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04/03/2014

Outernet, le curieux bruit de bottes d'un web gratuit

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Nous vivons une période historique, un temps prévu par Orwell et Huxley mais nous le pensions réservé à de temporaires dictatures se trouvant fort loin de nous. Malheureusement, tout ne se passe pas selon nos espoirs et le citoyen, l'internaute se trouve confronté à une société inédite dans l'histoire car presque planétaire. Dans ce monde dédié aux valeurs marchandes, en expansion tel un cancer, les mots sont privés de leur sens, les valeurs inversées, le mensonge a remplacé la vérité. Ainsi, plus on invoque la Démocratie plus la République nous en éloigne, plus on invoque les droits de l'homme plus le premier d'entre eux, la liberté d'expression est bafouée et limitée.

Lorsque le Media Development Investment Fund (MDIF), un fonds d’investissement sans but lucratif créé en 1996 avec pour objectif officiel de combattre la censure partout dans le monde a déclaré avoir des projets Internet, nous avons dressé l'oreille. Cet organisme, peu connu du grand public, propose des prêts aux médias jugés "indépendants" (on se garde bien de définir ce concept mais a priori il s'agit de médias vivant de la publicité donc des plus riches) et vise à encourager leur croissance au sein des pays oppressifs envers les journalistes. On pourrait donc croire que la France condamnée plusieurs centaines de fois par an serait concernée mais non, on comprendra pourquoi bientôt. Là encore, la notion d'oppression est floue ou plutôt à géométrie variable. Les fonds autorisant cette politique ont en autres sources, la générosité du milliardaire George Soros à travers un bel enchevêtrement de fondations Open Society, mais on y retrouve aussi Oxfam organisation internationale fondée en 1942 pour contrer le nazisme dont le double langage a été démontré par le récent scandale Scarlett Johansson et enfin la Fondation MacArthur.


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Dans son ouvrage The Cultural Cold War, la journaliste (BBC) et historienne britannique Frances Stoner Saunders démontrait déjà que bonnes œuvres et liberté rimaient plutôt avec infiltration et intoxication tout en faisant l'historique de quelques ONG. Le cas de la Ford Foundation qui dispose d'une branche consacrée à la collaboration avec la CIA est particulièrement éclairant. On y découvre comment un nombre hallucinant de fondations utilisent le masque de la charité et de la solidarité pour permettre les transferts de fonds secrets destinés aux projets secrets de la CIA. Le système initié pendant la seconde guerre mondiale s'est généralisé pendant la guerre froide mais s'est aussi étendu à des institutions en faveur de la mondialisation, de l'industrie nucléaire et a aussi servi le financement de l'extrême gauche et de médias présentés comme alternatifs et progressistes. 

Récemment, le MDIF s’est donc lancé dans un nouveau projet susceptible de révolutionner à l'échelle planétaire la lutte contre la censure : l’Outernet. Il s'agit rien de moins que d’offrir une connexion Internet gratuite à chaque habitant au moyen d'une nuée de centaines de satellites miniatures baptisés CubeSats. Ces satellites positionnés en orbite basse et reliés à un tissus de relais terrestres devraient assurer un réseau permanent basé sur les techniques UDP et Wi-Fi. L'objectif est dans un premier temps de réaliser un réseau émetteur avant de proposer une communication bidirectionnelle lorsque le parc de stations terrestres et de de satellites sera suffisamment étoffé.

Tout cela constitue l'aspect technique, celui qui a chaudement été applaudi sur les télévisions et dans la grande presse. Si on s'informe un peu plus, on apprend que cet accès Internet est pour le moins curieux. Ainsi, l’ensemble des sites Web ne seront pas accessibles, ainsi la priorité sera réservée aux sites proposant les fameuses actualités internationales indépendantes, à l’encyclopédie Wikipédia et à des services d’éducation en ligne. Il ne s'agit donc pas d'un accès libre et anti censure mais d'une censure encore plus restrictive, une contre propagande dans les faits. On sondera en passant les utilisateurs en leur demandant d'élire eux-mêmes la liste des sites/services prioritaires par SMS ou par un logiciel dédié sur leur smartphone. Un très bon moyen de ficher les utilisateurs, de récupérer des données personnelles, de les localiser, de connaître leurs réseaux familiaux et professionnels. On se souvient que ce type de données a été utilisé il y a quelques années pour tenter de renverser le régime iranien.

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Condamné pour délit d'initié dans l'affaire de la Société Générale, le  milliardaire et spéculateur George Soros. Il cofinance, avec la National Endowment for Democracy, l'Open Society Foundations et Freedom House, le groupement politique serbe Otpor, qui entraine des activistes du monde entier à renverser des gouvernements opposés aux intérêts des États-Unis. En Californie, il donne un million de dollars pour la proposition qui vise à légaliser la marijuana. Quand les vautours prétendent jouer les Pères Noël, il faut s'inquiéter!

Si un tel type de projet pourrait avoir une justification dans le cadre d'une coopération internationale à caractère humanitaire, les objectifs décrits et sont bien loin de correspondre à ce qui est mis en place. Car les zones défavorisées, le cœur de cible sont loin de disposer des moyens d'accès matériel à ce réseau. De plus, la lutte contre la censure du web et on vise clairement certains pays et gouvernements  (Chine, Corée du Nord…) qu'on entend contourner techniquement n'est pas pire que celles observée dans les pays occidentaux (on attend toujours la fin du Patriot Act). Elle concerne juste d'autres sujets, d'autres tabous, d'autres formes de domination. Enfin, on met en avant le rôle prodigieux que cet Outernet pourrait jouer afin de prévenir les populations en cas de catastrophe naturelle. Une idée bien curieuse car cette même fonction d'alerte du Net est totalement inexistante dans les pays occidentaux pas moins épargnés (on l'a vu au Japon) par les catastrophes. Il s'agit donc bien d'utiliser le réseau comme un outil de conditionnement à partir de données contrôlées mais aussi de mobilisation de populations.

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McGeorge Bundy a été conseiller à la sécurité nationale des présidents John Kennedy et Lyndon Johnson de 1961 à 1966. Il joua un rôle majeur lors du débarquement de la baie des Cochons, de la crise des missiles de Cuba et de la guerre du Viêt Nam. En 1966 il devient président de la Ford Foundation in 1966, juste en quittant son rôle d'assistant spécial du président responsable de la Sécurité Nationale fonction qui a pour attribution la supervision de la CIA. Le "Congress for Cultural Freedom" était dès le début des années 60 une priorité de Ford Foundation’s recevant 7 millions de dollars d'aide. Outernet n'a rien inventé!

  Une multitude d'enquêtes détaillées mais hélas souvent peu reprises en France démontre que les fondations à caractère philanthropique sont depuis 70 ans un des moyens les plus pratiques et courant de transfert d'argent à des fins de renseignement, maffieuses et parfois de terrorisme. Dès les années 50, sous ce camouflage incitant peu à l'investigation, la CIA s'est servie de ce système allant jusqu'à financer totalement ou en partie plus de 160 organismes caritatifs  internationaux de l'Europe au Venezuela. La planète a vite été quadrillée et la France pas épargnée par l'aide bénévole à l'information libre (la presse libertaire et branchée de gauche a spécialement profité de la manne ce qui explique certaines carrières fulgurante de faux rebelles) aux étudiants méritants, ces futurs "leaders" et la recherche a aussi été active et fort généreuse dans les quartiers dits sensibles car un opposant se fabrique aussi bien qu'un homme d'état.

 Frances Stoner Saunders ne mâche pas ses mots à ce sujet : ”... foundations such as Ford, Rockefeller and Carnegie were considered `the best and most plausible kind of funding cover.’ A CIA study of 1966 argued that this technique was `particularly effective for democratically run membership organizations, which need to assure their own unwitting members and collaborators, as well as their hostile critics, that they have genuine, respectable, private sources of income.’ Certainly, it allowed the CIA to fund`a seemingly limitless range of covert action programs affecting youth groups, labor unions, universities, publishing houses, and other private institutions from the early 1950s.”

Nous sommes en 2014 à quelques mois du lancement des premiers micro-satellites destinés à tester en réel la viabilité technique du programme. Si vous suivez l'actualité internationale, vous constaterez aussi le retour de la guerre froide avec ses printemps colorés faussement d'origines populaires, ses coups d’État, ses tentatives de déstabilisation. Dans l'ensemble des cas, il est fait un usage important du Net, de la désinformation interne et externe. Il faudrait être bien naïf pour gober le rôle gratuit et constructif du déploiement des CubeSats. Pour ne pas être surpris en 2014 et 2015, il sera bon de suivre les informations concernant des pays cibles tel l'Ukraine, le Venezuela et surtout l'Algérie qui figure elle aussi au calendrier de la recolonisation (un usage massif de faux bloggers semble en préparation comme dans la lutte contre le régime syrien). En tout cas, nous ne voyons dans ce projet ni web libre mais une sélection du Reader's digest à échelle planétaire ni gratuité car l'argent, les milliards venant de la spéculation ce sont depuis toujours les citoyens qui en payent la note et en souffrent.

11:25 Publié dans Actualité | Tags : outernet, censure, gratuit, propagande, soros | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |

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