10/01/2026
Votre Calendrier des Festivals Geek, Gaming et Pop Culture (1/2)
L'année 2025 s'achève sur un paradoxe saisissant pour le secteur culturel et du divertissement en Europe occidentale. Tandis que plusieurs pays traversent des difficultés économiques majeures – l'Allemagne connaît sa troisième année consécutive de récession depuis la création de la République fédérale en 1949, le Royaume-Uni peine à stabiliser son économie post-Brexit, et la France elle-même fait face à des contraintes budgétaires significatives avec un service de la dette désormais supérieur au budget de la défense –, les industries culturelles et créatives démontrent une résilience remarquable, portées par des passions transgénérationnelles et une consommation qui refuse de céder à la morosité ambiante. C'est bien là une réaction déjà vue au siècle dernier, celle face à une guerre et elle ne vient certainement d'une menace extérieure que certains politiciens agités veulent à tout prix vendre à lapopulation.
Les chiffres des ventes de Noël 2025 témoignent de cette vitalité inattendue. Dans le domaine du jeu vidéo, l'événement de l'année reste incontestablement le triomphe de Clair Obscur : Expedition 33, ce RPG français développé par le studio montpelliérain Sandfall Interactive qui a créé la sensation aux Game Awards 2025 en remportant neuf récompenses dont le prestigieux Game of the Year, pulvérisant ainsi tous les records. Écoulé à plus de cinq millions d'exemplaires, ce titre à l'esthétique belle époque inspirée de la France a démontré que l'excellence créative hexagonale pouvait rivaliser avec les mastodontes internationaux.
Dans le top des ventes françaises de fin d'année, on retrouve également Monster Hunter Wilds de Capcom, Elden Ring: NightReign – le spin-off coopératif du phénomène FromSoftware –, et Kingdom Come: Deliverance II qui transporte les joueurs dans une Bohême médiévale ultra-réaliste. Une tendance marquante émerge cependant : l'explosion des « friendslops », ces jeux coopératifs à petit prix qui privilégient le fun entre amis à la technique – Split Fiction du studio suédois Hazelight en est l'incarnation parfaite, renouvelant le concept du jeu exclusivement à deux avec un partage d'écran entre science-fiction et fantasy. Sur console, les classiques Nintendo maintiennent leur domination avec Super Mario Party Jamboree et Mario Kart 8 Deluxe toujours dans le top trois des ventes hebdomadaires de début janvier 2026, prouvant que certaines licences transcendent les cycles économiques.
Du côté cinématographique, le box-office 2025 révèle un paysage culturel profondément transformé. La surprise majeure ? La domination écrasante de l'animation avec Zootopie 2 en tête d'affiche, rassemblant 6,5 millions de spectateurs français et confirmant la capacité des studios Disney à capitaliser sur leurs franchises. Ce film d'animation animalier surpasse même le très attendu Avatar : De Feu et de Cendres de James Cameron, qui malgré ses 5 millions d'entrées n'a pas reproduit le raz-de-marée de La Voie de l'Eau. Le podium français s'achève avec Lilo & Stitch, remake en prises de vues réelles qui a séduit 5,16 millions de spectateurs, dépassant de loin les attentes et confirmant le pouvoir de la nostalgie sur un public multiâge. Plus révélateur encore : l'absence quasi-totale du cinéma français dans le top 10, avec pour seul représentant God Save The Tuche (2,99 millions d'entrées), cinquième volet d'une saga familiale nordiste.
Ce constat marque un contraste brutal avec 2024, année où Un p'tit truc en plus et Le Comte de Monte-Cristo trustaient les deux premières places. La production nationale accumule 59,1 millions d'entrées contre 80 millions l'année précédente, soit une part de marché de 37,7% certes respectable mais en net recul. Les autres succès de l'année ? F1 Le Film avec Brad Pitt (3,29 millions), Jurassic World Renaissance (3,02 millions) et le phénomène surprise Minecraft Le Film (2,61 millions), confirmant la prédominance américaine et la capacité de l'industrie hollywoodienne à transformer les propriétés intellectuelles du gaming en événements cinématographiques. Avec 157 millions de spectateurs en 2025, la fréquentation des salles françaises demeure honorable mais révèle les difficultés structurelles d'un secteur en quête de renouveau. Le président du CNC, Gaëtan Bruel, évoque pudiquement « une année en demi-teinte, en l'absence de suffisamment de films fédérateurs et de grands succès surprises » – constat qui masque mal l'inquiétude latente.
Sur le front musical, la France confirme sa singularité avec une domination absolue du rap francophone. Gims écrase littéralement la concurrence avec Le Nord se souvient : l'Odyssée (574 700 ventes en 2025, cumulant 669 300 exemplaires depuis sa sortie fin 2024), confirmant son statut de machine commerciale infaillible. Jul, prolifique Marseillais, empoche la médaille d'argent grâce à D&P à vie (329 400 ventes) et place même un second album dans le top 10 avec TP sur TP, sorti le 5 décembre et déjà dixième de l'année en moins d'un mois d'exploitation. Le rappeur Werenoi, décédé tragiquement en mai 2025, occupe deux places du top 5 avec Diamant noir (259 300 ventes) et Pyramide (219 500 ventes en 2025, 496 500 cumulées), témoignage poignant d'un talent fauché dans sa trajectoire ascendante. Phénomène générationnel, la rappeuse Théodora s'impose en quatrième position avec Mega BBL (246 200 ventes), album hybride mélangeant bouyon antillais et amapiano qui la consacre comme deuxième artiste la plus streamée de France sur Spotify.
Le marché français reste globalement dynamique avec 1,031 milliard d'euros de chiffre d'affaires en 2024 (+7% versus 2023), porté majoritairement par le streaming (674 millions d'euros) tandis que les supports physiques résistent à 196 millions d'euros. Détail symbolique : pour la première fois depuis 1987, le vinyle dépasse le CD en valeur (98 millions contre 91 millions), bien que les galettes compactes restent majoritaires en volume avec 10 millions d'unités vendues. Dans le rock et le metal, Linkin Park effectue un retour fracassant avec From Zero, tandis que les classiques éternels (Nirvana, Queen, Metallica) maintiennent leur présence constante dans les charts. À l'international, Taylor Swift pulvérise les records avec The Life of a Showgirl (66 000 exemplaires dès la première semaine, meilleur démarrage de sa carrière en France), tandis qu'Orelsan réalise le meilleur lancement français avec La fuite en avant (58 000 copies en une semaine).
Cette effervescence commerciale contraste violemment avec les réalités économiques du continent. L'Allemagne, longtemps considérée comme la locomotive européenne, cumule trois années de stagnation avec une contraction du PIB de 0,3% au deuxième trimestre 2025, plombée par une consommation intérieure atone, des investissements en chute libre (-1,4%) et une industrie automobile en perte de vitesse face à la concurrence chinoise. Les carnets de commandes sont dégarnis, l'énergie reste coûteuse malgré les subventions gouvernementales, et le nouveau chancelier Friedrich Merz tente désespérément de relancer la machine avec un plan massif de 500 milliards d'euros destiné aux infrastructures et à la défense, tout en assouplissant le sacro-saint « frein à la dette ».
Mais les blocages politiques, la bureaucratie galopante et la pénurie de main-d'œuvre qualifiée ralentissent toute velléité de redressement. Le Royaume-Uni, de son côté, peine à digérer les conséquences du Brexit, avec une instabilité politique récurrente et un budget 2025 de Keir Starmer qui a déclenché une tempête politique, révélant l'impasse où se trouve coincé le gouvernement travailliste entre promesses électorales et réalités arithmétiques. Même la France, souvent présentée comme relativement protégée grâce à son « exception culturelle », n'échappe pas aux restrictions budgétaires : la Cartocrise Culture 2025, lancée par l'Observatoire des Politiques Culturelles, dresse un état des lieux alarmant avec des centaines d'organisations culturelles, artistiques et patrimoniales impactées par des diminutions significatives de soutien public en 2025, tant au niveau étatique que territorial. Les théâtres, compagnies, festivals, musées, bibliothèques et centres culturels multiplient les signaux de détresse, évoquant suppressions de postes, annulations de productions, fermetures d'établissements ou réductions drastiques de programmation. L'Espagne maintient un taux de chômage supérieur à 12%, fragilisée par sa dépendance excessive au tourisme, tandis que Chypre vacille au gré des flux d'investissements étrangers. À l'échelle européenne, la Commission tente de réagir avec sa « boussole culturelle », nouveau plan stratégique pour défendre les valeurs culturelles, renforcer les droits des artistes souvent précaires, et contrer la montée des restrictions politiques à la liberté artistique – notamment en Slovaquie, Portugal et Hongrie où des directeurs d'institutions culturelles ont été limogés pour raisons idéologiques.
Pourtant, malgré ce tableau sombre, les passionnés de culture geek, gaming et pop japonaise continuent d'affluer massivement dans les conventions et festivals. Cette résilience s'explique par plusieurs facteurs convergents. D'abord, ces événements incarnent des moments de communion collective irremplaçables, où les fans partagent physiquement leurs passions dans une époque paradoxalement dominée par l'isolement numérique. Ensuite, la démocratisation des tarifs et la multiplication des événements régionaux permettent un accès facilité, y compris pour les publics aux budgets contraints – un pass journée à 20-30 euros reste abordable comparé aux loisirs alternatifs. Enfin, ces festivals fonctionnent comme des bulles d'optimisme et d'évasion, refuges temporaires face aux angoisses économiques et géopolitiques ambiantes. Qu'importe la récession allemande ou les turbulences françaises : cosplayeurs, gamers, otakus et cinéphiles veulent célébrer leurs héros, découvrir les dernières sorties, rencontrer leurs créateurs favoris et partager l'effervescence d'une communauté soudée. La culture populaire devient ainsi un antidote à la morosité, une forme de résistance joyeuse face à l'incertitude du monde.
C'est dans ce contexte contrasté que s'inscrit le calendrier qui suit, recensant méthodiquement les grands rendez-vous culturels de janvier 2023 à avril 2026 en France, Belgique, Suisse, Luxembourg et à Londres. De la Japan Expo parisienne aux 255 000 visiteurs à la discrète convention régionale, des blockbusters attendus aux pépites indépendantes, des stars internationales aux artistes émergents, chaque événement contribue à tisser cette mosaïque culturelle résiliente. Les chiffres, dates, tarifs et programmations détaillés permettront aux passionnés de planifier leurs escapades, aux professionnels d'observer les tendances sectorielles, et aux curieux de mesurer l'ampleur d'un phénomène culturel devenu incontournable. Car si l'Europe vacille économiquement, sa scène geek et pop culture, elle, continue de prospérer avec une vitalité qui défie les pronostics pessimistes. Preuve que même dans la tempête, certaines passions restent insubmersibles.
Festivals Geek et Pop Culture : Le Guide Sorties des 6 Prochains Mois
JAPAN EXPO PARIS 2026 : Le Mastodonte qui Souffle ses 25 Bougies
Du 9 au 12 juillet 2026 - Paris-Nord Villepinte
Si la Japan Expo était un manga, elle serait probablement Dragon Ball : culte, transgénérationnelle et toujours au sommet après toutes ces années. Pour sa 25e édition anniversaire, le plus grand festival européen dédié à la culture japonaise s'apprête à frapper encore plus fort. Difficile d'imaginer qu'il y a un quart de siècle, tout a commencé modestement dans une petite salle. Aujourd'hui, c'est un monstre de 140 000 m² qui accueille plus de 230 000 visiteurs sur quatre jours, transformant Villepinte en petite parcelle du Japon.
Cette édition 2026 promet d'être particulièrement spectaculaire avec une programmation à la hauteur de ce jalon symbolique. Au programme : plus de 800 exposants qui débarquent avec leurs nouveautés manga, anime, figurines et produits dérivés. Les fans pourront tester en avant-première les derniers jeux vidéo japonais, participer aux 83 concerts et showcases prévus (de la J-pop entraînante au J-rock électrisant), se perdre dans les allées du marché géant, et bien sûr assister au European Cosplay Gathering, cette compétition mythique qui réunit les meilleurs cosplayers du continent. Parce qu'à la Japan Expo, les créateurs de costumes ne rigolent pas : certains passent des centaines d'heures sur leurs tenues, avec un niveau de détail qui ferait pleurer un couturier de haute couture.
Les enfants de moins de 8 ans profitent d'une entrée gratuite (accompagnés d'un adulte, évidemment - on ne laisse pas les marmots errer seuls dans 140 000 m² de tentations), et des ateliers famille permettent de s'initier à la calligraphie, à la cuisine japonaise ou à l'origami. Pour les plus passionnés, les conférences et masterclass avec les invités prestigieux (annoncés au fur et à mesure) offrent l'opportunité rare de plonger dans les coulisses de la création nippone.
Informations pratiques :
- Dates : Du jeudi 9 au dimanche 12 juillet 2026
- Lieu : Parc des Expositions Paris-Nord Villepinte (accessible RER B ou voiture)
- Horaires : Différents selon le type de badge (entre 8h10 et 9h45 pour l'accès général)
- Tarifs :
- Billet 1 jour : entre 30€ et 41€ selon le jour
- Pass 4 jours : 107€ (adulte)
- Tarif découverte jeudi après-midi (à partir de 15h) : 14€
- Badges Zen, Zen + Confort et Ultimate disponibles avec avantages (accès anticipé, entrées/sorties illimitées)
- Site officiel : www.japan-expo-paris.com
Les éditions précédentes ont accueilli des stars du calibre de Junji Itô (le maître de l'horreur manga en 2025), des comédiens de doublage cultes et des mangakas légendaires. Cette 25e édition promet des invités encore plus prestigieux, même si la liste complète reste encore secrète. Une chose est sûre : si vous n'avez jamais mis les pieds à la Japan Expo, 2026 est l'année idéale pour dépuceler votre badge. Et si vous y allez déjà religieusement chaque année, cette édition anniversaire sera l'occasion de ressortir votre plus beau cosplay.
PARIS GAMES WEEK 2026 : Le Gaming à l'Honneur sur Cinq Jours
Du 21 au 25 octobre 2026 - Paris Expo Porte de Versailles
Ah, la Paris Games Week. Le salon qui fait battre le cœur de tous les gamers français et transforme la Porte de Versailles en gigantesque arène vidéoludique pendant les vacances de la Toussaint. Pour sa 15e édition, le plus grand salon français du jeu vidéo innove en s'étalant sur cinq jours complets (contre quatre auparavant), histoire que personne ne puisse râler d'avoir manqué son tour sur la démo tant attendue.
Fort du succès de 2025 qui avait attiré 161 000 visiteurs, l'édition 2026 continue sur sa lancée avec une formule enrichie. Les habitués retrouveront les stands géants des éditeurs majeurs (Nintendo, PlayStation, Xbox, Ubisoft, Capcom...) où l'on peut tester en avant-première les jeux qui sortiront fin 2026 et début 2027. Cette année, les rumeurs parlent de démos jouables de titres très attendus, et peut-être même - croisons les doigts - de premières apparitions publiques de la Nintendo Switch 2. Les studios indépendants ne sont pas en reste avec un espace dédié qui permet de découvrir les pépites de demain avant qu'elles ne percent.
Le Dôme de Paris (l'ancien Palais des Sports) fait désormais partie intégrante du dispositif avec ses Night Sessions prolongées jusqu'à 23h30 les mercredi, jeudi, vendredi et samedi. Ces soirées proposent des finales de compétitions e-sport majeures (imaginez l'ambiance électrique quand plusieurs milliers de fans hurlent pour leur équipe favorite), des concerts symphoniques de musiques de jeux vidéo, et des performances de créateurs de contenu et streamers stars. L'édition 2025 avait notamment accueilli un concert époustouflant du Sinfonia Pop Orchestra reprenant les bandes-son de Skyrim, Assassin's Creed et Harry Potter. Attendez-vous à du lourd pour 2026.
L'espace retrogaming permet aux nostalgiques de se replonger dans les gros pixels d'antan, tandis que la zone VR/réalité virtuelle offre des expériences immersives hallucinantes. Côté pop culture, un vaste Geek Market regroupe des centaines de stands de merchandising (figurines, goodies, artistes...), et les cosplayeurs ont leur propre espace avec défilés et concours.
Informations pratiques :
- Dates : Du mercredi 21 au dimanche 25 octobre 2026
- Lieu : Paris Expo Porte de Versailles (Halls 1 & 2) + Dôme de Paris
- Horaires : 9h30 - 21h00 (nocturnes mer-sam), 9h30 - 19h00 (dimanche)
- Night Sessions au Dôme : 21h30 - 23h30 (billets premium)
- Tarifs 2025 (indicatifs) :
- Billet 1 jour : à partir de 18€
- Pass 2 jours : 50€ (adulte) / 34€ (7-17 ans)
- Pass 4 jours : 99€ (adulte) / 69€ (7-17 ans)
- Billet Premium : 95€ (accès anticipé dès 9h, entrées/sorties illimitées, places privilégiées)
- Accès : Métro ligne 12 (Porte de Versailles), Ligne 8 (Balard), Tram T3A
- Bon plan : Achetez vos billets en prévente pour éviter les files d'attente et bénéficier de tarifs réduits
L'édition 2025 avait mis en avant Clair Obscur: Expedition 33, le jeu français qui a explosé tous les compteurs. Pour 2026, attendez-vous à voir débarquer des exclusivités mondiales et peut-être même des annonces surprise. La PGW reste LE rendez-vous incontournable pour tout gamer qui se respecte. Prévoyez des chaussures confortables : entre les stands, les files d'attente et les allées bondées, vous allez marcher. Beaucoup.
MCM LONDON COMIC CON : Le Rendez-vous British de la Pop Culture
Du 22 au 24 mai 2026 - ExCeL London
Deux fois par an, Londres se transforme en capitale européenne de la pop culture grâce au MCM Comic Con. L'édition de mai 2026 marque le retour printanier de cette convention massive qui attire des dizaines de milliers de fans venus de toute l'Europe. Installée dans les immenses halls de l'ExCeL London (aux Royal Victoria Docks), cette convention est devenue au fil des ans l'une des plus importantes du Royaume-Uni.
Ce qui fait le charme du MCM London, c'est sa capacité à mélanger tous les univers de la culture geek avec une décontraction très british. Vous y croiserez aussi bien des cosplayeurs hallucinants déguisés en personnages de Zelda, des vendeurs de comics vintage, des stands de manga, des artistes indépendants, et une zone gaming massive où tester les dernières nouveautés. Le Comic Village, avec ses quelque 200 tables, permet de rencontrer des artistes, auteurs et dessinateurs de tous horizons - des amateurs talentueux aux grands noms de l'industrie.
Les invités prestigieux font partie de l'ADN du MCM. Sans dévoiler toute la programmation 2026 (qui s'enrichit au fil des mois), attendez-vous à voir débarquer des acteurs de séries cultes, des voix d'anime, des créateurs de contenus YouTube/Twitch, et des légendes du cosplay international. Les séances de photos et d'autographes se font dans une atmosphère détendue, même si les files d'attente pour les stars les plus populaires peuvent parfois ressembler à la queue pour les soldes du Boxing Day.
La Side Quest gaming zone mérite qu'on s'y attarde : c'est l'endroit rêvé pour découvrir les jeux à venir ou retrouver des classiques qu'on croyait disparus. Les compétitions de cosplay attirent toujours les foules, avec des créations dont le niveau de finition laisse pantois. Et pour ceux qui veulent souffler entre deux stands, Pop Asia célèbre la culture asiatique avec sa musique, sa nourriture (bubble tea, takoyaki, gyoza...) et ses animations.
Informations pratiques :
- Dates : Du vendredi 22 au dimanche 24 mai 2026
- Lieu : ExCeL London, Royal Victoria Dock, 1 Western Gateway, London E16 1XL
- Horaires : Entrée prioritaire à 9h00, entrée générale à partir de 9h45
- Tarifs (indicatifs) :
- Entrée générale 1 jour : £25-35
- Priority entry 1 jour : £35-40
- Weekend pass (priority) : £95
- Gratuit pour les moins de 10 ans (accompagnés d'un adulte)
- Accès : DLR (Customs House ou Prince Regent stations)
- Bon plan : Acheter avant le 31 mars permet de recevoir les badges par courrier et d'éviter les files au guichet
Une particularité du MCM : si vous avez l'âme bénévole, il est possible d'obtenir une entrée gratuite en effectuant deux shifts comme steward. Une excellente option pour les fauchés et/ou ceux qui veulent vivre l'événement de l'intérieur. Petite mise en garde : le MCM est immense et bondé le weekend. Si vous détestez la foule, privilégiez le vendredi qui est généralement plus calme. Et n'oubliez pas que Londres n'est qu'à 2h15 de Paris en Eurostar - un argument de poids pour joindre l'utile à l'agréable avec un weekend dans la capitale britannique.
FANTASY BASEL 2026 : La Suisse Frappe Fort
Du 14 au 16 mai 2026 - Messe Basel (Bâle)
La Suisse n'est pas qu'un pays de montres, de chocolat et de neutralité diplomatique. C'est aussi la terre d'accueil de Fantasy Basel, probablement l'une des plus belles conventions pop culture d'Europe (et on pèse nos mots). Depuis 2015, cet événement n'a cessé de grandir jusqu'à atteindre des proportions impressionnantes : plus de 100 000 m² d'exposition, 97 000 visiteurs en 2025, et une programmation d'une diversité hallucinante.
Fantasy Basel, c'est un peu le couteau suisse des conventions : tout y est, et tout y est bien fait. Trois jours durant lesquels les univers du gaming, du cosplay, du cinéma, de la BD, de l'anime, du manga, du street art et de la nourriture asiatique se télescopent dans une explosion de créativité. Les halls de la Messe Basel se transforment en véritable parc d'attractions geek où chaque recoin réserve une surprise.
L'Artist Alley accueille plus de 300 illustrateurs, tatoueurs et artistes urbains de renommée internationale. Le Japan Village plonge les visiteurs dans la culture nippone avec des ateliers d'origami, des cérémonies du thé, des démonstrations d'ikebana et de calligraphie, et même des spectacles d'arts martiaux. Les cosplayeurs affluent de toute l'Europe pour participer au plus grand concours de cosplay de Suisse, où les costumes rivalisent d'ingéniosité et de qualité. Certains mettent des mois à confectionner leurs tenues, et ça se voit.
Côté gaming, une salle entière est dédiée aux jeux vidéo avec des tournois d'e-sport, des zones de test des dernières sorties, du retrogaming, et des rencontres avec des développeurs suisses qui montrent que la scène gaming helvétique existe bel et bien. Les fans de jeux de plateau ne sont pas en reste avec un espace tabletop gaming fourni. Et pour ceux qui préfèrent les expériences immersives, plusieurs zones proposent de la réalité virtuelle de pointe.
Les invités internationaux font le voyage : acteurs de séries et films fantasy/SF (pensez Game of Thrones, Le Hobbit, Marvel...), comédiens de doublage de jeux vidéo, streamers stars, et créateurs de BD. Les séances de photos et d'autographes sont payantes mais organisées avec efficacité, et les panels permettent d'en apprendre plus sur l'envers du décor.
Informations pratiques :
- Dates : Du mercredi 14 au samedi 16 mai 2026
- Lieu : Messe Basel, Messeplatz 10, 4058 Bâle
- Horaires : 10h00 - 19h00
- Tarifs 2025 (indicatifs) :
- Billet journalier : à partir de 33 CHF (~34€)
- Billet après-midi : à partir de 27 CHF (~28€)
- Festival Pass 3 jours : à partir de 76 CHF (~79€)
- Action famille (vendredi) : à partir de 17 CHF (~18€)
- Gratuit pour les enfants jusqu'à 9 ans accompagnés
- Tarif jeune (9-16 ans) réduit
- Accès : Très facile en train depuis toute l'Europe (Bâle est un hub ferroviaire majeur)
- Petit plus : Les visiteurs qui séjournent dans un hôtel bâlois reçoivent la BaselCard donnant accès gratuit aux transports publics
Fantasy Basel, c'est aussi l'occasion de découvrir Bâle, cette ville suisse charmante située à la frontière franco-germano-suisse. Si vous croisez des super-héros ou des elfes dans les rues pendant le festival, ne soyez pas surpris : les cosplayeurs adorent déambuler en ville entre deux sessions au salon. L'ambiance est familiale, bienveillante, et résolument internationale (on y parle français, allemand, anglais...). Bref, si vous cherchez LA convention pop culture du printemps en Europe, c'est probablement celle-ci.
ZURICH POP CON & GAME SHOW 2026 : L'Autre Pépite Suisse
Du 26 au 27 septembre 2026 - Messe Zürich
Si Fantasy Basel règne au printemps, la Zurich Pop Con & Game Show domine l'automne helvétique. Pour sa 9e édition, ce festival dédié aux fans de pop culture, gaming, cosplay et anime s'installe dans les sept halls de la Messe Zürich pour un weekend électrique. Créée en 2017, cette convention n'a cessé de monter en puissance, attirant désormais des milliers de visiteurs venus de toute l'Europe.
Le grand atout de la Zurich Pop Con, c'est son excellente programmation gaming. La Nintendo Zone à elle seule vaut le déplacement avec des démos jouables de titres attendus comme Little Nightmares 3, Borderlands 4, ou Metroid Prime 4: Beyond sur la future Nintendo Switch 2. L'édition 2025 avait même proposé la première mondiale de Just Dance 2026, preuve que Zurich s'impose comme un rendez-vous incontournable pour l'industrie. Attendez-vous en 2026 à des annonces et premières suisses ou européennes qui feront saliver les gamers.
Au-delà du gaming pur, le festival célèbre toutes les facettes de la culture pop : acteurs de films et séries (Sean Gunn de "Gilmore Girls" et "Les Gardiens de la Galaxie", Harry Lloyd de "Game of Thrones" étaient présents en 2025), doubleurs d'anime et de jeux vidéo, créateurs de contenu YouTube/Twitch/TikTok (aussi bien germanophones qu'anglophones), et cosplayeurs internationaux. Le Cosplay Village est un incontournable avec ses stands, ses lounges, et ses concours où les participants rivalisent de créativité.
Le Japan Hall plonge les visiteurs dans la culture asiatique avec des ateliers d'origami, des défilés de kimonos, des démonstrations d'arts martiaux, et bien sûr une Asian Food Zone où déguster de délicieuses spécialités (ramen, bubble tea, takoyaki...). Les workshops et panels couvrent tous les sujets : création de costumes cosplay, techniques de maquillage, game design, storytelling... De quoi repartir avec des idées plein la tête.
La dimension e-sport est également présente avec des tournois organisés par différents teams suisses. Et pour ceux qui s'intéressent aux carrières dans l'industrie du jeu vidéo, des stands d'information permettent de découvrir les formations et opportunités.
Informations pratiques :
- Dates : Samedi 26 et dimanche 27 septembre 2026
- Lieu : Messe Zürich (MCH Messe Schweiz), Wallisellenstrasse 49, 8050 Zurich
- Horaires : À confirmer (généralement 10h-18h)
- Tarifs : À annoncer (consultez www.zurichpopcon.ch pour les mises à jour)
- Accès : Très bien desservi en transports publics depuis le centre de Zurich
- Organisateur : Amazing Event AG
Zurich étant une ville chère, prévoyez un budget conséquent si vous souhaitez en profiter pour visiter la plus grande ville de Suisse. Mais l'expérience en vaut la chandelle : entre le festival et les charmes zurichois (lac, vieille ville, musées...), c'est un weekend mémorable en perspective. Et contrairement à certains salons bondés, l'ambiance reste détendue et conviviale - la touche suisse, sans doute.
TROLLS & LÉGENDES 2026 : La Fantasy à la Belge
Du 3 au 5 avril 2026 - Lotto Mons Expo (Mons, Belgique)
Depuis 2005, le festival Trolls & Légendes est devenu LE rendez-vous fantasy incontournable en Belgique francophone, et sans doute l'un des plus beaux d'Europe. Installé à Mons (une ville charmante de Wallonie facilement accessible en train), ce festival célèbre TOUS les aspects de la fantasy : littérature, BD, manga, musique, jeux, cinéma, artisanat... Le tout dans une ambiance féérique qui enchante aussi bien les connaisseurs hardcore que les familles venues découvrir cet univers.
Quand on arrive au Lotto Mons Expo (juste à côté de la gare), on bascule instantanément dans un autre monde. Plus de 20 000 m² (intérieur et extérieur) se transforment en royaume fantasy où déambulent elfes, guerriers médiévaux, sorciers, créatures fantastiques et bien sûr des trolls. Le marché féérique artisanal est une merveille avec ses dizaines d'artisans qui proposent des créations uniques : costumes médiévaux, bijoux elfiques, armes forgées, grimoires, potions (factices, on vous rassure), savons magiques, et mille autres trésors. Les démonstrations de forge, de tannerie ou de calligraphie médiévale fascinent petits et grands.
Côté littérature et BD, Trolls & Légendes accueille plus de 200 invités : auteurs de fantasy et de SF, illustrateurs, dessinateurs de BD, mangakas... Les séances de dédicaces s'enchaînent dans une atmosphère chaleureuse, loin de l'usine à autographes de certains salons. Les librairies et stands proposent des nouveautés mais aussi des éditions rares qui feront le bonheur des collectionneurs.
La programmation musicale est un autre point fort majeur. Trois soirées de concerts avec des têtes d'affiche comme Gloryhammer, Kalandra, The SIDH et Magoyond (en 2026) font vibrer le festival. Du folk celtique au metal symphonique en passant par des chants épiques, la variété est au rendez-vous. Et pour ceux qui veulent prolonger la fête, un after avec Bardix le Gaulois promet "techno gauloise, énergie tribale et transe électro païenne jusqu'au bout de la nuit" - on ne sait pas trop ce que ça donne, mais ça a l'air déjanté.
Les jeux sont omniprésents : jeux de rôle (Donjons & Dragons et compagnie), jeux de plateau, jeux de cartes avec démonstrations et tournois, une Proto-Zone pour tester les créations des concepteurs indépendants, et même une section figurines. Les enfants ne sont pas oubliés avec des ateliers créatifs, des contes, du grimage, et des animations adaptées. Projections de films, courts-métrages et dessins animés fantastiques complètent une programmation déjà bien remplie.
Informations pratiques :
- Dates : Du vendredi 3 au dimanche 5 avril 2026
- Lieu : Lotto Mons Expo, Avenue Thomas Edison 2, 7000 Mons (Belgique)
- Horaires : À confirmer (généralement 10h-19h)
- Tarifs : À annoncer (consultez www.trolls-et-legendes.be)
- Accès :
- Train : gare de Mons à 500m du Lotto Mons Expo
- Voiture : parkings gratuits à proximité, parking P2 couvert et payant à la gare
- Petit plus : La ville de Mons elle-même mérite une visite (Grand-Place, beffroi classé UNESCO...)
Trolls & Légendes a cette particularité d'être à la fois un événement populaire (des milliers de visiteurs) et intimiste (on peut vraiment échanger avec les artistes et créateurs). L'ambiance y est bienveillante, festive, et résolument familiale. Si vous aimez la fantasy sous toutes ses formes, ce festival est une pépite à ne manquer sous aucun prétexte. Et pour ceux qui en redemandent, sachez qu'une version estivale gratuite, "Les Estivales de Trolls & Légendes", se tient en août dans les rues de Mons.
FACTS SPRING 2026 : La Belgian Comic Con de Référence
Du 11 au 12 avril 2026 - Flanders Expo (Gand, Belgique)
FACTS (Fantasy, Action, Comics, Television, and Science fiction) est l'autre grande convention belge, mais côté flamand cette fois. Organisée deux fois par an à Gand (une magnifique ville médiévale de Flandre), FACTS Spring est le rendez-vous printanier des fans de pop culture, comics, séries TV, films et jeux vidéo. Si vous ne parlez pas néerlandais, rassurez-vous : l'anglais et le français y sont très présents, et la bienveillance belge fait le reste.
Ce qui frappe d'emblée à FACTS, c'est la qualité de l'organisation. Les Belges sont passés maîtres dans l'art de gérer les flux de visiteurs, les files d'attente, et la logistique générale. Le résultat : malgré l'affluence (des dizaines de milliers de personnes), on ne se sent jamais complètement oppressé comme dans certains salons bondés. Le Flanders Expo est un site moderne et spacieux, facile d'accès en tram depuis le centre de Gand.
Les invités stars sont au cœur de FACTS : acteurs de films Marvel, DC, Star Wars, séries cultes (Game of Thrones, Stranger Things, Doctor Who...), et doubleurs de jeux vidéo. Les séances de photos et d'autographes sont payantes (comme partout) mais permettent des rencontres authentiques. Les panels et Q&A offrent l'occasion d'en apprendre plus sur les coulisses des productions. FACTS a l'habitude d'accueillir des invités de renom, et 2026 ne devrait pas déroger à la règle (la liste complète s'enrichit au fil des mois).
L'Exhibitor Hall regroupe des centaines de stands : comics, mangas, figurines, goodies, merchandising de séries et films, créations artisanales... C'est le paradis (ou l'enfer, selon le point de vue de votre compte en banque) des collectionneurs. L'Artist Alley met en lumière des artistes du monde entier, des grands noms de l'industrie BD/comics aux talents émergents.
Le Cosplay Village et les concours de cosplay font partie des attractions phares. FACTS attire certains des meilleurs cosplayeurs européens, et le niveau des costumes est impressionnant. Que vous soyez participant ou simple spectateur, c'est un régal pour les yeux. Les défilés sur scène sont de véritables shows, avec des performances théâtrales qui donnent vie aux personnages.
Côté gaming, attendez-vous à des zones de test de jeux vidéo, du retrogaming, et des animations diverses. La dimension "famille" est importante à FACTS : des activités adaptées aux enfants permettent aux parents de venir avec leurs marmots sans craindre qu'ils s'ennuient.
Informations pratiques :
- Dates : Samedi 11 et dimanche 12 avril 2026
- Lieu : Flanders Expo, Maaltekouter 1, 9051 Gand (Belgique)
- Horaires :
- VIP : entrée dès 9h00
- Standard : entrée dès 10h00
- Tarifs (système par vagues) :
- Wave 1 (lancement) : 11 janvier 2026
- Wave 2 : 12 janvier - 1 mars 2026
- Wave 3 : 2 mars - 10 avril 2026
- Wave 4 : pendant le festival (Standard Weekend & VIP non disponibles)
- Prix exacts à venir sur www.facts.be
- Accès : Tram 1 depuis la gare de Gand-Saint-Pierre, parking sur place (accès direct via sortie 14 de l'E40)
- Petit conseil : Gand est une ville magnifique - profitez-en pour visiter avant ou après FACTS
FACTS a cette particularité d'être très "no bullshit" : pas de fioritures inutiles, juste une convention solide, bien organisée, avec ce qu'il faut d'invités, d'animations et de stands. L'ambiance y est festive et geek, avec une touche belge d'auto-dérision (les communications officielles du festival ne se prennent jamais trop au sérieux, c'est rafraîchissant). Si vous hésitez entre FACTS et Trolls & Légendes, sachez que les deux festivals sont complémentaires : FACTS penche davantage vers les comics/séries/films, tandis que Trolls & Légendes est plus axé fantasy/littérature.
08:28 Publié dans Actualité, Gadgets, Loisirs Jeux Salons | Lien permanent | Commentaires (0) |
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01/01/2026
Bonne année 2026 malgré la guerre d'abord intérieure
2025 est l’année de la grande fracture économique en Europe. C'est aussi celle de la 3ème année de guerre visible contre l'Europe de l'Ouest imposée au moyen des sanctions contre la Russie. dans trois semaines environ, nous vous proposerons notre configuration PC recommandée pour 2026.
L’année 2025 s’achève sur un constat de morosité économique profonde pour l’Union européenne, où les indicateurs au rouge et les plans sociaux s’enchaînent. Derrière des statistiques officielles souvent rassurantes se cache une réalité plus sombre : celle d’une récession installée, d’un tissu entrepreneurial en souffrance et d’un pouvoir d’achat qui s’érode, le tout dans un contexte géopolitique qui continue de peser lourdement sur les perspectives. Le cœur industriel de l’Europe, l’Allemagne, bat de manière inquiétante, tandis que la France peine à sortir d’un marasme entretenu par l’instabilité politique. Une question plane sur cette dégradation : dans quelle mesure les sanctions contre la Russie, privant l’UE de son marché et d’une énergie autrefois bon marché, ont-elles précipité ou aggravé cette situation désastreuse ?
Le nombre de faillites d’entreprises constitue le symptôme le plus visible de la crise. En Allemagne, premier moteur économique du continent, le phénomène a atteint en 2025 un niveau record depuis onze ans. Environ 23 900 entreprises devraient avoir déposé le bilan cette année, soit une hausse de 8,3% par rapport à 2024, selon l’agence de notation Creditreform. Ces faillites entraînent dans leur sillage près de 285 000 salariés et des pertes financières estimées à 57 milliards d’euros. Les petites et micro-entreprises, comptant jusqu’à dix employés, sont les plus touchées, représentant plus de 80% des cas. Les experts pointent un mélange explosif : un endettement important, des difficultés d’accès au crédit, une bureaucratie pesante et, surtout, le fardeau persistant de prix de l’énergie élevés qui paralyse l’activité.
La situation, plus que préoccupante en Allemagne, est terriblee en France. Après une augmentation spectaculaire de 150% depuis 2021, le nombre de défaillances se maintient à un niveau historiquement haut, autour de 68 000 procédures sur douze mois. Cette relative stabilisation ne doit pas masquer le désastre. Selon l’assureur-crédit Allianz Trade, l’Europe occidentale dans son ensemble connaît une **quatrième année consécutive de hausse** des défaillances, avec une augmentation de 6% en 2025. Des pays comme l’Italie (+38%) ou la Suisse (+26%) font même pire que l’Allemagne (+11%). Cette vague témoigne d’un épuisement généralisé des trésoreries après des années de chocs successifs.

La multiplication des faillites s’inscrit dans un climat de stagnation économique généralisée. L’Allemagne est techniquement entrée en récession pour la deuxième année consécutive. Sa croissance (celle boostée par l'intégration en Europe des chiffres estimés au pif d ela prostitution et du commerce de la drogiue!), attendue à seulement 0,3% pour 2025, est la plus faible des grandes économies européennes. Elle subit de plein fouet un triple choc : la perte du marché russe, la concurrence internationale accrue et les droits de douane imposés par les États-Unis. « L’économie allemande perd de sa compétitivité », alerte Bernd Bütow, dirigeant de Creditreform. Le modèle exportateur, longtemps pilier de sa prospérité, montre ses limites dans un monde fracturé.
En France, la pseudo croissance, officielle, est à peine meilleure, plafonnant à 0,8% en 2025. Ce niveau, le plus bas depuis 2013 hors crise sanitaire, est directement attribué par l’OCDE à l’instabilité politique intérieure, marquée par la démission de deux Premiers ministres dans l’année. Cette incertitude a gelé la demande intérieure et découragé l’investissement. L’économiste Sylvain Billot note que sans le stockage massif opéré par les entreprises en prévision de tensions sur les chaînes d’approvisionnement, le PIB français serait même en léger recul. L’investissement des entreprises, clé de la prospérité future, baisse pour la deuxième année consécutive, et l’investissement public recule également (-1,5%).
La détérioration du marché du travail est perceptible dans les statistiques officielles, mais elle cache une réalité plus grave. En octobre 2025, le taux de chômage dans la zone euro s’établissait à 6,4%, en hausse par rapport à l’année précédente. L’Union européenne compte désormais 13,35 millions de personnes sans emploi, soit 500 000 de plus qu’en octobre 2024. La France, avec un taux de 7,7%, se maintient nettement au-dessus de la moyenne européenne.
Cependant, ce chiffre ne raconte qu’une partie de l’histoire. Le chômage officiel, basé sur la définition du Bureau International du Travail, exclut toutes les personnes découragées qui ne cherchent plus activement un emploi, ou celles qui sont sous-employées, notamment via des emplois à temps partiel subis. En Allemagne, souvent citée en exemple pour son faible taux de chômage (3,8%), près de 29% de la population active occupait un emploi à temps partiel en 2024, un chiffre qui reflète parfois une précarité imposée plutôt qu’un choix. L’Institut La Boétie va plus loin dans son analyse, affirmant que si l’on prenait en compte « les inactifs » qui souhaiteraient travailler mais ne sont pas comptabilisés, le tableau serait beaucoup plus sombre. Cette précarité et ce sous-emploi massif exercent une pression à la baisse sur les salaires et contribuent à l’érosion du pouvoir d’achat.
Le pouvoir d’achat, variable d’ajustement silencieuse
La baisse du pouvoir d’achat est devenue la préoccupation centrale des ménages européens, en particulier en France et en Allemagne. L’inflation, bien que ralentie par rapport aux pics de 2022-2023, reste tenace et grève le budget des foyers. Mais le phénomène est plus structurel. La consommation des ménages français, par exemple, est atone (+0,5% en 2025), avec un taux d’épargne qui continue de progresser. Les explications libérales invoquent l’incertitude qui pousserait à la prudence, mais des analyses critiques pointent du doigt la montée des inégalités.
L’augmentation du taux d’épargne serait largement portée par les ménages les plus aisés, dont les revenus progressent, tandis que les plus pauvres consacrent l’intégralité de leurs ressources, stagnantes, aux dépenses contraintes (logement, énergie, assurances). Le ressenti d’appauvrissement est donc profond et inégalement réparti. En Allemagne, la pression sur les salaires réels, combinée à la hausse des coûts de l’énergie, a directement amputé la capacité de consommation de la classe moyenne, affaiblissant d’autant plus la demande intérieure déjà fragile.
Le fardeau insoutenable de la dette
Pour faire face aux chocs successifs, les États ont dû s’endetter massivement. La dette publique de l’Union européenne a dépassé la barre symbolique des 15 000 milliards d’euros au deuxième trimestre 2025, représentant en moyenne 81,9% du PIB. Ce niveau, historiquement haut, limite drastiquement la capacité des gouvernements à relancer l’économie par la dépense publique.
La France est particulièrement exposée, avec une dette représentant 115,8% de son PIB, soit près de 3 416 milliards d’euros. Seuls la Grèce et l’Italie font pire dans l’UE. Cet endettement colossal place le pays dans une camisole de force budgétaire. La réponse apportée est une cure d’austérité, avec des coupes dans les dépenses publiques et l’investissement, qui, à son tour, freine la croissance et aggrave la récession. L’Allemagne, en revanche, dispose d’une marge de manœuvre plus importante avec une dette à 62,4% du PIB, mais son dogme de l’équilibre budgétaire (la « Schwarze Null ») l’empêche de lancer un plan de relance ambitieux.
L’ombre portée des sanctions contre la Russie
Dans ce paysage désolé, la question des sanctions contre la Russie revient de manière récurrente. Prise pour soutenir l’Ukraine, cette décision géopolitique a eu un coût économique considérable pour l’UE, dont les conséquences se font pleinement sentir en 2025. Les sanctions, renforcées par un dix-neuvième train de mesures en octobre 2025 qui incluait l’interdiction d’importation de gaz naturel liquéfié (GNL) russe, ont coupé l’accès au marché russe et à ses ressources énergétiques à bas coût.
Pour l’Allemagne, dont l’industrie était structurellement dépendante du gaz russe, le choc a été brutal. Les entreprises doivent composer avec des prix de l’énergie durablement plus élevés, ce qui grève leur compétitivité à l’exportation. Le marché russe, autrefois important pour les machines-outils, les véhicules et les produits chimiques allemands, est pratiquement fermé. Les tentatives de réorientation vers d’autres marchés sont coûteuses et incomplètes.
La France est également touchée, bien que différemment. Selon Allianz Trade, dans le pire des scénarios lié à la guerre commerciale globale, la France pourrait compter 6 000 faillites d’entreprises supplémentaires directement attribuables à ces tensions. Au-delà de l’énergie, les sanctions ont perturbé des chaînes d’approvisionnement entières et ont privé de nombreux secteurs (agroalimentaire, luxe) d’un débouché commercial majeur. L’embargo européen a affecté des biens et technologies qui auraient été exportés vers la Russie pour une valeur estimée à 48 milliards d’euros, et des importations d’une valeur de 91,2 milliards d’euros. Cette double privation – de débouchés et de ressources – agit comme un frein permanent à l’activité.
En cette fin d’année 2025, l’Europe, et particulièrement sa locomotive allemande et sa deuxième économie française, semblent prises dans un cercle vicieux. Les sanctions, imposées aux noms du morale à géométrie variable et par la fable d'une meance géopolitique, ont aggravé une situation économique déjà fragile post-Covid. La perte du marché et de l’énergie russes a accru les coûts de production, réduit la compétitivité et accéléré les faillites. La hausse du chômage et la baisse du pouvoir d’achat qui en résultent affaiblissent la demande intérieure, ce qui pousse davantage d’entreprises dans le rouge. Les États, déjà lourdement endettés, voient leurs recettes fiscales stagner ou baisser tandis que les dépenses sociales augmentent, les contraignant à l’austérité qui étouffe un peu plus la croissance.
Les perspectives pour 2026, annoncées comme légèrement meilleures par l’OCDE avec une croissance attendue à 1% pour la France et toujours très faible pour l’Allemagne, paraissent bien fragiles. Elles dépendent d’un rebond des échanges mondiaux qui pourrait être compromis par l’aggravation des tensions commerciales, notamment avec les États-Unis. Le risque d’un éclatement de la bulle spéculative autour de l’intelligence artificielle, qui pourrait provoquer des milliers de faillites supplémentaires selon Allianz Trade, plane également.
Le bilan de 2025 est donc celui d’une régression économique et sociale patente, où les politiques de soutien ont atteint leurs limites et où le prix des convictions géopolitiques se paie cash sur le terrain économique. La grande question pour 2026 est de savoir si l’Europe parviendra à briser ce cercle vicieux en trouvant de nouveaux relais de croissance, ou si elle s’enfoncera davantage dans une stagnation douloureuse, minée par les fractures sociales et la défiance populaire. La résilience vantée des économies européennes est mise à l’épreuve comme jamais depuis la crise de la zone euro.
Sur le plan des libetés, la frature est aussi évidente. L’Union européenne qui n'a pas peur du ridicule s’est longtemps présentée comme le phare des droits fondamentaux, mais l’année 2025 a vu cette façade se fissurer même pour le plus naïf. Sous prétexte de protéger la démocratie contre les menaces extérieures et la désinformation, un ensemble de mesures législatives et de pratiques politiques a progressivement érodé les libertés fondamentales en son sein. De la censure des médias à la répression des lanceurs d’alerte en passant par la diabolisation d’États rivaux, un nouveau paysage inquiétant se dessine, où la sécurité et la stabilité semblent l’emporter sur la liberté d’expression et la transparence.
La censure institutionnalisée : RT et Sputnik, un précédent qui dure
Le bras de fer médiatique avec la Russie se poursuit. En 2022, l’UE avait suspendu les activités de diffusion de RT et Sputnik, invoquant la lutte contre la désinformation après l'invasion de l'Ukraine. Trois ans plus tard, cette censure est non seulement maintenue, mais s’institutionnalise. En octobre 2025, le Parlement européen a envisagé d’étendre cette logique en interdisant l’accès à ces sites sur son propre réseau informatique. Cette proposition, portée par des eurodéputés au nom de la "sécurité de l'information", a suscité des inquiétudes au sein même de l'institution quant à l’établissement d’un dangereux précédent pour la restriction des médias. L’épisode illustre une tendance lourde : la lutte contre la propagande extérieure sert de justification à des mesures qui effritent, en interne, les principes d’un espace public ouvert.
La répression des réseaux sociaux : le DSA, une arme de censure massive
L’année 2025 restera celle de l’affrontement frontal entre l’UE et les géants du numérique, incarné par l’entrée en vigueur totale du Digital Services Act (DSA) en février 2024. Présenté comme un outil pour créer un espace numérique "plus sûr", ce règlement donne en réalité à la Commission européenne des pouvoirs étendus pour réguler les contenus en ligne qu’elle juge "nuisibles".
C’est au nom du DSA que la Commission a infligé, le 5 décembre 2025, une amende de 120 millions d’euros à la plateforme X (ex-Twitter). Le motif officiel, concernant la vérification trompeuse des comptes, cache mal une volonté de faire plier un réseau social perçu comme trop permissif. La réaction véhémente d’Elon Musk, appelant à la dissolution de l’UE, a révélé l’ampleur du conflit. Au-delà de X, le DSA crée un climat de peur. Ses dispositions permettent d’imposer des amendes pouvant atteindre 6% du chiffre d’affaires mondial d’une entreprise pour non-respect de ses obligations de modération. Des plateformes alternatives comme Telegram ou Rumble, refuges pour des voix dissidentes ou simplement critiques, sont également dans le collimateur. Le message est clair : se conformer aux attentes politiques de Bruxelles ou risquer l’asphyxie financière.
La diabolisation comme outil politique : Russie et Chine, boucs émissaires désignés
Dans ce contexte, un discours manichéen s’est imposé, désignant la Russie et la Chine comme les sources de tous les maux informationnels. Un rapport du Service européen pour l’action extérieure (SEAE) publié en 2025 ose affirmer que les campagnes de désinformation de ces deux pays ont atteint un "niveau inédit" en 2024, les présentant comme des acteurs cherchant à "déstabiliser les démocraties". Cette rhétorique, reprise en boucle par les institutions et une grande partie des médias mainstream, crée un climat de suspicion permanent.
La diabolisation de ces États ne se limite pas à une guerre de l’information. Elle sert à justifier un renforcement constant du contrôle étatique sur la parole publique. En diabolisant un adversaire extérieur, il devient plus facile de faire accepter des mesures de surveillance, de censure préventive et de restriction des échanges culturels et académiques au nom de la "sécurité nationale". Ce discours fait le jeu des partis les plus conservateurs et nationalistes en Europe, qui y voient une occasion de raviver les peurs et de consolider leur électorat.
Les lanceurs d'alerte réduits au silence : l'Europe des procédures-bâillons
Alors que les institutions se barricadent contre les supposées menaces extérieures, elles ferment aussi les yeux sur un phénomène qui ronge la démocratie de l’intérieur : la multiplication des procédures-bâillons (SLAPP) visant à réduire au silence les lanceurs d’alerte, les journalistes d’investigation et les ONG. Ces poursuites judiciaires abusives, dont le but n’est pas de gagner un procès mais d’épuiser financièrement et psychologiquement ceux qui osent parler, sont devenues "monnaie courante en Europe".
Des pays comme la Pologne, Malte ou la France sont pointés du doigt pour leur utilisation fréquente de ces méthodes, souvent à l’initiative d’entreprises puissantes ou de personnalités politiques. L’arsenal juridique, parfois détourné de son objectif initial (comme les lois antiterroristes), est utilisé pour intimider et faire taire ceux qui dévoilent des secrets d’État, des scandales financiers ou des pratiques industrielles nuisibles. Cette "guerre par le droit", qui frappe au cœur de la liberté de la presse et de la transparence, est l’un des signes les plus inquiétants de la régression des libertés en Europe.
L’élargissement du contrôle : vers une société de la surveillance et de l’autocensure
La dérive sécuritaire et liberticide ne s’arrête pas aux frontières du numérique ou de la justice. Elle s’étend à tous les aspects de la vie publique et privée. Le sociologue français, Nicolas Bourgoin nous avait pourtant mis en garde.
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Surveillance généralisée : Sous couvert de lutter contre les "menaces hybrides", les États membres développent des systèmes de surveillance de masse, tant physiques que numériques. La collecte de données par les services de renseignement, souvent avec une supervision judiciaire faible, mine le droit au respect de la vie privée.
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Lois mémorielles et restrictions culturelles : La volonté de contrôler le récit historique et culturel se traduit par l’adoption de lois mémorielles de plus en plus spécifiques, qui criminalisent certaines interprétations de l’histoire. Des expositions artistiques ou des pièces de théâtre sont annulées sous la pression de groupes militants ou par crainte de polémiques, limitant la liberté de création.
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Restriction du droit de manifester : Dans plusieurs pays, les autorités durcissent les lois régissant les manifestations, imposant des notifications préalables contraignantes, élargissant les périmètres d’exclusion ou utilisant de manière disproportionnée la force pour disperser les rassemblements pacifiques.
Ce paysage réglementaire de plus en plus dense et contraignant a un effet pervers majeur : l’autocensure. Craintifs face à des amendes astronomiques, des poursuites judiciaires interminables ou une diabolisation publique, les citoyens, les journalistes, les artistes et même les chercheurs en viennent à s’imposer à eux-mêmes des limites à leur expression. Cette autocensure silencieuse est peut-être la menace la plus grave pour le débat démocratique, car elle est invisible et difficile à combattre.
L’année 2025 a donc été celle d’un tournant. Sous la pression de crises géopolitiques, l’Union européenne et ses États membres ont progressivement troqué une partie de leur héritage libéral contre un paradigme sécuritaire. Le résultat est une Europe plus fragmentée, plus méfiante, et moins libre. La grande question qui se pose désormais est de savoir si cette dérive est réversible, ou si elle marque le début d’une nouvelle ère où la "sécurité" et la "stabilité" définies d’en haut l’emporteront définitivement sur les libertés individuelles et le pluralisme des idées. L’avenir de la démocratie européenne en dépend.
Ce rapide bilan dit sans le moindre doute possible que la guerre économique à mort d'un capitalisme dominant en crise, menée d'extérieur mais aussi de l'intérieur par des élites complices et ennemies des population ne va pas cesser toute seule ni demain.
Notre quotidien va encore se dégrader et nos libertés se réduire aux nom de valurs qui ne sont pas les notres mais aussi par la fabrication, par tous les moyens, de fausses menaces.
Nous vous souhaitons une bonne année 2026 par l'éveil résistant, fruit de la lecture, des rencontres humaines et du partage.
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25/12/2025
Joyeux Noël avec le Souffle du Givre

Un conte de Noël inspiré du folklore russe, de Ded Moroz et Snegourotchka.
Le Souffle du Givre
Au commencement, il n’y avait rien que le silence. Mais ce silence respirait, lentement, comme si le monde somnolait avant de s’éveiller.
L’air était blanc. Le ciel, figé. La terre dormait sous un manteau que rien ne troublait encore. Et dans cette immobilité régnait celui qu’on nommerait un jour Ded Moroz, le Père Gel.
Il n’était pas homme. Il n’avait ni âge ni forme précise. Il était le froid devenu conscience : la pensée née du premier flocon. Un esprit plus ancien que la parole des vents.
Quand il marcha pour la première fois sur la plaine gelée, la neige prit forme sous ses pas, et là où il se tenait, l’hiver trouva son nom.
Son palais n’était bâti d’aucune pierre : il surgissait dans les aurores, façonné par la lumière des étoiles. Les murs vibraient comme des veines de cristal, les plafonds gouttaient de reflets, et le silence y tintait comme un carillon.
Ded Moroz y vivait seul — gardien des saisons et protecteur du sommeil du monde. Ses yeux contenaient le bleu des distances glacées et son souffle faisait se taire les tempêtes.
Mais, au fil des âges, une lassitude s’insinua en lui. Il avait tout créé du repos et pourtant ne connaissait pas la paix : il lui manquait un regard pour répondre au sien, une autre voix dans le silence.
Une nuit où les vents cessèrent, il descendit sur la grande plaine et s’accroupit dans la neige.
Ses mains, froides et sûres, travaillèrent la poudre blanche jusqu’à ce qu’un visage y apparaisse. Un visage d’enfant calme, aux yeux d’étoile. Il souffla doucement sur le front modelé.
La neige frémit. Et des lèvres pâles s’ouvrirent.
Ainsi naquit Snegourotchka, la Fille des Neiges.
Sa peau luisait comme la lune sur les congères, sa chevelure coulait en ruisseaux givrés, et ses yeux — si purs qu’on en frissonnait — semblaient refléter le monde avant qu’il ne soit.
Ded Moroz la contempla longuement.
— Tu es ma voix, dit-il. Tu es la réponse du froid à la solitude.
Elle se leva, légère, et la neige se mit à chanter sous ses pieds.
Les années passèrent comme les soupirs d’un même hiver.
Snegourotchka apprit auprès de lui les mystères du gel : écouter les fissures de la glace qui parle, apprivoiser le vent qui mord, comprendre la patience du flocon.
Chaque rire qu’elle offrait faisait vibrer l’air d’une lumière bleue. Chaque mot, un peu de givre. Et Ded Moroz, en la regardant, sentait dans son cœur quelque chose qu’il n’avait pas prévu : un élan vers la chaleur.
Car la Fille des Neiges regardait déjà au-delà des brumes du Nord.
Chaque soir, à travers la blancheur infinie, elle apercevait les lueurs lointaines du monde des hommes — leurs feux, leurs danses, leurs noms criés sous les ciels tempétueux.
Il lui semblait entendre leurs chansons, d’une beauté si imparfaite, si vivante, qu’elle en avait le vertige.
Une nuit, elle demanda :
— Père, qu’y a-t-il là-bas, derrière les flammes ?
— La vie qui brûle, répondit Ded Moroz. Et la mort, parfois, qui s’y cache.
— Et pourquoi brûlent-ils ?
— Parce qu’ils ont peur du froid.
— Alors… pourquoi nous leur donnons la neige ?
— Parce qu’ils en ont besoin, pour apprendre à guérir de leur peur.
Mais cette réponse ne lui suffit pas. Elle voulait savoir, sentir, comprendre la chaleur dont il parlait.
Quand vint le grand hiver, celui que les hommes appellent Noël, Ded Moroz s’apprêtait à parcourir la terre pour bénir les villages endormis.
Snegourotchka le supplia de l’y emmener.
Il hésita, puis céda.
— Tu descendras jusqu’à la limite des feux, dit-il. Mais pas plus loin. Et tu reviendras avant la première aube.
Elle promit, sans savoir qu’en son cœur dormait déjà le parjure doux de l’amour.
La troïka de cristal fendit le ciel. Les chevaux bleus galopaient dans les vents figés, leurs sabots dessinant sur la neige des arcs d’argent.
En bas, les plaines humides s’illuminaient de lanternes rouges : le village de Velianitsa. On y riait, on y chantait, on y buvait autour du grand feu.
Snegourotchka resta un instant suspendue dans le ciel, hypnotisée.
Puis elle sauta hors du traîneau et posa le pied dans la neige humaine.
Les musiciens cessèrent de jouer. Les enfants s’arrêtèrent au milieu de leurs jeux.
La jeune femme ressemblait à un rêve devenu vrai. Son manteau étincelait de reflets d’aurore et sa voix, lorsqu’elle dit « Bonsoir », fit trembler même les flammes.
C’est là qu’Ivan la vit.
Jeune sculpteur aux mains rudes et au regard clair, il s’approcha d’elle avec la timidité de ceux qu’éblouit la beauté simple.
— D’où viens-tu ? demanda-t-il.
— De là où la neige ne s’arrête jamais de tomber.
— Et tu n’as pas peur de te perdre chez nous ?
— Non. Peut-être est-ce vous qui vous perdrez si je reste trop longtemps.
Elle sourit. Et son sourire fit fondre un flocon sur les lèvres d’Ivan.
Ils dansèrent ensemble. Leurs pas dessinaient des cercles dans la lumière orangée. Le feu se balançait doucement, comme s’il respirait avec eux.
Le village entier reprit vie ; le violon se mit à chanter plus fort.
Et pendant que la neige tombait sur leurs épaules, Snegourotchka sentit en elle quelque chose qui se brisait et s’éveillait tout à la fois — une chaleur timide, un cri muet dans la glace.
Ded Moroz, loin au nord, sentit ce trouble : ses neiges vibraient. La rivière s’agita sous sa carapace. Il sut que l’instant approchait.
— Ainsi, murmura-t-il, le froid apprend à aimer.
Sous la clarté des torches, la fête s’éteignit lentement.
Il ne resta qu’eux, assis devant le brasier. Les flammes changeaient de couleur, passant du rouge au blanc, puis au bleu, comme si elles voulaient lui ressembler.
— C’est cela, la chaleur ? demanda-t-elle.
— Oui. Elle brûle, mais elle fait vivre.
— Et moi ? vivrai-je si elle me touche ?
— Je ne sais pas, répondit Ivan. Mais si c’est mourir que de te brûler, alors moi aussi je veux brûler.
Il tendit la main. Elle la prit enfin, sans se défendre.
La chaleur traversa sa peau de glace. Son cœur, que même le temps n’avait jamais atteint, se mit à battre — vraiment battre.
Elle eut peur : non de mourir, mais de comprendre.
Elle s’inclina vers lui, et leurs lèvres se rencontrèrent.
Alors le monde devint silence.
Les flocons s’arrêtèrent. Le vent cessa. Toute la plaine fut traversée d’une lumière pure, d’un bleu presque argenté.
Le corps de Snegourotchka se changea en transparence ; son regard se vida de tout sauf d’amour.
— Ivan… ce que j’ai appris, je ne le perdrai plus, dit-elle. Ni le froid, ni le feu ne peuvent effacer cela.
Elle s’évapora dans un souffle.
Il ne resta qu’un cristal dans la neige — une larme de lumière, froide et chaude à la fois.
Ivan le prit. Et ce cristal, murmure-t-on, devint la première aurore.
Plus tard, Ded Moroz descendit dans son palais en ruine. Les murs de glace se teintaient d’un éclat inconnu : celui du feu apprivoisé.
Il marcha jusqu’à la salle des cristaux et, au centre, déposa le souvenir de sa fille — un fragment de son essence mêlée à celle de la chaleur terrestre.
Alors, dans la voûte du ciel, quelque chose s’ouvrit : une rivière de lumière. Les hommes l’appelèrent aurore boréale ; Ded Moroz, lui, sut que c’était le visage transfiguré de Snegourotchka.
Depuis cette nuit, il ne cessa d’arpenter le monde. Mais il n’était plus seulement le Seigneur du Froid : il était devenu le gardien de l’équilibre, celui qui veille pour que la glace protège sans étouffer, que le feu éclaire sans dévorer.

Et chaque hiver, quand les neiges reviennent, il regarde le ciel.
Quand l’aurore se lève, il croit y voir une jeune femme danser dans la lumière, ses bras ouverts comme pour embrasser la terre.
Alors il murmure :
Le froid n’est pas la fin de la vie. Il est sa mémoire.
Et la neige qui tombe n’est que le baiser du feu éteint.
Cette nuit-là, le vent recommence à chanter. Et dans chaque maison endormie, un enfant, sans raison, sourit dans son rêve.
C’est que Snegourotchka passe près des fenêtres, invisible et bienveillante, effleurant les vitres de sa main bleue, laissant une trace de givre en forme de cœur.
Le Père Gel, lui, continue sa route sous les étoiles, solitaire mais apaisé, portant dans son manteau la lumière qu’il a apprise d’elle.
Il marche lentement et disparaît à l’horizon, là où la neige rejoint le ciel.
Et, longtemps après qu’il est passé, le monde garde ce frisson calme — celui que tous connaissent sans pouvoir l’expliquer : le Souffle du Givre, ce moment suspendu entre la flamme et le silence, entre l’amour et l’éternité.
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21/12/2025
Joyeux solstice 2025
Solstice de paix
Quand la nuit règne en reine sur la cendre des collines,
Et que le souffle du vent s’endort parmi les pins,
Le monde retient son pas — il écoute, immobile,
Le murmure profond d’un jour qui doit revenir.
Aux confins gelés des terres endeuillées,
Les ombres se font lentes et soupirent d’espoir.
Sous la neige se cache le germe des étés,
Un cœur bat doucement sous l’armure du soir.
La guerre est passée, avec ses torches et ses cris,
Elle a laissé la cendre et les regards sans flamme.
Mais la terre, fidèle, n’a jamais tout détruit —
Sous la glace, la paix rallume son âme.
Alors s’élève un souffle, timide mais sincère,
Comme un enfant qui naît de la mémoire du froid.
Les arbres, encore nus, dessinent dans la lumière
Des bras silencieux, tendus vers un ciel de soie.
Et l’homme, las de veiller sur les feux du désastre,
Sent sur ses joues la caresse du matin.
Dans l’aube revenue — si fragile, si pâle —
Une promesse s’écrit : demain ne sera plus vain.
Que la flamme du solstice, humble et claire,
Se glisse aux mains des peuples apaisés.
Car si le jour renaît du fond du mystère,
C’est que la paix aussi peut toujours recommencer.
Conductor: Kristjan Järvi Soloist: Alexander Toradze, piano Programme: Baltic Sea Landscapes Sergei Prokofiev: Symphony No. 1 in D major Classical, Op. 25 Sergei Prokofiev: Piano Concerto No. 3 in C major, Op. 26 Arvo Pärt: Swansong Gediminas Gelgotas: Mountains. Waters. (Freedom) Igor Stravinsky: The Firebird (1945) Encores: Charles Coleman: Prelude in B minor Charles Coleman: Drenched Jean Sibelius: Song of Praise from Swanwhite Gene Pritsker: Viljandi Suite.
08:46 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) |
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