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28/06/2014

Monsanto, Gates, la Bête et le faux Prophète

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Quand le diable devint vieux, il se fit ermite...

Les années bissextiles les médias traditionnels autorisent la diffusion d'un reportage moins complaisant qui permet de faire vivre l'audimat ou sert à faire croire que l'ensemble de la production est de la même qualité. “Le Monde selon Gates” de Jérémie Drieu et Jean-François Monier fait partie de ces productions qui arrivent par miracle sur nos écrans. Le sujet est bien connu, celui de ces grandes fortunes réalisées par l'affairisme le plus brutal ou des histoires familiales dignes de "Dallas" qui se veulent un jour honorables voire exemplaires. L'histoire de la prostituée qui sur ses vieux jours donne des leçons de morale est un classique. Ainsi, un géant du capitalisme, un impitoyable prédateur de l'informatique et de la finance serait devenu un saint, semant ses bienfaits sur une terre africaine qui souffre tant et lui serait redevable de tant de générosité gratuite.

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La Fondation Bill et Melinda Gates et son centre luxueux ultra moderne emploie 300 personnes et gère 66 milliards de dollars d’actifs, y compris les 31 milliards de dollars promis par le milliardaire Warren Buffett (un copain, partenaire de bridge de Bill) et versés de manière progressive dès 2006. Si l’on compare cette somme aux PIB, l’institution se classe au 56e rang mondial, après le Koweït et avant le Bangladesh, estime le L.A. Times. En capitalisation boursière des entreprises cotées, elle arrive à la 89e place. Depuis sa création, elle a donné environ 13 milliards de dollars, dont plus de 7 milliards à des programmes de santé dans le monde, plus de 4 milliards à des projets montés aux Etats-Unis et quelques centaines de millions à des projets de développement. Curieuse différence abyssale entre fonds et utilisation.

Malheureusement derrière l'effet people on découvre vite des anomalies. Car il est étrange de donner sa fortune non pas à des associations qui existent déjà par centaines et souvent localement, c'est-à-dire avec la conscience des problèmes, des besoins et proches de ces derniers mais à une fondation sur mesure qui permet de gérer ses fonds. Enfin, quand on parle de gestion, il faut évoquer outre l'intérêt d'échapper à l'impôt que ces sommes sont faiblement utilisées (certains disent au minimum permis par la législation) mais surtout sont investies de manière bien étrangement opaque et dans des entreprises qui ressemblent plus à de la nuisance qu'à une aide pour les populations et pays en détresse. Ainsi, ce documentaire évoque en exemple les contradictions entre le but altruiste d'une Fondation Bill et Melina Gates et son financement. A en croire Charles Piller, "les comptes de la fondation sont confiés à un fonds d’investissements pour générer plus d’argent. Seuls les intérêts et les dividendes sont dépensés pour financer les actions de la Fondation mais le capital, de l’ordre de dizaines de milliards de dollars, est investi dans des entreprises rentables en contradiction avec les nobles objectifs de la Fondation comme l’industrie de l’armement, la finance,…" Selon Charles Piller, ces entreprises dans lesquelles la fondation Gates investit dans la plus grande discrétion sont ces mêmes multinationales qui “créent la misère et les problèmes de santé… pour les gens dans les pays pauvres”. Par exemple, près de 10 milliards de dollars ont été investis selon l'enquête du Los Angeles Times dans l’industrie de l’armement (MC Donnel Douglas entre autres) dans des banques accusées d’avoir généré la crise économique mondiale et pire que tout dans des multinationales faisant fi des législations du travail et de citer des groupes énergétiques... français bien connus  qui polluent la planète et organisent le pillage des richesses du continent africain.

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Démagogie et propagande en action, les enfants sont mobilisés comme d'habitude. En 2007, des journalistes du Los Angeles Times révélaient que la fondation Gates détenait 1,5 milliard de dollars d’actions de laboratoires pharmaceutiques limitant l’accès à des molécules essentielles pour les pays pauvres.

A travers cette fondation qui excède sa fortune personnelle, Bill Gates peut donc faire pression sur les politiques des en difficulté. En Afrique, au Kenya, Bill Gates finance massivement les plants d’OGMs (la recherche sur les OGMs ces armes alimentaires de destruction massive dont on connaît l'effroyable bilan humain en Inde sont aussi financées). La fondation Gates a dans cette optique investi 35 millions d’euros pour développer du maïs transgénique en Afrique ce qui va à l'encontre des politiques agricoles traditionnelles africaines, de toutes les bases du développement et place la paysannerie en totale situation de dépendance vis-à-vis d'un fournisseur privé et étranger. Monsanto et la Fondation Bill et Mélina Gates sont donc devenus partenaires en Afrique. Selon le reportage de Drieu et Monier et des nombreux salariés de Monsanto travaillent depuis 2007 pour la fondation Gates. Est-il besoin d'en dire plus lorsqu'on constate de telles alliances?

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Chaque dollar est utilisé pour les œuvres ce qui explique les conditions de travail sordides et austères de la Fondation.

Mais on nous dira surement que c'est pas par hasard et à l'insu de son plein gré que la Fondation Bill et Melinda Gates toute vouée à la  philanthropie, a acquis des millions d’actions de la société Monsanto. Joli regroupement que celui de deux monopoles parmi les plus âpres au profit et les plus agressifs, 90 % du marché de l’informatique et 90 % de celui des Ogms. Ce pacte prometteur ouvre de fait et derrière les hypocrisie de nouveaux marchés pour le géant (en quasi-monopole et assez puissant pour faire plier l'Union Européenne) des semences agricoles génétiquement modifiées. Sécurité alimentaire, survie économique des petits producteurs pèsent bien peu devant la soif de profits et la spéculation sur les matières premières alimentaires qui est le nouveau dada des banques. Bill Gates ne reculant décidément devant rien, le regard allumé et innocent digne d'un rôle de Louis de Funès  se fait même l’avocat de Monsanto qu’il présente comme une entreprise philanthropique en Afrique, prenez vite un siège sinon vous allez tomber :

Tout ce que fait Monsanto ce sont des donations gratuites, c’est sans royalties, sans aucunes limites d’utilisation. Aux Etats-Unis, c’est du business, ils vendent leurs OGMs, mais là ils donnent tout le travail qu’ils ont fait sur la résistance contre la sécheresse à une organisation et Monsanto ne gagnera pas d’argent. Cette organisation qui est basée en Afrique a été fondée par nous et cherche le meilleur moyen pour les agriculteurs de ne pas mourir de faim pour faire face aux problèmes de réchauffement climatique. C’est juste un don gratuit.”

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Il faudrait cesser de prendre les enfants du bon dieu pour des canards sauvages

Aujourd'hui, sortant de son rôle officiel d'aide, la Fondation Bill et Melinda Gates joue de son influence, de son poids financier sur des politiques mondiales de développement agricole, et incite paysans et agriculteurs les plus pauvres à utiliser les semences et produits agrochimiques génétiquement modifiés de Monsanto contre leurs intérêts sanitaire, économique et culturels. Car mettons les choses au point, si les brevets sur les semences sont gratuits, il n’en va pas de même pour les engrais spécifiques et les semences d’OGMs et cela place le monde agricole, base des sociétés traditionnelles, sous la coupe d'intérêts douteux et à la totale merci de la ruine en cas d'incident climatique ou de tout trouble civil. Il faudrait être bien naïf pour ne pas voir le service immense rendu par la fondation et sous couvert de philanthropie aux firmes américaines en Afrique. L'arme alimentaire n'est pas la moindre et le pouvoir des géants du grain est encore supérieur et moins connu que celui des groupes énergétiques.

 

Le monde selon Gates". Justice Eta tend son petit pouce. Une tache d’encre atteste que ce bébé de 14 mois a été immunisé contre la polio et la rougeole, dans le cadre de la campagne de vaccination financée par la Fondation Bill & Melinda Gates au Nigeria. Mais la polio n’est pas le seul danger qui menace le petit Justice. Depuis sa naissance ou presque, il présente des troubles respiratoires. Son entourage dit simplement qu’il “a de la toux”, attribuant sa maladie à la fumée et aux retombées de suie des torchères dont les langues de feu lèchent le ciel à 90 mètres au-dessus d’une raffinerie voisine qui appartient au géant pétrolier ENI. Or l’un des actionnaires de cette société italienne n’est autre que la Fondation Bill & Melinda Gates." (Charles Piller, Edmund Sanders et Robin Dixon article repris par Courrier International)


La face cachée de la fondation Gates, éthique et toc...Une vision de la Fondation depuis le Sénégal.

 

10:47 Publié dans Actualité | Tags : monsanto, gates, fondation, afrique | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |

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