lanternes rouges : le village de Velianitsa. On y riait, on y chantait, on y buvait autour du grand feu.
Snegourotchka resta un instant suspendue dans le ciel, hypnotisée.
Puis elle sauta hors du traîneau et posa le pied dans la neige humaine.
Les musiciens cessèrent de jouer. Les enfants s’arrêtèrent au milieu de leurs jeux.
La jeune femme ressemblait à un rêve devenu vrai. Son manteau étincelait de reflets d’aurore et sa voix, lorsqu’elle dit « Bonsoir », fit trembler même les flammes.
C’est là qu’Ivan la vit.
Jeune sculpteur aux mains rudes et au regard clair, il s’approcha d’elle avec la timidité de ceux qu’éblouit la beauté simple.
— D’où viens-tu ? demanda-t-il.
— De là où la neige ne s’arrête jamais de tomber.
— Et tu n’as pas peur de te perdre chez nous ?
— Non. Peut-être est-ce vous qui vous perdrez si je reste trop longtemps.
Elle sourit. Et son sourire fit fondre un flocon sur les lèvres d’Ivan.
Ils dansèrent ensemble. Leurs pas dessinaient des cercles dans la lumière orangée. Le feu se balançait doucement, comme s’il respirait avec eux.
Le village entier reprit vie ; le violon se mit à chanter plus fort.
Et pendant que la neige tombait sur leurs épaules, Snegourotchka sentit en elle quelque chose qui se brisait et s’éveillait tout à la fois — une chaleur timide, un cri muet dans la glace.
Ded Moroz, loin au nord, sentit ce trouble : ses neiges vibraient. La rivière s’agita sous sa carapace. Il sut que l’instant approchait.
— Ainsi, murmura-t-il, le froid apprend à aimer.
Sous la clarté des torches, la fête s’éteignit lentement.
Il ne resta qu’eux, assis devant le brasier. Les flammes changeaient de couleur, passant du rouge au blanc, puis au bleu, comme si elles voulaient lui ressembler.
— C’est cela, la chaleur ? demanda-t-elle.
— Oui. Elle brûle, mais elle fait vivre.
— Et moi ? vivrai-je si elle me touche ?
— Je ne sais pas, répondit Ivan. Mais si c’est mourir que de te brûler, alors moi aussi je veux brûler.
Il tendit la main. Elle la prit enfin, sans se défendre.
La chaleur traversa sa peau de glace. Son cœur, que même le temps n’avait jamais atteint, se mit à battre — vraiment battre.
Elle eut peur : non de mourir, mais de comprendre.
Elle s’inclina vers lui, et leurs lèvres se rencontrèrent.
Alors le monde devint silence.
Les flocons s’arrêtèrent. Le vent cessa. Toute la plaine fut traversée d’une lumière pure, d’un bleu presque argenté.
Le corps de Snegourotchka se changea en transparence ; son regard se vida de tout sauf d’amour.
— Ivan… ce que j’ai appris, je ne le perdrai plus, dit-elle. Ni le froid, ni le feu ne peuvent effacer cela.
Elle s’évapora dans un souffle.
Il ne resta qu’un cristal dans la neige — une larme de lumière, froide et chaude à la fois.
Ivan le prit. Et ce cristal, murmure-t-on, devint la première aurore.
Plus tard, Ded Moroz descendit dans son palais en ruine. Les murs de glace se teintaient d’un éclat inconnu : celui du feu apprivoisé.
Il marcha jusqu’à la salle des cristaux et, au centre, déposa le souvenir de sa fille — un fragment de son essence mêlée à celle de la chaleur terrestre.
Alors, dans la voûte du ciel, quelque chose s’ouvrit : une rivière de lumière. Les hommes l’appelèrent aurore boréale ; Ded Moroz, lui, sut que c’était le visage transfiguré de Snegourotchka.
Depuis cette nuit, il ne cessa d’arpenter le monde. Mais il n’était plus seulement le Seigneur du Froid : il était devenu le gardien de l’équilibre, celui qui veille pour que la glace protège sans étouffer, que le feu éclaire sans dévorer.

Et chaque hiver, quand les neiges reviennent, il regarde le ciel.
Quand l’aurore se lève, il croit y voir une jeune femme danser dans la lumière, ses bras ouverts comme pour embrasser la terre.
Alors il murmure :
Le froid n’est pas la fin de la vie. Il est sa mémoire.
Et la neige qui tombe n’est que le baiser du feu éteint.
Cette nuit-là, le vent recommence à chanter. Et dans chaque maison endormie, un enfant, sans raison, sourit dans son rêve.
C’est que Snegourotchka passe près des fenêtres, invisible et bienveillante, effleurant les vitres de sa main bleue, laissant une trace de givre en forme de cœur.
Le Père Gel, lui, continue sa route sous les étoiles, solitaire mais apaisé, portant dans son manteau la lumière qu’il a apprise d’elle.
Il marche lentement et disparaît à l’horizon, là où la neige rejoint le ciel.
Et, longtemps après qu’il est passé, le monde garde ce frisson calme — celui que tous connaissent sans pouvoir l’expliquer : le Souffle du Givre, ce moment suspendu entre la flamme et le silence, entre l’amour et l’éternité.
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21/12/2025
Joyeux solstice 2025
Solstice de paix
Quand la nuit règne en reine sur la cendre des collines,
Et que le souffle du vent s’endort parmi les pins,
Le monde retient son pas — il écoute, immobile,
Le murmure profond d’un jour qui doit revenir.
Aux confins gelés des terres endeuillées,
Les ombres se font lentes et soupirent d’espoir.
Sous la neige se cache le germe des étés,
Un cœur bat doucement sous l’armure du soir.
La guerre est passée, avec ses torches et ses cris,
Elle a laissé la cendre et les regards sans flamme.
Mais la terre, fidèle, n’a jamais tout détruit —
Sous la glace, la paix rallume son âme.
Alors s’élève un souffle, timide mais sincère,
Comme un enfant qui naît de la mémoire du froid.
Les arbres, encore nus, dessinent dans la lumière
Des bras silencieux, tendus vers un ciel de soie.
Et l’homme, las de veiller sur les feux du désastre,
Sent sur ses joues la caresse du matin.
Dans l’aube revenue — si fragile, si pâle —
Une promesse s’écrit : demain ne sera plus vain.
Que la flamme du solstice, humble et claire,
Se glisse aux mains des peuples apaisés.
Car si le jour renaît du fond du mystère,
C’est que la paix aussi peut toujours recommencer.
Conductor: Kristjan Järvi Soloist: Alexander Toradze, piano Programme: Baltic Sea Landscapes Sergei Prokofiev: Symphony No. 1 in D major Classical, Op. 25 Sergei Prokofiev: Piano Concerto No. 3 in C major, Op. 26 Arvo Pärt: Swansong Gediminas Gelgotas: Mountains. Waters. (Freedom) Igor Stravinsky: The Firebird (1945) Encores: Charles Coleman: Prelude in B minor Charles Coleman: Drenched Jean Sibelius: Song of Praise from Swanwhite Gene Pritsker: Viljandi Suite.
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19/12/2025
Des jeux à offrir pour Noël

Les jeux vidéo ont commencé à se glisser sous les sapins français dès la fin des années 1970, avec les premières consoles dédiées type Pong, puis surtout au début des années 1980 avec l’arrivée de la Atari 2600 et des micro-ordinateurs familiaux comme les Thomson et les premiers PC compatibles. Dans de nombreux foyers, la bascule symbolique se fait au milieu des années 1980 avec la NES, puis dans les années 1990 avec la Super Nintendo, la Mega Drive et surtout la PlayStation, qui transforment le jeu vidéo de curiosité technologique en cadeau grand public incontournable. En quelques décennies, on passe du “gadget un peu cher” réservé aux passionnés à un classique de la liste au Père Noël pour enfants, ados et adultes.
Depuis les années 2000, le marché s’est considérablement diversifié : multiplication des consoles, montée en puissance du PC gaming, explosion du jeu en ligne et, plus récemment, dématérialisation via les boutiques numériques (Steam, PlayStation Store, Xbox Store, Nintendo eShop, Epic Games Store, etc.). Les cartes cadeau, abonnements (Game Pass, PlayStation Plus) et contenus dématérialisés (DLC, cosmétiques) ont transformé la notion même de “cadeau jeu vidéo”, qui n’est plus seulement une boîte sous le sapin, mais aussi un code, un abonnement ou une monnaie virtuelle. Parallèlement, la perception sociale du jeu vidéo en France a évolué : longtemps vu comme loisir d’ado, il est désormais reconnu comme industrie culturelle majeure, au même titre que le cinéma ou le livre.
Pour Noël 2025, les jeux vidéo et produits associés (consoles, jeux physiques et dématérialisés, accessoires, cartes prépayées) représentent une part significative des dépenses cadeaux des Français. Les estimations disponibles indiquent que le jeu vidéo pèse autour de 10 à 15 % du budget cadeaux de fin d’année, avec une progression régulière ces dernières années portée par la généralisation des consoles de génération actuelle et l’attrait des plateformes PC et mobiles. Cette croissance s’explique aussi par le fait que le jeu vidéo touche désormais toutes les tranches d’âge, ce qui en fait un terrain idéal pour une sélection de titres variés, allant du gros blockbuster multijoueur au jeu narratif intimiste, en passant par les remasters nostalgiques pour les joueurs de longue date. La présence importante des versions "remaster" est très parlante.
Bon Noël en famille !
Of Ash and Steel — le crépuscule du médiéval
Difficile de ne pas voir dans Of Ash and Steel l’une des surprises indé les plus intrigantes de cette fin d’année. Propulsé par le petit studio anglais Grimforge Interactive, ce jeu d’action-aventure à la troisième personne plonge le joueur dans un monde médiéval ravagé par la guerre et la peste, où la frontière entre chevalerie et damnation s’effrite. Graphiquement, le titre impressionne par sa patine terne et ses paysages dévastés, réalisés sous Unreal Engine 5 avec un sens certain du détail crasseux. On y incarne un chevalier anonyme revenu des flammes d’un siège apocalyptique — une métaphore à peine voilée pour la résilience et la foi vacillante.
Le gameplay tranche avec les productions AAA plus clinquantes : combat précis à la Souls-like, exploration semi-ouverte, gestion d’endurance et un système moral qui influe sur les dialogues et les quêtes secondaires. Le joueur évolue au gré de ses choix, oscillant entre salut spirituel et corruption. La musique, signée par l’ex-compositeur de Hellblade: Senua’s Sacrifice, renforce cette impression d’opéra tragique. Si le jeu ne réinvente pas la formule du médiéval désenchanté, il la transcende par son ambiance et une narration soignée.
Disponible sur Steam et Epic Games Store (environ 34,99 € sur PC Windows et Linux), Of Ash and Steel s’adresse aux amateurs d’univers sombres et de gameplay exigeant. Un pari audacieux, parfait pour ceux qui préfèrent la cendre à la guirlande.
Vampire: The Masquerade – Bloodlines 2 — la résurrection d’un mythe gothique
Les fans de RPG narratifs peuvent enfin respirer : après des années de développement chaotique, Vampire: The Masquerade – Bloodlines 2 s’apprête à sortir de l’ombre. Repris par le studio britannique The Chinese Room (déjà auteur de Dear Esther et Amnesia: A Machine for Pigs), ce second volet ravive la légende du titre culte de 2004. Le joueur y incarne un vampire fraîchement transformé, plongé dans un Seattle nocturne où clans, corporations et idéalistes du sang s’affrontent sous le régime fragile de la Mascarade — la loi vampirique qui dissimule l’existence des buveurs de sang aux humains.
Le jeu mêle exploration urbaine, dialogues à ramifications, et combats à la première personne centrés sur les pouvoirs surnaturels. Chaque clan offre une expérience de jeu distincte : les brutaux Brujah, les manipulateurs Ventrue ou les inquiétants Nosferatu modifient votre approche sociale comme tactique. Techniquement, le moteur graphique soigné et la mise en scène élégante servent une écriture mature, fidèle au ton gothique et désabusé du jeu de rôle papier.
Prévu sur Steam, Epic Games Store, GOG et consoles de dernière génération (prix indicatif 59,99 €), Bloodlines 2 s’annonce comme un grand cru pour les amateurs de RPG adultes et atmosphériques. Entre satire urbaine et drame existentiel, il offre une morsure longtemps attendue.
Syberia Remastered — le retour d’une odyssée mécanique
Vingt-trois ans après le premier pas de Kate Walker dans l’univers onirique de Syberia, Microids offre un remaster d’une tendresse rare. Syberia Remastered reprend le chef‑d’œuvre narratif de Benoît Sokal, peaufinant textures, éclairages et animations sans trahir la grâce mélancolique qui en a fait un classique. On y retrouve cette Europe centrale hors du temps, peuplée d’automates poétiques et de gares figées sous la neige. L’avocate new-yorkaise s’y aventure à la recherche du mystérieux inventeur Hans Voralberg, voyage initiatique autant qu’enquête nostalgique sur la modernité perdue.
Au‑delà du lifting graphique, Microids a remanié les contrôles pour les adapter à la manette moderne et fluidifié l’interface d’inventaire. Les dialogues, retraduits et réenregistrés, gagnent en naturel, tandis que la bande-son, remastérisée en stéréo haute définition, conserve la magie des compositions d’Inon Zur. L’expérience reste celle d’un point‑and‑click contemplatif : lente, émotive, presque méditative.
Disponible sur Steam, GOG, Epic Games Store et en version physique sur Amazon pour environ 24,99 €, Syberia Remastered s’impose comme un cadeau idéal pour les nostalgiques comme pour les nouveaux venus curieux de découvrir l’élégance rétro d’une aventure intemporelle. Plus qu’un simple jeu, c’est un petit musée d’émotions remis à neuf.
Anno 117: Pax Romana — l’Empire comme terrain de jeu
Avec Anno 117: Pax Romana, Ubisoft Blue Byte offre un cadeau de Noël idéal aux stratèges qui rêvent plus de routes commerciales que de batailles rangées. Le nouveau volet de la vénérable série de gestion s’aventure enfin dans l’Empire romain au sommet de sa puissance, à une époque où l’enjeu n’est plus de conquérir, mais de stabiliser, organiser et faire prospérer un monde déjà immense. Plutôt que d’empiler les guerres, le jeu s’intéresse à la logistique, à la diplomatie et à la vie quotidienne des citoyens, des sénateurs aux marchands, en passant par les colons aux frontières. L’objectif n’est pas tant de “gagner” que de maintenir cette fameuse pax romana en équilibre permanent. Sur le plan technique, la série capitalise sur des années d’itérations : interface claire, chaîne de production lisible, gestion poussée des ressources, tout en ajoutant une profondeur historique renforcée, avec des provinces dotées d’identités propres et des événements dynamiques inspirés des tensions de l’époque. Pensé pour le PC, le jeu sort en priorité sur Ubisoft Connect et Steam, avec une édition standard autour de 59,99 €, souvent proposée en promotion durant les fêtes. Pour quiconque aime passer les vacances à micro‑manager des ports, des forums et des aqueducs plutôt qu’à farmer de l’XP, c’est un candidat sérieux au “gros jeu de stratégie des vacances”.
Tormented Souls 2 — l’horreur rétro qui ne lâche pas votre manette
Si Noël évoque pour certains la chaleur d’un feu de cheminée, Tormented Souls 2 préfère rallumer les néons blafards d’un hôpital maudit et le grincement d’une porte qui ne s’ouvre pas tout à fait. Suite directe du premier épisode, le jeu du studio Dual Effect poursuit son hommage assumé aux survival-horror de la grande époque PlayStation 2. Caméras fixes, gestion de munitions au millimètre, énigmes retorses et monstres malaisants : tout y est, mais emballé dans une réalisation moderne, avec des éclairages volumétriques et des décors détaillés qui renforcent la tension. On y retrouve Caroline Walker, de retour dans un environnement qui tient autant du cauchemar symbolique que du lieu réel, confrontée à ses traumas autant qu’aux créatures qui hantent les couloirs. L’intérêt de cette suite tient dans sa capacité à enrichir la formule sans la trahir : puzzles mieux intégrés au level design, combats plus lisibles, mais toujours cette vulnérabilité permanente qui fait le sel du genre. Disponible sur Steam, GOG, Epic Games Store et consoles, le jeu s’affiche autour de 39,99 €, avec des réductions régulières en période de fêtes. Pour un public qui regrette la lenteur, la tension et l’ambiance viscérale des survival-horror à l’ancienne, c’est un très bon candidat à mettre “sous le sapin” à condition d’aimer avoir peur.
Sacred 2 Remaster — la renaissance d’un action-RPG culte
Pour les joueuses et joueurs qui ont passé des nuits à looter Ancaria à l’époque des écrans cathodiques, Sacred 2 Remaster a tout de la lettre d’amour. THQ Nordic ressuscite l’action-RPG culte de 2008 dans une édition modernisée, pensée comme une porte d’entrée idéale pour les nouveaux venus comme pour les vétérans. Le remaster, disponible sur PC et consoles, rassemble les contenus originaux et les extensions, en y ajoutant textures améliorées, support complet des manettes, interface revue et moteur 64 bits plus stable. L’esprit de Sacred 2 reste intact : six classes complémentaires, un monde ouvert généreux, un humour parfois potache, et surtout un loot incessant qui pousse à “juste un dernier donjon” depuis vingt ans. L’intérêt de cette nouvelle édition tient dans l’équilibre entre respect du matériau d’origine et corrections attendues : combats plus réactifs, meilleure lisibilité des compétences, intégration de certains apports de la communauté, tout en conservant la structure foisonnante d’un RPG à l’ancienne. Côté disponibilité, Sacred 2 Remaster est proposé sur Steam, **Xbox Series, Xbox Series X|S et devrait rejoindre d’autres plateformes PC au fil des mois, pour un prix indicatif autour de 39,99 € sur PC, parfois légèrement plus sur console selon les boutiques. Pour un cadeau de Noël, c’est le choix parfait pour quelqu’un qui aime les hack’n’slash généreux, un peu chaotiques, mais infiniment attachants.
Kingmakers — quand le Moyen Âge croise Call of Duty
Kingmakers est typiquement le genre de projet qui fait lever un sourcil en conférence et qui, une fois la manette en main, déclenche un sourire de gosse. Le principe : vous participez à des batailles médiévales massives, façon Total War ou Mount & Blade, sauf que vous incarnez un combattant venu du futur, armé de fusils d’assaut, de drones et de véhicules blindés. Il en résulte un sandbox totalement décomplexé où chevaliers en armure, archers et catapultes se font littéralement rouler dessus par un pick‑up équipé d’une mitrailleuse lourde. Le studio derrière le jeu, un petit collectif passionné par la physique et l’IA de foule, imagine des affrontements où les lignes médiévales se brisent sous l’impact d’une technologie anachronique, générant des situations émergentes inédites. La promesse, pour les fêtes, est claire : c’est un bac à sable militaire, à mi‑chemin entre délire d’ado et expérience de game-designer, parfait pour des sessions multijoueur déchaînées. Le jeu est attendu en accès anticipé sur Steam, avec un prix d’entrée qui devrait osciller autour de 29,99 € selon le positionnement habituel des indés ambitieux. Pour un cadeau de Noël original destiné à quelqu’un qui aime autant les jeux de stratégie que les FPS explosifs, Kingmakers a toutes les chances de faire mouche, entre deux dindes et trois poteries pulvérisées par un RPG moderne.
Absolum — la baston arcade dopée au roguelite
Si tu cherches un cadeau de Noël nerveux, coloré et immédiatement fun, Absolum coche quasiment toutes les cases du beat’em up moderne. Développé par Dotemu en collaboration avec Guard Crush Games (le duo derrière Streets of Rage 4), le jeu transpose leur science du combat 2D dans un univers heroic fantasy original, le monde de Talamh. On y incarne des héros insurgés qui se dressent contre le règne tyrannique du roi‑soleil Azra, dans un mélange de baston latérale ultra lisible et de structure roguelite. Chaque run propose des niveaux générés de manière procédurale, des chemins alternatifs, des pouvoirs élémentaires à combiner et des affrontements de boss qui demandent autant de réflexes que de gestion des synergies de build. L’animation, extrêmement fluide, profite du travail du studio d’animation Supamonks, donnant au jeu un feeling “dessin animé jouable” très généreux. Côté modes de jeu, Absolum se savoure en solo mais prend tout son sens en coopération locale ou en ligne à deux joueurs, avec des combos synchronisés et un système de résurrection qui renforce le côté “on remet une pièce”. Disponible sur Steam pour PC, le jeu est sorti début octobre 2025, avec un prix officiel autour de 24,99 € sur la boutique Steam, souvent un peu moins chez certains revendeurs et sites de clés (environ 20 € au plus bas au moment des promotions). Pour un fan de jeux rétro modernisés, d’arcade exigeante et de coop canapé pendant les vacances, c’est un excellent candidat.
Battlefield 6 — le blockbuster explosif de la fin d’année
Dans la catégorie “gros jeu multi pour exploser des trucs entre deux repas de famille”, Battlefield 6 reste un incontournable du paysage de Noël. DICE et Electronic Arts reprennent la formule qui a fait la renommée de la série : batailles massives sur des cartes gigantesques, véhicules terrestres, maritimes et aériens, destruction spectaculaire de l’environnement et gunplay nerveux. L’épisode met particulièrement l’accent sur l’évolution dynamique des cartes, avec des conditions météo changeantes, des événements scénarisés et des possibilités de verticalité accrue, histoire de multiplier les moments “clipables” entre amis. Côté plateformes, Battlefield 6 est disponible sur PC (via Steam, Epic Games Store et la boutique EA), ainsi que sur PlayStation et Xbox de dernière génération. L’édition standard PC tourne autour de 79,99 € au lancement, avec des versions Deluxe ou Premium plus chères incluant du contenu cosmétique et des passes de saison, tandis que des packs de monnaie in‑game (BFC) complètent une politique tarifaire musclée. Pour un cadeau, il faut donc savoir à qui l’on s’adresse : un joueur compétitif, prêt à investir du temps (et éventuellement un peu d’argent) dans un écosystème live service, y trouvera une valeur durable, surtout s’il joue avec un groupe régulier. Ceux qui cherchent juste un FPS solo scénarisé risquent en revanche d’être moins concernés.
The Outer Worlds 2 — le RPG satirique qui revient plus mordant
The Outer Worlds 2 fait partie de ces suites qui arrivent avec une promesse claire : plus grand, plus audacieux, et encore plus caustique. Obsidian Entertainment remet le couvert dans un univers de science‑fiction gouverné par des mégacorporations absurdes, où chaque planète ressemble à une brochure marketing qui aurait mal tourné. Le joueur y explore le système d’Arcadia, avec une nouvelle équipe de compagnons hauts en couleur, des quêtes à choix multiples et un humour noir qui vise autant la société de consommation que les clichés du space opera. Côté gameplay, on reste dans un action-RPG à la première personne, mêlant tir, compétences et dialogues à haut impact narratif. Le jeu est disponible sur PC (Steam, Battle.net, lancement day one dans le Game Pass PC), Xbox Series*Xbox Series X|S et PlayStation 5, avec un prix standard d’environ 59,99 € en édition de base, et une version Premium plus onéreuse qui propose accès anticipé et contenus additionnels. Pour un cadeau de Noël, c’est une valeur sûre pour quiconque a aimé le premier opus, apprécie les RPG bavards et adore se perdre dans des arbres de dialogues bourrés de sarcasme. Entre deux raclettes, passer quelques heures à saboter les plans d’une multinationale galactique a quelque chose d’étrangement reposant.
Arc Raiders — la coopération sous un ciel de métal
Enfin, pour celles et ceux qui veulent partager leurs vacances dans un univers de science‑fiction nerveux, Arc Raiders propose une expérience coopérative centrée sur la coordination et le loot. Développé par Embark Studios, le jeu met en scène des équipes de joueurs qui descendent sur des zones hostiles pour affronter des machines extraterrestres, récupérer du butin et tenter de repartir vivants. Le gameplay emprunte autant aux extraction shooters qu’aux looter shooters : on prépare son équipement à la base, on se déploie en petites escouades, puis on tente de survivre à des rencontres parfois asymétriques, avant de s’exfiltrer pour transformer ses trouvailles en améliorations. Visuellement, le titre adopte un style rétro-futuriste très marqué, avec une direction artistique soignée qui lui donne une identité claire au milieu des FPS coopératifs concurrents. Arc Raiders est jouable sur PC via Steam, ainsi que sur PlayStation 5 et **Xbox Seriest Xbox Series X|S, avec cross-play et matchmaking multiplateforme. Sur Steam, le prix de lancement tourne autour de 39,99 €, avec parfois des promotions ou des prix légèrement inférieurs chez certains revendeurs (on trouve ponctuellement des clés autour de 32 €) et des offres limitées autour de 31,99 $ mises en avant par des boutiques partenaires. Pour un cadeau, c’est un bon choix si la personne aime les jeux coop structurés, où la communication vocale, la prise de risque calculée et la progression d’équipement sont au cœur de l’expérience.
08:45 Publié dans Actualité, Loisirs Jeux Salons | Lien permanent | Commentaires (0) |
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