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14/08/2026

Audio Technica ATH-M50x: les tests (2/2)

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Le casque Audio Technica ATH-M50x est un compagnon de route familier pour beaucoup d'entre nous, audiophiles comme mélomanes. Sa signature sonore, à la fois énergique et analytique, en fait un outil de référence pour le monitoring, mais aussi un casque d'écoute très gratifiant pour qui sait l'apprivoiser. Pour mettre à l'épreuve ses qualités et déceler ses éventuelles limites, j'ai sélectionné cinq albums aux identités sonores résolument différentes. Voici comment ce casque se comporte face à chacun d'eux, et comment il révèle - ou parfois masque - la quintessence de ces œuvres.

 

 

1. Andrea Motis - Febrero (2024, Jazz to Jazz)

images (20).jpgL'album Febrero de la prodige catalane Andrea Motis est une invitation solaire, un voyage musical qui célèbre l'été chilien. Accompagnée par la Camerata Papageno et le guitariste Federico Dannemann, Motis, au chant et à la trompette, revisite des classiques latino-américains et des standards de jazz avec des arrangements d'une élégance raffinée. La voix de Motis, sensuelle et légère, est un instrument à part entière. Avec l'ATH-M50x, son timbre est restitué avec une clarté et une présence immédiates. Le casque met en avant le médium, ce qui donne à sa voix un placement parfait au centre de la scène sonore, la rendant intimiste et proche de l'auditeur. On perçoit chaque inflexion, chaque souffle, comme si elle chantait pour nous seuls. Sa trompette, chaude et ronde, bénéficie d'une attaque précise et d'une brillance naturelle, sans jamais devenir agressive. Là où le casque excelle, c'est dans sa capacité à séparer les instrumentistes. Les cordes de la Camerata Papageno, le violon et la mandoline de Christoph Mallinger, sont parfaitement distinctes, tissant un écrin délicat autour de la voix. La scène sonore, bien que n'étant pas la plus large du marché, est suffisamment aérée pour donner de l'espace à chaque pupitre. Cependant, pour un album aussi enveloppant, on pourrait regretter un manque de profondeur dans la scène sonore. Les instruments à l'arrière-plan ne sont pas toujours aussi lointains que l'enregistrement le suggère, un léger aplatissement de la perspective qui est l'un des rares compromis du M50x. Les basses, quant à elles, sont présentes et définies, comme en témoignent les lignes de contrebasse, mais elles ne sont pas mises en avant au point d'alourdir l'ensemble. C'est une écoute vivante, colorée, qui retranscrit fidèlement la joie et la sérénité que Motis a voulu capturer. Un bémol toutefois : la version CD est en 16-bit/44.1 kHz ; les audiophiles en quête de la meilleure définition se tourneront vers la version disponible en téléchargement sur Qobuz.

 

2. The Voodoos Soos - CS Grit & Pearls (FLAC 24-bit/44.1 kHz)

images (21).jpgAborder CS Grit & Pearls des Voodoos Soos est un exercice un peu plus énigmatique. Peu d'informations circulent sur ce groupe, mais le titre et la qualité du fichier (un FLAC 24-bit) laissent présager un rock teinté de blues, brut, organique, avec des sonorités roots qui pourraient évoquer le sud des États-Unis. C'est précisément dans ce type de production, où le grain des guitares et la pulpe des batteries sont rois, que l'ATH-M50x peut exprimer tout son caractère. Le casque excelle dans la restitution de l'énergie. Les guitares électriques saturées, si elles sont bien enregistrées, sonneront avec un grain délicieux, un "grit" comme le suggère le titre de l'album. L'attaque des cordes est tranchante, le sustain est bien rendu, et on peut suivre chaque riff avec une facilité déconcertante. La batterie, pilier de ce type de musique, est un terrain de jeu idéal pour le M50x. La caisse claire a du punch, les toms résonnent, et les cymbales, bien que parfois un peu en retrait par rapport au reste du spectre, ont un éclat métallique réaliste. Le véritable test réside dans la section rythmique. La basse, souvent jouée en picking, doit avoir du corps et de l'attaque. L'ATH-M50x, avec sa réponse en basses étendue mais contrôlée, ne laisse pas cet instrument s'égarer dans le mix. Il lui donne une présence charnue, qui ancre solidement le morceau, sans pour autant éclipser les guitares. C'est un équilibre qui sert parfaitement un rock puissant. Cependant, la scène sonore, plus resserrée que sur un casque ouvert, pourrait transformer un enregistrement déjà dense en un mur sonore un peu compact. Si l'album joue sur des ambiances aérées ou des jeux d'écho, le M50x ne les déploiera pas avec la même ampleur qu'un casque audiophile plus haut de gamme. On pourra aussi noter que la signature du casque, légèrement en V (basses et aigus accentués), peut, sur des enregistrements rock très compressés, exacerber la fatigue auditive. La version FLAC 24-bit/44.1 kHz est un excellent format, disponible sur des plateformes comme Qobuz ou Bandcamp, et garantit une dynamique optimale pour ce type de musique.

 

3. L'Art Cène - Dun & Sark (2025, Jarring Effects)

a0702319134_16.jpgAvec Dun & Sark, le producteur L'Art Cène nous livre une œuvre qui se veut un "oxymore sonore", un manifeste personnel et introspectif naviguant entre ombre et lumière. Ce premier album sur le label Jarring Effects est décrit comme un voyage sensoriel, à la croisée des mondes, où les contrastes émotionnels deviennent matière musicale. C'est une électronique hybride, libre, qui puise ses racines dans la free party pour explorer de nouvelles textures. Pour révéler les multiples couches de Dun & Sark, le casque doit offrir une excellente séparation des fréquences et une grande transparence. L'ATH-M50x est ici un outil redoutable d'analyse. Les nappes de synthés, sombres et enveloppantes, sont restituées avec un relief saisissant. On perçoit la texture granuleuse des sons, la profondeur des réverbérations, les détails infimes des modulations. La scène sonore, bien que limitée, permet de discerner la place de chaque élément dans le mix, du kick profond aux textures ambiantes les plus éthérées. Le médium, souvent mis en avant, donne une présence particulière aux éléments mélodiques, comme un oud ou une guitare, qui percent le voile électronique. La réponse en basses est cruciale pour ce type de musique. Le M50x, avec son extension dans le grave, restitue la puissance des kicks avec autorité. On ressent physiquement l'impact, la profondeur des sub-basses, sans que cela ne devienne brouillon. C'est une écoute immersive qui colle parfaitement à l'univers sombre et contrasté de l'album. Le principal défaut pourrait apparaître dans les passages les plus complexes et denses. Le casque peut avoir tendance à légèrement "coller" les éléments entre eux, réduisant un peu l'impression d'espace et d'air qui ferait la grandeur d'un enregistrement de ce type sur un système plus haut de gamme. L'écoute, bien que très détaillée, peut manquer de cette légèreté et de cette transparence absolue qui permet de s'immerger totalement dans l'œuvre. Pour profiter de l'album dans les meilleures conditions, il est disponible en téléchargement 16-bit/44.1 kHz sur le Bandcamp du label. L'écoute en FLAC est recommandée pour apprécier toute la richesse des textures sonores.

 

4. Henri Salvador - Do Brasil (2010, White Collection)

19362909_1_92.jpgCet album d'Henri Salvador est un hommage à sa passion pour le Brésil, un pays qui a profondément marqué sa carrière. Artiste protéiforme, chanteur, humoriste et musicien, Salvador a été une influence majeure pour la bossa nova naissante. Il a su capter l'essence de la samba et de la bossa pour les infuser dans un style unique. Do Brasil est une célébration de ces rythmes, portée par sa voix chaleureuse et inimitable. L'ATH-M50x, avec sa signature directe et sa présence dans le médium, est un excellent vecteur pour la voix d'Henri Salvador. Chaque mot est restitué avec une clarté et une rondeur qui rendent hommage au phrasé unique et à l'humour du chanteur. On perçoit le grain de sa voix, sa manière de caresser les paroles. C'est un plaisir pur. Pour la musique, le casque met en lumière le travail des guitaristes, essentiel dans ce répertoire. Les accords de la guitare acoustique, le jeu précis des percussions, tout est détaillé. Le M50x n'oublie pas non plus la section rythmique. La contrebasse, pilier de la bossa nova, a une présence définie et ronde qui soutient délicatement l'ensemble. Le principal atout ici est la restitution des détails. Dans des morceaux comme "Garota d'Ipanema", on peut suivre chaque instrument, du shaker au piano, avec une aisance remarquable. C'est une écoute analytique qui permet de redécouvrir ces classiques. La scène sonore, là encore, n'est pas immense, mais elle est suffisante pour recréer l'atmosphère intime d'un club de Rio. Le casque, en rapprochant l'auditeur des musiciens, renforce le sentiment de proximité et de complicité avec l'artiste. Les amateurs de ce genre pourraient trouver que le M50x manque un peu de la "douceur" et du "moelleux" que d'autres casques offrent pour la bossa nova. Sa signature dynamique et ses aigus précis peuvent, sur certains titres aux cymbales très présentes, donner une écoute un peu plus "technique" que "chaleureuse". L'album est disponible en CD, mais une version en haute résolution sur Qobuz offrirait une définition supérieure.

 

5. Kirill Kondrashin - Mahler: Symphonie n°6 Tragique (SWR Klassik, 2018)

images (22).jpgCet enregistrement de la Symphonie n°6 de Gustav Mahler par Kirill Kondrashin à la tête de l'Orchestre symphonique de la SWR de Baden-Baden et Fribourg est un témoignage historique. Réalisé en janvier 1981, deux mois avant la mort soudaine du chef, il est salué comme l'un des plus grands, un sommet d'intensité et de fougue. C'est le test ultime pour un casque : restituer la complexité orchestrale, la dynamique extrême et la profondeur émotionnelle d'une telle œuvre. L'ATH-M50x relève le défi avec brio sur certains aspects, mais montre aussi ses limites. Points forts : la clarté et la séparation. Dans les tutti les plus denses, le casque parvient à garder une lisibilité remarquable. Les pupitres sont bien distincts : on peut suivre la ligne des violons, l'attaque des cuivres, la puissance des timbales. C'est un atout considérable pour analyser la partition et apprécier l'architecture de Kondrashin. La dynamique est également bien rendue. Les crescendos de l'orchestre, jusqu'aux coups de marteau du finale, sont restitués avec un impact saisissant. La réponse en basses permet de ressentir la profondeur des contrebasses et la puissance des grosse caisse et timbales. Le médium, très présent, donne aux cordes et aux bois une texture riche. Cependant, les limites du casque fermé apparaissent dans les moments de grande intensité. La scène sonore, trop resserrée, ne parvient pas à recréer l'immensité et la profondeur d'une salle de concert. L'orchestre semble un peu "compressé" devant l'auditeur, ce qui peut rendre l'écoute des passages les plus massifs un peu fatigante. On perd ce sentiment d'air et d'espace qui fait la grandeur de la musique symphonique. Les aigus, très présents, peuvent, sur ce type d'enregistrement très dynamique, devenir légèrement durs, accentuant un peu l'aspect "analytique" du casque au détriment de la rondeur et de la chaleur. Malgré ces réserves, l'écoute reste très engageante et révèle une multitude de détails. Pour les mélomanes, c'est un enregistrement de référence : le CD est disponible chez SWR Klassik, et une version en haute résolution est sans doute la meilleure option pour atténuer les limites du casque et profiter de la plénitude de l'orchestre.

 

6. Zaranka - Broken Jade (2022, Iono Music)

images (23).jpgBroken Jade est un EP du projet Zaranka, pseudonyme du musicien russe Maksim Ivanets, sorti sur le label Iono Music. C'est un voyage ambient et électronique, conçu pour guider l'auditeur vers un lieu de paix intérieure grâce à des flûtes, des chœurs et des atmosphères synthétiques luxuriantes. Les percussions et les instruments à cordes sont travaillés avec un soin méticuleux. C'est le genre d'album qui demande une écoute attentive et un casque capable de révéler les moindres nuances. L'ATH-M50x excelle dans ce rôle d'explorateur sonore. La séparation des instruments est un atout majeur. On peut suivre chaque élément : la texture granuleuse d'une percussion, le souffle d'un chœur lointain, la résonance d'une note de flûte. Les atmosphères, qu'elles soient enveloppantes ou éthérées, sont rendues avec une grande clarté. La réponse en basses, présente et définie, donne du corps aux nappes profondes sans jamais masquer les détails. C'est une écoute très analytique, presque clinique, qui permet de décortiquer l'œuvre de Zaranka. La scène sonore, bien que modeste, est suffisante pour créer une sensation d'espace, surtout dans les passages les plus aérés. Le casque parvient à créer une bulle intimiste autour de l'auditeur, ce qui correspond parfaitement à l'ambiance de l'album. Le principal écueil de ce mariage est peut-être le manque de "magie" dans le rendu. Là où un casque plus haut de gamme, avec une scène sonore plus large et une meilleure gestion des aigus, apporterait une dimension aérienne et quasi mystique à l'album, l'ATH-M50x, avec son caractère terre-à-terre, peut le rendre un peu trop "concret". La douceur des chœurs ou l'éclat d'un synthé peuvent perdre un peu de leur potentiel onirique. Pour profiter pleinement de l'album, les versions disponibles en 24-bit/44.1 kHz sur Qobuz ou en téléchargement sur le Bandcamp du label sont à privilégier.

08:43 Publié dans Actualité, Casque Hi-fi | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | Pin it!

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