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20/08/2015

L'OTAN, cette arme de l'usure contre la paix

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Il est parfois bon de faire quelques rappels à l'heure ou notre pays est en récession, perd des marchés et est associé à la trahison, au terrorisme dans l'esprit d'une grande partie de la planète. C'est le mérite de otan,goldman sachsl'article de Manlio Dinucci que nous reprenons plus bas. Dinucci  est géographe, journaliste. Il tient une chronique hebdomadaire “L’art de la guerre” au quotidien italien il manifesto.

La France ne sert plus depuis longtemps ses intérêts ni même celle d'une Europe souveraine morte avec De Gaulle et l'entrée de la Grande Bretagne dans un club dès cet instant au service de Washington.

Et encore, pourrait-on dire, si seulement  Washington servait le peuple américain... mais hélas le gouvernement américain est au strict service d'intérêts financiers privés, longtemps ceux du complexe industriel et financier et surtout en 2015 ceux des banques dont les réels propriétaires sont oubliés par Forbes. Aux États-Unis comme en France, le parasitisme prédateur qui monopolise pouvoir et richesse du pays ne représente guère plus de 1% de la population. Ce sont pourtant ces 1% qui captent 120% des sommes investies par la Fed et contribuent à une dégradation croissante de l'économie.

Ainsi, en 2015, banque et guerre sont étroitement liées. La guerre fait tourner ce qui reste de la machine industrielle américaine et c'est aussi l'outil de la recolonisation. Les artificiels printemps arabes en sont la meilleure démonstration. Ne sont-ils pas nés avec l'accord d'armées dont les élites sont formées dans des pays anglo-saxons et suite à un problème alimentaire résultant directement de la spéculation sur les matières premières alimentaires?

otan,goldman sachsLa guerre, tout particulièrement contre la Libye a été une catastrophe totale pour l'Afrique brisant un exemple d'émancipation et de développement mais aussi un modèle de gestion profitant aussi et pour une fois à la population. La destruction criminelle de ce pays par les collaborateurs de Washington (2000 sorties de bombardement pour mettre au pouvoir une mafia soit disant soutenue par l'ensemble du peuple!) est aussi l'origine d'une vague d'immigration illégale encore jamais vue vers l'Europe qui va permettre, encore une fois, d'affaiblir des concurrents de l'Amérique et surtout de tirer toujours plus les salaires des classes populaires vers le bas, en proposant sur le marché du travail des populations acceptant tout pour survivre.

Quand on constate à l'Est le pillage de l'Ukraine par un gouvernement en partie prélevé dans le Département d'état américain, au Sud celui de la Grèce pillée et dont le vote est nié ou interdit par l'Union Européenne grande donneuse de leçons de morale à la Russie, on se dit que l'occupation militaire de l'Europe de l'Ouest ininterrompue depuis 1945 devrait peut être cesser avant que les fouets et les plantations ne poussent plus ouvertement.

 

Puissance bancaire, crise financière et guerre: Les liens entre Goldman Sachs et l’Otan

L’art de la guerre

Après avoir été de 2009 à 2014 secrétaire général de l’Otan (sous commandement USA), Anders Fogh Rasmussen a été embauché comme consultant international par Goldman Sachs, la plus puissante banque d’affaires étasunienne.

Le curriculum de Rasmussen est prestigieux. En tant que Premier ministre danois (2001-2009), il s’est employé à « l’élargissement de l’Ue et de l’Otan en contribuant à la paix et à la prospérité en Europe ». En tant que secrétaire général, il a représenté l’Otan dans son « pic opératif avec six opérations dans trois continents », parmi lesquelles les guerres en Afghanistan et Libye et, « en riposte à l’agression russe contre l’Ukraine, il a renforcé la défense collective à un niveau sans précédents depuis la fin de la guerre froide ».

Il a en outre soutenu le « Partenariat transatlantique de commerce et d’investissements (Ttip) » (ou Tafta, ndt) entre Etats-Unis et Ue, base économique d’ « une communauté transatlantique intégrée ».

Compétences précieuses pour Goldman Sachs, dont la stratégie est simultanément financière, politique et militaire. Ses dirigeants et consultants, après des années de travail dans la grande banque, ont été placés dans des postes clé dans le gouvernement étasunien et dans d’autres : parmi ceux-là Mario Draghi (gouverneur de la Banque d’Italie, puis président de la BCE) et Mario Monti (nommé chef du gouvernement par le président Napolitano en 2011).

On ne s’étonne donc pas que Goldman Sachs mette la main à la pâte dans les guerres conduites par l’Otan. Par exemple, dans celle contre la Libye : elle s’est d’abord appropriée (en causant des pertes de 98%) de fonds d’Etat pour 1,3 milliard de dollars, que Tripoli lui avait confiés en 2008 ; elle a ainsi participé en 2011 à la grande rapine des fonds souverains libyens (estimés à environ 150 milliards de dollars) que les USA et l’Ue ont « congelés » au moment de la guerre. Et, pour gérer à travers le contrôle de la « Central Bank of Libye » les nouveaux fonds retirés de l’export pétrolier, Goldman Sachs s’apprête à débarquer en Libye avec l’opération projetée par USA/Otan sous bannière Ue et « conduite italienne ».

Sur la base d’une lucide « théorie du chaos », on exploite la situation chaotique provoquée par les guerres contre la Libye et la Syrie, en instrumentant et en canalisant vers l’Italie et la Grèce (pays parmi les plus faibles de l’Ue) le tragique exode des migrants conséquent à ces guerres. Cet exode sert d’arme de guerre psychologique et de pression économique pour démontrer la nécessité d’une « opération humanitaire de paix », visant en réalité l’occupation militaire des zones stratégiquement et économiquement les plus importantes de la Libye. Tout comme l’Otan, Goldman Sachs est fonctionnelle à la stratégie de Washington qui veut une Europe assujettie aux Etats-Unis.

Après avoir contribué avec l’escroquerie des prêts subprimes à provoquer la crise financière, qui depuis les Etats-Unis a investi l’Europe, Goldman Sachs a spéculé sur la crise européenne, en conseillant « aux investisseurs de tirer avantage de la crise financière en Europe » (cf. rapport réservé rendu public par le Wall Street Journal en 2011). Et, selon des enquêtes documentées effectuées en 2010-2012 par Der Spiegel, New York Times, BBC, Bloomberg News, Goldman Sachs a camouflé, par des opérations financières complexes (« prêts cachés » à des conditions assassines et vente de « titres toxiques » étasuniens), le vrai montant de la dette grecque. Dans cette affaire, Goldman Sachs a manœuvré plus habilement que l’Allemagne, la BCE et le FMI, dont le joug mis au cou de la Grèce est évident.

En recrutant Rasmussen, avec le réseau international de rapports politiques et militaires qu’il a tissé dans ses cinq années à l’Otan, Goldman Sachs renforce sa capacité d’influence et de pénétration.

Manlio Dinucci

Edition de mardi 18 août 2015 de il manifesto

http://ilmanifesto.info/goldman-sachs-nato-corp/ 

Traduit de l’italien par Marie-Ange Patrizio

Source Mondialisation.ca

07:16 Publié dans Actualité | Tags : otan, goldman sachs | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |

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