13/03/2026
L’âge d’or de l’Amérique appartient définitivement au passé (2/2)
Est-ce que quelqu'un croit réellement que le port d'un masque pseudo-sanitaire, des injections expérimentales imposées par le mensonge et la peur ou des cheveux bleus ou verts donc l'accès aux joies de la société démocratique encore plus marchande vont émanciper la femme iranienne sous le régime des mollahs mis en place hier par Washington ? Notre analyse qui n'est ni sur la ligne Trump ni sur celle politique de la gauche anti Trump est fondé sur des sources publiques vérifiables, notamment les retranscriptions officielles du discours de Trump publiées par PBS NewsHour et NPR, les comptes rendus des auditions parlementaires publiés par CNN, NBC News, The Hill, CNBC et UPI, les données de la dette nationale publiées par le Joint Economic Committee du Congrès et la Treasury, les analyses du Congressional Budget Office, la chronologie de la crise Iran-États-Unis de 2026 publiée sur Wikipedia et des sources académiques sur l'histoire des relations anglo-américaines avec l'Iran.
Ces Guerres que le Discours Efface
Dans son discours, Trump a brossé le tableau d'une Amérique qui a apporté la paix au monde, ou du moins qui oeuvre en ce sens. Les guerres héritées seraient en voie de résolution. L'Amérique serait de retour comme puissance de stabilisation.
La réalité de 2026 invite à plus de prudence.
Au moment où Trump prononçait son discours, Gaza était toujours sous les bombes. Le conflit entre Israël et le Hamas, qui a commencé le 7 octobre 2023, n'a connu aucune résolution durable. Les estimations du nombre de morts palestiniens civils dépassent désormais les chiffres les plus dramatiques de la guerre précédente. Les Nations Unies ont documenté la destruction de plus de 60 % des infrastructures de la bande de Gaza. Des hôpitaux, des écoles, des mosquées, des marchés ont été réduits en ruines. L'aide humanitaire a été, à plusieurs reprises, bloquée.
Le représentant iranien Esmaeil Baqaei a répondu au discours de Trump en l'accusant de « gros mensonges » contre l'Iran. Cette réponse s'inscrit dans un contexte où les États-Unis ont assisté leur allié israélien sans condition, défendant systématiquement les opérations militaires israéliennes à l'ONU et continué à livrer des armements. Dire que les guerres ont « disparu » ou que l'Amérique a apporté la paix, c'est soit nier Gaza, soit considérer que les Palestiniens ne comptent pas dans la comptabilité de la paix mondiale.
Le président ukrainien Volodymyr Zelensky continue d'exercer ses fonctions. La guerre russo-ukrainienne se poursuit, avec ses destructions, ses déplacements de population, ses pertes humaines. Certes, des négociations ont repris sous impulsion américaine, et Trump s'est attribué le mérite de toute avancée diplomatique dans ce dossier. Mais une paix durable en Ukraine n'est pas réalisée. Le pays est encore en guerre.
Le discours de Trump sur l'état de l'Union, en minimisant la complexité de ces dossiers, révèle une géopolitique de la communication : s'attribuer les succès potentiels, minimiser ou taire les échecs, et présenter des processus en cours comme des victoires déjà acquises. C'est une politique du récit bien davantage qu'une politique du réel.
Les menaces américaines de « capturer » le Groenland, territoire autonome appartenant au Danemark, membre de l'OTAN, ont constitué l'une des lignes de rupture les plus troublantes de la première année du second mandat de Trump. Ces déclarations, répétées sans être rétractées, posent une question constitutionnelle et stratégique sérieuse : comment un pays qui se présente comme champion de la liberté et de la souveraineté nationale peut-il menacer d'annexer un territoire démocratique appartenant à un allié ?
Trump, dans son discours, a mentionné que l'Amérique était « plus forte que jamais » et capable de défendre ses intérêts. Il n'a pas évoqué le Groenland directement, mais la politique de menaces d'annexion fait partie du contexte dans lequel son discours doit être lu. La doctrine qui sous-tend ces ambitions n'est pas l'isolationnisme — c'est une forme de néo-impérialisme assumé, qui revendique le droit des États-Unis à étendre leur emprise territoriale et géopolitique sur ce qu'ils considèrent comme leur zone naturelle d'influence.
Parmi les moments les plus spectaculaires du discours figurait la remise de la Médaille d'honneur au Warrant Officer Eric Slover, blessé lors de ce que Trump a appelé la « capture » du président Nicolas Maduro. L'opération militaire américaine au Venezuela, qui a conduit à l'arrestation et à la détention d'un chef d'État souverain sur son propre territoire, constitue un précédent géopolitique d'une gravité extraordinaire.
Quelle que soit l'opinion que l'on peut avoir de Maduro et de son régime — dont les violations des droits humains sont documentées et condamnées, comme le sont celles américaine à Guantanamo —, la capture armée d'un président en exercice d'une démocratie par les forces militaires d'une puissance étrangère sur le sol de son propre pays constitue une violation flagrante du droit international, de la Charte des Nations Unies et du principe de non-intervention dans les affaires intérieures des États. En la présentant comme un acte héroïque digne de la Médaille d'honneur, Trump normalise une doctrine qui, si elle était appliquée réciproquement, pourrait légitimer n'importe quelle agression militaire étrangère contre n'importe quel gouvernement.
Ce qui frappe dans la mise en scène de ce moment — la nièce de l'opposant libéré, les larmes, l'ovation —, c'est la maestria rhétorique du geste, qui transforme une violation du droit international en épisode d'une série télévisée patriotique.
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L'Iran : La Guerre comme Diversion
Au moment du discours de Trump, la tension entre les États-Unis et l'Iran avait atteint un niveau critique. Depuis le 13 janvier 2026, le président avait déclaré à plusieurs reprises que les États-Unis étaient prêts à frapper militairement l'Iran. Des groupes de combat navals, des sous-marins et des avions avaient été déployés dans le Golfe Persique. Le 3 février, six canonnières des gardiens de la révolution islamique avaient tenté d'intercepter un pétrolier américain dans le détroit d'Ormuz. Le 5 février, l'Iran avait saisi deux pétroliers dans le Golfe. Le 17 février, lors de la deuxième ronde de négociations à Genève, Khamenei avait menacé de couler des navires de guerre américains.
Si aucun pays n'est parfait, l'Iran vu par la propagande militante du grand média occidental est loin du réel, en fait on voudrait nous faire croire à un état Daesh alors que l'Iran comme la Palestine en ont été les cibles. Puissance moyenne sous sanctions depuis des dizaines d'années, l'Iran est une société de consommation parfaitement inscrite dans le capitalisme globalisé le plus caractéristique. Le régime de smollahs a été mis en place par Washington pour briser le partenariat nucléaire entre la France et le Shah élaboré avec le général de Gaulle. On y écoute la même musique de rap et techno qu'en Occident, on y consomme dans le fast food KFC en portant des tenues branchées, le niveau de vie n'a rien à envier à celui de la Grèce ou de la Roumanie; la liberté d'expression n'est pas inférieure à celle de la France. On peut même parler climat, sanitaire, Ukraine, Gaza ou affaire Epstein sans risque. À Paris, c'est plus difficile !
Dans ce contexte d'escalade délibérée, Trump a déclaré dans son discours que l'Iran « n'aura jamais d'arme nucléaire ». Les généraux américains, dont le président de l'état-major Dan Caine, ont certes exprimé en coulisses des réserves sur les risques d'une opération militaire de grande envergure contre l'Iran. Mais les signaux publics envoyés par la Maison Blanche suggèrent que les frappes sont envisagées comme option concrète, voire imminente.
Des analystes et observateurs de nombreux horizons politiques ont avancé une hypothèse troublante : la montée en tension avec l'Iran serait au moins partiellement motivée par une logique de diversion. En particulier, la diversion par rapport à l'affaire Epstein et aux questions sur la justice que l'administration ne veut pas traiter.
La corrélation temporelle est en tout cas frappante. Chaque escalade majeure dans le dossier iranien a coïncidé avec une semaine difficile pour l'administration sur le front judiciaire. L'annonce d'une « armada massive » dirigée vers l'Iran est intervenue le 28 janvier, soit dans les jours suivant les premières publications chaotiques des fichiers Epstein. L'intensification de la rhétorique guerrière en février a coïncidé avec les auditions parlementaires sur la gestion de ces mêmes fichiers.
Une guerre contre l'Iran présenterait des risques électoraux considérables. Les sondages montrent constamment que les Américains ne soutiennent pas une nouvelle aventure militaire au Moyen-Orient. La leçon de l'Irak, de l'Afghanistan et de la Libye est gravée dans la conscience collective. Et la perspective d'une fermeture du détroit d'Ormuz, avec ses conséquences sur les prix du carburant et sur une économie déjà fragile, dix mois avant les midterms, constituerait une catastrophe politique potentielle pour le Parti républicain.
Pour comprendre pourquoi la rhétorique guerrière américaine contre l'Iran rencontre une telle résistance dans l'opinion mondiale et suscite une telle méfiance même parmi les alliés les plus proches, il faut remonter à l'histoire — une histoire que les discours présidentiels américains ne racontent jamais.
Tout commence avec le pétrole. En 1901, William Knox D'Arcy obtient du Shah Qajar une concession lui accordant les droits d'exploitation des ressources pétrolières iraniennes. En 1908, du pétrole est découvert dans le Khuzestan, et l'Anglo-Persian Oil Company (APOC, qui deviendra l'Anglo-Iranian Oil Company puis BP) est constituée. Dès lors, la souveraineté iranienne sur ses propres ressources naturelles devient une fiction. La compagnie britannique verse à l'Iran des redevances ridiculement faibles — parfois aussi peu que 16 % de ses bénéfices — tout en payant des impôts substantiels au Trésor britannique. En 1949, l'Iran a reçu 13,5 millions de livres sterling tandis que le gouvernement britannique en percevait 22,8 millions.
En mars 1951, Mohammad Mossadegh devient Premier ministre de l'Iran sur la promesse de nationaliser l'industrie pétrolière. C'est une promesse populaire : les foules scandent son nom dans les rues de Téhéran. La nationalisation est votée par le Parlement en mai 1951. La réaction britannique est immédiate : embargo mondial sur le pétrole iranien, gel des avoirs, pression diplomatique intense. Mais Mossadegh tient bon.
C'est alors que les opérations de déstabilisation commencent. Le 19 août 1953, une combinaison de la CIA (Opération Ajax, budget de 20 millions de dollars) et du MI6 britannique (Opération Boot) renverse le gouvernement démocratiquement élu de Mossadegh. Des manifestants payés, de la propagande, des menaces contre des chefs religieux, des pots-de-vin versés à l'entourage du Shah : environ 300 personnes meurent dans les rues de Téhéran. Mossadegh est emprisonné, puis assigné à résidence jusqu'à sa mort. Le Shah Mohammad Reza Pahlavi, installé par les Occidentaux, signe peu après un accord accordant aux compagnies américaines 40 % du consortium qui contrôlera le pétrole iranien pendant les vingt années suivantes.
« En une décision décisive, un dirigeant démocratiquement élu a été renversé dans une opération anglo-américaine clandestine, les puissances étrangères ont réaffirmé leur contrôle sur le pétrole iranien, et l'autocratie du Shah a été restaurée. » — Explaining History, analyse du coup d'État de 1953
Cette opération constitue l'archétype de l'interventionnisme impérial occidental dans le monde arabo-musulman. Elle sera répétée au Guatemala, en Indonésie, au Chili. Pour les Iraniens, elle reste une blessure nationale non cicatrisée, un traumatisme fondateur qui explique en grande partie l'hostilité profonde de la révolution islamique de 1979 envers les États-Unis.
Les interventions ne s'arrêtent pas là. Pendant la guerre Iran-Irak des années 1980, les États-Unis apportent un soutien militaire et logistique à Saddam Hussein, y compris lorsque ce dernier utilise des armes chimiques contre les soldats iraniens et les populations civiles kurdes. En 1988, la frégate américaine USS Vincennes abat par erreur le vol Iran Air 655, tuant 290 passagers civils. Plutôt qu'une véritable reconnaissance de responsabilité, les États-Unis versent une indemnisation financière sans exprimer d'excuses formelles.
En 2015, l'accord de Vienne sur le nucléaire iranien (JCPOA) offre une fenêtre de désescalade. Trump le dénonce unilatéralement lors de son premier mandat en 2018, réimposant des sanctions sévères. En janvier 2020, une frappe de drone américain assassine le général Qassem Soleimani, chef des forces Al-Qods des Gardiens de la révolution islamique, à l'aéroport de Bagdad. L'Iran riposte en bombardant des bases militaires américaines en Irak.
Cette histoire longue et douloureuse explique pourquoi les menaces de Trump contre l'Iran ne peuvent être comprises dans leur seul contexte du moment. Elles s'inscrivent dans un continuum d'une intensité particulière, où le pétrole, la souveraineté et la mémoire des humiliations se mêlent pour former un combustible politique explosif. Et elle révèle ce que les discours officiels américains ne disent jamais : que l'histoire des relations américano-iraniennes est d'abord une histoire de prédation économique habillée en croisade pour la liberté.
Pour l'administration Trump, la question iranienne concentre tous les risques. Une guerre contre l'Iran serait la première grande conflagration militaire directe entre les deux pays. L'Iran n'est pas l'Irak de 2003 : c'est un pays de 90 millions d'habitants, doté d'une armée structurée, de capacités balistiques, d'un réseau de proxies à travers le Moyen-Orient (Hezbollah, Houthis, milices irakiennes) et d'une capacité à paralyser le détroit d'Ormuz qui ferait exploser les prix du pétrole mondiaux.
Les généraux américains eux-mêmes, y compris le président de l'état-major Dan Caine, ont exprimé en privé de sérieuses réserves sur la faisabilité et les conséquences d'une opération militaire d'envergure contre l'Iran. Ces réserves ne semblent pas avoir tempéré la rhétorique présidentielle.
Du point de vue des midterms de novembre 2026, une guerre contre l'Iran serait une catastrophe potentielle. Non seulement parce que l'opinion publique américaine n'y est pas favorable, mais parce que les conséquences économiques — flambée des prix du pétrole, inflation, perturbation des marchés — viendraient contredire brutalement le récit de l'âge d'or que Trump a mis cent huit minutes à construire le 24 février.
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La Liberté Étouffée : Les Universités et la Question Palestinienne
L'un des aspects les moins couverts du bilan de la première année du second mandat de Trump est la restriction systématique de la liberté d'expression sur les campus universitaires américains, en particulier sur la question palestinienne. Ce phénomène, souvent désigné sous le terme de « Palestine exception to free speech », désigne la tendance des institutions universitaires à appliquer des standards d'expulsion, de suspension et de surveillance bien plus sévères aux expressions de solidarité avec la cause palestinienne qu'à d'autres formes d'activisme politique.
Depuis le 7 octobre 2023 et plus encore depuis l'arrivée de Trump au pouvoir en janvier 2025, cette exception s'est institutionnalisée. Selon une enquête de l'organisation Palestine Legal, des milliers de cas de censure, de suspension, d'expulsion et de menaces de déportation ont été documentés dans les universités américaines à l'encontre d'étudiants et de professeurs qui exprimaient leur opposition à l'offensive militaire israélienne à Gaza.
En juillet 2025, l'Université Columbia — sous pression de l'administration Trump qui avait suspendu 400 millions de dollars de subventions fédérales — a adopté la définition IHRA de l'antisémitisme, définition controversée car elle assimile certaines critiques politiques de l'État d'Israël à l'antisémitisme. La décision a provoqué la démission du professeur Rashid Khalidi, titulaire de la chaire Edward Said d'études arabes modernes, qui a dénoncé l'université pour avoir accepté d'« opérer comme un bras de l'État pour censurer et punir les paroles que l'administration Trump n'aime pas ».
En Floride, le gouverneur DeSantis avait ordonné la dissolution des chapitres de Students for Justice in Palestine sur les campus publics de l'État, une décision que l'ACLU a contestée en justice comme contraire au Premier Amendement. À l'Université du Michigan, une enquête du journal The Guardian a révélé en juin 2025 que l'université avait dépensé plus de 800 000 dollars pour engager une société de sécurité privée chargée de surveiller en sous-main des groupes d'étudiants pro-palestiniens, y compris en dehors du campus.
Ces politiques posent une question constitutionnelle fondamentale. Le Premier Amendement de la Constitution américaine, qui garantit la liberté d'expression et la liberté de réunion pacifique, est l'une des libertés les plus fréquemment citées par Trump lui-même lorsqu'il défend ses propres droits face aux poursuites judiciaires. Mais cette même liberté ne semble pas devoir s'appliquer aux étudiants qui expriment leur opposition à une politique étrangère américaine ou à une opération militaire soutenue par les États-Unis.
Selon une enquête de la Foundation for Individual Rights and Expression (FIRE), près de 70 % des étudiants américains déclaraient en 2025 s'autocensurer sur les questions liées à la guerre à Gaza. Plus de 76 % des chercheurs spécialisés sur le Moyen-Orient indiquaient ressentir une pression accrue à l'autocensure depuis le début de la guerre. Cette proportion surpasse même celle constatée pendant le maccarthysme, ce qui représente un recul historique pour les libertés académiques américaines.
Les Nations Unies ont pris position. En octobre 2025, un groupe d'experts des droits humains de l'ONU a adressé des lettres aux présidents de Columbia, Cornell, Georgetown, Minnesota State et Tufts, exprimant leur « vive inquiétude face aux rapports faisant état d'étudiants arrêtés, suspendus et expulsés » et avertissant que « cette pression et ces attaques publiques contre des chercheurs et des institutions peuvent provoquer une répression de la liberté d'expression et une auto-censure, endommageant ainsi la liberté académique ».
Au-delà des questions de droits constitutionnels, la censure des débats sur la politique au Proche-Orient dans les universités soulève une question d'intérêt national. Les universités sont le lieu où se forment les futurs diplomates, soldats, analystes et décideurs de la politique étrangère américaine. Réduire au silence toute voix critique sur une politique régionale qui engage des dizaines de milliards de dollars d'aide militaire et diplomatique, c'est s'assurer une génération de professionnels incapables de remettre en question les fondements de cette politique.
Des empires ont décliné pour avoir étranglé leur pensée critique. Les États-Unis, dans leur histoire, ont souvent su puiser leur force dans la liberté de débattre même des sujets les plus controversés. Que cette tradition soit aujourd'hui mise à l'index sur certains campus, non par une loi explicite mais par la pression financière de l'exécutif sur des institutions dépendantes des subventions fédérales, représente une forme insidieuse d'autoritarisme qui mérite d'être nommée pour ce qu'elle est.
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L'Isolationnisme Partiel et le Discours des Héros : la Logique du Déclin
L'un des paradoxes les plus frappants de la politique de Trump est la contradiction entre sa rhétorique isolationniste — l'Amérique d'abord, retrait des engagements internationaux, critique de l'OTAN, refus des accords multilatéraux — et ses actions réelles, qui révèlent un interventionnisme sélectif mais spectaculaire : saisie du président vénézuélien, menaces d'annexion du Groenland, escalade militaire contre l'Iran, maintien d'une présence militaire massive au Moyen-Orient.
L'isolationnisme de Trump n'est pas un retrait du monde. C'est une redéfinition des conditions d'engagement : les États-Unis n'interviennent plus pour défendre des principes abstraits comme la démocratie ou les droits humains, mais pour des intérêts concrets — économiques, géostratégiques, énergétiques. C'est une forme de réalisme impérial qui abandonne le masque idéologique mais conserve les pratiques de domination.
Ce n'est pas sans précédent dans l'histoire américaine. Ce qui est nouveau, c'est l'audace de l'aveu implicite : quand un président américain décore d'une Médaille d'honneur le pilote qui a livré les commandos chargés de capturer un chef d'État souverain, il assume publiquement ce que ses prédécesseurs faisaient discrètement. La CIA a financé des coups d'État, l'administration Trump envoie des Chinooks.
Il est une autre dimension du discours de Trump qui mérite attention : sa structure narrative profonde. Cent huit minutes d'évocation des héros, des vétérans, des martyrs, des champions, des libérés des geôles étrangères. Un vieillard de cent ans présent dans la galerie. Un soldat blessé au Venezuela. Un père en larmes pour sa fille libérée. Une équipe olympique de hockey sous les vivats.
Cette mobilisation systématique des figures héroïques et des récits émotionnels rappelle une autre tradition rhétorique. Dans les heures les plus sombres de la Seconde Guerre mondiale, lorsque les armées soviétiques reculaient face à l'avancée allemande, Staline et la propagande soviétique ont opéré un tournant radical. On a cessé de parler de lutte des classes, d'internationalisme prolétarien, de révolution. On a commencé à parler de mères russes, de héros de la guerre de 1812, de saints et de tsars. Alexandre Nevski est apparu dans les films de propagande. Le patriarche orthodoxe a été sorti de sa semi-clandestinité. Ce n'était pas parce que les choses allaient bien. C'était parce que les choses allaient très mal, et que le récit idéologique ordinaire ne suffisait plus à mobiliser un peuple dont les fils mouraient par millions.
Le Trump du 24 février 2026 ne convoque pas Staline. Il convoque Roosevelt, MacArthur, les héros de la Guerre de Corée, un aviateur centenaire qui a survécu à la Battle of Manila. Il appelle la révolution de 1776, le « flamme de la liberté ». Il dit : « La révolution qui a commencé en 1776 n'est pas terminée. » Ce n'est pas le langage d'un pays qui va trop bien. C'est le langage d'un pays qui a besoin de se rappeler d'où il vient parce qu'il est incertain de savoir où il va.
Cette analogie n'est pas une condamnation morale. Les grandes nations traversent des crises. L'Amérique a connu des moments bien plus durs. Mais reconnaître la crise est la condition pour la surmonter. La nier, la couvrir de discours triomphaux, la diluer dans cent huit minutes de rhétorique patriotique, c'est peut-être la façon la plus efficace de l'aggraver.
Les États-Unis d'aujourd'hui sont encore, très majoritairement, dans une logique de guerre économique et non de conflit armé traditionnel. Les tarifs douaniers, les sanctions, les restrictions technologiques, les contrôles sur les investissements étrangers : ce sont les armes du conflit contemporain. La Chine, la Russie, l'Union européenne : les adversaires ou partenaires des États-Unis se mesurent d'abord en termes de flux commerciaux et financiers, de maîtrise des chaînes d'approvisionnement, de domination technologique.
Mais cette guerre économique a ses limites. Et quand elle les atteint — quand la pression ne suffit plus à obtenir ce qu'on veut —, la tentation de la canonnière revient. Contre le Venezuela, pays dont les capacités militaires ne constituent pas un défi sérieux pour la première puissance mondiale. Contre l'Iran, dont le pétrole et la position géographique sont des enjeux cruciaux. Dans ces deux cas, la violence ne fait pas appel à l'argument : elle fait appel à la force brute.
Le risque, pour l'administration Trump, est que cette logique de force soit perçue — en interne comme à l'étranger — non comme un signe de puissance mais comme un signe de faiblesse. Les empires n'ont jamais été plus brutaux que quand ils commençaient à décliner. La brutalité n'est pas toujours de la force : c'est parfois l'aveu que les arguments ont cessé de fonctionner.
L'histoire, si elle est honnête, retiendra de ce discours plusieurs choses qui ne s'y trouvaient pas : l'absence de tout compte rendu sérieux sur la dette colossale qui croît de 8 milliards de dollars par jour ; l'absence de toute mention de Gaza et de ses dizaines de milliers de morts ; l'absence de tout aveu sur les fichiers Epstein et les promesses de justice non tenues ; l'absence de toute reconnaissance des restrictions à la liberté académique qui représentent un recul de la démocratie américaine.
Et elle retiendra aussi ce qui s'y trouvait, et qui n'aurait pas dû s'y trouver : la présentation triomphale d'une opération militaire illégale au Venezuela comme un acte de bravoure nationale ; la répétition incantatoire d'un âge d'or que les données économiques ne confirment pas ; une rhétorique guerrière contre l'Iran qui fait craindre une escalade dont les conséquences pourraient s'avérer catastrophiques pour l'Amérique elle-même.
Les midterms de novembre 2026 constitueront la première réponse des électeurs à ce discours et à la réalité qui le sous-tend. La gouverneure Spanberger, en choisissant Williamsburg pour délivrer la réponse démocrate — la ville où les fondateurs américains ont délibéré —, n'a pas choisi ce symbole au hasard. Elle rappelait que la grandeur de l'Amérique n'est pas un titre héréditaire qu'on peut simplement proclamer : c'est un engagement renouvelé chaque jour, dans chaque décision, dans chaque vérité dite ou tue.
Il est peut-être trop tôt pour dire si l'Amérique de 2026 est en déclin. Les nations ont une résilience que les analyses conjoncturelles sous-estiment souvent. Mais il n'est pas trop tôt pour dire que le discours du 24 février était plus un cri de ralliement face à l'inquiétude qu'un rapport de situation serein face à la victoire. Et que la différence entre les deux, même habillée en cent huit minutes de fanfare patriotique, ne trompe pas indéfiniment ceux qui vivent la réalité que ce discours s'employait à couvrir.
Petit bilan historique de l'ingérence anglo-américaine visant à soumettre et piller l'Iran mais aussi à en chasser la France.
Il démontre en passant que la question religieuse pointée comme source de tous les problèmes est une pure fable construite par une propagande au budget illimité.
L'emprise britannique (1901-1921)
- 1901 : Concession D'Arcy. Un Britannique obtient l'exclusivité de la recherche pétrolière pour 60 ans sur 80% de l'Iran via des pots-de-vin à des officiels Qajar, en échange de 16% des "bénéfices nets" fantômes .
- 1907 : Traité anglo-russe. La Grande-Bretagne et la Russie se partagent l'Iran en sphères d'influence (sud aux Britanniques, nord aux Russes), ignorant la souveraineté iranienne fraîchement dotée d'un parlement .
- 1908 : Découverte du pétrole. Une équipe britannique frappe le premier grand puits de Moyen-Orient à Masjed Soleyman. Création de l'Anglo-Persian Oil Company (APOC, future BP) .
- 1914 : Contrôle étatique britannique. Le gouvernement britannique (Winston Churchill) achète 51% des parts de l'APOC pour sécuriser son carburant naval, faisant de la compagnie un instrument officiel de l'Empire .
- 1916 : Occupation militaire. L'armée britannique envahit une large partie du sud de l'Iran pendant la Grande Guerre pour protéger ses installations pétrolières .
- 1919 : Projet de protectorat. L'Angleterre impose l'Accord anglo-persan au Shah, qui aurait transformé l'Iran en protectorat. L'accord est massivement rejeté par la population et finalement annulé par le parlement en 1921 .
Verrouillage et résistance (1921-1941)
- 1921 : Coup d'État britannique. La Grande-Bretagne orchestre le coup d'État du général Reza Khan (futur Reza Shah), officiellement pour stabiliser le pays, en réalité pour écraser les oppositions populaires et garantir la sécurité pétrolière .
- 1921 : Blocage des Américains. La tentative d'accorder une concession pétrolière dans le nord à une compagnie américaine (Standard Oil) échoue sous la pression conjointe de Londres et Moscou .
- 1932-1933 : Nouvel accord léonin. Reza Shah annule la concession D'Arcy. Réponse : Londres envoie des navires de guerre. Sous cette pression, un nouvel accord est signé (jusqu'en 1993) mais les comptes restent truqués au désavantage de l'Iran .
L'apogée de l'ingérence et le début du relais américain (1941-1953)
- 1941 : Invasion anglo-soviétique. Londres et Moscou envahissent l'Iran, renversent Reza Shah et le remplacent par son fils Mohammad Reza pour ouvrir un corridor de ravitaillement vers l'URSS .
- 1944-1947 : Pressions sur le nord. Les tentatives soviétiques pour obtenir du pétrole dans le nord (et l'appui à des républiques autonomes) sont contrecarrées par des pressions américano-britanniques, amorçant le remplacement de Londres par Washington .
- 1951 : Nationalisation. Sous Mohammad Mossadegh, le parlement vote la nationalisation du pétrole. Londres réplique par des sanctions, le gel des avoirs et un blocus naval de facto .
- Août 1953 : Coup d'État CIA/MI6. Les services secrets britanniques (MI6) et américains (CIA) renversent Mossadegh. Retour du Shah et création d'un consortium international (40% aux firmes américaines) qui reprend le contrôle du pétrole .
La mainmise américaine (1953-1979)
- 1954-1979 : L'Iran comme "gendarme". Les États-Unis installent un régime dictatorial. En échange d'un soutien sans faille, ils obtiennent des parts du pétrole et font de l'Iran le "gendarme" du Golfe. L'Iran devient une plateforme d'écoute et une base arrière pour les guerres américaines (Vietnam) .
La confrontation permanente (1979-2026)
- 1979 : Rupture révolutionnaire. La révolution islamique chasse le Shah. Les États-Unis perdent leur principal allié et ses avoirs sont gelés. C'est le début de quatre décennies d'hostilité ouverte .
- 1980-1988 : Soutien occidental à Saddam. Washington et Londres fournissent un soutien militaire, logistique et diplomatique crucial à Saddam Hussein pendant la guerre Iran-Irak .
- 1987-1988 : Guerre navale. L'US Navy attaque des plates-formes pétrolières iraniennes (opérations Nimble Archer et Praying Mantis) et abat un avion civil iranien (290 morts) .
- 2002-2015 : Sanctions et cyber-sabotage. L'Iran est qualifié d'"Axe du mal". Sanctions multilatérales paralysantes. Les États-Unis et Israël lancent le ver Stuxnet pour saboter le programme nucléaire .
- 2018-2026 : "Pression maximale". Retrait unilatéral de l'accord nucléaire (JCPOA) par Trump. Réimposition de sanctions totales. Assassinat du général Soleimani (2020). En 2025-2026, les États-Unis, le Royaume-Uni et l'Allemagne accentuent la pression et menacent de frappes militaires directes pour réduire à zéro les exportations pétrolières iraniennes .
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06/03/2026
L’âge d’or de l’Amérique appartient définitivement au passé (1/2)

Pendant près d'une heure et quarante-huit minutes, le 24 février 2026, Donald Trump a occupé la tribune du Congrès américain réuni en session conjointe pour y délivrer son premier discours sur l'état de l'Union de son second mandat. Un record dans les annales de cette institution. La durée elle-même est déjà un aveu. Dans la rhétorique politique, la longueur compense rarement la solidité : elle la supplée. Quand les faits ne viennent pas d'eux-mêmes étayer le triomphe annoncé, il faut parler plus longtemps, multiplier les hommages aux héros, convoquer les guerres du passé, accumuler les anecdotes humaines touchantes pour que le spectateur, ému ou distrait, oublie de poser les questions dérangeantes.
Ce soir-là, devant une Chambre des représentants où les démocrates ont hué, jeté des pancartes et où le représentant Al Green a été expulsé pour avoir brandi un message dénonçant une vidéo raciste postée par Trump lui-même sur Truth Social, le président a proclamé que l'Amérique était « de retour : plus grande, meilleure, plus riche et plus forte que jamais ». L'Amérique en état de grâce, célébrant « l'âge d'or » de sa civilisation.
Notre analyse entend examiner les termes de ce discours à la lumière des réalités contemporaines. Non pour nier les succès qu'il peut revendiquer légitimement, mais pour mesurer l'écart entre la narration triomphaliste qui en constitue l'ossature et les faits que les Américains vivent dans leur quotidien. Un écart dont les conséquences électorales pourraient se révéler sévères dans moins d'un an, lors des élections de mi-mandat.
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La Mécanique du Triomphe : Vendre un récit contre une réalité
Le discours sur l'état de l'Union n'est pas, dans la tradition américaine, une évaluation froide et objective de la nation. C'est un exercice de communication politique, une performance devant la nation. Mais la démesure de ce 24 février 2026 mérite d'être analysée pour ce qu'elle révèle autant que pour ce qu'elle proclame.
Cent huit minutes de parole. Un record absolu. À titre de comparaison, le discours le plus long de Barack Obama n'excédait pas soixante-dix minutes. Celui de Clinton en 2000, souvent cité comme marathon de la tradition démocrate, durait quatre-vingt-neuf minutes. Trump a battu tous ces records avec une aisance qui trahit l'urgence d'un agenda à défendre. Car plus un discours est long, plus il doit couvrir des sujets nombreux, et plus il doit couvrir des sujets nombreux, plus il risque de révéler les angles morts que l'on souhaitait précisément éviter.
La structure du discours obéissait à un schéma classique de la propagande triomphaliste : d'abord la catastrophe héritée (« quand j'ai pris mes fonctions il y a un an, j'ai hérité d'une nation en crise »), puis la résurrection opérée (« notre nation est de retour »), enfin la célébration des héros qui incarnent, dans leur chair, la valeur de la cause. Des vétérans centenaires, un soldat blessé au Venezuela, un prisonnier libéré des geôles de Maduro, des champions olympiques de hockey. Le réel s'efface derrière le symbolique. L'émotion court-circuite la raison. C'est la technique la plus ancienne du discours politique.
« Notre nation est de retour : plus grande, meilleure, plus riche et plus forte que jamais. [...] C'est l'âge d'or de l'Amérique. » — Donald Trump, discours sur l'état de l'Union, 24 février 2026
Ces mots sonnent creux quand on les confronte aux données économiques réelles, aux conflits en cours, aux scandales que le discours a soigneusement contournés. Ils sonnent creux aussi pour les millions d'Américains qui peinent à payer leur loyer, leurs courses alimentaires, dont les emplois stagnent pendant que la bourse s'envole — mais seulement pour ceux qui ont des actifs à y placer.
Tout discours sur l'état de l'Union est aussi un discours électoral déguisé. Celui de Trump l'est plus que les autres, parce que la politique américaine est désormais en permanence en mode électoral et parce que les élections de mi-mandat de novembre 2026 s'annoncent redoutables pour le camp républicain.
L'histoire est constante : le parti du président perd des sièges aux midterms. En 2018, les républicains avaient perdu quarante et un sièges à la Chambre lors des premières midterms du premier mandat de Trump. En 2022, la vague annoncée avait été contenue mais les démocrates avaient repris une majorité à la Chambre. En 2026, les démocrates s'arment d'un message centré sur l'accessibilité économique, la même arme rhétorique qui avait servi les républicains en 2024 contre Biden.
La gouverneure de Virginie Abigail Spanberger, qui a délivré la réponse démocrate au discours de Trump, a résumé ainsi l'offensive à venir :
« Trump a fait ce qu'il fait toujours : il a menti, il a désigné des boucs émissaires, il a distrait, et il n'a proposé aucune vraie solution aux défis pressants de notre nation, dont beaucoup sont des problèmes qu'il aggrave activement. » — Gouverneure Abigail Spanberger, réponse démocrate, 24 février 2026
Deux dossiers en particulier risquent de peser lourd dans les urnes de novembre 2026 : la possible entrée en guerre contre l'Iran, que nous examinerons plus loin, et l'obstruction systématique dans l'affaire Epstein, qui commence à coûter cher à l'administration même dans son propre camp. Une enquête NBC News publiée le jour du discours montrait que la désapprobation de Trump sur l'immigration avait atteint 60 % — un signal d'alarme que la rhétorique triomphaliste du discours cherchait visiblement à neutraliser.
Le commentateur conservateur Erick Erickson l'a formulé sans détour sur la plateforme X au lendemain de l'audition de Pam Bondi sur les fichiers Epstein : « Quand l'Attorney General des États-Unis est interrogée sur la raison pour laquelle elle n'a poursuivi personne en lien avec Jeffrey Epstein et que c'est sa réponse [le cours de la Bourse], elle devrait être limogée ou démissionner. Mais ni l'un ni l'autre n'arrivera, ce qui est une autre raison pour laquelle les démocrates vont bien se porter électoralement. »
Le discours de Trump cherche à mettre sous cloche les scandales, à les noyer sous le triomphe, à les diluer dans l'émotion patriotique. Mais le citoyen-électeur qui rencontre des difficultés à remplir son réfrigérateur, qui voit ses économies fondre et ses proches sans emploi stable, a une mémoire plus longue que celle que lui prête l'administration. C'est précisément parce que ce discours avait tant de choses à faire oublier qu'il a duré si longtemps.
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La Justice selon Trump : Promesses et Trahisons
L'un des moteurs les plus puissants de la victoire de Trump en 2024 fut la promesse de justice. Celle-ci revêtait un double sens pour l'électorat MAGA. D'un côté, la justice pour Trump lui-même, persécuté selon ses partisans par un système judiciaire corrompu. De l'autre, la justice pour le peuple américain : dévoiler les corruptions profondes d'une élite prédatrice, traîner devant les tribunaux les puissants intouchables, libérer l'information longtemps confisquée par des appareils d'État serviles.
Ces promesses ont galvanisé des millions d'électeurs. Elles ont été déclinées sur le thème de la transparence — notamment sur l'affaire Epstein, devenue le symbole d'une justice à deux vitesses entre l'élite et le reste du pays. Fin 2024, Trump avait solennellement promis de « déclassifier tout » et de livrer la vérité au peuple américain.
Quinze mois plus tard, le bilan est désastreux pour ceux qui croyaient en ces promesses. L'affaire Epstein, l'affaire Diddy, les enquêtes sur les réseaux de trafic sexuel impliquant des personnalités de premier plan : autant de dossiers qui semblent avoir rencontré, une fois l'administration Trump au pouvoir, les mêmes murs que sous les administrations précédentes.
Jeffrey Epstein, mort en prison dans des circonstances toujours officiellement qualifiées de suicide malgré d'importants doutes, avait constitué pendant des années un réseau de trafic sexuel impliquant des mineurs et auquel étaient associées certaines des personnalités les plus puissantes du monde occidental. Ses disques durs, ses caméras, ses enregistrements représentaient un trésor d'information potentiellement dévastateur pour l'establishment bipartisan américain.
La loi sur la transparence des fichiers Epstein, votée massivement par le Congrès, imposait au Département de Justice de rendre publiques toutes les archives non classifiées dans un format consultable et téléchargeable avant le 19 décembre 2025. Cette date limite n'a pas été respectée. Les archives n'ont été mises à disposition qu'en janvier 2026, dans une base de données mal organisée, peu indexée, et avec des redactions qui ont produit un résultat inverse au souhait initial : au lieu de cacher les noms des coupables potentiels, ce sont les noms de nombreuses victimes qui ont été rendus publics.
Les conséquences de cette erreur — ou de cette décision délibérée — sont graves. Certaines victimes ont vu leur identité révélée pour la première fois publiquement, y compris leurs adresses électroniques et photos intimes. Pour certaines d'entre elles, c'est par cette publication qu'elles ont appris que leurs proches ne savaient pas qu'elles avaient été trafiquées. La représentante Pramila Jayapal, lors d'une audition de la Commission judiciaire de la Chambre le 11 février 2026, a demandé aux survivantes présentes dans la salle de se lever pour indiquer si elles n'avaient toujours pas pu rencontrer le DOJ. Elles se sont toutes levées.
« Vous avez agi avec un mélange ahurissant d'incompétence saisissante, d'indifférence froide et d'une cruauté désabusée envers plus de mille victimes violées, abusées et trafiquées. » — Représentant Jamie Raskin, déclaration liminaire lors de l'audition de Pam Bondi, 11 février 2026
L'Attorney General Pam Bondi a pourtant choisi, face à cette commission parlementaire, une approche qui a stupéfié même ses soutiens républicains. Interrogée par le représentant Jerrold Nadler sur l'absence totale de poursuites contre les éventuels complices d'Epstein, Bondi a répondu en évoquant le cours de la Bourse. Littéralement.
« Le Dow est à plus de 50 000 en ce moment. Le S&P à presque 7 000 et le Nasdaq bat des records. Les 401(k) et les épargnes retraite des Américains sont en plein essor. C'est de ça qu'on devrait parler. » — Attorney General Pam Bondi, audition devant la Commission judiciaire de la Chambre, 11 février 2026
Cette réponse, immédiatement virale, a été unanimement condamnée, y compris dans les cercles MAGA. La chroniqueuse conservatrice Dana Loesch a déclaré que Bondi « s'était rendue ridicule ». Tim Pool, influenceur proche du mouvement, a dénoncé une gestion « misérable » des fichiers Epstein. L'analyste conservateur Erick Erickson a appelé à sa démission. Le message était clair : des centaines de milliers d'électeurs républicains avaient voté pour Trump avec l'espoir que des prédateurs puissants finiraient derrière les barreaux. Leur voir substituer un cours de Bourse comme réponse morale est une trahison politique autant qu'une trahison éthique.
L'audition a révélé d'autres dimensions troublantes. Lors d'un échange avec la représentante démocrate Becca Balint du Vermont, Bondi a invoqué l'antisémitisme pour discréditer ses questions. Sauf que la représentante Balint est elle-même la petite-fille de victimes de la Shoah. « Êtes-vous sérieuse ? » a-t-elle répondu avant de quitter la salle en colère. L'instrumentalisation de l'accusation d'antisémitisme pour faire taire des élus dont la famille même a souffert du nazisme constitue une forme de perversion morale particulièrement choquante.
Si la réponse de Bondi sur le Dow a fait scandale, une autre révélation a franchi une ligne plus grave encore. Lors de cette même audition, une photo prise par Reuters a montré Bondi tenant un document intitulé « Historique de recherche de Jayapal Pramila » — soit la liste détaillée des documents que la représentante avait consultés lors de sa visite au Département de Justice pour examiner les fichiers non expurgés.
Le Département de Justice avait donc mis en place un système de surveillance des parlementaires en train d'exercer leur droit de supervision institutionnelle. Chaque recherche effectuée par les membres du Congrès dans la base de données Epstein était enregistrée et analysée par le DOJ, qui s'en servait pour préparer des réponses offensives lors des auditions. La situation est rappelée par les démocrates comme analogue à l'affaire de 2014 où la CIA avait espionné des collaborateurs de la commission sénatoriale chargée de la superviser.
« Il est totalement inapproprié et contraire à la séparation des pouvoirs que le DOJ nous surveille pendant que nous consultez les fichiers Epstein. Bondi s'est présentée aujourd'hui avec un book de burn qui contenait l'historique imprimé des emails exactement que j'avais recherchés. » — Représentante Pramila Jayapal, déclaration publique, 12 février 2026
Même le président de la Chambre Mike Johnson, fidèle soutien de Trump, a admis que ce comportement était « inapproprié ». Trois millions de documents Epstein demeurent entièrement retenus ou lourdement expurgés, selon les propres données du Comité judiciaire de la Chambre. Avec quatre ordinateurs disponibles pour les parlementaires dans un local du DOJ, les experts estiment qu'il faudrait plus de sept ans pour examiner la totalité des archives partiellement accessibles.
Le tableau ne serait pas complet sans mentionner plusieurs figures que l'électorat MAGA espérait voir inquiétées, et qui semblent jouir d'une protection durable. Anthony Fauci, dont l'administration avait promis une enquête approfondie sur la gestion de la pandémie et les origines du Covid-19, est en liberté. Leslie Wexner, dont le nom apparaît dans les fichiers Epstein dans un contexte suffisamment troublant pour que des parlementaires républicains comme Thomas Massie s'en émeuvent, n'est pas inquiété. Bill Gates, dont la relation avec Epstein a été documentée par le New York Times lui-même, circule librement. Sean Combs, dit Diddy, dont l'affaire judiciaire pour trafic sexuel semblait prometteuse, a connu des développements procéduraux qui suscitent des interrogations.
Ces absences ne signifient pas nécessairement que ces personnes sont coupables de quoi que ce soit — la justice doit suivre son cours et respecter la présomption d'innocence. Mais pour les électeurs MAGA qui avaient vu dans l'élection de Trump une occasion de briser l'impunité des élites, la continuité des pratiques avec les administrations précédentes est difficile à avaler. La promesse de justice n'était pas un détail secondaire de la campagne de 2024 : elle en était l'un des piliers centraux. Elle est désormais en état de décomposition avancée.
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La Dette : le silence de l'abîme
Trump, dans son discours du 24 février, a vanté son bilan économique avec l'enthousiasme habituel : baisses d'impôts, déréglementation, cours boursiers flamboyants, retour des investissements étrangers. Le tableau était soigneusement sélectif. Un chiffre, pourtant central, a brillé par son absence : la dette.
Au 18 février 2026, selon les données du Département du Trésor américain, la dette nationale atteignait 38 720 milliards de dollars — soit 38,72 trillions. Elle augmente au rythme de 8 milliards de dollars par jour, 334 millions par heure, 5,6 millions par minute. En un an, elle a progressé de 2 250 milliards de dollars, soit 6 624 dollars par Américain ou 16 719 dollars par foyer.
Le Bureau du Budget du Congrès (CBO), organisme non partisan, prévoit que le déficit fédéral s'établira à 1 900 milliards de dollars pour l'exercice fiscal 2026 et atteindra 3 100 milliards en 2036 — soit un triplement en dix ans. Les seuls intérêts sur la dette nationale représentent désormais plus d'un trillion de dollars par an, dépassant le budget de la défense nationale. C'est la première fois dans l'histoire américaine que les charges d'intérêts surpassent le budget militaire.
« La dette nationale devrait franchir un record datant de la Seconde Guerre mondiale d'ici 2030, atteignant 108 % du PIB, tandis que les déficits annuels sont projetés à 3 trillions de dollars d'ici 2036. » — Congressional Budget Office, analyse publiée en février 2026
La One Big Beautiful Bill Act, signée en juillet 2025, a certes relevé le plafond de la dette de 5 trillions pour le porter à 41,1 trillions, évitant la crise immédiate. Mais ce répit arithmétique masque une trajectoire insoutenable. Selon le Committee for a Responsible Federal Budget, institution bipartisane, les récentes réformes fiscales — baisse des impôts combinée aux recettes des droits de douane — sont projetées pour alourdir la dette nette de 1 400 milliards supplémentaires entre 2026 et 2035 par rapport aux estimations antérieures.
Au-delà de la dette publique, la dette privée des ménages américains ne cesse de croître. Les cartes de crédit, les prêts étudiants, les prêts automobiles atteignent des sommets historiques. Le marché immobilier, avec des taux hypothécaires maintenus élevés par la Réserve fédérale, exclut une génération entière de primo-accédants.
Le chômage, certes bas en apparence, cache une réalité plus nuancée. L'économiste en chef de Navy Federal Credit Union a qualifié la situation actuelle de « récession de l'embauche » ou de « boom sans emplois » : une configuration où Wall Street s'enrichit pendant que Main Street stagne. En janvier 2026, 130 000 emplois ont été créés — un chiffre insuffisant pour absorber la croissance de la population active, alors que le taux de chômage, à 4,3 %, demeure supérieur à ce qu'il était un an plus tôt.
La bourse à 50 000 points, brandie comme trophée par Pam Bondi face aux victimes d'Epstein, ne signifie rien pour les 50 % d'Américains qui ne détiennent aucune action. Elle signifie quelque chose pour les 10 % les plus riches qui possèdent environ 89 % des actions américaines. La confusion entre la santé des marchés financiers et la santé économique du peuple américain est l'un des tours de passe-passe les plus anciens et les plus efficaces de la rhétorique conservatrice.
Ce que le discours de Trump ne dit pas, c'est qu'un scénario de guerre contre l'Iran — que nous allons examiner — va précipiter une crise économique d'une gravité inédite, surtout en europe déjà privée du gaz bon marché russe par le renversement de la démocratie à Kiev en 2014, première étape de la guerre programmée à l'Est. La fermeture du détroit d'Ormuz, par lequel transite 20 % du pétrole mondial, va vite faire flamber le prix du baril entre 90 et 130 dollars selon certaines projections. Chaque tranche de 10 dollars supplémentaires par baril ajoute environ 0,4 % d'inflation et retranche autant au PIB. On serait alors dans un scénario de stagflation comparable à celui de la crise pétrolière des années 1970, avec une dette nationale de 40 trillions en arrière-plan.
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La suite la semaine prochaine...
Le président Trump prononce mardi le premier discours sur l'État de l'Union de son deuxième mandat devant une session conjointe du Congrès. Le président Trump devrait se concentrer en grande partie sur l'économie. Les opinions des électeurs sur l'économie se sont détériorées, beaucoup affirmant que le prix des soins de santé, du logement et de l'épicerie est trop élevé. Trump parle à un moment critique. Les élections de mi-mandat, qui se profilent dans moins de neuf mois, menacent d'arracher le contrôle quasi total de Washington dont il a bénéficié au cours de son deuxième mandat. Et les sondages publics indiquent que Trump est en train de sombrer sur ce qui était autrefois ses questions clés: l'économie et l'immigration. Pour accéder à des vidéos en direct et exclusives de CNBC, abonnez-vous à CNBC PRO: https://cnb.cx/42d859g
Discours de Donald Trump sur l’Etat de l’Union 2026
Eh bien, merci beaucoup tout le monde. C'est vraiment un honneur.
Monsieur le Président Johnson, Monsieur le Vice-Président Vance, Madame la Première Dame des États-Unis, Madame la Seconde Dame des États-Unis, membres du Congrès, et mes chers concitoyens : Notre nation est de retour, plus grande, meilleure, plus riche et plus forte que jamais.
Dans moins de cinq mois, notre pays célébrera un jalon historique dans l'histoire américaine : le 250e anniversaire de notre glorieuse indépendance. Ce 4 juillet, nous marquerons deux siècles et demi de liberté et de triomphe, de progrès et de liberté dans la nation la plus incroyable et la plus exceptionnelle qui ait jamais existé sur la face de la terre, et vous n'avez encore rien vu. Nous allons faire de mieux en mieux. C'est l'âge d'or de l'Amérique.
Lorsque je me suis adressé pour la dernière fois à cette assemblée il y a 12 mois, je venais d'hériter d'une nation en crise, avec une économie stagnante, une inflation à des niveaux records, une frontière grande ouverte, un recrutement horrible pour l'armée et la police, une criminalité galopante chez nous, et des guerres et le chaos partout dans le monde. Mais ce soir, après seulement un an, je peux dire avec dignité et fierté que nous avons accompli une transformation comme personne n'en a jamais vu auparavant, et un redressement historique. C'est vraiment un redressement historique. Et nous ne reviendrons jamais à la situation d'il y a si peu de temps. Nous ne revenons pas en arrière.
[Public : USA! USA! USA!]
Merci. Aujourd'hui, notre frontière est sécurisée. Notre esprit est restauré. L'inflation diminue rapidement. Les revenus augmentent vite. L'économie rugissante rugit comme jamais auparavant. Nos ennemis ont peur. Nos forces militaires et policières sont renforcées. Et l'Amérique est à nouveau respectée, peut-être comme jamais auparavant. Après quatre années durant lesquelles des millions et des millions d'étrangers illégaux ont déferlé à travers nos frontières, totalement sans vérification ni contrôle, nous avons désormais la frontière la plus solide et la plus sécurisée de l'histoire américaine, de loin. Au cours des neuf derniers mois, zéro étranger illégal n'a été admis aux États-Unis. Mais nous permettrons toujours aux gens d'entrer légalement – des gens qui aimeront notre pays et travailleront dur pour maintenir notre pays.
Le flux de fentanyl mortel à travers notre frontière a diminué de 56 %, un record, en un an. Et l'année dernière, le taux d'homicides a connu sa plus forte baisse jamais enregistrée. C'est la plus forte baisse – pensez-y – jamais enregistrée, le nombre le plus bas depuis plus de 125 ans, depuis l'an 1900. En fait, bien avant la naissance de mon merveilleux père – j'avais un père merveilleux, Fred – bien avant sa naissance, c'est il y a longtemps, il n'aimerait pas que je dise ça, mais c'est il y a longtemps.
L'administration Biden et ses alliés au Congrès nous ont donné la pire inflation de l'histoire de notre pays. Mais en 12 mois, mon administration a ramené l'inflation sous-jacente à son plus bas niveau depuis plus de cinq ans. Et au cours des trois derniers mois de 2025, elle était tombée à 1,7 %. L'essence, qui avait atteint un pic de plus de 6 dollars le gallon dans certains États sous mon prédécesseur – c'était honnêtement un désastre – est maintenant sous la barre des 2,30 dollars le gallon dans la plupart des États, et dans certains endroits à 1,99 dollar le gallon. Et quand j'ai visité le grand État de l'Iowa il y a quelques semaines, j'ai même vu de l'essence à 1,85 dollar le gallon.
Les taux hypothécaires sont au plus bas depuis quatre ans et chutent rapidement. Et le coût annuel d'un nouveau prêt hypothécaire typique a baissé de près de 5 000 dollars depuis mon entrée en fonction. Un an. Et des taux d'intérêt bas résoudront le problème du logement créé par Biden, tout en protégeant la valeur des biens de ceux qui possèdent déjà une maison et qui se sentent vraiment riches pour la première fois de leur vie. Nous voulons protéger ces valeurs. Nous voulons maintenir ces valeurs élevées. Nous allons faire les deux, et nous allons le maintenir ainsi. Le marché boursier a établi 53 records historiques depuis l'élection – pensez-y, un an – augmentant les pensions, les 401(k) et les comptes de retraite pour des millions et des millions d'Américains, ils gagnent tous. Tout le monde est gagnant – bien plus haut. En quatre longues années, la dernière administration a obtenu moins de 1 000 milliards de dollars de nouveaux investissements aux États-Unis. Et quand je dis moins, substantiellement moins. En 12 mois, j'ai obtenu des engagements pour plus de 18 000 milliards de dollars affluant du monde entier. Pensez-y : bien moins de 1 000 milliards de dollars pour quatre ans contre bien plus de 18 000 milliards de dollars pour un an. Quelle différence un président fait.
Il y a peu de temps, nous étions un pays mort. Maintenant, nous sommes le pays le plus en vue du monde entier. Le plus en vue.
Alors que des milliers de nouvelles entreprises se forment et que des usines, des installations et des laboratoires se construisent, nous avons ajouté 70 000 nouveaux emplois dans la construction en très peu de temps. Ça devient de plus en plus grand et fort. Personne ne peut croire ce qu'il voit. La production pétrolière américaine a augmenté de plus de 600 000 barils par jour, et nous venons de recevoir, de notre nouvel ami et partenaire le Venezuela, plus de 80 millions de barils de pétrole. La production américaine de gaz naturel est à un niveau record parce que j'ai tenu ma promesse de "forer, bébé, forer".
Plus d'Américains travaillent aujourd'hui qu'à aucun moment dans l'histoire de notre pays. Pensez-y : à aucun moment dans l'histoire de notre pays, plus de gens travaillent aujourd'hui. Et 100 % de tous les emplois créés sous mon administration l'ont été dans le secteur privé. Nous avons mis fin à la DEI en Amérique. Nous avons réduit un nombre record de réglementations tueuses d'emplois. Et en un an, nous avons retiré 2,4 millions d'Américains, un record, de l'aide alimentaire. Et pour toutes ces raisons, je dis ce soir, membres du Congrès, que l'état de notre union est fort.
Notre pays gagne à nouveau. En fait, nous gagnons tellement que nous ne savons pas vraiment quoi faire. Les gens me demandent : "S'il vous plaît, s'il vous plaît, Monsieur le Président, nous gagnons trop. Nous n'en pouvons plus. Nous n'avons pas l'habitude de gagner dans notre pays jusqu'à votre arrivée. Nous perdons toujours, mais maintenant nous gagnons trop." Et je dis : "Non, non, non, vous allez encore gagner. Vous allez gagner gros. Vous allez gagner plus que jamais." Et pour prouver ce point – pour prouver ce point – est avec nous ce soir un groupe de gagnants qui viennent de rendre toute la nation fière : l'équipe olympique masculine de hockey médaillée d'or, entrez.
[Public : USA! USA! USA!]
Allez-y.
[Public : USA! USA! USA!]
C'est la première fois que je les vois se lever. [rires] Et en fait, ils ne se sont pas tous levés. Mais ils ont battu une fantastique équipe canadienne en prolongation comme tout le monde l'a vu, tout comme les femmes américaines qui viendront bientôt à la Maison-Blanche.
Ils étaient déjà au Bureau Ovale avant. Et je veux juste dire un second très grand bravo à Team USA. Mais je dois dire que – et je le leur ai dit, et nous avons pris un vote de l'équipe. J'ai dit : "Si quelqu'un vote non, je ne le fais pas", alors ils sont restés là et ils n'étaient pas près de dire non, parce que je n'ai jamais vu un gardien de but jouer aussi bien que le gardien Connor Hellebuyck.
Pensez-y, 46 tirs au but. Et je lui ai demandé : "Le tir, celui où tu as mis ton bâton derrière, et ça a frappé le manche de ton bâton et ça a rebondi. Tu t'es entraîné pour ça, ou c'était un peu de chance ? [rires] Il a refusé de répondre à cette question. [rires] Mais je veux juste vous dire que les membres de cette grande équipe de hockey seront très heureux d'apprendre, sur la base de leur vote et de mon vote – et dans ce cas, mon vote était plus important – que je vais bientôt remettre à Connor notre plus haute distinction civile, que nous décernerons et qui a été décernée à de nombreux athlètes au fil des ans. Mais quand je dis beaucoup, pas trop, genre 12, ça s'appelle la plus haute distinction civile de notre pays, la Médaille présidentielle de la Liberté. De grands athlètes l'ont reçue – de très grands, les meilleurs – et j'ai pensé qu'il la méritait. Et j'ai bien pris un vote, chacun d'entre eux. J'ai dit : "Je ne la donne pas si quelqu'un dit non." Et chacun d'entre eux a levé la main rapidement. Alors je veux vous remercier tous. Quel travail exceptionnel vous avez fait, quels champions exceptionnels vous êtes. Merci beaucoup.
Je suis également heureux de dire que la prochaine fois que la flamme olympique sera allumée, ce sera ici en Amérique pour les Jeux Olympiques de 2028. Et c'est la version d'été, juste à Los Angeles. Nous allons faire du bon travail à Los Angeles.
Et Los Angeles sera sûre, tout comme Washington D.C. est maintenant l'une des villes les plus sûres du pays. Et cette année – et je dois dire, je les ai eus tous les deux. Je les ai eus lors de mon premier mandat. Et j'étais déçu parce que je ne pensais pas être président quand cela arriverait. Mais des choses étranges se sont produites. Et maintenant je les ai parce que j'ai les Jeux Olympiques. J'ai la Coupe du Monde de la FIFA 2026, et je voulais revendiquer le 250e, mais je ne m'en suis pas sorti avec celui-là. Je ne pouvais pas revendiquer celui-là pour moi-même. Mais nous aurons la Coupe du Monde. Nous avons donc la Coupe du Monde et les Jeux Olympiques à venir, et c'est une nouvelle excitante.
Ce sera donc une année pour célébrer notre pays et les héros qui l'ont gardé libre. Des hommes comme Buddy Taggart. À 17 ans, Buddy s'est porté volontaire pour défendre l'Amérique pendant la Seconde Guerre mondiale, servant dans le Pacifique sous les ordres du grand général Douglas MacArthur. Il s'est battu courageusement dans la célèbre bataille de Manille, a travaillé si dur ; il a été grièvement blessé et presque tué par des mitrailleuses ennemies à Luzon. Et il y a 81 ans ce mois-ci, il a libéré le plus grand camp d'internement des Philippines, l'un des plus grands au monde. Mais il a reçu de nombreuses distinctions, dont un Purple Heart et une Bronze Star, est rentré chez lui, a fondé une famille. Et ce soir, il est dans la tribune, attendant avec impatience le 4 juillet 2026, son 100e anniversaire. Alors Buddy, tu es un homme courageux. Et nous te saluons.
Même en période de défi, de revers et d'immense chagrin, l'esprit de 1776 a toujours brillé très fort. C'était le 4 juillet de l'année dernière lorsque les eaux de crue ont dévasté un camp d'été pour filles dans le centre du Texas – l'une des pires choses que j'aie jamais vues, j'y étais – montant de 26 pieds en quelques minutes, coûtant tragiquement la vie à de très nombreuses personnes. Vous vous souvenez tous de celle-ci ? Alors que les eaux menaçaient de l'emporter, Milly Cate McClymond, 11 ans, a fermé les yeux et prié Dieu. Elle pensait qu'elle allait mourir. Ces prières ont été exaucées lorsque le sauveteur des garde-côtes Scott Ruskan est descendu d'un hélicoptère au-dessus – personne ne savait d'où il venait. C'était la toute première mission de sauvetage de Scott. Un jeune homme, mais très courageux. Très, très bon, toujours le meilleur de sa classe. Et il a hissé non seulement Milly Cate, mais 164 autres personnes en sécurité.
Les gens regardaient Scott de loin, et ils ne pouvaient pas croire ce qu'ils voyaient. Le vent soufflait, la pluie tombait, tout bougeait. Et cette eau rapide – personne n'avait jamais rien vu de tel. Ils ont dit : "Wow, c'est quelque chose." Ce soir, Scott et Milly Cate sont ici ensemble, réunis pour la toute première fois. Merci, Scott, Milly Cate.
Et officier marinier Ruskan, je suis heureux de vous informer que je vous décerne maintenant la Légion du Mérite pour héroïsme extraordinaire. Ce que c'était : un héroïsme extraordinaire. Merci.
Et j'aimerais que l'aide militaire vienne s'occuper du service. Aide militaire. Merci beaucoup. Occupez-vous de ça. Service très important. Merci beaucoup.
De 1776 à aujourd'hui, chaque génération d'Américains s'est avancée pour défendre la vie, la liberté et la recherche du bonheur. Et ils le font vraiment pour la prochaine génération. Mais maintenant c'est à notre tour. Ensemble, nous construisons une nation où chaque enfant a la chance d'atteindre plus haut et d'aller plus loin, où le gouvernement répond au peuple, pas aux puissants, et où les intérêts des citoyens américains qui travaillent dur sont toujours notre première et ultime préoccupation. C'est la dette que nous devons aux héros qui nous ont précédés. Et c'est la promesse que nous devons tenir pour l'Amérique pour notre 250e année.
L'année dernière, j'ai exhorté ce Congrès à commencer la mission en adoptant les plus importantes réductions d'impôts de l'histoire américaine, et nos majorités républicaines ont livré si magnifiquement. Merci, Républicains. Tous les Démocrates, chacun d'entre eux, ont voté contre ces réductions d'impôts massives vraiment importantes et très nécessaires. Ils voulaient des augmentations d'impôts à grande échelle pour nuire au peuple à la place. Mais nous avons tenu bon et avec le grand et magnifique projet de loi, nous vous avons accordé pas d'impôt sur les pourboires, pas d'impôt sur les heures supplémentaires, et pas d'impôt sur la Sécurité sociale pour nos grands seniors. Et nous avons également rendu les intérêts sur les prêts automobiles déductibles d'impôt pour la première fois, mais seulement si la voiture est fabriquée en Amérique.
Récemment en Pennsylvanie, j'ai rencontré Megan Hemhauser, une maman dévouée qui fait l'école à la maison à ses deux beaux enfants pendant la journée tout en servant des tables la nuit, pendant que son mari fait des heures supplémentaires en opérant des équipements très lourds. Megan est ici ce soir, et elle est heureuse de vous dire qu'elle est tellement, tellement plus riche. Parce qu'avec pas d'impôt sur les pourboires, pas d'impôt sur les heures supplémentaires, et notre crédit d'impôt pour enfants élargi à nouveau fait par les Républicains, Megan et son mari gagneront plus de 5 000 dollars supplémentaires juste pour l'année, réduisant de plus de moitié sa facture d'impôts. Megan, levez-vous s'il vous plaît. Nous nous battons pour vous, Megan. Merci. Merci, Megan. Nous nous battons pour vous, Megan.
En vertu de notre projet de loi, des parents comme Megan peuvent également activer les tout nouveaux comptes Trump de leurs enfants. Et je ne l'ai pas nommé ainsi. Je n'ai pas nommé ça. Personne ne me croit, mais je ne l'ai pas nommé. Cela a été nommé par un homme très grand assis juste là au troisième rang. Homme sympa. Un homme bon. Des comptes de placement exonérés d'impôt pour chaque enfant américain. C'est quelque chose de tellement spécial, et qui a décollé et est monté en flèche. Des millions seront préfinancés, gracieuseté du Trésor américain et de particuliers comme Michael et Susan Dell qui ont fait don de 6,25 milliards de dollars pour financer les comptes Trump pour 25 millions d'enfants américains. Ce sont des gens formidables.
Quand j'ai demandé à Michael Dell : "Comment faites-vous tout cet argent ?" Il a dit : "Eh bien, je suis juste resté dans mon dortoir à l'école et j'ai fabriqué des ordinateurs, et je les vendais aux gens. Et je n'ai fait que vendre, vendre et vendre…" Une histoire assez incroyable. Cela s'appelle le Rêve Américain. Il a vendu beaucoup d'ordinateurs, beaucoup de ces ordinateurs portables. Je le félicite donc pour cela. Mais je remercie vraiment lui et Susan, ainsi que d'autres comme Brad Gerstner, un type vraiment formidable. Il était derrière ça dès le début. Brad Gerstner. Merci, Brad. Donc, avec des contributions supplémentaires modestes, les comptes de ces jeunes pourraient atteindre plus de 100 000 dollars ou plus au moment où ils auront 18 ans. Pensez-y, combien d'argent c'est pour quelqu'un qui a commencé avec rien ? Plus de 100 000 dollars – pourrait être bien plus que ça. Pour faire cet investissement dans l'avenir de nos enfants, allez sur trumpaccounts.gov, trumpaccounts.gov. Et beaucoup de gens le font. Ça bat tous les records. C'est populaire. Ils savaient ce que ça allait – ce que ça allait prendre. Je suis si fier d'eux. Je suis si fier des gens qui ont lancé ça, et maintenant ça a vraiment décollé.
L'une des principales raisons de l'étonnant redressement économique de notre pays, le plus grand de l'histoire, où le Dow Jones a franchi les 50 000 quatre ans plus tôt que prévu, et le S&P a atteint les 7 000 là où il n'était pas censé le faire avant de nombreuses années, c'étaient les tarifs douaniers. J'ai utilisé ces tarifs, j'ai encaissé des centaines de milliards de dollars pour faire de bonnes affaires pour notre pays, à la fois économiquement et sur le plan de la sécurité nationale. Tout fonctionnait bien. Les pays qui nousarnaient depuis des décennies nous paient maintenant des centaines de milliards de dollars. Ils nousarnaient si mal. Vous le savez tous. Tout le monde le sait. Même les Démocrates le savent. Ils ne veulent tout simplement pas le dire. Et pourtant, ces pays sont maintenant heureux, et nous aussi. Nous avons fait des accords. Tous les accords sont conclus, et ils sont heureux. Ils ne gagnent pas autant d'argent qu'avant, mais nous en gagnons beaucoup. Il n'y avait pas d'inflation – une croissance énorme. Et la grande histoire était de savoir comment Donald Trump a appelé l'économie correctement et 22 lauréats du prix Nobel en économie ne l'ont pas fait – ils se sont totalement trompés. Ils se sont vraiment trompés. Et puis il y a seulement quatre jours, une décision malheureuse de la Cour suprême des États-Unis – elle vient de tomber. Elle est tombée. Décision très malheureuse.
Mais la bonne nouvelle est que presque tous les pays et entreprises veulent maintenir l'accord qu'ils ont déjà conclu – n'est-ce pas, Scott [Bessent] ? – sachant que le pouvoir légal que j'ai en tant que président de conclure un nouvel accord pourrait être bien pire pour eux et donc ils continueront à travailler dans la même voie de succès que celle que nous avions négociée avant l'implication malheureuse de la Cour suprême. Donc, malgré la décision décevante, ces mesures puissantes qui sauvent le pays – ça sauve notre pays, le genre d'argent que nous encaissons ; qui protègent la paix – beaucoup des guerres que j'ai réglées étaient dues à la menace des tarifs ; je n'aurais pas pu les régler sans – resteront en place en vertu de lois alternatives entièrement approuvées et éprouvées. Et elles ont été testées pendant longtemps. Elles sont un peu plus complexes, mais elles sont en fait probablement meilleures, menant à une solution qui sera encore plus solide qu'avant. Une action du Congrès ne sera pas nécessaire. C'est déjà éprouvé et approuvé. Et avec le temps, je crois que les tarifs douaniers payés par les pays étrangers remplaceront, comme dans le passé, substantiellement le système moderne d'impôt sur le revenu, enlevant un grand fardeau financier aux personnes que j'aime.
Allant de l'avant, les usines, les emplois, les investissements, et des billions et des billions de dollars continueront d'affluer aux États-Unis d'Amérique parce que nous avons enfin un président qui place l'Amérique en premier. Je place l'Amérique en premier. J'aime l'Amérique.
Pendant des décennies avant mon arrivée, nous avions exactement l'inverse : du commerce à la santé, de l'énergie à l'immigration, tout était volé et truqué afin de drainer la richesse des gens productifs et travailleurs qui rendent notre pays grand, qui font tourner notre pays. Sous Biden et ses partenaires corrompus au Congrès et ailleurs, cela a atteint un point de rupture avec la "Arnaque Verte Nouveau Monde". Frontières ouvertes pour tout le monde. Ils ont afflué par millions et millions venant de prisons, d'institutions psychiatriques. C'étaient des meurtriers – 11 888 meurtriers, ils sont entrés dans notre pays. Vous avez permis que cela arrive. Et une inflation record qui a coûté à la famille typique 34 000 dollars en très peu de temps. Maintenant, les mêmes personnes dans cette chambre qui ont voté pour ces désastres, ont soudainement utilisé le mot "abordabilité", un mot. Ils viennent de l'utiliser. Quelqu'un le leur a donné, sachant parfaitement qu'ils ont causé et créé les hausses de prix que tous nos citoyens ont dû endurer. Vous avez causé ce problème. Vous avez causé ce problème.
Ils savaient que leurs déclarations étaient un mensonge. Ils le savaient. Ils savaient que leurs déclarations étaient un sale et méprisable mensonge. Leurs politiques ont créé les prix élevés. Nos politiques y mettent rapidement fin. Nous nous en sortons vraiment bien. Ces prix chutent. Le prix des œufs a baissé de 60 %. Madame la Secrétaire, merci. Le coût du poulet, du beurre, des fruits, des hôtels, des automobiles, des loyers est aujourd'hui bien inférieur à ce qu'il était quand j'ai pris mes fonctions. Et même le bœuf, qui était très élevé, commence à baisser significativement. Tenez bon un petit moment ; nous le faisons baisser. Et bientôt vous verrez des chiffres que peu de gens auraient cru possibles à atteindre il y a peu de temps. Personne ne peut croire quand il voit le genre de chiffres, et surtout l'énergie, quand ils voient l'énergie descendre à des chiffres comme ça, ils n'en reviennent pas. C'est comme une autre grosse réduction d'impôts.
Je confronte aussi l'une des plus grandes arnaques de notre époque, le coût écrasant des soins de santé causé par vous. Depuis l'adoption de la "Loi sur les soins inabordables" parfois appelée Obamacare, les grandes compagnies d'assurance se sont enrichies. C'était destiné aux compagnies d'assurance, pas aux gens. Avec notre gouvernement leur donnant des centaines et des centaines de milliards de dollars par an, alors que le cours de leurs actions grimpait de 1 000, 1 200, 1 400 et même 1 700 % comme jamais. C'est pourquoi j'ai introduit le Grand Plan de Santé. Je veux arrêter tous les paiements aux grandes compagnies d'assurance et donner cet argent directement aux gens afin qu'ils puissent acheter leur propre santé, ce qui sera de meilleurs soins à un coût bien inférieur.
De plus, mon plan exige une transparence maximale des prix. C'est important. Ça semble si simple, si grand. Et je l'ai fait lors de mon premier mandat, et les Démocrates l'ont immédiatement résilié en sachant parfaitement qu'ils faisaient une très mauvaise chose pour le peuple. Les coûts allaient augmenter considérablement, et c'est ce qui s'est passé, et maintenant je les fais baisser considérablement pour la santé et tout le reste. Je mets aussi fin au coût farouchement gonflé des médicaments sur ordonnance comme cela ne s'est jamais produit auparavant. D'autres présidents ont essayé de le faire, mais ils n'ont jamais pu. Ils ont essayé. La plupart n'ont pas essayé, en fait. Mais ils ont essayé. Ils ont dit qu'ils avaient essayé. Ils n'ont pas pu. Ils n'étaient même pas près. C'était que des paroles et pas d'action. Mais je l'ai fait. En vertu de mes accords de nation la plus favorisée tout juste promulgués, les Américains qui, pendant des décennies, ont payé, de loin, les prix les plus élevés de toutes les nations du monde pour les médicaments sur ordonnance, paieront désormais le prix le plus bas du monde pour les médicaments, partout. Le prix le plus bas. Donc, dans ma première année de second mandat – ça devrait être mon troisième mandat, mais des choses étranges arrivent – j'ai fait passer les médicaments sur ordonnance, une très grande partie des soins de santé, du prix le plus élevé du monde entier au plus bas. C'est une grande réussite. Le résultat, ce sont des différences de prix de 300, 400, 500, 600 % et plus, toutes disponibles dès maintenant sur un nouveau site web appelé trumprx.gov. Et je n'ai pas nommé celui-là non plus, d'ailleurs.
Et voici ce soir la toute première cliente à bénéficier de cette grosse réduction. Et elle est grosse. Catherine Rayner. Pendant cinq ans, elle et son mari ont lutté contre l'infertilité, et ils ont eu recours à la FIV. Un médicament coûtait à Catherine 4 000 dollars à l'achat. Mais il y a quelques semaines, elle s'est connectée au site TrumpRX et a obtenu ce même médicament qui coûtait 4 000 dollars, elle l'a obtenu pour moins de 500 dollars, une réduction bien supérieure à 3 500 dollars en fait. Catherine, nous prions tous pour toi et tu seras une excellente maman.
Alors maintenant, j'appelle le Congrès à codifier mon programme de nation la plus favorisée dans la loi. Maintenant, une chose, je ne suis pas sûr que ça importe parce qu'il sera très difficile pour quelqu'un qui vient après moi de dire : "Augmentons les prix des médicaments de 700 ou 800 %." Mais John [Thune] et Mike [Johnson], si ça ne vous dérange pas, codifiez-le quand même. Ils le feront peut-être. Codifiez-le quand même, merci.
De nombreux Américains craignent également que la demande énergétique des centres de données d'IA ne fasse augmenter injustement leurs factures d'électricité. Ce soir, je suis heureux d'annoncer que j'ai négocié le nouvel "engagement de protection des payeurs de taux". Vous savez ce que c'est ? Nous disons aux grandes entreprises technologiques qu'elles ont l'obligation de pourvoir à leurs propres besoins énergétiques. Elles peuvent construire leurs propres centrales électriques dans le cadre de leur usine, afin que les prix de personne n'augmentent. Et dans de nombreux cas, les prix de l'électricité baisseront pour la communauté, et de manière très substantielle. C'est une stratégie unique jamais utilisée dans ce pays auparavant. Nous avons un vieux réseau. Il ne pourrait jamais gérer le genre de chiffres, la quantité d'électricité nécessaire. Alors je leur dis qu'ils peuvent construire leur propre centrale. Ils vont produire leur propre électricité. Cela garantira la capacité de l'entreprise à obtenir de l'électricité, tout en abaissant les prix de l'électricité pour vous, et cela pourrait être très substantiel. Pour toutes vos villes et villages, vous allez voir de bonnes choses se produire au cours des prochaines années.
Un autre pilier du rêve américain qui a été attaqué est l'accession à la propriété. Est avec nous ce soir Raysall Wiggins, une mère de deux enfants de Houston. Elle a fait des offres sur 20 maisons et a perdu toutes ces offres face à d'immenses firmes d'investissement qui ont contourné l'inspection, payé comptant et transformé ces maisons en locations, volant ainsi son rêve américain. Elle était dévastée. Des histoires comme celle-ci expliquent pourquoi le mois dernier, j'ai signé un décret pour interdire aux grandes firmes d'investissement de Wall Street d'acheter, par milliers, des maisons unifamiliales. Et maintenant, je demande au Congrès de rendre cette interdiction permanente parce que des maisons pour les gens, vraiment, c'est ce que nous voulons. Nous voulons des maisons pour les gens, pas pour les entreprises. Les entreprises se portent très bien. Raysall, merci beaucoup. Bonne chance pour ta maison. Tu en auras une bientôt.
Nous travaillons également pour permettre aux Américains d'épargner plus facilement pour la retraite. Et sous cette administration, nous protégerons toujours la Sécurité sociale et Medicare. Ils ne la protègent pas pour nos seniors. Nous protégerons toujours la Sécurité sociale. Medicare, Medicaid. Depuis mon entrée en fonction, le solde typique d'un 401(k) a augmenté d'au moins 30 000 dollars. C'est beaucoup d'argent. Nous avons des millions et des millions de personnes parce que le marché boursier a si bien performé, établissant tous ces records. Vos 401(k) sont bien plus élevés. Pourtant, la moitié de tous les travailleurs américains n'ont toujours pas accès à un plan de retraite avec des contributions de contrepartie d'un employeur pour remédier à cette énorme disparité. J'annonce que, l'année prochaine, mon administration donnera à ces travailleurs américains souvent oubliés, des gens formidables, les gens qui ont construit notre pays, accès au même type de plan de retraite offert à tous les employés fédéraux. Nous égalerons votre contribution jusqu'à 1 000 dollars chaque année pour garantir que tous les Américains puissent profiter d'un marché boursier en hausse. Assurons-nous également que les membres du Congrès ne puissent pas profiter indûment en utilisant des informations privilégiées.
[aux Démocrates] Ils se sont levés pour ça. Je n'arrive pas à y croire. Je n'arrive pas à y croire. Est-ce que Nancy Pelosi s'est levée, si elle est là ? J'en doute. Adoptez la loi sur l'interdiction des délits d'initiés sans délai. Je n'étais pas sûr que quelqu'un, même de ce côté-ci, allait applaudir pour ça. Je l'étais. Je suis très impressionné. Merci. Je suis très impressionné.
Mais en ce qui concerne la corruption qui pille – vraiment, elle pille l'Amérique, il n'y a pas d'exemple plus frappant que le Minnesota où des membres de la communauté somalienne ont pillé environ 19 milliards de dollars au contribuable américain. Oh, nous avons toutes les informations. Et en réalité, le nombre est bien plus élevé que ça. Et la Californie, le Massachusetts, le Maine, et beaucoup d'autres États sont encore pires. C'est le genre de corruption qui déchire le tissu d'une nation. Et nous travaillons là-dessus comme vous ne pouvez pas l'imaginer. Alors ce soir, bien que commencée il y a quatre mois, j'annonce officiellement la guerre à la fraude menée par notre grand vice-président, J.D. Vance. Il va le faire. Et si nous parvenons à trouver suffisamment de cette fraude, nous aurons en fait un budget équilibré du jour au lendemain. Ça ira très vite. C'est le genre d'argent dont on parle. Nous équilibrerons notre budget. Les pirates somaliens qui ont pillé le Minnesota nous rappellent qu'il y a de grandes parties du monde où la corruption et l'illégalité sont la norme, pas l'exception. Importer ces cultures par une immigration sans restriction et des frontières ouvertes amène ces problèmes ici même aux États-Unis. Et ce sont les Américains qui paient le prix en factures médicales plus élevées, en taux d'assurance automobile, en loyers, en impôts, et peut-être plus important encore, en criminalité. Nous allons nous occuper de ce problème. Nous allons nous occuper de ce problème. Nous ne jouons pas.
Dalilah Coleman n'avait que cinq ans en juin 2024 quand un camion semi-remorque de 18 roues a percuté sa voiture arrêtée à 60 miles à l'heure ou plus. Le conducteur était un étranger illégal, introduit par Joe Biden et titulaire d'un permis de conduire commercial délivré par des politiciens pro-immigration ouverte en Californie. Les médecins ont dit que Dalilah ne pourrait jamais marcher ou parler, avoir une bonne vie. Elle ne pourrait même plus manger. Mais contre toute attente, elle est maintenant en première année, apprenant à marcher. Et elle est ici ce soir avec son père, Marcus, un homme fantastique. Dalilah, s'il te plaît, tu es une grande inspiration. Lève-toi s'il te plaît. Merci, Dalilah. Beaucoup, sinon la plupart des étrangers illégaux, ne parlent pas anglais et ne peuvent pas lire les panneaux de signalisation les plus élémentaires concernant la direction, la vitesse, le danger ou l'emplacement. C'est pourquoi ce soir j'appelle le Congrès à adopter ce que nous appellerons la Loi Dalilah, interdisant à tout État d'accorder des permis de conduire commerciaux aux étrangers illégaux.
Et hier, comme vous l'avez probablement vu à la Maison-Blanche, j'ai organisé une cérémonie avec des Américains qui ont perdu leurs êtres chers à cause du fléau de l'immigration illégale. Des gens sont entrés dans notre pays – comment avons-nous permis que cela arrive avec nos frontières ouvertes ? Ce sont les mamans anges et les familles que notre gouvernement a trahies pendant des décennies et que nos médias ont totalement ignorées. Totalement. C'était terrible. Difficile à croire, en fait. En 2023, une pom-pom girl de 16 ans nommée Lizbeth Medina devait se produire au défilé de Noël de sa ville, mais elle n'est jamais arrivée. Sa mère, Jacqueline, est rentrée chez elle pour la chercher et l'a trouvée morte dans une baignoire, saignant abondamment après avoir été poignardée 25 fois. Le meurtrier de Lizbeth était un étranger illégal déjà arrêté qui était entré par effraction et avait brutalement, juste brutalement éteint la lumière la plus brillante de la vie de sa famille, violemment et vicieusement. Sa mère au cœur brisé est dans la tribune pour rappeler à tout le monde dans cette chambre exactement pourquoi nous expulsons les criminels étrangers illégaux de notre pays en nombre record. Et nous les faisons foutre d'ici vite. Nous ne les voulons pas. Merci beaucoup, Jacqueline. Merci.
Nous ne pouvons jamais oublier que beaucoup dans cette salle ont non seulement permis l'invasion des frontières avant mon implication, mais en effet, ils recommenceraient. S'ils en avaient l'occasion. S'ils étaient élus, ils ouvriraient ces frontières à certains des pires criminels du monde. La seule chose qui se dresse entre les Américains et une frontière grande ouverte en ce moment, c'est le président Donald J. Trump et nos grands patriotes républicains au Congrès. Merci.
Au moment où nous parlons, les Démocrates dans cette chambre ont coupé tout financement pour le département de la Sécurité intérieure. Tout est coupé. Tout est coupé. Ils ont institué une autre fermeture démocrate. La première nous a coûté deux points de PIB. Deux points de PIB que nous avons perdus, ce qui les a probablement rendus assez heureux, en fait. Maintenant, ils ont fermé l'agence responsable de la protection des Américains contre les terroristes et les meurtriers. Ce soir, j'exige le rétablissement complet et immédiat de tous les financements pour la sécurité des frontières, la sécurité intérieure des États-Unis, et aussi pour aider les gens à nettoyer leur neige. Nous n'avons pas d'argent à cause des Démocrates. Et ce serait bien. Nous aimerions vous donner un coup de main pour le nettoyage, mais vous n'avez pas donné d'argent. Personne n'est payé. C'est une honte. Alors vous devez y penser. Nous avons, au cas où vous ne le sauriez pas, une assez grosse tempête de neige dehors.
L'une des grandes choses à propos de l'état de l'Union est la façon dont il donne aux Américains la chance de voir clairement ce que leurs représentants croient vraiment. Alors ce soir, j'invite chaque législateur à se joindre à mon administration pour réaffirmer un principe fondamental. Si vous êtes d'accord avec cette déclaration, alors levez-vous et montrez votre soutien. Le premier devoir du gouvernement américain est de protéger les citoyens américains, pas les étrangers illégaux.
[s'adressant aux démocrates assis] N'est-ce pas une honte. Vous devriez avoir honte de vous, de ne pas vous lever. Vous devriez avoir honte de vous. C'est pourquoi je vous demande aussi de mettre fin aux villes sanctuaires mortelles qui protègent les criminels et d'adopter des sanctions sévères pour les fonctionnaires qui ont bloqué l'expulsion des criminels étrangers. Dans de nombreux cas, des barons de la drogue, des meurtriers partout dans notre pays, ils bloquent l'expulsion de ces personnes hors de notre pays. Et vous devriez avoir honte.
[Public : USA! USA! USA!]
Et peut-être plus important encore, je vous demande d'approuver la loi SAVE America pour empêcher les étrangers illégaux et autres personnes non autorisées de voter dans nos sacrées élections américaines. Cette tricherie est endémique dans nos élections. Elle est endémique. C'est très simple. Tous les électeurs doivent montrer une pièce d'identité avec photo. Tous les électeurs doivent prouver leur citoyenneté pour voter. Et plus de bulletins de vote par correspondance frauduleux, sauf en cas de maladie, d'invalidité, pour les militaires ou les voyages. Aucun. Ça devrait être facile. Et d'ailleurs, les sondages sont à 89 % d'approbation, y compris chez les Démocrates, 89 %. Et même le nouveau maire communiste de New York – je pense que c'est un type sympa, en fait. Je lui parle souvent. Mauvaise politique, mais type sympa – vient de dire qu'ils veulent que les gens déblayent la neige. Ils ont été durement touchés. Il veut qu'ils déblayent la neige. Mais si vous postulez pour ce travail, vous devez présenter deux pièces d'identité originales et une carte de sécurité sociale.
Pourtant, ils ne veulent pas d'identification pour le plus grand privilège de tous : voter en Amérique. Non, ce n'est pas bien, pas bien. Les Républicains et les Démocrates sont massivement d'accord sur la politique que nous venons d'énoncer. Et le Congrès devrait s'unir et adopter cette législation de bon sens qui sauve le pays dès maintenant. Et cela devrait être avant que quoi que ce soit d'autre n'arrive.
Et la raison pour laquelle ils ne veulent pas le faire – pourquoi quelqu'un ne voudrait-il pas de l'identification des électeurs ? Une seule raison : parce qu'ils veulent tricher. Il n'y a qu'une seule raison. Ils inventent toutes les excuses. Ils disent que c'est raciste. Ils inventent des choses. On se dit presque quelle imagination ils ont. Ils veulent tricher, ils ont triché. Et leur politique est si mauvaise que la seule façon pour eux de se faire élire est de tricher. Et nous allons l'arrêter. Nous devons l'arrêter John [Thune].
Et voici une occasion supplémentaire de faire preuve de bon sens au gouvernement. Dans la tribune ce soir, Sage Blair et sa mère, Michelle. En 2021, Sage avait 14 ans lorsque des responsables scolaires en Virginie ont cherché à lui faire faire une transition sociale vers un nouveau genre, la traitant comme un garçon et le cachant à ses parents. Difficile à croire, n'est-ce pas ? Peu de temps après, une Sage confuse s'est enfuie de chez elle. Après avoir été retrouvée dans une situation horrible dans le Maryland, un juge de gauche a refusé de rendre Sage à ses parents parce qu'ils n'ont pas immédiatement déclaré que leur fille était leur fils. Sage a été jetée dans un foyer d'État pour garçons et a terriblement souffert pendant longtemps. Mais aujourd'hui, tout cela est derrière eux parce que Sage est une jeune femme fière et merveilleuse avec une bourse complète pour l'Université Liberty. Sage et Michelle, levez-vous s'il vous plaît. Et merci pour votre grand courage.
Et qui peut croire que nous parlons même de choses comme ça ? Il y a quinze ans, si quelqu'un était là-haut et disait ça, ils diraient : "Qu'est-ce qui ne va pas chez eux ?" Mais maintenant, nous devons le dire parce que ça se passe dans de nombreux États, sans même le dire aux parents. Mais sûrement nous pouvons tous être d'accord : aucun État ne peut être autorisé à arracher des enfants des bras de leurs parents et à leur faire faire une transition vers un nouveau genre contre la volonté des parents. Qui croirait que nous en parlons ? Nous devons l'interdire et nous devons l'interdire immédiatement.
[pointant les démocrates] Regardez, personne ne se lève. Ces gens sont fous. Je vous le dis : ils sont fous. Incroyable. Terrible, mon Dieu. Nous avons de la chance d'avoir un pays avec des gens comme ça. Les Démocrates détruisent notre pays, mais nous l'avons arrêté juste à temps, n'est-ce pas ?
Personne ne se soucie plus de protéger la jeunesse américaine que notre merveilleuse Première Dame – maintenant une star de cinéma. Elle est une star de cinéma. Pouvez-vous le croire ? Qui l'aurait cru ? Au cours de l'année écoulée, elle a eu un impact incroyable en défendant la législation sur l'IA, en faisant progresser un décret historique sur le placement familial et en aidant à obtenir 30 millions de dollars pour lancer l'initiative Melania Trump Foster Youth to Independence. C'est une chose formidable – vraiment, une chose formidable qui s'est produite et qui a bénéficié d'un large soutien bipartisan. Elle obtient un bien meilleur soutien bipartisan que moi. Je n'en reçois aucun. Elle en reçoit beaucoup. Un jour, vous devrez me dire comment vous avez fait ça. Et des étudiants et des éducateurs de chaque État ont rejoint les efforts de la Première Dame dans le défi présidentiel sur l'IA, positionnant la prochaine génération américaine pour réussir, et réussir fortement à l'avenir. Ce soir, nous accueillons deux jeunes gens dont la vie reflète l'impact de la Première Dame : Sierra Burns et Everest Nevraumont. Merci à tous les deux. Et Melania, merci. Je sais à quel point tu as travaillé dur là-dessus. Merci beaucoup.
Je suis très fier de dire que pendant mon mandat, les quatre premières années, et en particulier cette dernière année, il y a eu un renouveau considérable de la religion, de la foi, du christianisme et de la croyance en Dieu. Un renouveau considérable. C'est particulièrement vrai chez les jeunes. Et une grande partie de cela était due à mon grand ami Charlie Kirk. Grand type. Grand homme. Alors l'année dernière, Charlie a été violemment assassiné par un tueur et martyrisé, vraiment martyrisé pour ses croyances. C'est vrai. Sa merveilleuse épouse Erika est avec nous ce soir. Erika, lève-toi s'il te plaît. Merci, Erika. Tu as traversé beaucoup d'épreuves. À la mémoire de Charlie, nous devons tous nous rassembler pour réaffirmer que l'Amérique est une nation sous Dieu, et nous devons totalement rejeter la violence politique de toute sorte.
Nous aimons la religion, et nous aimons la ramener. Et elle revient à des niveaux que personne ne croyait possibles. C'est vraiment une belle chose à voir.
Avant tout, libérer la promesse de l'Amérique exige de maintenir la sécurité de notre communauté. Nous avons fait des progrès incroyables, pourtant des criminels dangereux récidivistes continuent d'être libérés par des politiciens démocrates pro-criminalité encore et encore. Nous sommes honorés d'avoir ce soir une femme qui a traversé l'enfer, Anya Zarutska. En 2022, elle et sa belle fille – si belle, quelle belle jeune femme – Iryna ont fui l'Ukraine déchirée par la guerre pour vivre chez des parents près de Charlotte, en Caroline du Nord. Et d'ailleurs, que se passe-t-il avec Charlotte ? L'été dernier, Iryna, 23 ans, rentrait chez elle en train quand un monstre dérangé qui avait été arrêté plus d'une douzaine de fois et avait été libéré sans caution en espèces, s'est levé et a violemment tranché son cou et son corps avec un couteau. Personne n'oubliera jamais – il y avait des gens dans ce train – personne n'oubliera jamais l'expression de terreur sur le visage d'Iryna. Alors qu'elle levait les yeux vers son agresseur dans les dernières secondes de sa vie, elle est morte instantanément. Elle avait échappé à une guerre brutale, pour être tuée par un criminel endurci, libéré pour tuer en Amérique, entré par les frontières ouvertes. Mme Zarutska, ce soir je vous promets que nous veillerons à ce que justice soit rendue pour votre magnifique fille Iryna.
[pointant les démocrates] Comment pouvez-vous ne pas vous lever ? Comment pouvez-vous ne pas vous lever ?
Je demande à ce Congrès d'adopter une législation stricte pour garantir que les criminels violents et dangereux récidivistes soient mis derrière les barreaux, et surtout, qu'ils y restent.
Depuis l'été dernier, j'ai déployé notre Garde nationale et les forces de l'ordre fédérales pour rétablir l'ordre public dans nos villes les plus dangereuses, y compris Memphis, Tennessee – grand succès – La Nouvelle-Orléans, Louisiane – grand succès, et notre capitale nationale elle-même – Washington D.C., où nous n'avons presque plus de criminalité maintenant à Washington D.C. Comment est-ce arrivé ? En fait, la criminalité à Washington est maintenant à son plus bas niveau jamais enregistré, et les meurtres à D.C. ce janvier ont baissé de près de 100 % par rapport à l'année dernière.
Ils n'aiment pas entendre ça. Un des – Malades.
L'un des courageux militaires qui ont contribué à cette étonnante transformation était la spécialiste de la Garde nationale de l'armée de Virginie-Occidentale, Sarah Beckstrom, 20 ans. Après un déploiement de quatre mois, elle a volontairement prolongé son service. Et son grade allait être élevé. Elle réussissait si bien. Ils étaient si fiers d'elle. Mais le lendemain, elle était en patrouille près de la Maison-Blanche quand elle a été prise en embuscade et touchée à la tête par un monstre terroriste d'Afghanistan. Il n'aurait pas dû être dans notre pays. Et seulement parce qu'elle portait l'uniforme de notre nation, elle a été abattue. Il a voyagé ici parce qu'il n'aimait pas les gens portant notre uniforme. Il était malade et dérangé – il n'aurait pas dû être dans notre pays. Sarah Beckstrom est morte pour défendre notre capitale. Et nous sommes honorés de la présence de ses merveilleux parents. Gary et Evalea, votre fille était une véritable patriote américaine, et elle nous manquera énormément. C'était une grande personne. J'ai vu des rapports sur elle. Ils n'avaient jamais rien vu de tel. Tellement désolé. Merci beaucoup. Une grande jeune femme. J'ai vu des rapports qui étaient comme – parfaite, elle est parfaite.
Servant aux côtés de Sarah ce jour-là, le sergent-chef Andrew Wolfe. Les terroristes ont tiré sur Andrew à la tête, et personne ne pensait qu'il pourrait s'en sortir. Tous les deux, Sarah et Andrew, tous deux violemment touchés à la tête. Personne ne s'attendait à ce qu'ils s'en sortent. On ne leur a même pas donné une chance.
Sauf sa merveilleuse mère, nommée Melody, à qui j'ai parlé le soir même, et elle était tellement positive. Les médecins pensaient qu'Andrew était perdu, mais sa mère a dit : "Non, non, Monsieur le Président, Andrew ira bien. Il va s'en sortir." Je n'ai jamais rien vu de tel. Je veux dire, on lui avait donné presque aucune chance. Elle a dit : "Je n'ai aucun doute, Monsieur. Il ira bien." C'est une conversation que j'ai eue avec elle cette nuit-là alors que son fils gisait impuissant dans son lit, couvert de sang. Tout le monde priait. Elle a dit : "Monsieur, il ira bien." Les médecins ne comprenaient pas ce qu'elle disait et après avoir vu les résultats des dégâts, moi non plus. Elle était si forte et catégorique que même l'excellent père d'Andrew pensait qu'elle ne réalisait pas vraiment la gravité de la situation. Mais elle s'est avérée avoir raison. N'est-ce pas Melody ? Elle s'est avérée avoir raison. Incroyable, en fait. J'ai dit : "D'où vient cette femme ?" C'est la personne la plus positive que j'aie jamais rencontrée. Avec l'aide de Dieu, Andrew a lutté pour revenir du bord de la mort – et nous parlons du bord de la mort – sur la voie d'un rétablissement miraculeux. Il a encore un peu de travail, mais il va très bien. Content de te voir. C'est un beau garçon. Content de te voir. Merci, Andrew. Merci beaucoup. Alors, Andrew, pendant que tu es debout maintenant, je vais demander à un général très respecté, James Seward, de remettre au sergent-chef Andrew Wolfe et à la grande famille de Sarah Beckstrom la distinction créée par notre regretté grand président George Washington lui-même – ça s'appelle le Purple Heart. Nous vous aimons tous. Je vous aime.
Nous restaurons fièrement la sécurité pour les Américains chez eux, et nous restaurons également la sécurité pour les Américains à l'étranger. Notre pays n'a jamais été aussi fort. Mes 10 premiers mois, j'ai mis fin à huit guerres, y compris le Cambodge – [aux Démocrates] N'est-ce pas drôle, des gens malades – le Cambodge et la Thaïlande, le Pakistan et l'Inde – ç'aurait été une guerre nucléaire, 35 millions de personnes auraient dit le Premier ministre du Pakistan seraient mortes sans mon implication – le Kosovo et la Serbie, Israël et l'Iran, l'Égypte et l'Éthiopie, l'Arménie et l'Azerbaïdjan, le Congo et le Rwanda. Et bien sûr, la guerre à Gaza, qui se poursuit à un niveau très bas. C'est presque fini. Et je veux remercier Steve Witkoff et Jared Kushner pour votre aide. Merci, Steve. Merci, Jared. Et je veux aussi remercier l'homme à qui ils rendent compte : le secrétaire d'État Marco Rubio. Merci, Marco. Les gens t'apprécient. Tu sais, Marco a obtenu 100 % des voix lors de sa confirmation – je pense que le suivant était d'environ 54 %. Et certains des Démocrates disent maintenant : "Je n'arrive pas à croire que nous ayons approuvé ce type." Et il a dit, c'est un honneur qu'ils ressentent ça. N'est-ce pas ? Marco, tu as fait un excellent travail. Grand secrétaire d'État. Je pense qu'il sera considéré comme le meilleur de tous les temps.
En vertu du cessez-le-feu que j'ai négocié, chaque otage, vivant et mort, a été rendu chez lui. Pouvez-vous le croire ? Personne ne pensait que c'était possible. Personne ne pensait que c'était possible. Vivants et morts. Et ces parents qui avaient un fils mort, leur garçon, ils m'avaient toujours dit que leur garçon, ils le voulaient autant que s'il était vivant. C'était une période incroyable. Et ils sont revenus et quand nous avons récupéré tous les otages vivants et beaucoup, beaucoup d'autres avant eux. Mais j'ai toujours dit, ces 20 derniers vont être très durs. Mais nous en avons eu beaucoup, beaucoup plus, des centaines. Mais j'ai dit, ces 20 derniers vont être durs. Nous les avons récupérés. Mais nous n'avons récupéré que 14 ou 15 des morts sur les 28. Et croyez-le ou non, le Hamas a travaillé avec Israël. Et ils ont creusé, et ils ont creusé, et ils ont creusé. C'est une chose difficile – une chose difficile à faire. Passer au crible des corps partout, laissant parfois passer 100 corps pour chacun de ceux qu'ils trouvaient. Travail difficile. Et ils ont finalement réussi à en retrouver 27. Et puis Steve et Jared, ils ont réussi à en retrouver 28. Ils ont trouvé les 28. Personne ne pensait que c'était possible, mais nous l'avons fait. Et je me souviens de la famille du 28e, ils étaient si affligés, mais ils étaient si heureux – aussi heureux qu'il est possible de l'être. Ils avaient retrouvé leur garçon. La mère a dit : "Monsieur, nous avons retrouvé notre garçon." Quelle période c'était. Mais nous les avons tous récupérés. Alors merci beaucoup à vous deux.
Et nous travaillons très dur pour mettre fin à la neuvième guerre : les tueries et le massacre entre la Russie et l'Ukraine, où 25 000 soldats meurent chaque mois. Pensez-y : 25 000 soldats meurent par mois – une guerre qui n'aurait jamais eu lieu si j'avais été président. N'aurait jamais eu lieu.
En tant que président, je ferai la paix partout où je le pourrai, mais je n'hésiterai jamais à confronter les menaces contre l'Amérique, où que nous devions le faire. C'est pourquoi, lors d'une opération décisive en juin dernier, l'armée américaine a anéanti le programme d'armes nucléaires iranien avec une attaque sur le sol iranien connue sous le nom d'opération Midnight Hammer. Pendant des décennies, la politique des États-Unis avait été de ne jamais permettre à l'Iran d'obtenir une arme nucléaire. De nombreuses décennies. Depuis qu'ils ont pris le contrôle de cette nation fière il y a 47 ans, le régime et ses proxies meurtriers n'ont répandu que terrorisme, mort et haine. Ils ont tué et mutilé des milliers de militaires américains et des centaines de milliers, voire des millions de personnes avec ce qu'on appelle des bombes artisanales. Ils étaient les rois de la bombe artisanale. Et nous avons éliminé [Qassem] Soleimani. Je l'ai fait pendant mon premier mandat, cela a eu un énorme impact. Il était le père de la bombe artisanale. Et juste au cours des deux derniers mois, avec les manifestations, ils ont tué, semble-t-il, au moins 32 000 manifestants, 32 000 manifestants, dans leur propre pays. Ils les ont abattus et pendus. Nous les avons empêchés d'en pendre beaucoup grâce à la menace de violence sérieuse.
Mais ce sont… des gens terribles. Ils ont déjà développé des missiles qui peuvent menacer l'Europe et nos bases à l'étranger. Et ils travaillent à construire des missiles qui atteindront bientôt les États-Unis d'Amérique. Après Midnight Hammer, ils ont été avertis de ne pas faire de futures tentatives pour reconstruire leur programme d'armes, en particulier les armes nucléaires. Pourtant, ils continuent, recommençant tout. Nous avons tout effacé et ils veulent tout recommencer et poursuivent en ce moment même leurs sinistres ambitions. Nous sommes en négociations avec eux. Ils veulent faire un accord. Mais nous n'avons pas entendu ces paroles secrètes : "Nous n'aurons jamais d'arme nucléaire." Ma préférence, ma préférence est de résoudre ce problème par la diplomatie. Mais une chose est certaine, je ne permettrai jamais au premier sponsor mondial du terrorisme, ce qu'ils sont, de loin, d'avoir une arme nucléaire. Je ne peux pas laisser cela arriver.
Et aucune nation ne devrait jamais douter de la détermination américaine : nous avons l'armée la plus puissante sur terre. J'ai reconstruit l'armée lors de mon premier mandat. Nous allons continuer à le faire. Aussi, nous venons d'approuver un budget de mille milliards de dollars. Nous n'avons pas le choix. Nous devons être forts, car nous espérons que nous aurons rarement à utiliser cette grande puissance que nous avons construite ensemble. Cela s'appelle vraiment la "paix par la force" qui a été très, très efficace. Alors grâce aux Républicains au Congrès, nous investissons ce montant record de dollars – pas le choix – dans les forces armées des États-Unis. Créant aussi beaucoup d'emplois, mais nous ne le faisons même pas pour cette raison. Parce que, comme je l'ai dit, nous avons plus d'emplois, plus de gens qui travaillent aujourd'hui que jamais dans l'histoire de notre pays.
Et les pays de l'OTAN, nos amis et alliés – ils sont, ce sont nos amis et ils sont nos alliés – viennent d'accepter, à ma très forte demande, de payer 5 % du PIB pour la défense militaire plutôt que les 2 %, qu'ils ne payaient pas. Nous payions pour presque tous. Maintenant ils paient 5 % au lieu de ne pas payer. Et obtenir ces 5 % était quelque chose que tout le monde disait ne jamais pouvoir être fait, ne pourrait pas arriver. Nous l'avons obtenu très facilement avec une réunion et, une grande différence entre 2 % qui n'étaient pas payés. Nous payions le fret pour beaucoup d'entre eux. Très peu étaient à jour. Maintenant 5 %, ils sont à jour. Et tout ce que nous envoyons en Ukraine est envoyé via l'OTAN et ils nous paient intégralement. Ils nous paient totalement en totalité.
Chaque branche de nos forces armées établit des records de recrutement. C'est tellement excitant. Et chaque militaire récemment… et chaque militaire a récemment reçu un dividende du combattant de 1 776 dollars. Vous savez, ils l'ont mis sur mon bureau. Nous avons obtenu l'argent des tarifs et d'autres choses. Beaucoup d'argent que nous avons – nous avons beaucoup plus d'argent que les gens ne le comprennent. Il faut reconstruire un peu ce programme, mais ça ne prendra pas longtemps. Mais nous avons eu l'argent et c'était 1 775 dollars. Et ils voulaient mon approbation et j'ai dit : "Quel est le nombre ?" 1 775 dollars. J'ai dit : "Attendez une minute. Pour un dollar de plus, nous pouvons avoir 1776. Ça va –" J'ai dit, "On va voir ça –" Je n'ai jamais demandé à personne si nous pouvions nous le permettre. Un dollar de plus. J'ai dit 1776. Et j'ai dit, c'est bien. Et je vous le dis, notre armée, c'était il y a quatre mois, notre armée, je n'ai jamais vu un militaire qui ne me remercie pas pour ça. Nous sommes donc honorés de le faire. Ils le méritent. Et, nous l'appelons 1776. C'était génial. Et nous aimons notre armée, nous aimons nos forces de l'ordre, nous aimons nos pompiers. Vous savez, les pompiers ne sont pas assez mentionnés. Nous aimons nos pompiers.
Nous restaurons également la sécurité et la domination américaines dans l'hémisphère occidental, agissant pour sécuriser nos intérêts nationaux et défendre notre pays contre la violence, la drogue, le terrorisme et les ingérences étrangères. Pendant des années, de vastes étendues de territoire dans notre région, y compris de grandes parties du Mexique, vraiment de grandes parties du Mexique, ont été contrôlées par des cartels de la drogue meurtriers. C'est pourquoi j'ai désigné ces cartels comme organisations terroristes étrangères. Et j'ai déclaré le fentanyl illicite comme une arme de destruction massive. Et avec notre nouvelle campagne militaire, nous avons stoppé des quantités record de drogues entrant dans notre pays et pratiquement complètement arrêté l'entrée par voie d'eau ou mer. Vous avez probablement remarqué ça. Nous avons très sérieusement endommagé leur industrie de la pêche. Aussi, plus personne ne veut aller pêcher. Nous avons également abattu l'un des barons de la drogue les plus sinistres de tous. Vous avez vu ça hier.
En janvier, des guerriers d'élite américains ont mené l'un des exploits les plus complexes et spectaculaires de compétence et de puissance militaires de l'histoire mondiale. Personne n'a rien vu de tel. Des dirigeants étrangers – je ne vous dirai pas qui m'a appelé – et ils ont dit "Très impressionnant, très bien." Ils n'en revenaient pas de ce qu'ils avaient vu. Ils ont vu ce qui s'est passé. C'est une force de combat différente de celle que nous avions il y a des années quand nous nous battions pour faire match nul. Vous savez, c'est une grande force de combat. J'en suis si fier. Regardez la Force spatiale. La Force spatiale est mon bébé. Parce que nous l'avons faite, mon bébé. Elle devient tellement importante.
Et les forces armées américaines ont submergé toutes les défenses et non seulement vaincu un ennemi – de bons combattants – pour mettre fin au règne du dictateur hors-la-loi Nicolás Maduro et le traduire en justice américaine. Et ce fut une victoire absolument colossale pour la sécurité des États-Unis. Et cela ouvre aussi un nouveau départ radieux pour le peuple vénézuélien. Nous travaillons en étroite collaboration avec la nouvelle présidente du Venezuela, Delcy Rodríguez, pour débloquer des gains économiques extraordinaires pour nos deux pays et apporter un nouvel espoir à ceux qui ont tant souffert. Ils ont vraiment souffert. Avec nous, ce soir, Alejandra Gonzalez : elle a grandi dans une famille vénézuélienne très unie et était particulièrement proche de son oncle bien-aimé Enrique. Mais après qu'Enrique se soit présenté aux élections et ait opposé Maduro, il a été kidnappé par les forces de sécurité de Maduro et jeté dans la prison vraiment infâme du régime à Caracas. Alejandra craignait de ne jamais revoir son oncle. Elle craignait aussi pour sa propre vie. Mais depuis le raid, nous avons travaillé avec la nouvelle direction, et ils ont ordonné la fermeture de cette prison infâme et ont déjà libéré des centaines de prisonniers politiques, avec d'autres à venir. Alejandra, je suis heureux de vous informer que non seulement votre oncle a été libéré, mais qu'il est ici ce soir. Nous l'avons fait venir pour célébrer sa liberté avec vous en personne. Enrique, s'il te plaît, descends. Merci, Enrique. Passez un bon moment. Content de te revoir, Enrique.
Il y a eu de nombreux héros lors de ce raid de janvier pour capturer Maduro, de très grands héros. C'était très dangereux. Ils savaient que nous venions. Ils étaient prêts.
Mais les actes d'un guerrier cette nuit-là vivront à jamais dans les chroniques éternelles de la valeur militaire. L'adjudant-chef 5 Eric Slover a planifié la mission et était le chef de vol dans le cockpit du premier hélicoptère – un gros, beau et puissant hélicoptère, c'était un Chinook massif transportant, comme vous pouvez l'imaginer, de très, très nombreux combattants américains, portant les plaques d'identité que sa femme Amy avait bénies avec de l'eau bénite avant son départ. Elle savait que ça allait être difficile. Eric a dirigé le Chinook sous le couvert de la nuit et a descendu rapidement la forteresse militaire lourdement protégée de Maduro. C'était une installation militaire majeure protégée par des milliers de soldats et gardée par la technologie militaire russe et chinoise. Comment ça a marché ? Pas très bien.
Alors qu'il se préparait à atterrir, des mitrailleuses ennemies ont tiré de tous les angles et Eric a été touché – très gravement à la jambe et à la hanche. Une balle après l'autre. Il a absorbé quatre tirs atroces, déchiquetant sa jambe en de nombreux morceaux. Et pourtant, malgré le fait que l'usage de ses jambes était vital pour un vol d'hélicoptère réussi – les jambes sont la partie la plus importante pour piloter un hélicoptère – livrer les nombreux commandos qui allaient capturer et détenir Maduro était la seule chose à laquelle Eric pensait. Puis, même alors qu'il perdait du sang, qui refluait dans l'allée centrale – l'hélicoptère atterrit à un angle prononcé – la mitrailleuse se tenait juste devant lui. Ils étaient juste devant lui, deux mitrailleurs qui avaient échappé à la colère des avions précédents. Eric a manœuvré son hélicoptère avec toutes ces vies et ces âmes pour faire face à l'ennemi et laisser ses tireurs éliminer la menace. Il a fait pivoter l'hélicoptère pour que les tireurs puissent s'occuper de l'affaire. Sauvant la vie de ses compagnons d'armes de ce qui aurait pu être un crash catastrophique en plein territoire ennemi.
Ce n'est qu'après avoir atterri en toute sécurité avec tous les guerriers à bord au bon endroit, ce qui était vital pour la mission – nous aurions probablement dû annuler la mission si cela n'était pas arrivé – qu'Eric a dit à son copilote, également blessé, mais pas aussi grièvement, de "prendre le relais, je suis sur le point de m'évanouir". Le succès de toute la mission et la vie de ses compagnons d'armes dépendaient de la capacité d'Eric à supporter une douleur cuisante. C'était incroyable, ce qui est arrivé à ses jambes, des balles – et continuer à voler et atterrir et les gens savaient ce qui se passait. Tout le monde à l'arrière de l'hélicoptère le savait, parce qu'ils voyaient le sang couler dans l'allée. L'adjudant-chef Slover se remet encore de ses graves blessures, mais je suis ravi de dire qu'il est ici ce soir avec sa femme Amy. Eric et Amy, entrez.
Alors nous avons une surprise, Eric et Amy. En reconnaissance des actions d'Eric au-delà de l'appel du devoir, j'aimerais maintenant demander au général Jonathan Braga de remettre à l'adjudant-chef Slover la plus haute distinction militaire de notre nation, la médaille d'honneur du Congrès.
Eh bien, merci beaucoup Eric et Amy. Ravi de vous rencontrer. Je les ai rencontrés, ainsi que beaucoup de leurs compagnons d'armes, récemment à Fort Bragg. Vous avez remarqué le nom, Fort Bragg. Nous l'avons récupéré. Nous l'avons ramené. Nous avons gagné la Première Guerre mondiale avec, la Seconde Guerre mondiale. Et puis ils ont décidé de changer le nom. Mais nous l'avons changé. Tout le monde voulait aussi le changer. Et 10 des compagnons d'armes d'Eric de cette nuit incroyable de victoire recevront également des médailles lors d'une cérémonie privée qui aura bientôt lieu à la Maison-Blanche. Et Eric y sera.
Merci, Eric. C'est une grosse affaire.
Ce soir, nous avons célébré de nombreux patriotes américains vraiment extraordinaires, mais il reste une dernière légende vivante à honorer avant de partir. C'est un autre aviateur américain héroïque : le pilote de chasse de la marine Royce Williams a servi pendant la Seconde Guerre mondiale, la Corée, le Vietnam, effectuant plus de 220 missions. Dans le ciel de Corée en 1952, Royce a participé au combat aérien de sa vie – un combat aérien légendaire – volant dans des conditions de blizzard. Son escadron a été pris en embuscade par sept avions de chasse soviétiques. C'était son premier combat aérien de la guerre. Et malgré le fait d'être massivement en infériorité numérique et en puissance de feu, Royce a mené l'élimination de quatre avions ennemis et a presque détruit les autres, vainquant ses adversaires tout en recevant 263 balles dans son propre avion et en étant grièvement blessé. Son histoire est restée secrète pendant plus de 50 ans. Il ne voulait même pas le dire à sa femme, mais la légende a grandi et grandi. Mais ce soir, à 100 ans, ce brave capitaine de marine reçoit enfin la reconnaissance qu'il mérite. C'était une légende bien avant ce soir. Royce, levez-vous s'il vous plaît et je demanderai à la Première Dame des États-Unis de remettre au capitaine Royce Williams sa médaille d'honneur du Congrès. Merci Royce, et merci Eric.
J'ai toujours voulu la médaille d'honneur du Congrès, mais on m'a informé que je n'ai pas le droit de me la donner à moi-même et je ne saurais pas pourquoi je la prendrais, mais s'ils changent un jour cette loi, je serai là avec vous un jour. Mais vous savez, c'est notre plus grand honneur : la médaille d'honneur du Congrès. Et c'est une grande chose. Et c'est un honneur d'être dans la même pièce que vous. Merci à vous deux, Eric. Merci. Merci.
Deux cent cinquante ans, c'est long dans la vie d'une nation. Mais dans un autre sens, ce n'est vraiment qu'un simple moment à l'échelle de l'histoire. Deux des messieurs que nous avons rencontrés dans la tribune ce soir ont pris leur première respiration il y a un siècle. Cent ans avant cela, le 4 juillet 1826, l'auteur de la Déclaration d'indépendance, le brillant Thomas Jefferson, rendait son dernier souffle. Une seule longue vie humaine sépare les géants qui ont déclaré et gagné notre indépendance des héros qui se tiennent parmi nous ce soir. Tout ce que notre nation a fait, tout ce que nous avons accompli, a été l'œuvre de ces quelques grandes vies. Dans ces brefs chapitres, les Américains ont bâti cette nation à partir de 13 humbles colonies pour en faire le pinacle de la civilisation humaine et de la liberté humaine, la nation la plus forte, la plus riche, la plus puissante et la plus prospère de toute l'histoire. Les Américains se sont aventurés à travers le continent intimidant et dangereux. Nous avons tracé un chemin à travers une nature sauvage impitoyable, colonisé une frontière sans limites, et apprivoisé le magnifique mais très, très dangereux Far West.
À partir de marécages vides et de vastes plaines, nous avons élevé les plus grandes villes du monde. Ensemble, nous avons maîtrisé les industries les plus puissantes du monde et brisé les tyrannies monstrueuses de l'histoire. Et nous avons libéré des millions de personnes des chaînes du fascisme, du communisme, de l'oppression et de la terreur. Les Américains ont élevé l'humanité dans les cieux sur les ailes de l'aluminium et de l'acier. Et puis nous avons lancé l'humanité vers les étoiles sur des fusées propulsées par la pure volonté américaine et l'inflexible fierté américaine. Nous avons câblé le globe avec notre ingéniosité. Nous avons captivé la planète avec la culture américaine. Et maintenant, nous sommes les pionniers des prochaines grandes avancées américaines qui changeront le monde entier.
Tout cela et bien plus encore est l'héritage durable, la gloire inégalée des patriotes travailleurs qui ont construit et défendu ce pays et qui portent encore les espoirs et les libertés sur le dos de toute l'humanité. Pendant des années, ils ont été oubliés, trahis et mis de côté. Mais cette grande trahison est terminée, et ils ne seront plus jamais oubliés.
Parce que quand le monde a besoin de courage, d'audace, de vision et d'inspiration, il se tourne encore vers l'Amérique. Et quand Dieu a besoin d'une nation pour faire ses miracles, il sait exactement à qui demander. Il n'y a pas de défi que les Américains ne puissent surmonter. Pas de frontière trop difficile à conquérir pour nous. Pas de rêve trop audacieux pour que nous le poursuivions. Pas d'horizon trop lointain pour que nous le revendiquions. Car notre destinée est écrite par la main de la providence, et ces 250 premières années n'étaient que le début. Des villes frontalières rugueuses du Texas aux villages du cœur du Michigan, des côtes ensoleillées de la Floride aux champs sans fin du Dakota, et des rues historiques de Philadelphie jusqu'ici, dans notre capitale nationale, Washington D.C. : l'âge d'or de l'Amérique est sur nous. La révolution qui a commencé en 1776 n'est pas terminée. Elle continue toujours, parce que la flamme de la liberté et de l'indépendance brûle encore dans le cœur de chaque patriote américain. Et notre avenir sera plus grand, meilleur, plus brillant, plus audacieux et plus glorieux que jamais.
Merci. Que Dieu vous bénisse. Et que Dieu bénisse l'Amérique.
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27/02/2026
Sony NW-A306 : Nomade et audiophile
Dans un marché dominé par les smartphones et les services de streaming, Sony ose affirmer qu'un baladeur dédié conserve toute sa pertinence en 2023. Avec le NW-A306, le géant japonais ne se contente pas de perpétuer l'héritage mythique du Walkman : il le réinvente pour l'ère moderne. Lancé au prix de 400 euros, ce baladeur audiophile compact se positionne comme le modèle le plus accessible de la gamme actuelle de Sony, tout en promettant une qualité sonore digne des références haut de gamme.
Mais que vaut réellement ce nouveau venu ? Peut-il convaincre les mélomanes exigeants tout en séduisant le grand public ? Entre promesses technologiques et contraintes pratiques, plongeons dans l'univers de ce lecteur qui tente de réconcilier l'audiophilie avec la connectivité moderne.
Le Sony NW-A306 prend le contre-pied des tendances actuelles du marché. Là où la concurrence (Astell & Kern, FiiO, Shanling) mise sur des châssis imposants et des écrans de grande taille, Sony privilégie la discrétion et la portabilité. Avec ses dimensions de 56,5 x 98,4 x 11,8 mm pour un poids plume de 113 grammes, ce baladeur tient aisément dans une poche de chemise ou de pantalon.
Cette compacité assumée ne sacrifie pourtant rien à la qualité de construction. Le châssis en aluminium anodisé, disponible en noir ou bleu clair, respire la solidité et le raffinement. Les flancs élégamment arrondis et facettés, ainsi que le dos sculpté de vaguelettes caractéristiques, témoignent d'un véritable savoir-faire industriel. La prise en main révèle immédiatement la qualité des matériaux et l'attention portée aux finitions.
L'écran tactile TFT de 3,6 pouces (9,14 cm) affiche une définition respectable de 1280 x 720 pixels. Si les noirs ne rivalisent pas avec les dalles OLED des modèles premium, la qualité d'affichage reste tout à fait satisfaisante pour un appareil de cette taille. La luminosité permet une utilisation confortable en extérieur, et la précision du tactile rend la navigation fluide et intuitive.
Les commandes physiques restent minimalistes : des boutons de contrôle direct permettent les opérations essentielles sans passer systématiquement par l'écran, préservant ainsi l'autonomie. Cette approche hybride s'avère judicieuse à l'usage, offrant le meilleur des deux mondes.
Une connectique épurée mais fonctionnelle
Sony fait le choix de la simplicité en matière de connectique. On trouve :
- Un port USB-C (compatible USB 3.2 Gen1) pour la charge et le transfert de données
- Une sortie casque mini-jack 3,5 mm stéréo asymétrique
- Un slot pour carte microSD (jusqu'à 2 To en SDXC)
L'absence de sortie numérique dédiée ou de prise jack symétrique pourra décevoir les audiophiles les plus exigeants. Cependant, cette configuration traduit clairement la philosophie de Sony : créer un baladeur nomade avant tout destiné à l'écoute au casque, et non une source Hi-Fi de salon. Le port USB-C permet toutefois d'utiliser l'appareil comme DAC externe, une fonctionnalité appréciable même si sa mise en œuvre nécessite l'installation d'applications spécifiques (Sony Music Center sur PC, Hi-Res Audio Player sur Mac).
Le cœur audiophile : l'architecture S-Master HX
Le véritable atout du NW-A306 réside dans son architecture audio propriétaire S-Master HX. Cette technologie, peu explicitée par Sony mais particulièrement efficace, repose sur un principe d'amplification Full Digital révolutionnaire : la conversion numérique-analogique et l'amplification ne font qu'un seul étage, le signal restant numérique le plus longtemps possible avant sa conversion finale en bout de chaîne.
Cette approche présente plusieurs avantages décisifs :
- Un taux de distorsion minimal sur toute la bande passante (20 Hz à 40 kHz)
- Un bruit de fond pratiquement inexistant
- Une préservation optimale des détails et des micro-dynamiques
- Une efficacité énergétique supérieure
Contrairement aux architectures traditionnelles utilisant des DAC AKM ou ESS suivis d'étages d'amplification séparés, le S-Master HX offre une cohérence et une pureté de signal remarquables. Cette conception explique en grande partie la signature sonore distinctive des baladeurs Sony.
Le NW-A306 se montre particulièrement généreux en matière de compatibilité. Il prend en charge une impressionnante variété de formats :
Formats compressés avec perte :
- MP3 : 32 à 320 kbps (VBR supporté) / 32, 44,1, 48 kHz
- AAC : 16 à 320 kbps / 8 à 48 kHz
- HE-AAC : 32 à 144 kbps / 8 à 48 kHz
- WMA : 32 à 320 kbps (VBR supporté) / 44,1 kHz
Formats sans compression :
- FLAC : 16 et 24 bits / 8 à 384 kHz
- WAV : 16, 24 et 32 bits (Float/Integer) / 8 à 384 kHz
- Apple Lossless (ALAC) : 16 et 24 bits / 8 à 384 kHz
- AIFF : 16, 24 et 32 bits / 8 à 384 kHz
- APE : 8, 16 et 24 bits / 8 à 192 kHz (Fast, Normal, High)
Formats haute résolution :
- PCM jusqu'à 32 bits / 384 kHz
- DSD : 1 bit / 2,8224 MHz (DSD64), 5,6448 MHz (DSD128), 11,2896 MHz (DSD256)
- MQA : supporté nativement (idéal pour Tidal)
Cette exhaustivité permet d'exploiter pleinement les catalogues des plateformes de streaming Hi-Res comme Qobuz, Tidal ou Amazon Music HD, tout en garantissant la lecture de collections personnelles constituées au fil des années dans différents formats.
Le NW-A306 intègre un module Wi-Fi bi-bande (2,4 et 5 GHz) compatible 802.11 a/b/g/n/ac. Cette connectivité permet non seulement d'accéder aux services de streaming, mais aussi de transférer des fichiers en DLNA depuis un NAS ou un ordinateur du réseau local.
Côté Bluetooth, Sony intègre la version 5.0 avec une palette impressionnante de codecs :
- SBC et AAC (codecs universels)
- aptX et aptX HD (Qualcomm)
- LDAC (propriétaire Sony, jusqu'à 990 kbps)
Le codec LDAC mérite une attention particulière : développé par Sony, il permet une transmission Bluetooth en qualité proche du sans perte, préservant bien mieux les détails qu'un codec SBC classique. La certification Hi-Res Wireless témoigne de cette capacité à maintenir une qualité élevée même en sans fil.
Fait notable : le module Bluetooth du NW-A306 est bi-directionnel. Il peut donc non seulement envoyer de la musique vers un casque Bluetooth, mais aussi recevoir un flux audio depuis un smartphone, une tablette ou un ordinateur, transformant le baladeur en DAC Bluetooth externe.
Stockage et mémoire : le talon d'Achille du système
C'est ici que le bât blesse. Le NW-A306 embarque 32 Go de mémoire interne, dont seulement 18 Go sont réellement disponibles pour l'utilisateur. Le système d'exploitation Android 12 et les applications préinstallées monopolisent près de 14 Go, une proportion particulièrement élevée.
Pour illustrer cette limitation : après avoir chargé une vingtaine d'albums en FLAC haute résolution (24 bits) et une douzaine de titres supplémentaires, il ne reste que 4 Go d'espace libre. Cette capacité devient rapidement insuffisante pour les collectionneurs de fichiers Hi-Res, dont les albums peuvent atteindre plusieurs gigaoctets.
Heureusement, Sony prévoit une extension via carte microSD jusqu'à 2 To (format SDXC supporté). Cette solution, bien que nécessitant un investissement supplémentaire, s'avère indispensable pour exploiter pleinement le potentiel du baladeur. Les cartes microSD de 256 ou 512 Go constituent des choix judicieux, offrant un excellent compromis entre capacité et prix.
Android 12 : la modernité avec ses avantages et ses inconvénients
Le NW-A306 tourne sous Android 12, une version remarquablement récente pour un baladeur audiophile. La plupart des concurrents, même haut de gamme, se contentent d'Android 9 ou 10, quand ils n'utilisent pas un système propriétaire aux performances limitées.
Sony propose ici une version très légèrement modifiée d'Android stock, préservant l'expérience utilisateur familière des smartphones. L'interface reste fluide et réactive, même si le processeur n'est évidemment pas celui d'un flagship moderne. La navigation dans les menus, le lancement des applications et le défilement des listes s'effectuent sans ralentissement notable.
Cette fluidité contraste favorablement avec certains concurrents premium comme l'Astell & Kern Kann Max, pourtant bien plus onéreux, qui souffre de ralentissements frustrants dans les applications de streaming.
L'intégration d'Android 12 offre un accès complet au Google Play Store, permettant de télécharger n'importe quelle application de streaming ou de gestion musicale : Spotify, Tidal, Qobuz, Deezer, Apple Music, Amazon Music, YouTube Music... La liste est infinie.
Cette polyvalence constitue un atout majeur pour ceux qui utilisent plusieurs services ou souhaitent explorer différentes plateformes. L'application Walkman native côtoie ainsi les apps tierces, offrant une flexibilité maximale.
Cependant, cette ouverture présente un revers : Android consomme une part significative de l'espace de stockage et des ressources système. Les 14 Go mobilisés par le système apparaissent comme une ponction excessive sur un appareil dont la mémoire totale ne dépasse pas 32 Go. De plus, certains utilisateurs rapportent une lenteur occasionnelle d'Android, particulièrement lors du premier lancement d'applications ou après une mise à jour système.
Fonctionnalités pratiques et clin d'œil nostalgique
L'interface propose plusieurs modes d'organisation de la bibliothèque : par artiste, album, genre, compositeur, année de sortie, playlists, ou simple navigation par dossiers. Un filtre "Hi-Res" permet d'isoler rapidement les fichiers haute résolution.
Sony a également intégré un économiseur d'écran particulièrement réussi : une animation de cassette audio vintage qui affiche le titre en cours de lecture. Ce clin d'œil à l'ADN historique du Walkman ravira les nostalgiques tout en ajoutant une touche de charme rétro à cet appareil résolument moderne.
L'un des arguments massue du NW-A306 réside dans son autonomie remarquable. Sony annonce des chiffres impressionnants qui se vérifient dans la pratique :
En écoute filaire (mini-jack 3,5 mm) :
- MP3 128 kbps : environ 36 heures
- FLAC 44,1 kHz / 16 bits : environ 36 heures
- FLAC 96 kHz / 24 bits : environ 32 heures
- FLAC 192 kHz / 24 bits : environ 32 heures
- DSD 2,8224 MHz (DSD64) : environ 28 heures
- DSD 5,6448 MHz (DSD128) : environ 22 heures
- DSD 11,2896 MHz (DSD256) : environ 14 heures
En streaming Wi-Fi :
- Environ 26 heures (applications de streaming)
En Bluetooth :
- MP3 avec codec SBC : environ 18 heures
- MP3 avec codec LDAC : environ 10 heures
Ces performances placent le NW-A306 largement en tête de sa catégorie. À titre de comparaison, un smartphone haut de gamme dépasse rarement les 10-15 heures en lecture musicale intensive, et la plupart des baladeurs audiophiles concurrents peinent à atteindre 20 heures.
Cette endurance s'explique par plusieurs facteurs : l'efficacité de l'architecture S-Master HX, l'optimisation d'Android 12 par Sony, et une batterie lithium-ion dimensionnée en conséquence. La recharge complète nécessite environ 3,5 heures via le port USB-C, ce qui reste raisonnable.
Dans la pratique, cette autonomie permet d'envisager sereinement un vol intercontinental (Paris-Tokyo, par exemple) en écoutant de la musique en continu sans craindre la panne sèche. Pour une utilisation quotidienne normale (2-3 heures par jour), une charge hebdomadaire suffit amplement.
Qualités audio : la précision technique au service de la musicalité
L'écoute du NW-A306 révèle immédiatement la philosophie sonore de Sony : privilégier la précision, la neutralité et la fidélité à l'enregistrement original plutôt que la coloration ou l'emphase.
Le baladeur excelle dans la reproduction des détails et des micro-dynamiques. Les petites inflexions du signal, les variations subtiles de timbre, les textures instrumentales complexes sont restitués avec une clarté remarquable. Cette capacité d'analyse confère à l'écoute une dimension presque intransigeante, révélant impitoyablement les défauts d'enregistrement ou de mastering.
La scène sonore respecte un réalisme sans artifice. La profondeur et la séparation des instruments sont excellentes, permettant de suivre aisément chaque élément d'un arrangement complexe. La largeur de la scène reste classique, sans élargissement artificiel, privilégiant une image sonore naturelle et cohérente.
La réponse en fréquence s'étend officiellement de 20 Hz à 40 kHz, dépassant largement les limites de l'audition humaine (20 Hz - 20 kHz). Cette extension dans les ultra-hautes fréquences, caractéristique de l'audio Hi-Res, contribuerait selon certains ingénieurs à préserver la phase et la cohérence temporelle du signal dans la bande audible.
Les graves se montrent précis et contrôlés, sans boursouflure ni excès. Les médiums, zone critique pour la reproduction des voix et de la plupart des instruments acoustiques, affichent une neutralité et une transparence exemplaires. Les aigus restent clairs et étendus sans jamais basculer dans l'agressivité, même à volume élevé.
Cette signature équilibrée conviendra particulièrement aux amateurs de musique acoustique, de jazz, de classique ou de musiques électroniques sophistiquées. Les genres requérant impact et dynamique explosive (metal, EDM, hip-hop très compressé) pourraient sembler légèrement assagis comparé à des appareils à la signature plus "fun".
Traitements audio et personnalisation
Sony intègre une palette complète de traitements numériques :
DSEE Ultimate : Ce traitement phare utilise l'intelligence artificielle pour améliorer les fichiers compressés en temps réel. Il procède à un sur-échantillonnage intelligent et tente de récupérer les fréquences perdues lors de la compression. La version Ultimate apporte des bénéfices particulièrement notables sur les fichiers CD sans perte (16 bits / 44,1 kHz), améliorant la spatialisation et la finesse des transitoires. Ce traitement fonctionne également avec les applications de streaming et même avec les casques Bluetooth, maximisant la qualité perçue quelle que soit la source.
Égaliseur 10 bandes : Permet d'affiner précisément la réponse en fréquence selon les préférences personnelles ou les caractéristiques du casque utilisé.
ClearAudio+ : Mode automatique qui optimise globalement le son en activant plusieurs traitements complémentaires.
Processeur Vinyl : Ajoute la chaleur et les caractéristiques sonores du vinyle aux fichiers numériques, pour ceux qui apprécient cette coloration particulière.
DC Phase Linearizer : Correction de phase pour améliorer la cohérence temporelle.
Dynamic Normalizer : Égalise les niveaux entre différents morceaux.
VPT (Virtual Phone Technology) : Simulation d'ambiances sonores (Studio, Club, Concert Hall, Matrix).
Mode Direct : Désactive tous les traitements pour une restitution bit-perfect du signal source.
Cette richesse fonctionnelle permet d'adapter finement le son à ses préférences ou aux caractéristiques de ses écouteurs. Les puristes apprécieront le mode Direct, tandis que les utilisateurs de fichiers compressés tireront grand profit du DSEE Ultimate.
La sortie casque du NW-A306 délivre un niveau confortable mais sans excès. Elle convient parfaitement aux écouteurs intra-auriculaires et aux casques nomades de sensibilité moyenne à élevée. Les casques très efficaces comme les IEM audiophiles seront pilotés sans difficulté, révélant leur plein potentiel.
En revanche, certains utilisateurs rapportent une réserve de puissance limitée avec les casques exigeants à haute impédance ou faible sensibilité. Les modèles audiophiles sédentaires nécessitant beaucoup d'ampérage ne constituent pas le terrain de jeu idéal du NW-A306. Ce baladeur privilégie clairement la finesse et la pureté à la puissance brute.
Cette orientation se comprend dans le contexte d'un appareil nomade : alimenter efficacement un Sennheiser HD 650 ou un Beyerdynamic DT 990 Pro relève davantage du DAC/ampli de bureau que du baladeur portable. Le NW-A306 assume pleinement son positionnement d'appareil nomade destiné prioritairement aux écouteurs et casques à impédance modérée.
Rapport qualité-prix : un positionnement stratégique
À 400 euros environ (prix constaté entre 387 et 400 euros selon les distributeurs), le NW-A306 se positionne comme l'un des baladeurs audiophiles les plus abordables du marché. Cette stratégie tarifaire s'avère particulièrement agressive comparée à la concurrence :
- Astell & Kern A&norma SR25 MKII : 699-749 euros
- Astell & Kern A&ultima SP2000T : 1999-2399 euros
- FiiO M11 Plus LTD : 599 euros
- Shanling M6 Ultra : 699 euros
Sony propose donc un rapport qualité-prix difficilement battable, démocratisant l'accès à une écoute Hi-Res de qualité. Pour moins de la moitié du prix d'un smartphone premium, on obtient un appareil dédié offrant des performances audio nettement supérieures.
Points forts indéniables :
- Architecture audio S-Master HX unique et performante
- Android 12 moderne et fluide
- Autonomie exceptionnelle (jusqu'à 36 heures)
- Format ultra-compact et bien construit
- Compatibilité exhaustive des formats audio
- Accès au Play Store et aux applications de streaming
- Connectivité complète (Wi-Fi, Bluetooth avec codecs avancés)
- Certification Hi-Res Audio
Concessions nécessaires :
- Mémoire interne limitée (18 Go disponibles)
- Puissance de sortie moyenne
- Absence de sortie numérique dédiée ou jack symétrique
- Écran LCD plutôt qu'OLED
- Lenteur occasionnelle d'Android
Comparaison avec les alternatives
Face à un smartphone haut de gamme à prix équivalent, le NW-A306 offre :
- Une qualité audio nettement supérieure (DAC dédié, amplification optimisée)
- Une autonomie trois à quatre fois plus importante en lecture musicale
- L'absence de notifications parasites et d'interruptions
- Des codecs Bluetooth avancés (LDAC notamment)
- Le support natif des formats DSD et MQA
Face à un baladeur audiophile concurrent :
- Un prix généralement deux fois inférieur
- Android récent vs systèmes propriétaires souvent datés
- Meilleure autonomie dans la majorité des cas
- Format plus compact et portable
Le NW-A306 constitue ainsi le choix rationnel pour qui souhaite s'initier à l'audiophilie nomade ou upgrader significativement son expérience d'écoute sans investissement démesuré.
Les limites et critiques : être lucide avant l'achat
Il convient d'insister sur cette limitation majeure : avec seulement 18 Go disponibles sur les 32 Go annoncés, le stockage interne se révèle rapidement insuffisant. Cette contrainte oblige pratiquement à l'achat d'une carte microSD, ce qui représente un coût supplémentaire non négligeable (50 à 150 euros pour 256 à 512 Go de qualité).
Sony aurait gagné à proposer une version 64 Go, qui aurait offert environ 46 Go disponibles - un volume bien plus confortable. Cette décision de limiter la capacité à 32 Go apparaît comme une économie mal placée sur un produit de cette gamme.
Si Android 12 apporte modernité et flexibilité, il impose aussi ses contraintes. Le système consomme des ressources importantes (processeur, mémoire, batterie) et nécessite des mises à jour régulières. Certains utilisateurs rapportent une lenteur lors du lancement de certaines applications ou après une mise à jour système.
Pour les puristes qui souhaitent simplement écouter leur collection de fichiers locaux sans connexion Internet ni applications tierces, ce système peut sembler superflu voire contre-productif. Un OS plus léger aurait permis de libérer de l'espace de stockage et potentiellement d'améliorer encore l'autonomie.
Comme évoqué précédemment, la sortie casque manque de réserve pour alimenter correctement les casques très exigeants. Les audiophiles possédant des modèles à haute impédance (supérieure à 150 ohms) ou de faible sensibilité devront probablement se tourner vers un amplificateur additionnel ou accepter un volume d'écoute plafonné.
Cette limitation n'empêche pas une utilisation satisfaisante avec 90% des écouteurs et casques du marché, mais elle mérite d'être signalée pour éviter les déceptions.
Les possesseurs de DAC/amplis externes regretteront l'absence d'une sortie numérique dédiée (coaxiale ou optique). Certes, le port USB-C permet d'utiliser le NW-A306 comme source numérique, mais cette solution reste moins élégante et nécessite des applications spécifiques.
De même, l'absence de prise jack symétrique (2,5 mm ou 4,4 mm) limitera l'utilisation avec certains câbles et casques haut de gamme équipés nativement en symétrique.
Si la précision technique du NW-A306 impressionne, certains auditeurs pourront trouver la restitution un peu trop sage, manquant de punch et d'impact sur certains genres musicaux. Cette signature privilégie l'équilibre et la neutralité au détriment d'une certaine vitalité et spontanéité.
Les amateurs de rock énergique, de metal ou d'électro dynamique pourraient préférer des appareils à la signature plus expressive, même au prix d'une moindre neutralité. C'est une question de goût personnel, mais elle mérite d'être considérée selon son répertoire musical favori.
Pour qui et pourquoi choisir le NW-A306 ?
Le mélomane nomade : Vous passez beaucoup de temps dans les transports ou en déplacement et souhaitez profiter d'une qualité d'écoute optimale avec vos écouteurs ou casque portable. L'autonomie exceptionnelle et le format compact du NW-A306 en font le compagnon idéal.
L'abonné au streaming Hi-Res : Vous êtes abonné à Qobuz, Tidal HiFi Plus ou Amazon Music HD et souhaitez exploiter pleinement ces catalogues sans vider la batterie de votre smartphone. L'intégration d'Android 12 et le support des codecs avancés vous offrent une expérience optimale.
Le néophyte curieux de l'audiophilie : Vous souhaitez découvrir ce que signifie vraiment l'audio haute-fidélité portable sans investir immédiatement dans les références à quatre chiffres. Le NW-A306 constitue une porte d'entrée idéale, offrant un aperçu crédible des possibilités de l'audiophilie nomade.
Le pragmatique au budget maîtrisé : Vous recherchez le meilleur rapport qualité-prix sans compromis excessif sur les performances. À 400 euros, le NW-A306 offre un package complet difficile à égaler.
Quand envisager d'autres options ?
Si vous possédez des casques très exigeants : Les modèles à haute impédance nécessitent plus de puissance que ce que peut fournir le NW-A306. Orientez-vous vers des baladeurs plus costauds (FiiO M11 Plus, Astell & Kern SR35) ou ajoutez un amplificateur portable.
Si vous refusez toute concession sur le stockage : Les modèles concurrents offrent parfois 64 Go voire 128 Go de base. Si l'ajout d'une carte microSD vous rebute, regardez du côté du FiiO M11S ou des Shanling avec stockage supérieur.
Si vous recherchez une signature sonore plus "fun" : Les baladeurs FiiO proposent généralement un son plus coloré, avec plus d'impact et de dynamisme. C'est une question de préférence personnelle.
Recommandations et conseils d'utilisation
Investissez dans une carte microSD de qualité : Une SanDisk Extreme ou Samsung EVO Plus de 256 ou 512 Go maximisera votre confort d'utilisation sans vous ruiner.
Privilégiez les écouteurs et casques de sensibilité moyenne à élevée : Le NW-A306 excelle avec les IEM audiophiles (Moondrop, FiiO, Campfire Audio...) et les casques nomades type Sony WH-1000XM5, Sennheiser Momentum 4, etc.
Expérimentez avec le DSEE Ultimate : Ce traitement peut vraiment améliorer la qualité perçue du streaming en qualité standard. N'hésitez pas à l'activer lors de vos écoutes Spotify en haute qualité.
Utilisez le mode Direct pour vos meilleurs fichiers : Vos enregistrements FLAC 24 bits ou DSD méritent une restitution bit-perfect, sans aucun traitement. Le mode Direct est fait pour cela.
Gérez intelligemment votre bibliothèque : Profitez du Wi-Fi et du DLNA pour accéder à votre NAS ou serveur musical à la maison, sans avoir à tout stocker localement.
Le Sony NW-A306 incarne la vision actuelle de Sony pour l'audiophilie nomade : allier qualité sonore, connectivité moderne, autonomie record et format ultra-compact, le tout à un prix démocratique. Ce pari, audacieux sur un marché devenu confidentiel, est globalement réussi. L'architecture audio S-Master HX démontre une fois de plus son excellence, offrant une signature technique, équilibrée et détaillée qui séduira les mélomanes exigeants. L'intégration d'Android 12, loin d'être un gadget, apporte une vraie valeur ajoutée en termes de flexibilité et de modernité, même si elle grève le stockage disponible.
Les concessions existent - stockage interne limité, puissance de sortie moyenne, absence de connectique symétrique - mais elles apparaissent acceptables au regard du positionnement tarifaire. À 400 euros, ce baladeur offre un niveau de performances et de fonctionnalités qui nécessiterait un investissement double, voire triple, chez la plupart des concurrents.
L'autonomie phénoménale constitue peut-être l'argument le plus convaincant pour les utilisateurs nomades : pouvoir écouter de la musique Hi-Res pendant plus d'une journée complète sans recharge change radicalement l'expérience d'usage. Cette endurance, combinée au format de poche et à la qualité de construction, fait du NW-A306 un compagnon de route idéal.
Sony prouve avec ce modèle que le baladeur audiophile dédié conserve toute sa pertinence en 2025. Face à l'hégémonie des smartphones et à leurs compromis inévitables (batterie partagée entre multiples usages, optimisations audio limitées, distractions permanentes), un appareil spécialisé comme le NW-A306 offre une expérience d'écoute incomparablement plus satisfaisante.
Le verdict est donc clair : si vous cherchez à améliorer significativement votre expérience d'écoute nomade sans exploser votre budget, le Sony NW-A306 représente actuellement l'un des meilleurs choix du marché. Il ne révolutionnera pas l'audiophilie, mais il rend accessible à un large public ce qui était réservé il y a peu aux amateurs fortunés. Et c'est peut-être là sa plus belle réussite.
Testé avec :
Sara Gioeilli, Gioielli neri (Amazon Music, Spotify, Apple Music...):
Gioielli Neri se présente d’abord comme un petit bijou d’intimité musicale : un album récent (sorti en 2025) dont la poésie tient autant aux mots qu’à l’atmosphère sonore. Il s’agit d’un projet personnel, composé de huit pistes qui oscillent entre chansons courtes et plages plus développées, où la voix se donne souvent à nu, portée par des arrangements sobres. La sortie est référencée sur les grandes plateformes de streaming et distribution (Apple Music, Spotify, Amazon Music), ce qui confirme qu’il s’agit d’une parution officielle et cohérente dans la carrière de l’artiste.
L’interprète, Sara Gioielli, est au centre du propos : auteure-compositrice et voix principale de l’album, elle signe une écriture qui mise sur l’intime et la tension émotionnelle plutôt que sur la surenchère instrumentale. Son approche, selon plusieurs chroniques, privilégie la clarté de l’expression — des textes visceraux, une diction contrôlée et une sensibilité qui s’exprime dans des nuances plus que dans de grands envols dramatiques. L’album est présenté comme un premier « chapitre » discographique où l’artiste explore sans se plier à la mode, faisant vivre chaque chanson comme un micro-récit.
La structure et le contenu : Gioielli Neri comprend huit titres — dont les pièces « Gioielli Neri » (titre éponyme), « Paramia », « Dove Sei? », « Anche Di Giorno », « Dormi 8 », « Aspettami Altrove », « Chimera » et « Che Gelosia Il Mare » — qui forment un parcours cohérent d’environ quelques dizaines de minutes au total. Les durées varient mais la plupart des titres restent dans une forme compacte (de l’ordre de 2 à 5 minutes), ce qui donne à l’ensemble une respiration intime, presque chambriste. Cette économie de moyens confère au disque une attention portée aux timbres (la voix, le piano, quelques textures) et au récit intime que chaque chanson porte.
Qualités musicales et artistiques — ce qui fait la valeur de l’album :
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Intimité et immédiateté : la production laisse beaucoup d’espace autour de la voix ; on perçoit les inflexions, les respirations, les petites inflexions qui humanisent l’interprétation. Cela crée une proximité affective rare, qui transforme l’écoute en une conversation à mi-voix.
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Sobriété et finesse des arrangements : loin d’une orchestration dense, la plupart des morceaux misent sur le piano ou sur des nappes discrètes — choix qui met en valeur l’écriture et la mélodie sans les masquer. Cette économie instrumentale sert l’émotion plutôt que l’ostentation.
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Cohérence thématique : le fil conducteur est celui du sentiment à découvert — nostalgie, attente, jalousie, désir — exploré sous plusieurs angles, ce qui donne à l’album une unité dramatique.
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Production moderne mais chaleureuse : la prise de son privilégie la clarté et la présence, ce qui rend l’album compatible aussi bien avec une écoute attentive sur casque qu’avec une diffusion domestique soignée.
Pourquoi Gioielli Neri s’écoute bien sur casque (et donc pourquoi un bon lecteur portable compte) : l’album gagne énormément lorsque l’on peut entendre les détails fins — microdynamique de la voix, attaque du piano, résonances subtiles dans l’espace sonore. Sur des systèmes basiques, ces détails s’écrasent ; sur un équipement plus neutre et résolu, ils resurgissent et racontent une partie du disque qui sinon serait cachée. Le rôle du lecteur devient donc double : restituer la texture de la voix et préserver la dynamique sans colorer excessivement le registre grave ou aigu.
Le NW-A306 est un baladeur numérique « Walkman » de la gamme Sony A-series qui supporte les formats hi-res, DSD et propose des traitements audio propriétaires (S-MASTER HX, DSEE Ultimate, prise en charge LDAC pour le sans fil). Sa grande force est de proposer une restitution claire, détaillée et équilibrée, avec une bonne tenue des timbres et une scène sonore qui reste lisible malgré la sobriété des arrangements. Ces caractéristiques correspondent exactement aux besoins d’un album comme Gioielli Neri, où l’on cherche avant tout la transparence de la voix et la finesse des harmoniques du piano.
Points pratiques où le NW-A306 aide l’écoute :
• Support hi-res et DSD : si vous disposez des fichiers en qualité supérieure (FLAC 24-bit, DSD), le NW-A306 les lira fidèlement, révélant davantage de microdétails dans la voix et les couleurs du piano. Cela intensifie l’immersion émotionnelle.
• Amplification et puissance : l’appareil fournit une puissance suffisante pour la plupart des casques nomades, ce qui permet à la voix de garder présence et définition sans saturation sur transitoires.
• Codecs Bluetooth haute qualité : si vous préférez une écoute sans fil, la compatibilité LDAC offre une restitution Bluetooth supérieure à la moyenne, limitant ainsi la perte de détails.
• Traitements intelligents : les outils Sony (DSEE, etc.) peuvent remonter la richesse spectrale des fichiers compressés, utile si vous n’avez pas la version hi-res mais voulez néanmoins une écoute plus riche. Attention : ces traitements modifient le signal et ne remplacent pas un vrai fichier hi-res.
Conseils d’écoute concrets pour tirer le meilleur parti du disque avec notre NW-A306 :
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Préférez les fichiers les plus qualitatifs (FLAC 24-bit / 96 kHz ou les versions disponibles en hi-res) : la différence se perçoit surtout sur les respirations et la résonance du piano.
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Utilisez un casque neutre et précis (ou des écouteurs intras de qualité) plutôt qu’un casque très « coloré » : l’album s’appuie sur la finesse, pas sur des basses profondes.
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Évitez les égaliseurs excessifs : laissez la courbe naturelle s’exprimer ; si vous ajustez, concentrez-vous sur une légère atténuation des extrêmes seulement si l’on cherche à corriger un casque particulier.
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Essayez LDAC avec des écouteurs compatibles pour une écoute sans fil très proche d’une écoute câblée, surtout si vous êtes en déplacement.
Gioielli Neri est un disque d’intimité maîtrisée où la voix de Sara Gioielli est l’objet central : poésie, nuance et économie instrumentale forment un tout cohérent. Pour qui veut entendre le disque dans son détail émotionnel, un lecteur comme le Sony NW-A306 est un allié pertinent : sa capacité à lire des fichiers hi-res, sa restitution équilibrée, et ses options sans fil de haute qualité permettent de révéler la subtilité des timbres et la profondeur des silences. En bref, l’association artiste/album — équipement/lecteur — est naturelle : l’un met l’émotion à nu, l’autre s’efforce de la reproduire sans l’altérer.
Cotatcha Orchestra – Bigbandová elektronika / Bigband Electronics - Label bigroundrecords
Le 16-soufflants et percussions du big band Cotatcha Orchestra (dirigé par Jiří Kotača) livrent en 2020 un album audacieux intitulé Bigbandová elektronika (parfois référé « Bigband Electronics ») : un mariage très réussi entre le répertoire du grand orchestre de jazz et des sonorités électroniques modernes. Le disque propose neuf compositions — telles « Sen Sei », « Billy’s Pilgrimage » (avec la chanteuse Lenka Dusilová), « Modal Song », « A Very Old Lady Driving a Ferrari » — qui circulent entre les ambiances cinématiques, le groove big band classique, et des textures ambient/trap subtilement intégrées. Selon une critique, « Bigbandová elektronika / Big Band Electronics est un maître-chef ; déjà parce que (…) l’électronique est dosée comme un assaisonnement et non comme une démonstration de virtuosité gratuite. »
L’orchestre a pour origine la scène jazz de Brno, fondé par Jiří Kotača, qui tout en restant ancré dans la tradition des big bands a voulu « jouer une musique d’orchestre inhabituel et originale ».
Au-delà du simple crossover, cet album séduit par sa clarté de production, par un très bon équilibre entre les cuivres, les bois, les percussions et l’électronique, et par une écriture qui permet aux solistes d’exister sans être écrasés par le concept. Le rendu met en valeur l’articulation, la dynamique, les effets spatiaux de l’électronique. Une écoute attentive révèle de nombreux petits détails — respirs, attaques, effets subtils — ce qui fait de ce disque un excellent candidat pour un matériel audio de qualité.
Si vous disposez d’un lecteur comme le Sony NW-A306, vous pourrez profiter pleinement de la large palette sonore : les sections de cuivres auront du corps, l’électronique gardera sa finesse, et la dynamique pourra s’exprimer pleinement. En mobilité ou sur casque haut de gamme, l’équilibre est bon et l’image stéréo est suffisamment ample pour restituer l’ambiance grand orchestre + texture moderne.
Emerson, Lake & Palmer – Brain Salad Surgery -
- Label : Bmg Rights Management
- ASIN : B01JY0A2M2
Le mythique trio britannique Emerson, Lake & Palmer (Keith Emerson, Greg Lake, Carl Palmer) propose en décembre 1973 l’album Brain Salad Surgery, quatrième album studio du groupe. Il y renouvelle son mélange de rock progressif virtuose, de claviers modulaires, de longs mouvements orchestraux et de pièces plus concises. L’album s’ouvre par « Jerusalem », adaptation d’un hymne britannique, se poursuit avec « Toccata » (adaptation d’un concerto de Ginastera), puis « Still…You Turn Me On», « Benny the Bouncer», et surtout la longue suite « Karn Evil 9 » décomposée en trois impressions — un moment emblématique du prog-rock.
La pochette elle-même, signée du célèbre artiste suisse H. R. Giger, contribue à l’aura visuelle de l’album. D’un point de vue sonore et artistique, l’album se distingue par sa capacité à marier densité instrumentale, effets électroniques — notamment via le Moog Apollo (premier synthé polyphonique) — et sens du spectacle presque cinématique. Certains critiques, à sa sortie, l’ont jugé un peu excessif, mais il est aujourd’hui largement reconnu comme un jalon du genre.
Pour un lecteur comme le Sony NW-A306, ce type d’album exige une restitution fidèle de la dynamique, des contrastes entre passages délicats et attaques puissantes, et une scène sonore capable de donner la sensation d’espace et de mouvement. Le lecteur, s’il lit une version remasterisée de qualité ou un fichier hi-res, permettra de percevoir les textures des claviers modulaires, la profondeur de la batterie, le détail de la voix de Lake. Sur casque ou écoute nomade haut de gamme, la richesse de cet enregistrement se révèle pleinement : les transitions larges, le souffle du synthé, les effets spatiaux, tout cela gagne à être écouté sans compression excessive.
Air – 10 000 Hz Legend (2021 Remaster) - Label Virgin
Le duo français Air (Jean-Benoît Dunckel & Nicolas Godin) revient sur son album paru à l’origine en 2001 et réédité en 2021 dans une version remasterisée (et parfois audio spatial) sous le titre 10 000 Hz Legend (2021 Remastered). L’album mêle musiques électroniques atmosphériques, textures organiques (harpe, guitare, basse, piano, harmonica) et collaborations vocales (par exemple de Lisa Papineau, de Beck, ou d’une soprano Elin Carlson) : le tout présente une esthétique de rêve, un peu plus sombre et plus expansive que leurs œuvres antérieures (comme Moon Safari). La version 2021 poursuit cette ambition via le mixage « 3D » de l’ingénieur Bruce Keen, offrant une spatialisation accrue et un rendu sonore en Dolby Atmos.
Les qualités artistiques résident dans l’équilibre entre mélodie limpide, ambiance immersive, et sophistication sonore. Les pistes regorgent de couches subtiles de synthèse, de traitements de voix, mais aussi d’instruments acoustiques délicats, ce qui rend l’album bien adapté à une écoute attentive et de haute qualité. Le remaster ajoute un souffle renouvelé à l’œuvre, ouvrant encore davantage les détails et la profondeur.
Avec un lecteur comme le Sony NW-A306, on peut pleinement apprécier cet album : tout d’abord dans sa version hi-res (si disponible) pour maximiser la richesse des textures. Ensuite, la scène sonore étant vaste et la spatialisation importante, un bon casque ou une écoute sans fil de qualité (via LDAC) permet de ressentir l’aération, le placement des instruments et la profondeur de l’espace. Le lecteur doit restituer une dynamique suffisante (pour les transitoires percutantes), une bonne définition des détails, et un équilibre tonal permettant aux graves, médiums et aigus d’avoir chacun leur espace. En mobilité ou à domicile, cet album remasterisé devient une expérience immersive même en écoute solo.
Giuseppe Verdi – Attila (Muti, 1989 EMI)- Label EMI Classic
L’opéra Attila de Giuseppe Verdi (créé en 1846) est brillamment proposé ici dans une version studio dirigée par Riccardo Muti, enregistrée en 1989 à Milan pour le label EMI. Le plateau vocal compte notamment Samuel Ramey (Attila), Cheryl Studer (Odabella), Giorgio Zancanaro (Ezio) parmi d’autres. Le chef d’orchestre adopte une approche rigoureuse : respect du texte de Verdi, tempos cohérents, grande clarté dramatique. Selon certains critiques, cette version « tendue et vive » permet de faire entendre un Attila moins « bruyant » qu’on ne l’avait longtemps cru, et de mettre en lumière la richesse orchestrale et les chœurs peut-être un peu sous-estimés de l’œuvre.
Côté interprétation, l’orchestre et le chœur de la Orchestra del Teatro alla Scala et du chœur s’investissent pleinement ; la direction de Muti privilégie la cohésion dramatique, le poids orchestral sans sacrifier la clarté de la ligne vocale. Quelques réserves sont parfois exprimées quant à la prise de son (quelque peu distante) ou à certains solistes, mais l’ensemble reste convaincant.
Si vous abordez cet enregistrement avec le Sony NW-A306, vous bénéficierez d’une belle restitution d’opéra : l’investissement de l’appareil dans la dynamique, la profondeur d’image, la fidélité des timbres vocaux et instrumentaux sont des atouts. Pour l’opéra, l’écoute se prêtant à casque ou installation dédiée, ce lecteur permet de discerner les chœurs, les plans orchestraux, les voix solistes dans leur contexte, sans le risque d’un écrasement des détails. En particulier, les moments de transition (rapides passages, percussions, cuivres, chœur) nécessitent une réponse transitoire rapide de l’appareil, ce que le NW-A306 propose. Autre point : la version numérique ou remastérisée que vous aurez mérite une restitution de type « écoute attentive », et ce lecteur convient parfaitement à cela.
En résumé : une version d’opéra classique menée par un chef de premier plan, exprimant tout le potentiel dramatique de Verdi — une belle pièce à avoir dans sa collection, et encore davantage si l’on dispose d’un lecteur capable d’en tirer les nuances.
Portait, Samara Joy.
- Label : Universal Music
- ASIN : B0DDV273YB
À seulement 24 ans, Samara Joy, originaire du Bronx, s'est imposée comme une voix majeure de sa génération, cumulant les récompenses, dont un Grammy pour le Best New Artist et un autre pour le Best Jazz Vocal Album. Son troisième album, Portrait, paru chez Verve Records, marque une étape décisive dans son évolution. Loin de se cantonner au rôle d'interprète, elle y endosse celui de co-productrice, d'arrangeuse et de parolière, notamment sur des compositions de Charles Mingus et de son mentor Barry Harris.
Enregistré en seulement trois jours au mythique Van Gelder Studio – berceau d'albums historiques comme A Love Supreme de John Coltrane – l'album capture l'alchimie live de son octet de tournée. La presse spécialisée salue un travail « impressionniste », où sa voix « riche et expressive » dialogue intimement avec les cuivres et la section rythmique, créant une toile sonore à la fois sophistiquée et profondément émouvante. Nuances, souffle, harmoniques et intimité du chant sur Autumn Nocturne, Séparation et placement précis de chaque instrument dans l'espace stéréo avec Reincarnation of a Lovebird, Captation du "punch" et des micro-variations d'une session en studio légendaire sur No more Blues, de l'introspection à la joie pure, nécessitant un équipement neutre et expressif enfin sur Now and Then (In Remembrance Of…).
Face à la richesse de cet album, le Sony NW-A306 n'est pas un simple lecteur, mais un véritable interprète. Sa philosophie technique est entièrement dédiée à la restitution fidèle et immersive. L'amplificateur numérique S-Master HX, une technologie propriétaire de Sony qui limite fortement les distorsions et offre une clarté exceptionnelle sur toute la plage des fréquences. Cette « sonorité technique et équilibrée » est cruciale pour percevoir la texture de la voix de Samara Joy et la netteté des attaques de piano ou de contrebasse. De plus, sa sortie mini-jack 3.5 mm est parfaitement adaptée à la majorité des écouteurs et casques légers, la cible privilégiée de cet appareil conçu pour le nomadisme.
Spécifications techniques complètes
Dimensions et poids :
- Dimensions : 56,5 × 98,4 × 11,8 mm
- Poids : 113 grammes
Écran :
- Type : TFT LCD tactile
- Taille : 3,6 pouces (9,14 cm)
- Définition : 1280 × 720 pixels (HD)
Stockage :
- Mémoire interne : 32 Go (environ 18 Go disponibles)
- Extension : microSD/SDXC jusqu'à 2 To
Architecture audio :
- DAC/Ampli : S-Master HX (Full Digital)
- Bande passante : 20 Hz - 40 kHz
- Formats supportés : MP3, AAC, HE-AAC, WMA, FLAC, WAV, ALAC, AIFF, APE, DSD (jusqu'à 11,2 MHz), PCM (jusqu'à 384 kHz / 32 bits), MQA
Connectivité :
- Wi-Fi : 802.11 a/b/g/n/ac (2,4 et 5 GHz)
- Bluetooth : 5.0 (SBC, AAC, aptX, aptX HD, LDAC)
- USB : USB-C (USB 3.2 Gen1)
- Sortie audio : mini-jack 3,5 mm stéréo
Batterie et autonomie :
- Type : Lithium-ion intégrée
- Autonomie en lecture locale : 28 à 36 heures (selon format)
- Autonomie en streaming : environ 26 heures
- Autonomie Bluetooth : 10 à 18 heures (selon codec)
- Temps de charge : environ 3,5 heures
Système d'exploitation :
- Android 12 avec Google Play Store
Certifications :
- Hi-Res Audio
- Hi-Res Audio Wireless
Traitements audio :
- DSEE Ultimate (AI)
- Égaliseur 10 bandes
- ClearAudio+
- Processeur Vinyl
- DC Phase Linearizer
- Dynamic Normalizer
- VPT (ambiances virtuelles)
Prix de lancement :
- 400 euros (prix constaté : 387-400 euros selon distributeurs)
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19/02/2026
La Spectralisation de l'Angoisse

Ποταμῷ οὐκ ἔστιν ἐμπήσειν δὶς τῷ αὐτῷ,
On ne se baigne jamais deux fois dans le même fleuve
Héraclite
I
Le spectacle ne meurt pas ; il mute. Ce qui fut organisation de l'apparence pour produire l'assentiment par l'éblouissement devient aujourd'hui orchestration de la terreur pour obtenir la soumission par le tremblement. La séparation achevée ne se contente plus de transformer le vécu en représentation ; elle fait de l'angoisse elle-même la substance du lien social. Là où régnait autrefois la promesse illusoire de l'abondance, s'installe désormais la menace permanente de l'effondrement.
L'économie spectaculaire, parvenue à son stade terminal, découvre que la fascination pour la marchandise s'épuise. Le désir fabriqué rencontre ses limites matérielles et psychiques. Les vitrines, même infiniment renouvelées, ne suffisent plus à capter l'attention fragmentée des spectateurs épuisés. Mais le spectacle ne capitule jamais ; il se réinvente. Puisque l'adhésion par l'enchantement faiblit, il faut obtenir l'obéissance par l'effroi. Le sujet qui ne consent plus à être consommateur consentira à être survivant.
Cette métamorphose ne relève d'aucune conspiration cachée, mais d'une logique immanente au système de domination spectaculaire. Lorsque l'accumulation marchande ne peut plus se légitimer par ses promesses de jouissance, elle doit se justifier par la protection qu'elle prétend offrir. Le pouvoir séparé, qui organisait hier les satisfactions, administre aujourd'hui les menaces. La gestion des populations bascule de l'incitation à la consommation vers la gestion de la survie collective.
II
L'angoisse climatique constitue le paradigme parfait de cette mutation. Non que la perturbation des équilibres écologiques soit imaginaire — elle procède directement de la production industrielle que le spectacle a mondialisée — mais sa mise en spectacle obéit à une économie politique de la peur. L'apocalypse environnementale fonctionne comme horizon permanent, suffisamment proche pour justifier toute mesure d'urgence, suffisamment lointaine pour ne jamais advenir tout à fait.
Le compte à rebours est devenu la figure centrale de ce nouveau régime d'images. Douze ans, dix ans, huit ans avant le point de non-retour : la temporalité catastrophiste remplace la temporalité progressiste qui structurait l'ancien spectacle. Là où celui-ci promettait un futur radieux par l'accumulation de marchandises, celui-là brandit un futur inhabitable que seule l'obéissance présente peut conjurer. Dans les deux cas, le présent vécu se trouve confisqué au profit d'une projection qui légitime la passivité.
La jeunesse spectacularisée pleure rituellement devant les caméras sa planète mourante. Ces larmes constituent un spectacle dans le spectacle : l'angoisse exhibée devient preuve de conscience, et la conscience ainsi démontrée dispense de toute action véritable. Car l'action, dans ce théâtre de l'angoisse, se réduit précisément à la participation aux cérémonies de la peur collective. Manifester son effroi, c'est déjà agir. Le ressenti affiché remplace la transformation effective.
Les dirigeants séparés, réunis dans leurs sommets internationaux, miment la préoccupation dans une chorégraphie soigneusement réglée. Ils arrivent en jets privés pour parler de sobriété, échangent des engagements chiffrés qui ne seront jamais tenus, puis repartent en ayant consolidé leur légitimité de gestionnaires de la catastrophe annoncée. Le spectacle climatique ne vise pas à résoudre la crise écologique, mais à en faire le fondement d'une gouvernementalité renouvelée.
Cette gouvernementalité exige du spectateur-citoyen qu'il intériorise la culpabilité. Chaque geste quotidien devient potentiellement criminel : le trajet en voiture, le repas carné, le chauffage en hiver. La responsabilité de la destruction écologique, qui incombe structurellement à l'organisation spectaculaire-marchande de la production, se trouve atomisée et redistribuée sur les individus séparés. Chacun doit expier par des gestes symboliques — trier ses déchets, acheter « vert », réduire son « empreinte » — ce que le système produit globalement.
III
L'épisode sanitaire de 2020-2022 a représenté le laboratoire grandeur nature de cette gestion par la terreur. Une maladie réelle, dont la létalité concernait principalement les personnes très âgées et déjà fragilisées, fut transformée en menace existentielle absolue justifiant la suspension de toute vie sociale normale. Le spectacle sanitaire atteignit alors une intensité inédite : chaque individu devint potentiellement mortel pour tout autre, et cette létalité supposée légitima l'assignation à résidence de populations entières.
La peur ne fut pas spontanée mais méthodiquement fabriquée. Les images de cercueils défilant en boucle, les chiffres quotidiens de décès martelés comme des incantations, les experts défilant sur les plateaux pour prophétiser des hécatombes : tout concourut à produire l'état d'exception psychique nécessaire à l'acceptation de mesures qui, quelques mois auparavant, auraient été rejetées comme relevant du despotisme. Le confinement généralisé, impensable dans les sociétés prétendument libérales, s'imposa comme évidence sanitaire.
Ce qui frappe rétrospectivement, c'est la simultanéité mondiale de cette réponse. De Melbourne à Milan, de Toronto à Tel-Aviv, les mêmes protocoles furent appliqués avec des variations mineures, comme si une partition unique était interprétée sur tous les continents. Cette synchronisation spectaculaire révéla l'existence d'une infrastructure de pouvoir transnational capable de coordonner la panique et d'uniformiser les comportements à l'échelle planétaire.
Le masque devint le symbole parfait de cette mutation. Objet hygiénique d'efficacité discutable pour la population générale, il fonctionnait excellemment comme signe d'adhésion au récit sanitaire. Porter le masque manifestait la soumission à l'injonction collective, la reconnaissance de la menace officielle, l'acceptation de la transformation de chaque corps en vecteur potentiel de mort. Inversement, le refus du masque signalait l'hérésie, la dissidence, le refus de communier dans la peur partagée.
La vaccination de masse contre un virus à la mortalité stratifiée par âge et comorbidités fut présentée comme devoir citoyen absolu. Non seulement chacun devait se faire injecter un produit expérimental, mais l'injection devint condition d'accès à l'espace social. Le « passe sanitaire » instaura un régime de ségrégation médicale où les corps certifiés conformes pouvaient circuler, tandis que les autres se voyaient exclus des lieux de vie collective. Cette biopolitique spectaculaire franchit un seuil : le corps individuel cessait d'appartenir à l'individu pour devenir propriété de la collectivité sanitaire gérée par l'État.
Toute interrogation sur la proportionnalité des mesures, toute critique de leur efficacité, toute mise en doute de la narratif officiel furent immédiatement qualifiées de « complotisme ». Ce terme magique permettait de disqualifier toute pensée critique sans avoir à y répondre. La société du spectacle atteignait là sa perfection : la réalité était devenue indiscutable parce que spectaculaire, et le spectacle indiscutable parce qu'identifié à la réalité elle-même. Contester le spectacle sanitaire revenait à nier la maladie, donc à vouloir la mort d'autrui.
Ce qui survécut à la pandémie ne fut pas un bilan critique de cette gestion catastrophique, mais la normalisation des outils de contrôle expérimentés durant cette période. Le traçage numérique, la surveillance sanitaire, l'exclusion des non-conformes, la restriction de la mobilité : autant de procédures désormais disponibles dans la boîte à outils du pouvoir séparé, prêtes à être réactivées lors de la prochaine « urgence ».
IV
Le conflit ukrainien a fourni un autre terrain d'expérimentation à cette gestion par la peur, cette fois sur le registre géopolitique. Une guerre régionale, certes brutale mais comparable à d'autres conflits contemporains largement ignorés, fut érigée en confrontation manichéenne absolue entre le Bien démocratique et le Mal autoritaire. La nuance devint trahison, l'analyse devint complaisance, la contextualisation historique devint propagande hostile.
Le régime de Kiev, autoritaire et oligarchique, corrompu et répressif envers ses minorités et ses opposants, fut miraculeusement transfiguré en bastion de la civilisation occidentale. Ses dirigeants, hier encore dénoncés pour leurs dérives, devinrent héros immaculés qu'il fallait aduler sans réserve. Toute mention de l'histoire complexe de l'Ukraine, de ses fractures internes, du rôle des formations néo-nazies intégrées dans son appareil sécuritaire, de l'expansion de l'OTAN comme facteur de déstabilisation : tout cela fut effacé par le spectacle d'une nation martyre incarnant les « valeurs » occidentales.
L'adhésion à cette narratif devint obligatoire. Les drapeaux ukrainiens fleurirent sur les façades officielles, les réseaux sociaux incorporèrent les couleurs bleu et jaune dans leurs logos, les célébrités se photographièrent en tenue militaire folklorique. Ce spectacle de solidarité performative ne coûtait rien aux performeurs mais signalait leur appartenance au camp du Bien. Comme toujours dans le spectacle, l'apparence de l'engagement dispensait de l'engagement réel.
La peur nucléaire fut réactivée, ressuscitant les angoisses de la Guerre froide pour une génération qui ne les avait pas connues. Le risque d'escalade atomique, réel mais savamment instrumentalisé, servit à justifier un soutien inconditionnel au régime ukrainien : toute critique, toute suggestion de négociation devenait « munichoise », appeasement face au nouvel Hitler. L'invocation de 1938 fonctionna comme elle fonctionne toujours dans le spectacle : en bloquant la réflexion par l'analogie émotive.
Ce qui apparaît avec ce conflit, c'est la capacité du spectacle à fabriquer des identifications passionnelles instantanées. Des populations qui hier ignoraient tout de l'Ukraine se découvrirent « toutes ukrainiennes », prêtes à accepter les conséquences économiques du conflit — inflation, pénuries énergétiques — au nom d'une solidarité abstraite avec un pays dont elles ne savaient rien quelques mois auparavant. Le spectacle avait réussi à transformer un conflit géopolitique complexe en mélodrame moral où chacun devait choisir son camp.
L'alternative présentée était simple : soutenir Kiev inconditionnellement ou être objectivement complice de Moscou. Comme toujours, le spectacle fonctionne par dichotomies manichéennes qui excluent toute position tierce. Analyser les responsabilités multiples dans le déclenchement du conflit, critiquer simultanément l'invasion russe et le bellicisme occidental, refuser de choisir entre deux impérialismes : ces positions devenaient impensables dans l'espace spectaculaire.
V
Le terrorisme a toujours été le complément nécessaire du spectacle de la sécurité. Les attentats meurtriers, réels dans leur horreur, fonctionnent comme moments de resserrement de la communauté spectaculaire autour de ses symboles et de ses interdits. L'émotion collective, soigneusement orchestrée, permet de légitimer l'extension continue de l'appareil sécuritaire et la restriction corrélative des libertés formelles.
L'attentat contre Charlie Hebdo en janvier 2015 inaugura en France ce régime permanent de l'exception sécuritaire. L'assassinat de dessinateurs et de journalistes, acte d'une barbarie incontestable, fut immédiatement spectacularisé en symbole de l'attaque contre la « liberté d'expression ». Des millions d'individus défilèrent derrière des chefs d'État, certains représentant des régimes où cette liberté n'existe pas, brandissant des pancartes « Je suis Charlie » dans une communion spectaculaire de défense de valeurs dont le spectacle lui-même organise quotidiennement le vidage.
Ce qui ne pouvait être questionné, sous peine d'être accusé de justifier le massacre, c'était précisément les zones d'ombre de l'événement. Comment des hommes sous surveillance ont-ils pu préparer et exécuter une opération paramilitaire en plein Paris ? Pourquoi certaines pistes d'investigation furent-elles rapidement abandonnées ? Quels liens entretenaient les assaillants avec les services de renseignement ? Poser ces questions équivalait déjà à basculer dans le complotisme, c'est-à-dire à refuser la version spectaculaire de l'événement.
L'enquête elle-même parut étrangement bridée, certaines zones restant délibérément inexplorées. Mais dans la société du spectacle parvenue à maturité, la vérité factuelle importe moins que la vérité spectaculaire. Ce qui compte n'est pas ce qui s'est réellement passé mais la narratif qui en sera extraite et qui servira de fondement à de nouvelles restrictions, à de nouveaux dispositifs de contrôle. L'événement réel n'est que le prétexte du spectacle qui le prolonge et qui, seul, possède une efficacité politique.
Le terrorisme fonctionne ainsi comme épouvantail permanent justifiant l'état d'urgence perpétuel. La menace, constamment rappelée mais jamais précisément localisée, entretient un climat d'anxiété diffuse qui rend acceptables des mesures autrefois impensables. La fouille sans motif, la surveillance généralisée, la délation encouragée, le fichage préventif : autant de procédures normalisées au nom de la protection contre un ennemi insaisissable.
Cet ennemi doit rester suffisamment menaçant pour légitimer l'appareil sécuritaire mais pas assez puissant pour mettre réellement en danger le système. Le terrorisme spectaculaire n'est jamais révolutionnaire ; il est toujours, in fine, fonctionnel à la consolidation du pouvoir qu'il prétend combattre. Ses attaques meurtrières contre des civils, moralement indéfendables, servent objectivement la domination en fournissant les chocs émotionnels nécessaires à l'acceptation de la servitude.
Après la fable climatique, la tromperie sanitaire, la menace russe, le capitalisme, mortel comme tout système et en crise sans solution prépare son nouveau Grand Guignol, toujours bouc émissaire de tous les malheurs, E.T. ! Le Royaume-Uni doit planifier une crise financière qui se déclencherait si le gouvernement américain annonçait l'existence d'étrangers, a déclaré sans rire un ancien expert de la Banque d'Angleterre. Helen McCaw, qui a été analyste principale en sécurité financière à la banque centrale du Royaume-Uni, a écrit à Andrew Bailey, le gouverneur de la Banque d'Angleterre, l'exhortant à prévoir des éventualités au cas où la Maison Blanche confirmerait l'existence d'une vie extraterrestre, selon le Times. Plus le mensonge est gros, plus il passe. N'oublions pas l'histoire de La Guerre des mondes dramatique radio interprétée par la troupe du Mercury Theatre et diffusée le sur le réseau CBS aux États-Unis, écrite et racontée par Orson Welles, ayant semé la panique chez certains Américains. Ne rencontre t-on pas parfois des naïfs (à la maison on use d'un autre nom) porteurs de masque dans la rue ?
VI
La gestion de l'information dans ce régime spectaculaire de la peur révèle une mutation profonde. Là où la propagande classique cherchait à convaincre, la gestion spectaculaire de l'information vise à saturer. Il ne s'agit plus de faire croire à une version des faits, mais de rendre impossible toute élaboration critique par la multiplication des stimuli anxiogènes.
Le flux informationnel continu, accessible sur tous les écrans, ne produit pas de connaissance mais de l'étourdissement. Chaque « actualité » chasse la précédente avant qu'elle n'ait pu être digérée. L'urgence permanente interdit la réflexion. Le spectateur-citoyen, bombardé de menaces multiples et changeantes, ne peut que réagir émotionnellement sans jamais accéder à la compréhension.
Cette saturation anxiogène s'accompagne paradoxalement d'une uniformisation du discours autorisé. Les médias spectaculaires, malgré leur apparente pluralité, diffusent des variations sur un même thème. Les débats organisés opposent de fausses alternatives qui partagent les mêmes présupposés. L'illusion du choix dissimule le consensus sur l'essentiel.
Toute voix dissidente se voit immédiatement marginalisée, non par la censure directe qui serait trop visible, mais par la disqualification préalable. Le dissensus n'est pas interdit ; il est rendu inaudible en étant immédiatement associé aux catégories infamantes : complotisme, extrémisme, populisme. Ces termes magiques permettent d'évacuer tout contenu critique sans avoir à l'examiner. Ils fonctionnent comme des stigmates qui suffisent à invalider toute parole.
Le fact-checking, présenté comme rempart contre la désinformation, participe de cette police du discours. Des officines prétendument neutres s'arrogent le droit de décréter le vrai du faux, souvent sur des questions complexes qui exigeraient débat contradictoire. La « vérité » devient ce qui a été certifié conforme par ces instances autorisées, lesquelles dépendent structurellement du système spectaculaire qu'elles prétendent assainir.
VII
L'individu pris dans ce régime spectaculaire de la peur subit une double dépossession. D'abord dépossédé de sa capacité à agir sur le monde, réduit au statut de spectateur impuissant des catastrophes annoncées. Ensuite dépossédé de sa capacité à penser librement, sommé d'adhérer aux narratifs officiels sous peine d'exclusion symbolique.
Cette double dépossession produit des subjectivités particulières. L'anxiété chronique devient l'état mental normal. Chacun intériorise la menace permanente et développe des stratégies d'évitement plutôt que de confrontation. La prudence obsessionnelle remplace l'audace ; la conformité protectrice remplace la critique ; la recherche de sécurité illusoire remplace l'aspiration à la liberté.
Le spectacle de la peur produit aussi ses héros négatifs : les climato-sceptiques, les antivax, les pro-russes, tous ceux qui refusent d'adhérer aux paniques programmées. Ces figures repoussoirs permettent à la majorité conformiste de se rassurer sur sa propre vertu. En se démarquant de ces parias, le spectateur-citoyen acquiert la preuve de sa rectitude morale et de son intelligence critique, alors même qu'il ne fait que répéter les mots d'ordre du spectacle.
Cette production d'ennemis intérieurs est essentielle au fonctionnement du système. Le danger ne vient plus seulement de l'extérieur — le terroriste, le dictateur étranger, le virus — mais de l'intérieur même de la société. Le voisin non-vacciné, le collègue climatosceptique, le proche qui questionne la narratif ukrainienne : autant de menaces domestiques qui justifient la vigilance mutuelle et la délation bienveillante.
La société atomisée se recompose ainsi en une communauté négative, rassemblée non par un projet commun mais par des peurs partagées et des rejets identiques. Ce qui lie les spectateurs entre eux n'est pas l'amour du même mais la haine du différent, non l'espoir d'un futur meilleur mais la terreur d'un futur pire.

« Cette démocratie si parfaite fabrique elle-même son inconcevable ennemi, le terrorisme. Elle veut, en effet, être jugée sur ses ennemis plutôt que sur ses résultats. L'histoire du terrorisme est écrite par l'État ; elle est donc éducative », Guy Debord.
Charlie Kirk est un golem ayant échappé à ses créateurs, devenu proche du catholicisme et solidaire de la Palestine,. incontrôlable car refusant l'argent, toujours plus populaire, il devient une menace pour de nombreux intérêts intérieurs et extérieurs aux USA., Son exécution publique, à l'enquête bloquée depuis des mois, permet désormais de vendre en son nom une politique et des valeurs inversant celles qu'il défendait et d'alimenter en prime un juteux commerce digne d'un parc d'attractions.
VIII
L'efficacité de ce régime spectaculaire de la peur réside dans sa capacité à s'auto-justifier. Chaque mesure prise au nom de la protection contre les menaces crée de nouvelles conditions qui semblent valider ces menaces. Le confinement sanitaire a détruit des pans entiers de l'économie, créant pauvreté et détresse psychologique qui justifient rétrospectivement la gravité supposée de la crise initiale. Les sanctions économiques contre la Russie ont provoqué une inflation qui confirme apparemment que nous sommes bien en guerre.
Ce système s'auto-entretient par prophéties auto-réalisatrices. Les mesures censées prévenir les catastrophes les produisent, ce qui légitime l'extension de ces mêmes mesures. La spirale anxiogène s'accélère : plus on prétend combattre les menaces, plus on en crée de nouvelles qui exigent de nouvelles interventions.
Le spectacle de la peur se nourrit ainsi de ses propres échecs. L'inefficacité des politiques climatiques, loin de discréditer le narratif catastrophiste, le renforce : si la situation empire malgré nos efforts, c'est que nous n'en faisons pas assez. L'échec des confinements à enrayer durablement l'épidémie ne remettait pas en cause leur principe mais appelait à les multiplier. L'enlisement du conflit ukrainien ne suggère pas de négocier mais d'envoyer davantage d'armes.
Cette logique infernale ne peut que s'intensifier. Chaque crise « gérée » par la peur appelle la suivante, chaque urgence normalisée prépare l'urgence suivante. Le spectacle de la peur fonctionne comme une addiction : il faut des doses croissantes pour obtenir le même effet de sidération et d'obéissance.
IX
Pourtant, ce système rencontre des résistances. Non des résistances organisées — celles-ci sont immédiatement repérées et neutralisées — mais des formes diffuses de non-adhésion, de retrait, de désaffection. Une partie croissante de la population cesse simplement de croire aux spectacles successifs de la peur. Non qu'elle développe une analyse critique articulée, mais elle ressent confusément la manipulation, la disproportion entre les menaces brandies et la réalité vécue.
Cette incrédulité spontanée, le spectacle la nomme « fatigue pandémique », « climato-scepticisme », « complotisme », toujours en termes pathologiques qui suggèrent un dysfonctionnement de ceux qui doutent plutôt qu'un mensonge de ceux qui imposent le récit. Mais cette incrédulité persiste et s'étend, malgré les efforts de rééducation médiatique.
Le spectacle de la peur se heurte aussi à ses contradictions internes. On ne peut simultanément exiger des populations qu'elles consomment pour sauver l'économie et qu'elles se privent pour sauver la planète. On ne peut prétendre défendre la démocratie en Ukraine tout en piétinant les libertés fondamentales au nom de la santé publique. Ces contradictions, soigneusement compartimentées dans l'espace spectaculaire, finissent par devenir visibles.
Surtout, la gestion par la peur atteint ses limites psychologiques. L'anxiété permanente épuise. L'angoisse sans issue débouche sur l'apathie ou la révolte. Le spectateur constamment terrorisé finit par développer une forme d'immunité émotionnelle, un endurcissement qui le rend moins manipulable. La peur comme instrument de gouvernement souffre d'un rendement décroissant.
X
Que faire face à ce régime spectaculaire de la peur ? La question elle-même est piégée, car elle appelle une réponse positive, un programme, une stratégie, alors que la première tâche est négative : cesser de participer au spectacle, refuser l'adhésion aux narratifs anxiogènes, se désintoxiquer du flux informationnel permanent.
Ce refus n'a rien d'une fuite. Il est au contraire la condition préalable de toute action véritable. Tant qu'on reste captif des peurs fabriquées, on ne peut qu'obéir aux injonctions qui prétendent conjurer ces peurs. Se libérer du spectacle de la peur signifie d'abord reconquérir la capacité d'évaluer par soi-même les menaces réelles, de distinguer les dangers effectifs des épouvantails agités.
Cette reconquête de l'autonomie de jugement passe par la reconstruction de liens non-spectaculaires. Face à la communauté négative rassemblée par la peur, il faut opposer des communautés réelles fondées sur la coopération concrète et la solidarité effective. Le spectacle prospère sur l'isolement ; la vie réelle exige l'association.
Elle passe aussi par la critique impitoyable de toutes les variantes du spectacle, y compris de celles qui se présentent comme oppositionnelles. Le spectacle sait récupérer ses propres critiques, fabriquer de fausses dissidences qui canalisent la révolte vers des impasses. La critique spectaculaire de la société spectaculaire reste spectaculaire. Seule une critique qui s'enracine dans une pratique différente peut échapper à cette récupération.
La fin du spectacle de la peur ne viendra pas d'une prise de conscience collective soudaine, d'un grand soir informationnel où les écailles tomberaient des yeux des masses. Elle viendra, si elle vient, de la multiplication de pratiques qui rendent le spectacle superflu parce qu'elles organisent la vie réelle sur d'autres bases. Partout où des individus cessent d'être spectateurs pour redevenir acteurs de leur propre existence, le spectacle perd sa prise.
Cette perspective n'a rien d'optimiste. Les forces du spectacle sont immenses, l'emprise du fétichisme marchand sur les esprits est profonde, l'habitude de la servitude est bien ancrée. Mais l'histoire n'est pas écrite d'avance, et le spectacle, malgré son apparente toute-puissance, reste vulnérable à ce qui lui échappe : la vie non-spectaculaire, l'expérience directe, la pensée critique véritable.
Le spectacle de la peur représente peut-être le dernier stade avant l'effondrement du spectacle lui-même. En renonçant à séduire pour se contenter de terroriser, le pouvoir séparé avoue son épuisement. Il ne parvient plus à faire rêver, seulement à faire trembler. Cette dégradation contient peut-être, en creux, la promesse de son dépassement.
Ce qui est certain, c'est que le choix s'impose avec une netteté croissante : vivre dans la peur spectaculaire ou vivre tout court. Continuer à être spectateur de catastrophes fabriquées ou redevenir sujet de sa propre histoire. Obéir aux gestionnaires de l'angoisse ou reconquérir la capacité collective de transformer réellement le monde. Entre ces alternatives, aucune neutralité n'est possible. Le spectacle de la peur exige l'adhésion totale ou appelle la sécession radicale.
L'heure n'est plus aux illusions réformistes. On ne réformera pas le spectacle de l'intérieur, on ne l'humanisera pas par de bonnes intentions. On ne le convaincra pas de renoncer à la terreur pour revenir à la séduction. Il faut le dépasser entièrement ou périr avec lui. Cette alternative, voilà peut-être la seule chose qui ne soit pas spectaculaire dans notre époque : le choix entre la vie réelle et la mort spectaculaire se pose désormais sans médiation possible. De ce choix, effectué individuellement et collectivement, dépend tout ce qui peut encore advenir d'humain.
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