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29/10/2015

Légende urbaine, le vampire de Highgate

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La légende urbaine existe partout et depuis toujours. Elle n'est pas cette simple rumeur que l'universitaire peut balayer avec dédain. Sa nature est aussi variable que sa consistance, jonglerie permanente entre la pure fantasy et la dissimulation pratique de crimes bien réels.

La légende urbaine est à ce titre la petite cousine du complotisme. Fondée ou pur délire, elle dérange. Elle est donc intéressante.

Ce n'est donc pas un hasard si les chercheurs toujours prêt à la dénoncer devant la caméra, se sont empressés d'étudier ses mécanismes car tout ça peut servir.

En effet, un phénomène qui accapare l'attention, en particulier celle des jeunes ou du peuple sans aucun moyen de communication moderne, sans coût, est précieux.

Dans nos régimes occidentaux parlementaires qui se disent laïques, ce que le citoyen comprend à tort neutre, alors qu'ils servent un État n'ayant jamais été aussi religieux depuis des siècles, la gestion et l'orientation des esprits (ne disons pas consciences) par l'irrationnel, l'émotion est le meilleur moyen de gagner des droits, d'imposer des mesures, sans avoir à les justifier par les faits et la raison ou pire, le droit.

Du 11 septembre à l'affaire Charlie, la démonstration n'est plus à faire.

La légende urbaine est donc d'une permanente actualité.

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Sans doute la faute d'un parent de Von Drakenhof diraient nos amis de Naheulbeuk...

Le cas très célèbre du Vampire de Highgate entre dans la catégorie de ce type de légende. On est bien en peine de se mettre des faits tangibles sous... la dent. A la source de l'histoire, on trouve un des ces nombreux groupes ou clubs d'occultisme qui pullulent en Grande Bretagne depuis plus d'un siècle. Les jeunes qui le composent ont ici leur territoire d'inspiration dans le vaste et sauvage cimetière d'Highgate (Highgate est en fait quartier de Londres dans le district de Camden, situé au nord-est d'Hampstead. Il est situé à cheval sur trois districts : Haringey au nord, Camden au sud-ouest, et Islington au sud-est. C'est l'un des quartiers les plus onéreux à habiter mais le vampire impose un certain standing, il préfère depuis toujours la banque au HLM).

Ce Père-Lachaise à l'anglaise est pour Londres un poumon vert renfermant une multitude de sépultures aux styles gothiques et victoriens, moussues juste ce qu'il faut et encastrées dans une végétation parfois proche de la jungle qui fait le bonheur d'une multitude d'animaux (écureuils, renards, grues et même des oiseaux...). C'est donc le monde désordonné type tant apprécié de l'autre coté de la Manche qui rompt avec l'ordre puritain protestant de chaque jour. Les esprits romantiques lecteurs de Shelley, M.G. Lewis, Stoker... sont donc à leur aise dans une zone qui serait le cauchemar d'un Hercules Poirot, défenseur du bon air sain des villes.

Visité de jour et infiltré de nuit par ces fans, le cimetière, depuis la fin des années 1960, est aussi une cible du vandalisme. Nous sommes en pleine époque de la Hammer (société de production britannique fondée par William Hinds et Enrique Carreras en 1934. Ses productions de films fantastiques, d'horreur et d'aventures durant les années 1950 et 60 sont fameuses, comme la saga Dracula qui a popularisé Peter Cushing et Christopher Lee) et le mélange avec la consommation d'alcool, l'arrivée des drogues entrainent parfois des esprits imaginatifs ou des dragueurs malins à de curieuses pratiques dans un cadre qui donne des sensations.

Fin décembre 1969, le jeune David Farrant, passionné d'occultisme se rend la nuit au cimetière. Quelques mois plus tard , dans une lettre au Hampstead and Highgate Express, il racontera avoir vu dans la nuit du 24 décembre 1969 une entité grise qu'il prendra pour un être surnaturel. Les commentaires de l'époque ne sont pas tendre et pour les incrédules, c'est plutôt David qui devait être gris.

De là débute sa quête, son recensement des phénomènes étranges lié à ce cimetière pourtant récent (En 1839 sa création selon Vargas est l’œuvre d'un exilé serbe lui même vampire, Peter Plogojowitz). Parmi de nombreux témoignages, seuls deux personne signaleront une rencontre similaire. 

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L'oncle Karl mêlé à une chasse au vampire qui l'aurait prévu ?

far.jpgL'enquête ne passe pas inaperçue et des chasseurs de vampires en herbe Sean_Manchester.jpgcampent alors les lieux et plusieurs films et livres profitent de l'événement pour se faire une publicité à bon compte. Sean Manchester sera le premier écrivain (à droite en tenue de combat) à avoir évoqué le vampire d'Highgate et détruit sur place un cercle de vampires. La romancière Fred Vargas s'inspire elle aussi de ces anecdotes dans son roman Un lieu incertain. Fred Vargas ou de son vrai nom Frédérique Audoin-Rouzeau, médiéviste et titulaire d'un doctorat d'Histoire est aussi chercheur en Histoire et Archéologie au CNRS, preuve si besoin est que ces petites légendes ne laissent pas tout le monde indifférent.


Le vampire de Highgate - Interview de David Farrant (réalisée en octobre 2015 par le plus gothique des français, Morgan Priest)

11:43 Publié dans Actualité | Tags : vampire, highgate, morganpriest, légende, urbaine, farrant | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | Pin it!

27/10/2015

La grenouille qui veut se faire aussi grosse que le bœuf

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Le retour au réel est parfois un choc salutaire permettant aux esprits embrumés par le privilège et l'idéologie de revenir sur terre. Malheureusement, quand la couche tenue est trop épaisse, certains ont tendance à s'engluer dedans et on peut être persuadé que demain, ça ne leur portera pas bonheur malgré une croyance populaire bien établie.
Dans une interview menée par le journal Le Parisien du lundi 26 octobre,  le très honorable Xavier Broseta, directeur des ressources humaines (DRH) d’Air France, s'est fendu à l'occasion de la narration des mésaventures de sa lingerie lors d'une rencontre houleuse avec des salariés (chacun à des titres gloires proportionnel à sa valeur) de quelques commentaires pittoresques destiné à défendre la curieuse restructuration de l'entreprise (2900 suppressions de postes à la base).
 
Tout lecteur s'est sans doute demandé s'il lisait bien en découvrant des propos assez ahurissant du style  notre stratégie est la bonne au sujet des suppressions d'emplois et des sacrifices exigés ou encore avec cette phrase assez extraordinaire ceux qui pensent qu’Air France survivra parce qu’elle gagne 100 millions d’euros (ndr soit 660 millions de francs!) par an se font des illusions. Aujourd’hui, en bourse, nous valons un peu moins de 2 milliards d’euros. C’est peu. Poids insuffisant selon lui pour mettre le groupe à l’abri d’éventuels opérations de rachat hostiles. On aura au moins découvert la raison surréaliste et officielle qui motive cette restructuration sanglante en terme d'emplois.
 

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Vous êtes libre à dîner ?

Car en cas de rachat, ce n'est pas le personnel qui "saute" le premier mais surtout si l'opération est menée avec quelques notions de gestion, l'encadrement non productif qui n'a aucune raison d'exister en doublon. Suivez mon regard...
 
Ne se sentant plus, fier comme un ancien combattant, notre DRH d’Air France de poursuivre qu’il souhaite (ce n'est pas encore je veux mais il y a du potentiel) proposer des contrats de travail différenciés à ses salariés en fonction de leur productivité : Dans le premier, le salarié accepte d’atteindre la productivité demandée, son salaire reste identique à celui d’aujourd’hui. Dans le deuxième, il travaille encore plus mais gagne plus. Dans le troisième, enfin, il peut refuser de suivre cette hausse de la productivité, mais alors sa rémunération diminue. On a fait cette proposition aux pilotes, on peut l’étendre aux hôtesses et aux stewards. C’est sur la table .

Joker Jean-Pierre! Outre le fait que l'esclavage a été aboli et la restructuration d'une entreprise assez loin d'une table de poker (ce n'est même pas la peine de tenter d'expliquer que toute fonction ne peut se traduire en termes de productivité), on notera avec intérêt que Xavier Broseta ne joue pas les provocateurs gratuits mais offre donc, selon sa définition liant productivité/salaire, de travailler bénévolement. Il faudra le lui rappeler car l'exemple doit toujours venir d'en haut.

Cher DRH, l'exemple c'est quand le plus chef donne au moins chef, pas le contraire, hein chef... (propos historique du soldat Pithivier cité par Robert Lamoureux).

09:42 Publié dans Actualité | Tags : airfrance, drh, provocation, syndicat, jovanovic | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | Pin it!